Crédit photo: © Team Groupama
Groupama encore dans des calmes!
Le périple de Groupama III est une véritable balade en montagnes russes. Le trimaran a d’abord pris une trentaine de milles de retard au début de son voyage qu’il a par la suite vite rattrapé pour engranger plus de 600 milles d’avance. En plus de perdre cette même avance, la traversée du Pot-au-noir et de l’anticyclone de sainte-Hélène lui ont par la suite creusé un beau trou de presque 700 milles que le trimaran avait en grande partie comblé, accusant moins de 200 milles de retard quand une bascule est venu replonger Franck Cammas et son équipage dans les ornières du rouge négatif. En ce moment, le géant vert a un déficit à combler de plus de 337 milles nautiques.
Aux dernières nouvelles, le trimaran de Cammas filait à 24 nœuds, soit deux nœuds plus vite que le catamaran de Bruno Peyron. Au début de la journée, l’équipe de Cammas était près de 400 milles en dessous du temps de Bruno Peyron. Ce soir, ils ont réduit l’écart à 351 milles mais avaient repris la direction du creux du vallon.
Par ailleurs, le groupe cherche désespérément à éviter un énorme anticyclone qui risque de leur barrer la route d’ici 36 heures environ. Le trimaran a incurvé sa route vers le nord depuis quelques heures mais tous continuent à vérifier régulièrement les schémas pour s’assurer de ne pas être sur le chemin badigeonné de super-glue.
Chose certaine, cette tentative de record ne casse rien jusqu’à maintenant. Et ce n’est pas parce que Cammas et ses hommes n’essaient pas. Le team Groupama tente depuis l’entrée dans l’Anticyclone de Sainte-Hélène de s’extirper d’une succession de systèmes météo qui ralentissent tour à tour le bateau et force l’équipe à jouer du hockey de rattrapage. On tricote, on essaie au sud, au nord, à l’est, à l’ouest, rien n’y fait. Le gardien de but arrête tout.
Curieusement, en dépit de ces ennuis, le moral de l’équipage semble bon, ce qui semble indiquer que Cammas fait montre d’un assez bon leadership. Il faut dire aussi que plusieurs de ces hommes en ont vu d’autres. Il n’y a pas de gamin dans ce groupe. Et on ne viendra pas à bout du moral d’un Lemonchois ou de Thomas Coville avec une demi-journée de navigation de retard. Reste que Franck Cammas et son groupe doivent commencer à avoir hâte de passer devant. Être à la traine dans une tentative de record comme celui du trophée Jules Verne, c’est comme manger un sandwich quand on meurt de soif…
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