Un autre projet de mini 650 est à se mettre en branle au Québec. Il implique cette fois-ci le navigateur Chrostophe Gireau. Christophe Gireau est un père de famille néo-québécois de 40 ans d’origine française. Il vit au Québec depuis plusieurs années. Il travaille comme technicien au chantier naval de l’entreprise Boulet et Lemelin à Québec.
Christophe Gireau possède une bonne expérience de la mer. Il a déja tenté de participer à la Mini-Transat 650 en 2003. Ça, c’est l’année où Armel Tripon s’était imposé et l’avait emporté chez les prototypes. Christophe Gireau s’était alors qualifié à bord de son propre bateau mais n’avait pu prendre part à la Mini-transat faute de budget.
Christophe Gireau revient de la France où il a passé plusieurs semaines. Il en a profité pour faire de la prospection en vue de dénicher un coursier qu’il veut très performant et qu’il entend ramener ici par cargo. « Je cherche une monture avec laquelle je serai capable d’envisager gagner des courses. Je ne désire pas un bateau à rabais » raconte le skipper.
Christophe Gireau est tombé dedans quand il était petit. Il a grandi à LaRochelle où il a été initié aux choses de la mer par son grand-père qui était marin-pêcheur. « Il s’est toujours demandé pourquoi je tenais tant à prendre la mer pour le plaisir alors que pour lui, aller sur l’océan c’était prendre des risques pour gagner sa vie » de poursuivre le Rochelais.
L’homme a peur comme tout le monde mais il adore faire face aux éléments. « Quand on est dans le gros temps et au près et que le bateau va vite et tape dans les vagues, c’est là que je me sens le mieux. » L’été dernier, Christophe Gireau a d’ailleurs effectué le convoyage de Québec vers l’Europe du coursier de Patrice Carpentier. À cette occasion, les trois hommes qui étaient à bord en ont eu pour leur argent. Ils ont eu cinq jours de près serré avec des vents et une mer forte.
Pour Christophe Gireau, naviguer c’est tenter de vivre une vie normale dans un environnement anormal. Cela demande de l’entraînement et de la discipline. « Avant de faire la Mini-Transat, je m’étais entrainé pour pouvoir résister à la fatigue. Je faisais des quarts la nuit chez moi et je partais faire une randonnée de vélo. Puis je rentrais, je me couchais et deux heures plus tard, j’étais encore debout. J’avais aussi travaillé sur l’alimentation. Car en mer, vous devez continuer de vous alimenter le mieux possible même si ça brasse. Et ce n’est jamais évident de se faire à manger quand les conditions son difficiles. »
Attaché à la tradition maritime, Christophe Gireau navigue même au sextant, cet instrument dont on ne se sert presque plus depuis l’arrivée des GPS sur le marché. J’ai acheté ce vieux sextant chinois chez un brocanteur et je me suis exercé à suivre ma route avec ça lors de mes sorties en mer. C’est de là que vient le plaisir de naviguer. De ce côté aventure et de l’incertitude qu’elle entraine.
Que pense-t-il du Fleuve Saint-Laurent ? C’est un plan d’eau génial. On ne peut rêver de mieux pour apprendre. Il est difficile, on doit composer avec les marées, les hauts-fonds, les effets de côtes et les vents. Et surtout, le fleuve est majestueux. C’est vraiment un bel endroit pour naviguer.
Christophe Gireau tente présentement de réunir des partenaires et de combler le montage financier nécessaire à son projet. Il aimerait bien pouvoir tirer des bords dès cet été et même participer à certaines compétitions locales. Questionné à savoir s’il envisageait retourner en Europe pour s’entrainer, il a carrément décliné cette option. « Ma vie est ici. Nous avons le plan d’eau pour nous entrainer et la gestion d’un programme de course coûte moins chère ici qu’en Europe. Mais surtout, j’aime la région et les opportunités maritimes qu’elle consent » de conclure le marin.
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