Solidaire du Chocolat: Riechers et Lepesqueux triomphent.
La Solidaire du Chocolat a sacré ses champions. Et c’est Jörge Riechers et Marc Lepesqueux qui ont remporté les grands honneurs.

Crédit photo: © 2012 Bruno Bouvry / imagesdemer.com
Le duo franco-allemand a fait une course splendide depuis le départ et terminé la traversée en 24 jours 7 heures 41 minutes et 24 secondes explosant le record de course par pas moins de 2jours 8heures 53minutes 36 secondes. 
En plus d’avoir accompli un exploit sportif remarquable, la victoire des deux hommes marque le terme d’une course exceptionnelle. Aucun abandon et une confrontation serrée jusqu’à la fin. Le tout dans un environnement imposant aux coureurs la limite de la tolérance physique et psychologique. Chaleurs étouffantes, fatigue, obligation d’être constamment la main à l’écoute pour tirer le maximum de la performance du bateau, bref, les vainqueurs ne l’ont pas volé.
Marc Lepesqueux et Jörge Riechers naviguaient sur Mare, un Mach 40 flambant neuf dessiné par Sam Manuard. Il s’agit de la deuxième génération de voilier crayonnés par ce talentueux architecte en passe de devenir le Guillaume Verdier de la Class 40.
La deuxième place est allée au duo formé de l’un des champions défendant Adrien Hardy et du skipper Stéphane LeDiraison sur le voilier Agir Recouvrement-Bureau Véritas. La troisième place fut quant à elle une très belle surprise. Fabrice Amédéo et Armel Tripon sur Geodis ont coiffé par un nez les champions de la Transat Jacques Vabre Éric Drouglazet et Yann Bestaven sur Aquarelle.com.
C’est l’aboutissement d’une belle aventure. Il reste encore quelques voiliers en mer, dont celui du français d’origine canadienne Benoît Parnaudeau qui a dû faire escale à St-Barthélémy. Benoît Parnaudeau est accompagné par Benoît Jouandet. Les deux ferment la marche à un peu moins de 1000 milles du but.
Il est à espérer que le côté médiatique sera un peu plus développé sur cette course passionnante. Cela va dans l’intérêt de la classe qui se développe de plus en plus et attire des marins faisant partie de l’élite mondiale de ce sport.
La Solidaire du Chocolat est une course magnifique. Elle a ceci de particulier qu’elle est une épreuve à caractère caritative. Elle sert à amasser des fonds pour des oeuvres auxquelles des entreprises acceptent de s’associer. Ainsi, mentionnons que le duo vainqueur naviguait pour l’Association des Malades d’un Syndrome Néphrotique primitif ou idiopathique, qui rassemble et crée des liens entre les familles touchées par la maladie. Dix mille personnes sont touchées, principalement des enfants. Le syndrome néphrotique est la maladie rare des reins la plus fréquente chez les enfants, mais encore très peu connue. Le navigateur Marc Lepesqueux porte les couleurs de l’association depuis que sa fille, Marine, est atteinte de cette maladie.
Le duo tirait aussi des bords pour un autre organisme, l’ACF. La vocation d’ACF est de sauver des vies en luttant contre la faim, la misère physiologique, les situations de détresse qui menacent de mort des hommes, des femmes, des enfants sans défense. L’action de l’association se situe soit pendant la crise elle-même (intervention d’urgence), soit après (programmes de réhabilitation et de relance). Elle peut aussi intervenir dans la prévention des risques.Tous les programmes d’Action contre la Faim ont pour finalité de permettre à leurs bénéficiaires de recouvrer le plus vite possible leur autonomie et les moyens de vivre sans dépendre d’une assistance extérieure.
Ne dormez pas sur la GOR…

Les participants à la Global Ocean Race sont parvenus à compléter l’étape la plus périlleuse de ce tour du monde en Class 40. Partis de Wellington en Nouvelle-Zélande, les équipages ont rejoint la ville portuaire uruguayenne de Punta del Este. Trois bateaux se sont rendus à destination. Le premier fut Cesna citation du skipper Conrad Coleman. Au terme d’un voyage difficile, le Class 40 a été ralenti par une interminable bulle sans vent et a ainsi mis des heures avant de passer la ligne d’arrivée. Il a été suivi de Fiancial Crisis de Marco Nannini, et Pesheya Racing de Nick Legat.
On ne peut mettre de côté le fait que l’exploit de traverser le cap Horn en provenance de la Nouvelle-Zélande est digne de mention. Mais force est d’admettre qu’en outre, la traversée n’a pas eu grand-chose de palpitant si ce n’est que la courte confrontation entre les deux premiers à l’approche du célèbre cap, et qui fût rapidement remportée par Cesna Citation.
Le demi-tour d’Halvard Mabire et l’abandon des coursiers Campagne de France et BSL ont carrément été le coup de la corde à linge. C’est comme si vous assistiez à un combat ou deux pugilistes de la carte principale décidaient de retourner au vestiaire. Si on pouvait demander un remboursement, on le ferait. D’autant que l’organisation de course a de manière inexplicable retardé sa décision de changer pour des raisons de sécurité la dernière portion du parcours vers le Cap Horn.
Ce cafouillage a dégarni la course de son intérêt. Pire encore, depuis quelques jours la Solidaire du Chocolat éclipse presque totalement ce tour du monde. Évidemment, la crise financière européenne a eu une incidence bien sentie sur les deux épreuves prévues au calendrier du conseil mondial de la Class 40. Mais il y a une limite à tout mettre sur le dos de la conjoncture.
Ce qui nous amène à conclure que tout le concept de cette course devra être revu en entier. La Class 40 a intérêt à ne pas perdre de vue qu’en dépit de son caractère plus abordable, elle demeure tout de même une classe assez dispendieuse. Son avenir dépend de sa force de cohésion et de l’accessibilité du concept. Accessibilité en terme monétaire, mais aussi en terme de capacité de compréhension du public.
En faire un peu moins, mais mieux et consolider ce qui est à sa portée et qui peut rapporter de façon significative et directe. Voilà le défi que la Class 40 doit relever. Comme on l’a vu récemment avec l’abandon de la classe des MOD 70 par Veolia, le milieu est fragile. Il ne faut pas étirer sa chance. En ces temps d’incertitude, l’élastique peut nous péter à la gueule et ce, peu importe la grosseur de la classe ou du bateau. Fin de la leçon.
Le Sud-Africain Nico Budel est de retour sur le circuit. Il a parcouru le chemin entre Le Cap et Punta Del Este pour reprendre la course. Bonne nouvelle même si ce n’est pas cela qui va relancer l’intérêt « flat tire ». Prochain départ le 1er avril alors que les concurrents se dirigeront vers Charleston en Caroline du Sud. Un périple de près de 5800 milles avec un passage du pot au noir et de la mer des Caraïbes, avant-dernière étape avant le retour vers l’Europe.
Coup de vent annoncé sur la GOR

Un fort coup de vent est annoncé dans les prochaines heures sur la Global Ocean Race. Le voilier de tête Cesna Citation a pris la chance de tenter de doubler le célèbre cap avant l’arrivée de la tempête. L’autre Class 40, le Financial Crisis du skipper Marco Nannini cherche à se mettre à l’abri.
Les vents prévus dépassent les 40 noeuds. Mais c’est surtout les creux casse-bateau qui posent problème. La mer a tendance à remonter à cet endroit, créant des conditions de navigation extrêmement difficile en raison de la hauteur des vagues.
Le troisième bateau Peshaya Racing skippé par le sud-Africain Nick Legatt devrait avoir le temps de s’écarter par une route sud.









