J’ai visité leur chantier à plusieurs reprises l’hiver dernier. Un vieil entrepôt désaffecté de la rue Cabot à Montréal. Pas d’eau, pas de toilette, chauffage minimum, effluves de poussières ou d’époxy. Minimaliste pour ne pas dire misère… Ils en auraient long aussi à raconter sur les problèmes techniques à répétition, sur les espoirs déçus venant de commanditaires se désistant à la dernière minute ou encore sur les courbatures et la fatigue qui accablent des gens qui travaillent fort à ce point. Un jour, il faudra faire un film sur l’histoire de cette équipe.
Mais hier, pas un mot sur le sujet ! L’heure était venue de célébrer ce triomphe qui ne fait que commencer. Car bien malin sera celui qui nous dira où cela s’arrêtera. Chose certaine, si j’étais le patron d’une grande entreprise au Québec, je regarderais avec un Å“il très attentif ces gens-là . Leur histoire a de quoi remonter le plus découragé d’entre nous. Mais surtout, leur caractère doit aujourd’hui susciter quelques sérieuses questions au sein de la classe 40. Car si ces entêtés ont pu se rendre jusque-là , où croyez-vous qu’ils s’arrêteront dorénavant ? Ils ont conçu une véritable machine de guerre. Tabardel est un bon régatier et Damien Depas a prouvé qu’il a incontestablement du talent lors de la mini transat 2001. Les paris sont ouverts sur le prochain fait d’armes de ces deux marins qui n’ont pas l’intention de s’arrêter là . Le sérieux de leur projet démontre qu’ils ne s’aventureront pas sur le circuit de la classe 40 en touriste et qu’ils comptent bien jouer les lascars, et ce, dès la transat Québec>Saint-Malo. Ils sont à surveiller de très près. L’animateur bien connu Serge Laprade, ami de l’équipe, agissait comme maître de cérémonie. En attendant, toute la communauté nautique ne peut qu’être admiratif devant ce chef-d’œuvre et surtout, cette incompréhensible modestie qu’affichent Éric Tabardel et Damien De Pas. Avec ce qu’ils ont accomplit jusqu’ici, ils auraient tout à fait raison s’ils se promenaient avec la tête grosse comme ça. Félicitations et maintenant bon vent les gars !
L’initiateur du projet, le skipper Éric Tabardel ainsi que son co-skipper Damien Depas ont tenu à féliciter et à remercier tous ceux qui ont participé à la construction du bateau devenu une grande source de grande fierté locale. Les deux équipiers ont ajouté que le projet Bleu sera un outil de conscientisation planétaire et qu’incidemment, il portera les valeurs de sauvegarde et de préservation des milieux naturels terrestre et marins. À noter qu’au moment où on se parle, l’équipe est toujours en recherche d’un partenaire majeur.
C’est plus d’un mois après la date initialement choisit par l’équipe qui était le 22 avril soit la Journée de la Terre. Des retards dans production de la quille sont à l’origine de ce délai. L’équipe veut néanmoins faire passer le message du souci particulier qu’il porte à la sauvegarde et la préservation des milieux de vie tant terrestres que marins.
Pour celles et ceux qui ont participé à la construction de ce magnifique bateau, c’est l’aboutissement d’un rêve qui fût ponctué de nombreux épisodes d’incertitude. Le financement et la construction de ce projet ont été un véritable parcours du combattant mais la ténacité et l’opiniâtreté des membres de l’équipe lui valent aujourd’hui la reconnaissance.
Nous devons saluer ici le sérieux de ces gens qui ont travaillé sans relâche depuis plusieurs années pour en venir à ce résultat en dépit des nombreux obstacles qui se sont dressées devant eux. L’équipe est toujours en recherche de partenaires et une chance en or s’offre à quiconque s’alliera avec ce splendide véhicule publicitaire pouvant rapporter très gros en terme de retombés.













