
Crédit photo: Ouest-France
Pour celles et ceux qui ont eu l’occasion de fréquenter assidument le site de la Transat Québec Saint-Malo l’an passé, vous avez peut-être eu aussi l’occasion de rencontrer Wilfrid Clerton. Ce sympathique breton prenait alors des vacances au Québec en compagnie de sa famille.
Il devait participer à la Transat Québec Saint-Malo sur son class 40 CGMer. Il était d’ailleurs l’un des premiers à s’y être inscrit. Le représentant de Voile en Ligne avait eu l’occasion d’échanger quelques mots avec Wilfrid Clerton qui avait alors expliqué avoir connu de gros ennuis lors de sa traversée de l’Atlantique. Un sévère coup de vent avait causé des dommages considérables au voilier et le skipper avait alors choisit de rebrousser chemin par mesure de sécurité. Il avait ainsi dû renoncer à prendre le départ de Québec. Depuis lors, le bateau a été réparé et le marin avait repris la course.
Wilfid Clerton avait participé en juillet dernier à la course Les Sables-Horta où les choses s’étaient plutôt bien déroulées. La semaine dernière, le bateau et son équipe étaient engagés dans le championnat du monde de Class 40 quand le bateau a soudainement été abordé par un autre concurrent. Le choc d’une force inouïe a causé quelques blessures légères aux membres de l’équipage en plus de causer des dégâts très importants. L’Akilaria 40 a même dû être ramené au port daredare pour ne pas couler. C’est un autre Class 40 du même type qui a abordé le bateau de l’équipe CGMer. Il s’agit de Keystone, un Class 40 skippé par le Britannique Paul Worswick.
Il s’agit de la deuxième avarie en importance pour l’équipe CGMer cette année. L’équipe avait heurté plus tôt au mois de juin, une bouée lors d’un convoyage entre Larochelle et les Sables d’Olones. Plus malchanceux que ça, tu t’appelle Alex Thompson…
Il sera donc impossible à l’équipe CGMer de prendre part aux 1000 milles de la Brittany Ferries qui doit se tenir le 4 septembre prochain. On ne sait pas non plus, du moins pour l’instant, si cette avarie compromet la participation de l’équipe à la Solidaire du Chocolat, course transatlantique entre la France et le Mexique dont le départ est prévu pour le 18 octobre prochain. Une histoire à suivre car les deux bateaux impliqués dans cette collision sont inscrits à cette course qui vit cette année une première édition.
Dans la même veine, le site internet de la Solidaire du Chocolat annonce finalement la participation de Patrice Carpentier et de Benoît Parnaudeau. Comme on le sait, ce dernier est né à Sherbrooke et revendique toujours sa citoyenneté canadienne, même s’il vit depuis de nombreuses années en France. Bien qu’il affiche les couleurs de son pays d’adoption, il est et demeure le premier et le seul canadien d’origine à avoir pris part et complété le Vendée-Globe. En excluant Benoît Parnaudeau, et à moins d’un changement de dernière minute, aucun autre inscrit originaire du Canada ne prendra part à cette course qui regroupe jusqu’à maintenant 28 bateaux. On retrouvera sur ce circuit transatlantique, des noms connus qui ont pris part à la dernière Transat Québec-Saint-Malo. On parle entre autres de Giovanni Soldini, Tanguy De Lamothe, Jacques Fournier, Yvan Noblet, Philipe Vallée et Boris Hermann qui est le premier récipiendaire du trophée de la Portimao Global Ocean Race.
En terminant, le directeur de course de la Portimao, l’ancien coureur Josh Hall, rapporte que cinq inscriptions sont déjà au tableau pour le prochain départ de cette course qui aura lieu en 2010-2011. Il s’agit là d’un rythme fort intéressant et qui annonce une participation beaucoup plus massive que lors de l’édition initiale. Parmi celles-ci, on note les intentions de Patrice Carpentier, du Sud-Africain Adrian Kuttel et de l’Écossais Nico Budel.
Une entente de principe est par ailleurs conclue entre les organisateurs de cette course et les autorités du conseil mondial de la Class 40 en vue de la mise au calendrier de cette course en 2010. Voilà une nouvelle qui a de quoi réjouir bon nombre d’amateurs de voile et de fans de la Class 40. Une des particularités de cette course sera la participation par étape, un changement majeur par rapport à la dernière édition. Ainsi donc, les coureurs pourront prendre part à une seule étape de la course s’ils le désirent. Il s’agit là d’un moyen original d’attirer d’éventuels sponsors ayant une bonne expérience de la voile et qui voudraient vivre l’expérience d’une véritable course océanique.

Marmara – Vialeron / Le Figaro
La Solitaire du figaro est commencée depuis quelques jours déjà. Cette course en solitaire en quatre étapes regroupait au départ de cette 40ième édition plus de 50 bateaux de type Beneteau Figaro, d’où le nom de cette épreuve mythique.
On retrouve d’ailleurs parmi les engagés, quelques-uns des skippers ayant pris le départ du Vendée-Globe. Parmi ceux-ci notons la présence de Michel Desjoyeaux, Jérémie Beyou et Armel LeCléach. On retrouve également des noms connus du milieu français du Figaro comme Gildas Morvan, Nicolas Troussel et Charles Caudrelier. Au classement général provisoire après une étape, Nicolas Lundven occupe la position du meneur.
Mais ce dont tous le monde parle et qui retient le plus l’attention, c’est le retour incroyable de Yann Eliès. Il est l’homme qui revient de très loin. Comme on le sait, ce dernier a subit une très sévère blessure lors du Vendée-Globe. Le skipper du monocoque Generali avait eu le fémur fracturé lors d’une manœuvre à l’avant de son bateau. Il était parvenu à retourner de peine et de misère dans le cockpit de son bateau pour appeler les secours qui sont arrivés trois jours plus tard pour le récupérer… Or le skipper aux commandes du Beneteau Figaro aux couleurs de Generali occupe le deuxième rang. Que dire de plus sinon que cela démontre l’incroyable force de caractère de ce marin exceptionnel.
La Rolex Fastnet 2009
Parallèlement, une autre course mythique a débuté sur les côtes anglaises. Il s’agit de la célèbre course du Fastnet. 309 bateaux ont pris le départ le week-end dernier. Malheureusement, aucun bateau canadien ne prend part à l’épreuve, une situation pour le moins gênante…
On en a aussi profité pour commémorer les tristes évènements de 1979 alors que quinze personnes perdaient la vie dans ce qui est toujours considéré comme la pire tragédie de l’histoire de la course au large. Une messe a été célébré pour rendre hommage aux disparus de cette triste édition qui avait été sournoisement marqué par l’une des pires tempête de l’histoire de l’Atlantique nord.
Pour ce qui est de l’épreuve sportive comme telle, mentionnons qu’elle a attiré cette année des bateaux légendaires tels que ICAP Leopard, Rosebud ou Luna Rosa. On note aussi une présence importante d’Open 60 IMOCA (11) et de Class 40 (19).

Chez ces derniers, c’est présentement Tanguy DeLamothe sur son Initiatives-saveurs-Novedia Group qui mène le bal avec un maigre cinq petits milles d’avance. Il est suivit de Beluga Racer et Telecom Italia. Chez les Open 60, Artemis Ocean Racing de Samantha Davies et Sidney Gavinet occupait ce matin la position de tête, un cheveu devant BT de Sébastien Josse et sept milles devant Pindar skippé par le gagnant de la Volvo Ocean race 2007 Mike Sanderson. De beaux duels sont donc en vue…
Artemis Challenge…
Parlant d’Artemis, notons que l’équipe aligne deux bateaux qui ont d’ailleurs pris part à l’Artemis Challenge le 5 août dernier. Il s’agissait d’une course de vitesse de seulement 50 milles nautiques autour de l’île de Wight. À cette occasion, les équipes étaient invitées à faire monter à leur bord des personnalités venant de différents milieux. C’est ainsi que l’équipe Artemis a embarqué le rocker canadien Brian Adams qui incidemment donnait un spectacle à Québec dimanche dernier. À l’instar de plusieurs autres vedettes, le chanteur a participé à la course dans un but caritatif à bord du Artemis-Profit Hunter, accumulant des fonds pour sa fondation en faveur des enfants défavorisés.
America’s cup of chicane…
En terminant, on pensait que la saga juridique autour de la coupe America était terminée et qu’enfin, nous allions avoir droit à une épreuve sportive. Oubliez ça ! Les américains du Golden Gate Yacht Club (GGYC) ont décidé de contester le lieu choisit par le syndicat suisse Alinghy pour la tenue de la prochaine épreuve. De plus, l’usage d’un moteur comme assistance hydraulique sur le gigantesque catamaran construit par le syndicat suisse déchaîne déjà les passions. Pour le célèbre skipper Russel Couts, l’usage d’un moteur dans la Cup est impensable.
Notons qu’à priori, rien n’empêche l’utilisation d’un moteur si tant est que ce dernier ne contribue pas à « faire avancer le bateau… » Mais ça, ça se débat ! Et comme les tribunaux sont là pour ça, the winner of the Cup is… les avocats pour qui cette épreuve sportive est devenue du véritable bonbon. En attendant Godot, toute cette histoire sur laquelle nous reviendrons cet automne a de quoi mettre les nerfs des amateurs de voile en boule. Et là, nous sommes polis…
Photo Yann Eliès: © Marmara – Vialeron / Le Figaro
Phot0 Novedia: © Muriel Robin
Photo America’s cup: © Site de l’America’s cup

Crédit photo: christophe Gireau
Le navigateur Patrice Carpentier est rentré en Europe au terme d’une traversée de plus de 20 jours. Parti de Québec le 11 juin dernier, le Class 40 Les Entreprises Lorraines est arrivé à sa base de La-Trinité-sur-Mer le premier juillet. La traversée ne fût pas des plus faciles aux dires du Québécois Christophe Gireau qui faisait partie de l’équipe de convoyage accompagnant le circumnavigateur. L’autre équipier était Bertrand Guigon.
Joint par téléphone ce matin, Christophe Gireau explique le contexte. « Nous avons eu une dépression qui nous a suivit pendant plus d’une centaine d’heures. Elle tournait sur elle-même et semblait nous suivre où que nous allions, que ce soit au nord ou au sud. Elle produisait une mer chaotique avec des vents changeant constamment et soufflant entre vingt et quarante nœuds. Ça a commencé un peu après la deuxième moitié du voyage et c’était interminable. »
« Nous avons aussi eu à faire avec de drôles de phénomène météo. Par exemple, nous avons eu une mer d’huile sur les bancs de Terre-Neuve. Pendant trois jours, nous avons rongé notre frein avant que le vent ne décide de revenir, a déclaré le franco-québécois de retour depuis quelques jours. » Mentionnons aussi que Bertrand Guigon s’est blessé légèrement durant la traversée. Il s’est infligé une profonde coupure à une main qui a dû être soignée une fois arrivé en France.
Malgré cela, Carpentier et ses hommes sont très satisfait de cette traversée. «Le bateau a très bien marché. Nous l’avons poussé à 90% de ses capacités durant toute la traversée et il s’est très bien comporté. Il est aussi solide qu’avant l’accident durant la Transat Québec>Saint-Malo, et sans prétention, cela n’est pas sans me faire un petit velours» de dire Christophe Gireau. On le comprendra puisque ce dernier était de l’équipe chargée d’effectuer les réparations du coursier chez l’entreprise Boulet et Lemelin.
L’équipe de Patrice Carpentier se concentrera maintenant sur sa préparation en vue de la Solidaire du Chocolat qui se tiendra cet automne.





