
La Portimao Global Ocean Race a couronné les champions de sa première édition avec la traversée finale de l’océan Atlantique. Les Allemands Boris Hermann et Felix Oehme sont maintenant les grands gagnants. Ils ne peuvent plus être rattrapés. Ce premier sacre est loin d’être le moindre. Le duo pourra se vanter d’être les premiers à avoir complété en vainqueur ce premier tour du monde impliquant des Class 40.
Hormis le faible nombre de participants, la Portimao Global Ocean Race a tout de même été fort intéressante à suivre. Il est donc à prévoir que les protagonistes seront beaucoup plus nombreux lors du prochain départ.
Cette course a prouvé une fois de plus ce que l’on savait déjà, à savoir que ce type de bateau est polyvalent et qu’il résiste bien aux nombreux écueils que comporte un tour du monde. Voilà pourquoi l’ancien coureur océanique et directeur de course Josh Hall a jeté les bases d’une forme de « partenariat » avec les dirigeants de la Class 40. Aussi, a-t-il fait part de ses vues à plus long terme en annonçant que la prochaine édition serait réservé aux bateaux de ce type. En effet, seuls les Class 40 catégorisés 0 pourront prendre le prochain départ qui aura lieu en septembre 2011. Autre changement intéressant, on autorisera des équipages de 6 personnes qui se relayeront sur les différentes étapes de ce tour du monde.
Les discussions semblent donc avoir débouché sur une forme d’accord avec les dirigeants de la Class 40 qui ratissent très large depuis quelques mois. Signe des temps ? Après Giovani Soldini, une autre vedette de la classe IMOCA, Bernard Stamm, se joint au milieu de la Class 40, ce qui semble indiquer qu’en ces temps de récession, beaucoup de sponsors regardent avec envie cette classe qui procure beaucoup de retombées pour une fraction de ce que coûte les engagements en IMOCA. Son internationalisation galopante est un autre indice de la vivacité de cette classe.
Pour revenir à la dernière étape qui se terminera dans les prochaines heures, les chiliens du Desafio Cabo de Hornos mènent la danse avec un peu moins de 200 milles à parcourir. Felipe Cubillos et Jose Munoz devancent les Allemands de 135 milles. Ces derniers ont passé la porte à point Atlantique au premier rang, s’assurant du titre en double de ce tour du monde. Ils ont toutefois dû lever le pied suite à une avarie à une barre de flèche. C’est ce qui a donné aux chiliens la chance de passer devant.

Éric Tabardel et l’équipe Bleu-Voile Océanique sont fébriles. Le coursier a enfin retrouvé son élément la semaine dernière. Le nouveau mât a été installé puis, le voilier a été ramené de Sorel où il a passé l’hiver à Montréal où il passera encore quelques jours. Le cahier des charges s’est considérablement aminci et il ne reste que quelques réglages à faire. Le skipper attend l’arrivée de certaines pièces de gréement textile qui devraient lui être livrées incessamment. Une fois ces pièces installées, et les tout derniers réglages faits, le bateau commencera alors son convoyage vers Gaspé. Le départ de Montréal pourrait même se faire aussi tôt que mardi prochain. La ville de Gaspé, qui fête le 475ième anniversaire de l’arrivée de Jacques-Cartier en terre d’Amérique, deviendra donc dans quelques jours le port d’attache de Bleu pour une bonne partie de l’été.
La mise à l’eau s’est faite précipitamment et sans tambour ni trompette et pour cause… l’équipe n’avait pas les moyens d’attendre plus longtemps et la baisse des niveau d’eau jouait conttre elle.
« Nous avons pressé le pas au cours des derniers jours car le tirant d’eau sous la quille de bleu n’était que de quelques pouces (…) » disait Éric Tabardel lorsque interviewé plus tôt aujurd’hui. Le skipper avouait aussi brûler d’envie de naviguer. « Vous ne pouvez pas savoir jusqu’à quel point j’ai hâte de naviguer. Cela fait quatre ans que je suis enfermé. Je n’ai pas construit ce bateau pour rester à quai mais bien plutôt pour vivre dans les grands espaces dont je rêve depuis des lustres. Imaginez ! Nous avons des voiles flambant neuves. Elles ne sont même jamais sorties de leur sac(…) Ce que nous avons fait comme trajet l’an dernier n’était qu’un convoyage. Nous n’avons même pas encore testé les polaires du bateau (…) » de rajouter celui qui travaille sur son projet depuis maintenant près de cinq ans.
Aussi, sent-on que cette saison est un nouveau départ. Le parcours du combattant que fût la route d’Éric Tabardel et de son équipe semble terminé et on a l’impression que le vent tant attendu souffle enfin du bon bord. Bref, ça adonne ! « Nous sommes venus à bout de régler les embêtantes tracasseries qui ont suivies notre démâtage l’an dernier. Le nouveau mât est installé et son échantillonnage est plus épais et plus solide. La page est donc définitivement tournée et nous nous regardons vers un avenir que nous souhaitons le plus prometteur possible, » de conclure Éric Tabardel.
L’équipe souhaite avoir une présence accrue au Québec cet été pour permettre de faire connaître le bateau et la classe 40 au grand public et aussi tenter d’attirer les regards d’éventuels sponsors avant de mettre le cap sur l’Europe vers le milieu ou la fin de l’été. L’équipe fera alors part de son programme de course.
C’est donc une chance unique pour les gens de Montréal de voir encore pour une dernière fois durant ce week-end le superbe bateau Bleu. Le premier Class 40 entièrement construit au Québec sera amarré au quai du port d’escale dans le Vieux-Port de Montréal. Ensuite, Bleu prendra le monde d’assaut.

Le voilier Les Entreprises Loraines sera remis à l’eau dans les jours qui viennent. On se souviendra que le Pogo 40 propriété du navigateur et journaliste Patrice Carpentier avait subit une sévère avarie lors de la Transat Québec Saint-Malo l’an dernier. Suite à une panne d’ordinateur, le bateau avait heurté violemment des hauts-fonds près de la Roche à Veuillon à St-Jean-Port-Joli causant de multiples dommages ainsi que des blessures heureusement légères aux équipiers. Quant au bateau, il avait ensuite été ramené à Québec pour être réparé.
C’est l’entreprise bien connue Boulet et Lemelin qui a eu pour mandat de réaliser les travaux de réparation du class 40. La quille ainsi que les safrans légèrement abîmés ont été réparés. L’intérieur du bateau a aussi nécessité des réparations importantes.
Ces réparations sont maintenant terminées. Un préparateur s’affaire à mettre la dernière main en effectuant les travaux d’antifouling. En début de semaine prochaine, le bateau sera mis à l’eau puis son mât de carbone sera réinstallé.
Patrice Carpentier est attendu à Québec jeudi prochain. Rejoint par téléphone il y a quelques jours, ce dernier disait s’attendre à environ 4 jours de préparation avant de prendre la mer en direction de l’Europe soit le 8 juin. Il sera ccompagné d’au moins deux aides de camps pour effectuer la traversée.





