
Crédit photo: Laurent Vidal Photomer.com
Cette incroyable remonté est sans nul doute le fait marquant de la course jusqu’ici. Il faut savoir que le Novedia est une super-machine dessinée par son talentueux skipper Tanguy DeLamothe et l’architecte Simon Rogers.
Je suis aller sentir comme on dit chez nous, pour voir de plus près le saumon. Nul n’est besoin d’être un expert en architecture naval pour comprendre qu’il s’agit d’un bateau révolutionnaire. Hormis le bouchain évolutif qui caractérise cette nouvelle génération de coursier, le plan de pont s’avère aussi tout à fait ergonomique, rendant les manœuvres facile autant en solitaire qu’en équipage. Un véritable bijou.
La classe 40 réserve de ces bataille épique comme il fait bon en voir lorsque l’on s’intéresse aux courses. Le Cesar Soldini empereur de la classe jusqu’ici n’a jamais été aussi contesté et son titre autant menacé que durant cette Transat Québec>Saint-Malo. « C’est là la beauté d’une classe qui impose de sévère règles de jauge limitant du coup la course à la technologie » me disait Jacques Fournier, président du conseil mondial de la classe 40 que j’ai eu l’insigne honneur d’interviewer. Au moment d’écrire ces lignes, 50 petits milles nautiques séparaient le premier bateau du tenant de la 15ième position. Un mouchoir de poche. Quoi de mieux pour rendre cette course des plus excitante?
Le seul québécois nous représentant dans cette classe est Benoît Parnaudeau, 6ième à à peine 23 milles du meneur.
Je ne vous apprendrai rien en vous disant que la course au large est un monde contenant son lot de cruautés. Et curieusement, on dirait que cela vient plus souvent des casses que des gens qui vivent dans ce domaine. Beaucoup de coureurs et certains parmi les meilleurs ont parfois vu les résultats de plusieurs années de travail être réduit à néant en un seul instant. Parlez-en à Roland Jourdain qui, par exemple, a vu ses deux derniers tours du monde être stoppés par des bris majeurs.
La « chance » (si on peut l’appeler ainsi) dans tout ça, c’est que la déveine de notre équipe québécoise soit survenue à l’entrainement. Le mât brisé est donc assuré. En effet, il aurait été fâcheux et même très inquiétant qu’une telle chose se produise en course au beau milieu de l’Atlantique…
À québec malgré tout!
En terminant, je pense à Éric Tabardel que j’ai vu la broue dans le toupet l’hiver dernier dans son usine désaffectée de la rue Cabot à Montréal. Et à l’instar de Jean Lemire, je ne peux m’empêcher d’avoir le cœur très gros. Je sais que cette équipe vit des moments épouvantables. J’ignore de quoi seront fait les prochains mois, mais j’espère du fond du cœur qu’elle trouvera les ressources pour se relever. Car je suis fort bien placé pour dire jusqu’à quel point ces gars-là mérite notre appui et notre admiration.







