
Crédit photo: © B. Stichelbeault/PRB
Cela fait un bon moment que nous n’avons pas parlé de la classe IMOCA. Il faut dire qu’il ne s’est pas passé grand-chose cet hiver dans le grand cirque. Mis à part quelques entraînements notons que l’état de santé de Roland Jourdain a fait jaser. On apprenait récemment que Roland Jourdain avait reçu des traitements à l’avant-bras. Une nouvelle assez laconique…
On a su aussi que le bateau de Sébastien Josse était entré en chantier. On présume que ce sera pour un bon moment compte tenu que ce bateau a pratiquement coulé lors de la Transat Jacques-Vabre l’an dernier.
Puis il y a aussi Michel Desjoyeaux qui s’est fait construire un bateau neuf et qui a vendu son plan Finot aux espagnols. Le prof a un cahier de charge assez volumineux puisqu’il se lance également dans l’aventure avec la mise en chantier d’un nouveau multicoque one design (monotype) qui vise à remplacer les multicoques Orma qui appartiennent maintenant au passé.Â
La nouvelle du jour a donc de quoi susciter un certain enthousiasme chez les scribes. Le nouveau PRB est sorti des hangars pour être quillé et mis à l’eau en après-midi aujourd’hui. Il s’agit d’un plan VPLP de l’architecte Guillaume Verdier. Le nouveau coursier est à toutes fins pratiques un sistership du Safran de Marc Guillemot.
Le bateau a aussi subit son test obligatoire de retournement. Les premières photos montrent qu’il s’agit d’un sacré beau jouet. C’est le bateau de Marc Guillemot mais en mieux. L’équivalent de Safran maximisé. La deuxième génération d’un coursier révolutionnaire. Le nouveau bateau naviguera dès la semaine prochaine. On optimisera le coursier dans les jours qui viennent. Car si le bateau ressemble fort au Safran de Marc Guillemot, l’équilibre voilure-appendice est par contre fort différent.
Les premiers milliers de milles nautiques nous en diront plus sur les performances de ce nouvel espadon qui enflamme déjà l’imaginaire de bien des gens, à commencer par le patron de l’entreprise PRB, Jean-Jacques Laurent qui semblait éblouit par ce nouveau représentant de l’entreprise de revêtement de bâtiment.
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L’équipe Spirit of Canada a fait parvenir aujourd’hui un communiqué annonçant l’agenda de Derek Hatfield pour la saison 2010. On sait déjà que le skipper prendra part à la Velux 5 Oceans dont le départ est prévu pour le 17 octobre prochain.
Détail intéressant par contre que la Route Halifax-St-Pierre et Miquelon qui figure sur le calendrier de course de l’équipe. Un coup d’œil rapide sur le site de la course sous l’onglet inscriptions, ne fait état d’aucune mention allant dans le sens de la présence du circumnavigateur à cette course mais un entretien avec Derek Hatfield tenu en fin de journée mercredi nous permet de confirmer qu’il est bien de l’intention de ce dernier de s’aligner au départ de la course.
« Je dois ramener le bateau au Canada. J’ai des engagements avec l’un de mes sponsors torontois. Si tout se passe comme prévu, je serai à Halifax au début de juin » disait Derek Hatfield lorsque nous l’avons rejoint chez lui. « Pour ce qui est de l’achat du bateau, l’opération est finalisé à plus du trois quart. « Il ne nous reste qu’à faire le voyage en Avril pour aller régler le tout et annoncer ensuite quel sera le bateau avec lequel je m’élancerai pour un autre tour du monde » de conclure le skipper.
Derek Hatfield organisera ensuite des sorties en mer dans un but de formation, de promotion de son projet mais aussi de financement. Plusieurs sorties sont prévues. Elles seront offertes au grand public pour un prix accessible. On parle de séjours en mer allant de trois à 15 jours. D’autres sorties d’une journée ou moins sont aussi prévues. Â
1. France vers Halifax du 1er au 15 Mai (15 jours)
2. Halifax vers Saint-Pierre Miquelon du 5 au 7 juin (3 jours)
3. Saint-Pierre Miquelon vers Halifax du 9 au 11 juin (3 jours)
4. Halifax vers les Bermudes du 20 au 27 juin (7 jours)
5. Les Bermudes vers Halifax du 1er au 7 juillet (7 jours)
6. Course Route Halifax Saint Pierre Miquelon 10 juillet (environ 3 jours)
7. Saint-Pierre Miquelon vers Halifax le 15 juillet (environ 3 jours)
8. Halifax to La Rochelle France du 12 au 26 septembre (15 jours)
Vous désirez faire une sortie en mer en compagnie de Derek Hatfield sur le Spirit Of Canada? Contactez Spi Médias via le formulaire de contact sur ce site.
Crédit photo: www.jeanlecam.fr
Le navigateur Jean LeCam doit avoir hâte que l’année 2009 se termine. En effet, il s’agit certes de sa pire saison depuis qu’il navigue. Cette véritable annus horbilis a débuté par un chavirage le 6 janvier durant le Vendée-Globe.
Puis plus tard durant l’année, Jean LeCam s’est associé à Yves LeBlévec pour la Transat Jacques Vabre. Cette aventure marquait un retour aux multicoques pour le roi Jean qui espérait bien pourvoir enfin y aller d’une traversée victorieuse, Parti donc, sur un multicoque flambant neuf, le 8 novembre dernier, les deux hommes faisait route à bonne vitesse quand le bateau s’est soudainement retourné, mettant fin aux espoirs d’un podium qui était pourtant fort attendu. Un deuxième chavirage dans la même année. Il faut le faire…
On le sait, les casses sont à répétition depuis quelques années. Et loin d’être chanceux, le roi Jean est passé à la caisse plus souvent qu’à son tour. Que ce soit du démâtage de Bonduelle dans la Calais Round and Britain race au chavirage d’Actual, on ne peut qu’être lasse de cette guigne qui s’acharne sur ce talentueux marin.
Rappelons aussi que Jean LeCam n’a pas subit que des avaries. Il a également raté de très peu la plus haute marche du podium et cela, à deux reprises. Il fût entre autres, le dauphin de deux champions lors de courses où il a lutté avec acharnement jusqu’à la fin. On se souviendra bien sûr du Vendée-Globe 2004-2005 mais aussi de la route du Rhum 2006 qu’il avait perdu de peu aux mains de Roland Jourdain. LeCam avait alors fini deuxième à seulement 20 minutes de Bilou. Finalement, il y a aussi eu la Jacques-Vabre 2007 au cours de laquelle, LeCam alors parmi les leaders, est resté encalminé étant trop décalé dans l’ouest. Mentionnons en terminant cette nomenclature, que lui et son VM matériaux occupaient le troisième rang au classement du Vendée Globe quand la quille de son bateau s’est rompue entrainant le chavirage qui a mis fin à sa course en janvier.
Tous ces succès en demi-teinte ont d’ailleurs fait dire au plus coloré marin de la classe IMOCA que finir deuxième et quatrième ne constituait rien de moins qu’une « place du con », car en définitive, lorsqu’on est deuxième, il n’y en a que pour le premier et que de même, le quatrième est celui qui se fait évincer du podium. À travers l’hilarité générale causée par ses déclarations quelque peu intempestives, personne, pas même LeCam lui-même ne pouvait imaginer que la malchance pousserait le bouchon à ce point.
À tort ou à raison, LeCam reste un incroyable gagnant et l’un des combattant les plus coriace du monde de la course au large. Chaque fois que LeCam est à la barre, on sait qu’il va se passer quelque chose du point de vue sportif et qu’il livrera une course spectaculaire. Au surcroit, il est incontestablement et de loin le meilleur vendeur de son sport et l’un des marins les plus attachants qui soient. Malheureusement, les tuiles continuent de s’abattre sur Jean LeCam qui apprenait la semaine dernière que les tribunaux français venaient de rejeter sa poursuite contre les maisons mère de l’assureur qui avait charge de le dédommager suite à la perte de son Open 60.
Rappelons pour la bonne compréhension des choses que Jean LeCam était propriétaire de son bateau. Or, comme on le sait, les coureurs océaniques ne sont pour la plupart pas des millionnaires. Et LeCam, qui ne fait pas exception à cette règle, a besoin de ce dédommagement pour poursuivre sa carrière avec la construction d’un nouveau bateau. Il était question d’une solution abordable nécessitant les plans et les moules du bateau de Vincent Rioux. Or, cette nouvelle déconvenue vient retarder un échéancier déjà très serré. On sait qu’une participation au Vendée-Globe nécessite plusieurs années de préparation afin de maximiser un coursier.
On ignore pour l’instant si Jean LeCam ira en appel de cette décision qui est un véritable coup de massue au moment même où des discussions sont toujours en cours avec l’entreprise VM Matériaux pour la reconduction d’un partenariat-voile. Selon Monsieur Fabrice Thomazeau responsable des communications pour l’équipe de Jean LeCam et VM Matériaux, les avocats attendent d’une journée à l’autre, la version écrite du jugement pour en prendre connaissance, l’étudier et ainsi déterminer si motif d’appel il y a.
En attendant, l’absence de Jean LeCam pèse lourd sur le milieu de la course au large. En dépit de ses 50 ans bien sonnés, LeCam demeure un skipper de top niveau et règne parmi les meilleurs régatiers au monde dans les courses en solitaire. Compte-tenu des nombreux soubresauts qu’a vécu l’IMOCA depuis la fin du Vendée-globe 2008-2009 et de la crise économique qui a forcé de beaucoup d’entreprises à remettre en question leur implication dans le monde de la course océanique, on ne peut tout simplement pas se passer d’un marin aussi talentueux et charismatique que Jean LeCam.
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