Voile En Ligne 2013-05-23 @ 10:06:04 -04:00 UTC
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Classe IMOCA

IMOCA: Les quilles et les mâts seront tous pareils.

banquepop6L’ a enfin tranché. C’est par une infime majorité obtenue au terme d’un vote des plus serré que la décision est enfin tombée après des mois de tergiversation. Les quilles et les mâts des Open 60 seront dorénavant tous pareils.

On sentait que les choses s’en allaitent dans cette direction lorsque nous avons rencontré trois coureurs IMOCA l’été dernier. Benoît Parnaudeau, Arnaud Boissière et s’étaient tous prononcés en faveur de mesures limitant les coûts et augmentant la sécurité. Il s’agissait d’une tendance lourde.

Le dernier Vendée Globe n’a pas été aussi dévastateur pour les machines que celui de 2008. On sentait qu’un certain message avait fait son chemin au sein des cabinets d’architecture et d’ingénierie. Et ce message disait que la classe était sur une pente qui avait d’étranges similitudes avec celles qui ont entraîné l’ORMA à sa perte. À savoir que les sponsors commençaient à trouver que ça faisait cher de payer des millions pour faire des courses de quelques heures seulement.

La légèreté a des limites. On n’imagine pas qu’en Formule un, des constructeurs pourraient par exemple alléger les machines en diminuant certains éléments assurant la sécurité des coureurs. Remarquez bien que ce n’est pas ce qui s’est produit ni à l’ORMA ni à l’IMOCA. Dans le cas qui nous intéresse, il s’agit davantage d’essais-erreurs dans un environnement sous-estimé. La mer est un milieu qui en apprendra encore et toujours même aux plus érudits des marins, ingénieurs ou architectes.

La solution trouvée est mitoyenne. Elle se trouve à mi-chemin entre la monotypie et l’autre extrême où toute règle supplémentaire concernant la jauge est évacuée. Cette dernière solution aurait été préférée par plusieurs coureurs qui voient l’alourdissement du cahier des charges comme un réel obstacle au progrès.

Les mois à venir nous montreront si Abraracourcix a réussi à rallier les guerriers gaulois autour d’un projet commun. On sait que nos cousins français forment l’essentiel du contingent de l’IMOCA. Il est aussi facile de faire consensus parmi ce monde-là que de résoudre les plus inextricables problèmes de maths. Et quand le diable est aux vaches, ça devient carrément l’enfer.

À l’opposé, il semble que l’on se soit entendu sur une démarche d’internationalisation de la classe avec notamment des épreuves qui se dérouleront en Amérique du Nord. L’exécutif de l’organisation sera encore dirigé par . Il sera secondé par , Dominique Wavre, , , Armel LeCléac’h et .

Passage remarqué de Michèle Paret et Dominique Wavre.

a fait une tournée éclair de promotion au Québec la semaine dernière. À la suite d’une conférence prononcée au Centre Canadien d’Architecture, il a accordé une entrevue des plus intéressante au représentant de Voile en Ligne.

Crédit photos: Spi Médias communication et www.dominiquewavre.com  © 2012

La visite de Dominique Wavre n’a pas été sans faire de bruit au Québec. Ce n’était pas la première fois que le  navigateur foulait le sol québécois, lui qui avait déjà participé à la Transat Québec Saint-Malo. Mais la venue de cette grande vedette du monde européen de la course au large ne pouvait pas passer inaperçue en raison du contexte entourant la 8e édition du Vendée Globe ainsi que les nombreuses fluctuations  affectant tout le marché des courses océanique. Dominique Wavre n’est pas n’importe qui. C’est un homme hautement respecté dans le milieu. Voilà pourquoi les autorités de la Transat se sont d’ailleurs déplacées à Montréal pour rencontrer le marin qui prendra part au le 10 novembre prochain.

C’est à l’initiative de son sponsor qui a des assises montréalaise depuis 1983 que la venue des deux coureurs océaniques a été organisée. Et comme de juste, la prestigieuse entreprise a fait les choses avec panache. De la grande classe! Deux conférences ont été organisées ainsi que de nombreuses prises de contact avec le public québécois.  Merci à pour ce véritable cadeau.

Pour notre part, nous avons rencontré Dominique Wavre pour lui poser quelques questions en plus d’assister à une de ses conférences. Ce qui est à retenir c’est évidement la passion qui anime les deux marins. Le couple de navigateurs s’est investi dans une discipline qui les unis et les séparent à l’occasion. Mais l’engagement vient d’un amour commun de la mer, du monde et surtout, de valeurs profondément ancrées dans une culture du défi et du dépassement de soi.

Quand on rencontre et Dominique Wavre, on comprend mieux pourquoi tant de gens leurs portent respect et admiration. Le couple est généreux de son temps pourtant précieux. La passion de la mer est aussi grande que celle qui consiste à partager l’aventure avec le public.

Et des aventures à partager, il y en a. Quand cela vient en plus de l’un des navigateurs les plus expérimenté du circuit , au moment même où  par surcroît, les jeunes poussent dans le dos des vétérans, si Dominique Wavre a encore sa place, c’est qu’il est un excellent vendeur de ce sport qui dépend aussi largement de la personnalité des coureurs. Une personnalité aux propos intelligent et mature. Dominique Wavre a des idées arrêtées qui sont d’une grande pertinence et enrichissent indéniablement le débat.

Q: Bienvenue au Québec Dominique Wavre. Est-ce qu’il est envisageable de vous voir participer, vous ainsi que la classe IMOCA à la Transat Québec Saint-Malo?

R: « Non! Malheureusement, tant et aussi longtemps que la Transat sera disputée à la veille du Vendée Globe, ce ne sera pas possible. Il faut savoir que le Vendée Globe est essentiellement la raison motivant l’engagement des sponsor. Les investissements sont importants et conséquemment, il est impensable de prendre le risque de deux traversée alors que nous sommes si près du départ du Vendée. Il faudrait que la Transat soit déplacée ou qu’une autre course soit organisée ».

Q: Vous avez été président de l’IMOCA. Ce fût un passage assez bref, quel est la raison pour laquelle vous n’avez pas renouvelé votre mandat? Manquiez vous de soutien?

R: « Non, cela n’a rien à voir. J’ai appelé pour qu’il me remplace à pied levé en raison des nouveaux engagements que j’avais avec mon sponsor. Je ne pouvais pas concilier les deux engagement. Cela aurait pu poser à la fois des problèmes d’horaire et de conflit d’intérêt. Voilà pourquoi je n’ai pas renouvelé ce mandat. Mais je ne retiens beaucoup de positif de cette expérience.

Q: Vous avez parlé des nombreux avaries. Vous avez affirmé dans votre conférence que la seule solution se trouvait dans des règles monotypes sur les carènes, les mâts et les appendices. Est-ce que vous estimez que c’est là une solution qui est souhaitable?

R: Oui! Tout à fait!

Q: C’est carrément une jauge monotype que vous préconisez-là, non?

R: Je ne pense pas. Il y a encore beaucoup de place pour l’imagination et l’innovation. Mais il faut se rappeler que ce que le public désire, c’est essentiellement des épreuves sportives qui déterminent des champions et pas nécessairement le meilleur bateau. La Volvo est riche en enseignement. Les VO70 sont fait pour des courses à la fois inshore et océanique. Il y a une incompatibilité entre l’un et l’autre. Et c’est ce qui à mon avis, est à l’origine des difficultés que rencontre la classe.

Q: Que répondez-vous alors à celles et ceux qui disent que cela risque de freiner les avancées technologiques à l’origine de progrès importants, un peu comme en F1?

R: La F1 tente depuis trois ans de réduire ses coûts d’opération. La situation actuelle coûte très chère et mène au désintéressement en raison des multiples avaries. Il faut revoir ce modèle. Quoi qu’on en dise, nous vivons dans un monde où l’économie occupe une place importante. Dans le milieu de la course au large, nous en dépendons. Conséquemment, nous ne pouvons pas mettre cela de côté.

Q: Est-ce que cela ne risque pas de diminuer la qualité du spectacle si les vitesses s’en ressentent?

R: Je ne pense pas que ce sera moins spectaculaire. Je crois que l’un de nos grands défis est de permettre donner accès au public et pour cela, il faut que la course au large soit mieux comprise. Or, les casses font mauvaise presse. La Volvo en est un exemple parmi d’autres. Moi, ce qui en définitive me préoccupe, c’est la sécurité des coureurs. Et je pense que la latitude dont disposent les équipes techniques et les architectes mènent présentement à des  limites qui sont à repenser.

Q: Justement, avons-nous atteint les limites et est-ce que celles-ci ne sont pas en train d’enlever du lustre à une compétition comme le Vendée Globe quand on voit par exemple, les périmètres imposés pour contourner les zones de glace?

R: Oui, le sport en souffre un peu. Évidemment les temps sont allongés par ces mesures de sécurité. Mais depuis que le Vendée Globe existe, il y a le phénomène du réchauffement global qui s’est imposé. Cela est combiné à un accroissement spectaculaire des polaires des bateaux. Tout ça a diminué le temps de réaction presque de moitié. Il est donc totalement impensable d’envoyer des coureurs dans les zones affectées par le déplacement des glaces. Certes les options stratégiques sont moins nombreuses que jadis et cela est un inconvénient pour nous. Mais en définitive, personne n’est intéressé par une course qui présenterait des risques démesurés.

Q: Que pensez-vous des MOD 70 et du multicoque? On parle de plus en plus d’un tour du monde, cela vous intéresserait-il?

R: J’ai déjà fait du multicoque. J’ai entre autre navigué  avec . Pour tout vous dire, un tour du monde en équipage peut-être. Mais en solitaire ce n’est pas envisageable. D’ailleurs, à mon sens, les multicoques ne sont pas structurellement adaptés aux mers du grand sud. Les vagues sont trop longues les vents trop forts et les creux sont très casse-bateaux. Bref, c’est extrêmement dur pour des multicoques. Je crois que l’avenir du multicoque  pourrait être davantage dans les courses inshores. Leur succès en ce domaine est évident.  On n’a qu’à regarder ce que font les Extrêmes 40 ou même la coupe America. Les traversées de l’Atlantique sont aussi possibles quoique, encore là, on a vu des situations frôler le désastre.

Q: En dépit des difficultés économiques en Europe, le plateau du Vendée Globe est plus que respectable. Vous percevez cela comment?

R: C’est un très beau travail d’organisation et une volonté réelle des sponsors de soutenir ce sport malgré les difficultés économiques. L’aspect structurant et pédagogique y est sans doute pour beaucoup. Chez les coureurs, nous sommes évidemment ravis. Nous aurons toutefois une pensée pour celles et ceux qui n’ont pas pu mener à terme leur projet, essentiellement  en raison de la crise.

VEL: Dominique Wavre, merci beaucoup et meilleur des vents pour le Vendée Globe 2012!

R: Je vous en prie, tout le plaisir fût pour moi.

Propos recueillis par Daniel Lévesque

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vendée Globe: Bertrand DeBoc veut faire un retour en piste.

Crédit photo: www.seasailsurf.fr

Nos collègues européens du magasine Seasailsurf ont fait grand état du retour en piste du skipper . Le Rolling Stone de la course au large est célèbre pour sa mésaventure lors du Vendée Globe de 1992, alors que suite à une mauvaise chute, il s’était infligé une sévère coupure à la langue. Lors d’une conversation par télex avec le médecin officiel de la course, ce dernier avait à ce moment conclu qu’il lui fallait se faire lui-même des points de suture.

On imagine l’homme, miroir dans une main et aiguille dans l’autre en train de se recoudre la langue à bord de son voilier qui ballotte dans tous les sens. Le comble de la misère ou presque…

Debroc a fait deux fois le Vendée Globe. Mais il ne l’a jamais complété. Or, voilà pourquoi il sollicite l’aide de tous pour mener à bien sa campagne de financement. Le marin aimerait bien terminer ce qu’il a commencé. Pour ce faire, il sollicite un montant de 50 euros par personne pour inscrire leur nom sur la coque de son bateau. Il espère de cette façon amasser suffisamment d’argent pour prendre le départ de la course prévue en novembre.

Bertrand DeBroc est un homme attachant et un bon vendeur de son sport. Profondément marqué par sa mésaventure, il en a paradoxalement profité pour lancer sa campagne sur un ton original faisant référence à sa langue recousue. Au surcroît, DeBroc est un marin des plus expérimenté. Il bourlingue depuis 1979. C’est un fier compétiteur qui a plusieurs victoires à son crédit, dont l’une, en Figaro lors du Trophée BPE 2003. L’homme n’est donc pas dénué de talent.

Âgé de seulement 52 ans, Bertrand DeBroc est quand même une légende européenne de la course au large que plusieurs espèrent revoir en piste pour le plus grand bien du sport. On lui souhaite le meilleur des vents.

Site internet du magazine Seasailsurf : www.seasailsurf.fr

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