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Archive pour la catégorie ‘Classe IMOCA’

Hécatombe et moments exaltants !

L’année 2007 fût un grand cru pour le monde de la course au large. Elle marquera sans doute un tournant dans l’histoire de ce sport. Il faudra surtout retenir l’essor extraordinaire de la classe IMOCA avec un nombre record de mise à l’eau. Quant aux Class 40 leur élan semble même en voie de surclasser les 60 pieds IMOCA tant le nombre des mises en chantier s’accumulent.

Ce changement de cap vers des bateaux plus petits fût en soi une très bonne nouvelle pour les courses océaniques de haut niveau. À l’automne 2006 lors d’une rencontre avec Mike Birch, ce dernier m’avait fait part de son inquiétude à l’égard de cette course effrénée à la technologie de pointe qui donnait des proportions titanesques aux budgets de fonctionnement des écuries de courses. Même son de cloche du côté de Georges Leblanc qui rappelait récemment la nécessité de ramener ce sport à un gabarit plus modeste. C’est donc avec joie que nous avons vu réapparaître des démarches moins coûteuses qui orientent les courses vers des dimensions plus humaines et où les marins demeurent le centre d’attraction.

Incidemment, l’avertissement est sans équivoque pour la classe IMOCA. Les difficultés vécues par la classe ORMA devraient se charger de rappeler aux dirigeants de cette classe les mouvements naturels qui agitent ce sport. Inexorablement, ce sont les sponsors qui paient et le but du jeu est d’attirer l’œil des amateurs. La finalité de l’affaire, consiste donc à faire la jonction entre ces deux incontournables conditions de réussite.

La course doit donc se démocratiser et pour cela, la voile doit être plus accessible. Si les objectifs pivotent vers l’internationalisation, c’est de fort bon augure ! Mais conséquemment, les points de vues commandent d’être considérés dans une perspective plus globale. L’avenir tient à une vue d’ensemble sur les objectifs de ce sport et non plus dans un volet strictement sectoriel. On a voulu joindre les ligues majeures, Maintenant que cela est devenue réalité, il faut à présent relever le défi de l’atteinte d’un plus grand succès encore.

Mais comme on le sait traditionnellement, la deuxième période est toujours la plus difficile. C’est souvent ce qui arrive après avoir joué un excellent premier acte. La Transat Québec-St-Malo vit ce genre de situation. Elle doit maintenant se trouer une niche, voir même un nouveau créneau. Les organisateurs doivent pointer leurs yeux vers les réussites de ce monde en la matière. Donner un commanditaire majeur à notre transat serait déjà un bon début. Mais vendre mieux ce sport doit être la priorité numéro un. La Sidney-Hobart devrait servir d’exemple. Justement, celle qui vient de finir nous a gratifié d’une organisation impeccable ainsi que d’une autre excellente course, quoi que…

…quoi que le démâtage de Skandia laisse songeur. En effet, on ne peut pas parler de l’année 2007 sans faire le bilan des casses de toutes sortes qui ont parsemé la route des bateaux. Et à ce chapitre, l’amoncellement de démâtages survenus lors des récentes courses suscitera à coup sûr une réflexion sérieuse chez les ingénieurs et architectes. Car le bilan est cruel et au moment d’écrire ces lignes, les nécessaires objectifs de fiabilité tant recherchés n’ont pas été atteints par bon nombre d’aspirants au départ du Vendée-Globe 2008.

Par contre, l’année 2007 aura été historique pour le Canada qui voit un candidat talentueux obtenir sa qualification pour ce tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance. Derek Hatfield est incontestablement l’homme de l’année dans le monde canadien de la voile. Après un véritable parcours du combattant pour obtenir du financement l’équipe de Spirit of Canada a réussit l’impossible en alignant le premier Open 60 entièrement construit en terre canadienne sur la ligne de départ de la Transat BtoB.

Au Québec, on doit retenir la dernière sortie de Mike Birch à 75 ans. Il faut le faire ! Bien des gens sont hors circuit à cet âge. Mais l’irréductible Québécois d’origine britano-colombienne a, quant à lui, participé à une énième transat. De plus, il semble que le « jeune homme » ne s’arrêtera pas là. Sa participation à la transat du 400ième anniversaire de fondation de la ville Québec serait de plus en plus probable. Un important commanditaire se serait apparemment pointé. À suivre !

Mais ce sont les efforts extraordinaires du duo formé d’Éric Tabardel et Damien Depas que nous retiendrons comme évènement de l’année dans le monde de la voile de compétition au Québec. La construction de leur Class 40 avance malgré des écueils financiers majeurs. Ils auront persisté et réussit là où bien d’autres auraient lancé la serviette. Ils ont convaincu des sommités comme le constructeur naval Chris Sayer et le navigateur Sébastien Roubinet de se joindre à eux. Pour avoir visité le chantier et avoir constaté de visu les conditions dans lesquelles ces gars là poursuivent la quête de leur rêve, j’ai été renversé, c’est le moins que je puisse dire. Ma rencontre avec le fort sympathique Éric Tabardel renforce encore d’avantage le mystère autour de la rareté des ressources pour des gens aussi charismatique qui seraient pourtant des ambassadeurs rêvés pour n’importe quel entreprise.

Mention fort honorable également à l’équipe de Navtech.ca qui a participé au tour de France à la voile avec très peu de moyens. Je m’en voudrais d’oublier de parler de cette équipe qui a dû composer avec un froid et une humidité permanente pendant la plus grande partie de son voyage. (Le confort au foyer Esso quoi !) Avec un bateau loué, le groupe dirigé par Thomas barbeau est parti en mer, à peu de chose près, sans réglage. Ils se sont ensuite mesurés à des équipes largement en avance sur eux en terme de moyens. Le classement final ne reflétait malheureusement pas la mesure de leurs efforts. Il est à souhaiter que de pareils exemples de courage finissent par trouver le support de commanditaires majeurs. Ce serait là la moindre des choses.

Quant à Georges Leblanc, l’année 2008 en fût une de transition. Certains objectifs de compétition qu’il s’était fixé n’ont pas été atteints. Cela est en grande partie due à des contraintes d’horaire mais aussi à des fenêtres météos qui ne se sont jamais ouvertes. C’est le cas pour les défis Georges Leblanc. Le marin de Lévis a dû reporter ses départs à deux reprises en raison du manque de vent. Par contre, les autres objectifs liés aux essais et à la fiabilisation du bateau ont tous été rencontrés. L’étude qui en résulte permettra d’optimiser le bateau lors d’un exhaustif chantier hivernal qui devrait se terminer en mai, soit juste à temps pour démarrer l’entraînement avec l’équipe qui le secondera lors de la Transat Québec-St-Malo. Il entreprendra donc l’année 2008 avec un bateau maximisé et qui déjà en 2007 était très rapide.

Finalement, bien que Georges Leblanc n’ait toujours pas annoncé de façon officielle sa participation à la transat du 400ième, il serait étonnant qu’il en soit absent. À ce titre, je vous encourage à participer en grand nombre au Salon du bateau de Montréal qui se tiendra du 24 au 28 janvier 2008. Georges y sera ainsi que plusieurs autres vedettes du monde de la voile de compétition. On s’attend d’ailleurs à plusieurs annonces intéressa
ntes lors de cet évènement.

Bon vent et bonne et heureuse année à tous !

Tout d’abord, deux évènements ont retardé la mise à jour de ce blogue. Premièrement, votre humble serviteur fût foudroyé par le terrible virus de l’influenza, ce qui l’a cloué au lit une partie de la semaine. Deuzio, il semble que le virus se soit transmit à mon ordinateur… Milles excuses donc!

Les 60 pieds IMOCA participants à la Transat Jacques-Vabre nous auront maintenu sur le bout de notre chaise jusqu’aux derniers miles. C’est finalement le duo formé de Michel Desjoyaux et Emanuel LeBorgne sur Foncia qui aura eu le dessus sur celui de Marc Guillemot et Charles Caudrelier (Safran).

Le prof Desjoyaux: Le Alain Prost de la course au large!
Qui d’autre que Michel Desjoyaux pouvait marquer son retour sur un 60 pieds IMOCA de manière aussi spectaculaire? La dernière fois c’était le Vendée-Globe si je ne m’abuse. Surnommé le professeur par ses pairs, ce navigateur hors norme a le don de transformer tout ce qu’il trouve en or et de trouver une façon de gagner même quand il n’en existe aucune.

Bien sûr certain voudront parler de ce spi que l’équipe de Safran a déchiré en se disant que si cela n’était pas arrivé… Mais pour gagner, il faut d’abord terminer la course. En conséquence, c’est donc cinquante minutes plus tard que le bateau gris et orange a coupé la ligne d’arrivée de Salvador de Bahia, lui qui avait réussi à ramener à 9 petits miles la distance qui le séparait du leader.

À tous le moins, l’équipe de Safran aura fait la démonstration qu’en plus de la riche expérience de Guillemot et l’indiscutable talent de Caudrelier, elle dispose de surcroît d’un excellent bateau. L’avenir du jeune architecte Guillaume Verdier est assuré. Le carnet de commande de celui qui a conçu cet espadon risque de chauffer dans les mois à venir.

Et que dire de la superbe troisième place de Cheminées Poujoulat. Bernard Stamm prouve ainsi qu’il n’a pas gagné la Velux 5 Oceans par défaut. Quant à Jean LeCam, sa quatrième place est certes décevante mais cela était prévisible. Beaucoup trop calé dans l’ouest du plan d’eau, Le roi Jean a dû contourner par l’ouest, l’île de Fernando de Norhona pour éviter de tirer un contre bord.

Bernard Stamm avait de quoi être heureux.

L’équipe de VM matériaux nous a cependant gratifié d’une très belle course. Aussi imprévisible qu’audacieux, LeCam a prouvé de manière éloquente que la course au large n’appartient pas qu’aux seuls tacticiens. C’est un milieu où l’imagination et la spontanéité ont encore une place. Le Québécois Mike Birch était quant à lui dernier et avançait petit train-train. Aux dernières nouvelles il n’était plus qu’à 278 miles de l’arrivée.

Chez les multicoques de 50 pieds l’heure est aussi aux réjouissances pour Franck-Yves Escoffier et Karine Fauconnier. Imaginez! Crêpes Wahou a maintenant la Route du Rhum et la Jacques Vabre à son tableau de chasse. Karine Fauconnier signe quant à elle un retour en force et reprend là où elle avait laissée, sa dernière course étant cette fameuse victoire en multicoque open 60 lors de la Québec-St-Malo 2004. Enfin, Anne Caseneuve récolte le fruit de ses nombreux efforts. Cette troisième place est pleinement méritée pour celle que beaucoup souhaite ardemment voir à Québec l’an prochain.

Chez les Class 40, Giovani Soldini et Pietro d’Ali font une course impériale jusqu’ici. Toujours en tête après la traversée du Pot au noir, seule un bris majeur pourrait dorénavant priver le duo italien de Telecom Italia du titre de cette première participation des Class 40. Aux dernier classement, ils étaient à 118 miles nautiques de Salvador de Bahia. Leur arrivée est prévue pour la nuit prochaine. À noter l’excellente course de Bertrand DeBroc qui suit en 4ième place à 166 miles du leader. Benoît Parnaudeau suit loin derrière à 529 miles de l’arrivée.

La Barcelona World Race.

À défaut d’une lutte à quatre tant attendue, c’est un duel à trois qui se dessine sur la Barcelona World Race. Le grand absent est jusqu’ici Alex Thompson qui semble payer un fort déboursé à la fois pour son manque d’expérience et le peu de miles nautiques accumulés sous l’étrave de son nouveau bébé. Au fil des jours, on a de plus en plus la curieuse impression que cette course est pour lui et son nouveau bateau, un banc d’essai en vue du chantier qui précèdera le Vendée-Globe.

Où est Alex Thompson?
Roland « Bilou » Jourdain a mis du charbon dans son Véolia et cela lui a permis de recoller le duo de tête formé de Paprec-Virbac et PRB. Ce dernier avait d’ailleurs repris la tête au dernier classement. Le trio est maintenant dans le Pot-au-Noir jusqu’aux dents et peine à traverser cette zone de convergence intertropicale caractérisée par une forte instabilité météorologique. Les vitesses ont d’ailleurs considérablement ralentis dans cette zone où les orages et les grains imprévisibles succèdent soudainement à des calmes et où il faut conséquemment être sans arrêt aux aguets et à la manoeuvre. Prochaine étape : l’anticyclone de Ste-Hélène. Pour notre part, vous pourrez lire l’analyse de Georges Leblanc dès demain.

Les autorités de la treizième édition de la Transat Anglaise rebaptisée the Artemis Transat ont confirmé que la classe des multicoques de 60 pieds ORMA ne ferait pas partie de la course en 2008. Selon la nouvelle publiée par le prestigieux magazine français de voile Course au Large, l’édition 2008 de la course sera uniquement réservée aux open 60 IMOCA et aux CLASS 40.

Il s’agit d’une bien drôle de nouvelle pour les autorités de la Transat Québec-St-Malo à la veille de l’année 2008. En effet, on peut se demander si l’ORMA mettra à son calendrier la Québec-St-Malo, qui, habituellement, sert de course de retour de la transat anglaise. Chose certaine, il se fait plus que tard pour les organisateurs.

L’absence éventuelle des grands multicoques de course serait une très mauvaise nouvelle, voir même une tuile de plus pour les organisateurs du 400ième anniversaire de fondation de la ville de Québec. On s’attend en effet à un programme de course des plus intéressant ainsi qu’une carte des plus élaborée.

Par contre, le revers de la médaille est que la disparition éventuelle des multicoques ORMA laisserait une place de choix aux monocoques 60 pieds de l’IMOCA ainsi qu’aux CLASS 40 qui sont les étoiles montantes du monde de la course océanique. Comme dit le dicton, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Ainsi, dans une perspective où les sponsors de ces classes auraient plus de visibilité due à la place laissée par les grands multicoques, certains voudront peut-être saisir au bond les nombreux avantages historiquement consentis par la participation à la Québec-St-Malo.

Il faut savoir que depuis la dernière édition en 2004, la classe ORMA vit la pire crise de son histoire. Le sponsoring a été affecté par les nombreux abandons lors des courses dues essentiellement à la fragilité des machines. L’augmentation galopante des coûts d’opération des écuries de course a d’ailleurs essoufflé nombre d’entre elles. Cette situation a drainé le sponsoring vers la course aux records, un domaine donnant un meilleur retour sur l’investissement aux entreprises ayant leur nom sur les bateaux. Plusieurs autres ont pour leur part lancé la serviette ou se sont rabattue sur des classes moins coûteuses et donnant un meilleur rendement, comme par exemple, la classe des 60pieds IMOCA ainsi que la CLASS 40.

Cette situation a mené à l’éclatement du plateau des grands multicoques en plusieurs classes distincts. Une sur le circuit scandinave et l’autre sur celui français. Devant ce revers, l’ORMA a donc été forcé de se restructurer. À partir de l’année 2009, la classe présentera dorénavant une seule et unique catégorie monotype. Le but de cette opération sera évidemment de mieux contrôler les coûts liés à une aussi frénétique qu’onéreuse course à la technologie engagée depuis plusieurs années.

La classe des OPEN 60 IMOCA vit d’ailleurs des problèmes similaires, ce qui a poussé l’entreprise Véolia à mettre en circuit des monocoques monotypes de 52 pieds qui prendront part à la Solocéane 2009. Une compétition qui regroupera certains des meilleurs skippers pour un tour du monde sur des plans Finot parfaitement identiques. Ce sera donc une compétition de marins et non une course à la haute technologie où le vainqueur est souvent celui qui dispose des plus gros moyens.

Quoi qu’il en soit, je ferai un suivi de cela cette semaine. Demeurez à l’affût pour d’autres nouvelles sur ce blogue.

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