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Marc Guillemot est le marin champion de la classe IMOCA pour l’année 2009. Armel LeCléac’h occupait avant la transat Jacques-Vabre, le premier rang de ce championnat, mais en raison de son abandon, il a été mis hors course pour ce titre annuel. Il ne restait donc que Marc Guillemot et Michel Desjoyeaux qui pouvaient raisonnablement aspirer aux grands honneurs. Marc Guillemot s’est donc assuré du titre en remportant la Jacques-Vabre et surtout, en terminant deux positions devant le skipper de Foncia.
C’est la consécration pour ce skipper exceptionnel. Marc Guillemot termine donc l’année aux antipodes de son commencement, alors qu’il avait dû se détourner pour venir au secours de Yann Eliès blessé. C’est aussi un juste retour des choses pour cet homme aux qualités humaines recherchées.
Force est maintenant d’admettre que Marc Guillemot a fait taire tous ses dénigreurs. Engagé dans le milieu de la course au large depuis de nombreuses années, victime de plusieurs malchances et d’un sévère accident qui aurait pu lui coûter la vie, rien ne sera finalement venu à bout de la détermination de ce marin attachant. Et parions pour ne pas dire espérons que le succès ne fait que débuter. Car personne n’en doutera ! Marc Guillemot mérite pleinement la reconnaissance sinon l’admiration de tous.
l’IMOCA, ses champions, son avenir…
Par ailleurs, il importe de mentionner qu’au cours des quatre dernières années, les champions IMOCA ont tous été différents. Il y eu d’abord Jean LeCam, Bernard Stamm puis Yann Eliès et maintenant Marc Guillemot. Cet état de fait démontre l’existence d’une certaine parité au sein de la classe. Et c’est en grande partie ce qui rend le spectacle intéressant. Elle indique également qu’aucun des prototypes engagés n’affiche une domination significative, si ce n’est que certains semblent plus enclins à occuper le haut du classement que d’autres mais sans plus.
L’IMOCA a passé par une période de remise en question au cours des derniers mois. Elle a été contrainte de revoir ses règles de jauge et ces dernières ont modifié sensiblement la latitude dont les constructeurs disposent. Après l’avalanche d’abandons qui a marqué le Vendée-Globe et la crise économique, plusieurs se demandaient si la classe n’allait pas perdre des plumes. Or malgré l’instabilité ambiante, elle a démontré sa solidité et sa capacité à se tirer d’affaire. Elle s’est internationalisée avec l’arrivée de coureurs de divers horizons. L’IMOCA a vu des espagnols, des suisses, des canadiens, des américains se joindre à elle en plus d’accroître sa présence de l’autre côté de la manche chez les sujets de Sa majesté.
L’IMOCA a aussi été proactive plutôt que de se vautrer dans un attentisme qui aurait pu lui être néfaste. Au lieu de laisser courir les perceptions surfaites que son sport est coûteux et dangereux, elle s’est appliquée à en maximiser la sécurité et applique maintenant de nouvelles règles susceptibles générer une diminution du nombre d’avaries. Et la réflexion se poursuit toujours…
Comme le disait si bien Michel Desjoyeaux, « la voile est un sport mécanique ». Il est normal que des avaries surviennent. C’est aussi un sport qui commande un niveau de maturité et de maîtrise que l’on ne retrouve pas dans d’autres sports. D’où la moyenne d’âge tout de même élevée des coureurs de haut niveau. Aussi, n’y a-t-il rien d’étonnant dans le fait que les carrières s’arrêtent ou s’orientent différemment, si l’on tient compte des exigences que comporte une campagne en IMOCA. Les communications sont au cœur des démarches de sponsoring. Les commanditaires recherchent maintenant des coureurs jeunes mais expérimentés. Ils s’intéressent à de bons vendeurs de leur sport et de bons porte-paroles potentiels. Finalement, ils espèrent un champion. En considérant tous ces critères, on se rend compte que l’avenir de la classe repose sur des noms tels que ceux de Sam Davies, Alex Thompson, Sébastien Josse et Armel LeCléac’h.
En tenant compte de ces facteurs, on réalise que le vacuum qui suit les courses n’est pas surprenant et qu’il ne faut pas s’en faire avec ce phénomène outre mesure. Ce sont des décisions d’affaires qui influencent maintenant les choix dans le monde de la course au large. Elles arrivent en deuxième place tout juste après les questions de sécurité. Si des sponsors ont déposé le bilan de leur opération voile, d’autres, par contre, ont repris le flambeau ou poursuivent l’aventure. C’est le cas de Bernard Stamm dont on apprenait qu’il sera doté d’un nouveau coursier lors du prochain Vendée-Globe. Même chose pour Vincent Rioux et Jean-Pierre Dick. Quant à Alex Thompson, il sera équipé d’un bateau récent puissant et capable de le propulser là où Hugo Boss le désire.
Toutes ces nouvelles démontrent sans l’ombre d’un doute que la santé de la classe IMOCA est bonne et que nous aurons encore droit à de belles et enlevantes courses dans les mois et les années qui viennent.
Palmarès du championnat du monde IMOCA :
2009 Marc Guillemot (FRA)
2008 Yann Eliès (FRA)
2007 Bernard Stamm (SUI)
2006 Jean Le Cam (FRA)
2005 Mike Golding (GBR)
2004 Mike Golding (GBR)
2003 Bernard Stamm (SUI)
2002 Roland Jourdain (FRA)
2001 Roland Jourdain (FRA)
Classement IMOCA 2009
1 Marc Guillemot (Safran) 362 pts
2 Michel Desjoyeaux (Foncia) 357 pts
3 Armel Le Cléac’h (Britair) 338 pts
4 Sam Davies (Artemis II) 321 pts
5 Vincent Riou (PRB) 304 pts
6 Dee Caffari (Aviva) 295 pts
7 Arnaud Boissières (Akena Vérandas) 292 pts
8 Brian Thompson (Brian Thomson Racing) 281 pts
9 Steve White (Spirit of Weymouth) 250 pts
10 Richard Wilson (Great American III) 220 pts
Le navigateur canadien Bruno Dubois ne participera pas à la Transat Jacques-Vabre. C’est ce qu’a annoncé l’équipe de voile de Mike Golding hier. Il sera remplacé par le marin espagnol Javier Sansõ.
C’est évidemment une déception pour bon nombre de Québécois qui connaissent bien Bruno Dubois qui est peu comme le gars de la place. Mais tous comprennent que cette décision n’a certes pas été prise de gaîté de cœur et qu’après le traumatisme subit lors de l’iShares Cup, il était à prévoir que ce dernier allait reconsidérer sa participation à la Transat Jacques-Vabre.
Pour celles et ceux qui ne serait pas au courant, rappelons que Bruno Dubois a été sérieusement blessé lors de l’étape de l’Ishares Cup tenue à Amsterdam. Lors d’une manœuvre, le catamaran Ecover sur lequel il se trouvait a été surpris par un coup de vent et a chaviré. Le marin a alors reçu des morceaux du bateau sur la tête. Il a été coupé au cuir chevelu et a dû subir une intervention chirurgicale de plusieurs heures pour recoudre la peau du crâne.
Il faut savoir que la décision de s’élancer dans une course océanique n’est de toute façon jamais prise à la légère et ce, même pour les coureurs professionnels. Il faut être en excellente condition physique et du coup, avoir l’aval à la fois du médecin traitant et du médecin-chef de la course. De surcroît, hormis les célibataires, ce type de décision se prend rarement seul.
Mais surtout, il faut comme on dit souvent, « le sentir en soi ». Ce genre d’épreuve demande une préparation psychologique importante. Et si vous ne vous sentez pas d’attaque, il est inutile de tenter votre coup. Vous risquez de faire un mauvais voyage. Or bien qu’on ignore les motifs derrière la décision de Bruno Dubois, il est probable que d’une manière où d’une autre, il ne se sentait pas prêt à retourner en mer. Il est aussi clair que la décision a été sagement murie. Ce sera donc pour une prochaine fois…
Le skipper Derek Hatfield a annoncé aujourd’hui que le prochain défi autour du monde en solitaire de Spirit of Canada serait la VELUX 5 OCEANS 2010-11. L’aventurier canadien est le premier participant à être officiellement annoncé parmi la liste des neuf inscrits à la VELUX 5 OCEANS. Le nom des huit skippers restants originaires de six pays différents sera révélé dans les semaines et les mois à venir, à mesure qu’ils finalisent leur projet.
La huitième édition du Défi Absolu en Solitaire, qui se court tous les quatre ans depuis 1982, partira de La Rochelle (France) le 17 octobre 2010. Les Open 60 s’élanceront à travers les cinq océans du monde pour une circumnavigation en solitaire par les trois grands caps. A 57 ans, Derek Hatfield revient sur la course qui a lancé sa carrière en solitaire, après une expérience inachevée dans le Vendée Globe 2008 où il avait été contraint à l’abandon.
« J’ai hâte de participer à la VELUX 5 OCEANS 2010-11″, confie Derek. « C’est une course que je connais bien. Nous avions décroché un résultat très prometteur en 2002 lorsque j’ai fait la course dans la classe des 40 pieds. Ce sera notre troisième course autour du monde en solitaire après Around Alone 2002 et le Vendée Globe 2009 et nous devrions être très compétitifs sur l’eau. Nous naviguerons en Eco 60 car c’est une classe qui incarne des valeurs auxquelles nous tenons en matière d’environnement et d’éducation. L’Eco 60 Spirit of Canada portera une fois de plus les couleurs du Canada et des entreprises qui nous soutiennent ».
La nouvelle Classe Eco 60 est conçue pour offrir une nouvelle dimension économique et écologique à la course au large en Open 60. Le concept destiné aux solitaires, qui sera inauguré lors de la VELUX 5 OCEANS 2010-11, concerne les Open 60 mis à l’eau avant le 1er janvier 2003. La Classe Eco 60 sera régie par des règles qui visent à limiter les coûts et à encourager des pratiques positives en termes de respect de l’environnement et elle profitera des nombreux Open 60 de troisième génération actuellement à vendre, bateaux qui se sont révélés sûrs et fiables.
« C’est une très bonne nouvelle de voir Derek Hatfield revenir dans la VELUX 5 OCEANS en 2010″, a déclaré Sir Robin Knox-Johnston, Président de la société organisatrice Clipper Ventures. « Plus d’un an avant le départ, nous avons déjà neuf inscrits confirmés en Eco 60, ce qui représente déjà les trois-quarts de notre objectif de 12 participants. La Classe Eco 60 rencontre beaucoup de succès auprès des sponsors et des skippers, notamment dans ce contexte économique particulier qui incite à réduire les dépenses et à se tourner vers le développement durable. Nous espérons que cette nouvelle classe offrira une plateforme financièrement plus abordable pour les marins au budget limité qui souhaitent accéder au milieu de la course au large en solitaire, et qu’elle permettra de repérer de nouveaux talents à l’expérience et aux motivations différentes et aux origines variées. La VELUX 5 OCEANS est avant tout une affaire d’accessibilité, de professionnalisme et de sécurité ».
Derek Hatfield fut sacré Rolex Sailor of the Year au Canada en 2003 et il est la 126e personne de l’histoire à avoir bouclé une course autour du monde en solitaire. Malgré un chavirage qui aurait pu être dramatique près du Cap Horn dans Around Alone 2002/03, le Canadien a terminé premier de sa flotte et 3e au général en Classe II.
Entre 2003 et 2006, Derek et Spirit of Canada ont construit le premier Open 60 au Canada. En mai 2006, le bateau a été mis à l’eau à Coburg en Ontario après 22.000 heures de construction. En 2008, Derek a pris le départ du Vendée Globe, course autour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance. Des 30 participants, seuls 11 ont réussi à franchir la ligne d’arrivée. Après 50 jours de mer, alors qu’ils se trouvaient dans les Mers du Sud, Derek et son bateau ont chaviré et démâté. Dans l’impossibilité de réparer seul, Derek a du abandonner la course.








