
Crédit photo: © 2011 Alexis Courcoux
Les étoiles du Figaro sont en piste depuis neuf jours maintenant dans la Transat Benodet-Martinique. Les petites cylindrés ont quitté la France le dimanche 10 avril dernier pour un périple de 3474 milles nautiques de distance qui les mèneront aux pontons de Fort-de-France en Martinique.
Il s’agit d’une course des plus excitantes. Les dénigreurs de la monotypie peuvent aller se rhabiller. Après neuf jours de mer, le peloton a l’allure d’une bande de lévriers à la poursuite d’un civet. Les neuf premiers concurrents sont dans un rayon de 75 milles et toute la flotte est dans 166 milles. Pour ce qui est du classement, c’est « flip a coin » pour savoir qui ira chercher le lapin à Fort-de-France. Et si les Beneteau Figaro 2 ne sont pas des open 60, il faut quand même faire gaffe à ce qu’on dit à leur propos. On enregistre des vitesse folles sur cette course. Des journée de plus de 270 milles. ça vaut bien un coup de rouge à Neptune comme dirait les cousins.
C’est vrai que les enragés aux commandes de ces machines tapent dans le buffet de vitesse à volonté. Écoute à la main, la barre de l’autre, les figaristes y mettent rien de moins que toute la gomme. Spis gonflés et grands-voiles bordées au max, les solitaires dévalent les vagues dans des surfs élégants et les écoutes et drisses surchauffent. Bref, on n’est pas là pour se prendre le pain-baguette.
Et de toute façon, il faut aussi prendre en compte les étranges soubrssault de dame nature, qui a prélevé sa taxe. Deux viriles dépressions coup sur coup ont fait des fortunes de mer peu enviables. Et ceux qui ont déboursé ne sont pas les moindres. Éric Drouglazet est passé à la caisse avec un démâtage. Puis le géant vert Gildas Morvan a aussi vu sa mise être rammassée par la croupière. Rupture d’un étai et petite danse, bref, le bateau a fait quelques figures de quick-step. C’est passé bien près d’être « bye-bye mon cowboy ».
Seule ombre au tableau, les Figaros sont presque exclusivement une affaire de Français à une seule exception près, celle du Portugais Francisco Lobato. Hormis ce manque d’internationalité, on ne peut pas se plaindre qu’il n’y a pas de qualité. Nicolas, Lunven, Jean-Paul Mouren, Thomas Rouxel, Fabien Delahaye et Erwan Tabarly. Bout à bout, les milles nautiques de ceux-là nous amène jusqu’à la lune.
La belle Jeanne Grégoire est encore de retour sur Banque Populaire et comme toujours, la seule femme du plateau nous tricote une course magnifique occupant le cinquième rang à un peu plus de 32 milles du meneur Erwan Tabarly auquel il reste encore plus de 1500 milles à faire.
C’est organisé par Penn Duick. Et comme tout ce que Penn Duick fait, c’est du propre et du pro.
On peut encore prendre des paris tellement c’est serré. Allez voir ça sur internet à l’adresse suivante:
www.transat-benodetmartinique.com

Ainhoa Sanchez/w-w-i.com
Rien ne semble empêcher le skipper américain Brad Van Liew de mettre la main sur le titre suprême de l’édition en cours de la Velux 5 Oceans. Une fois de plus, le Pingouins a dominé sans partage la quatrième étape de ce tour du monde en solitaire.
Cette étape de 5700 milles nautiques a débuté le 27 mars dernier à Punta del Este en Uruguay et se terminera à Charleston en Caroline du Sud où d’ailleurs se tient présentement la Charleston Sailing week. Brad Van Liew n’est plus qu’à 127 milles nautiques de l’arrivée. Il devrait mettre le pied sur les pontons dans la matinée de demain.
Derek Hatfield fait de son côté une très belle course. Il occupe le deuxième rang 125 milles derrière. De plus, Derek a fait le meilleur temps entre les deux barrières Atlantique, ce qui lui confère de précieux points au classement.
Le fait saillant de cette étape demeurera tout de même le retrait du Polonais Zbignew Gutkowsky sur ordonnance médicale. Celui que l’on surnomme affectueusement « Gutek » a dû faire un arrêt à Fortaleza au Brésil où les médecins de l’endroit lui ont diagnostiqué une fracture d’une côte ainsi qu’une fêlure à une autre. La situation médicale du Polonais était sérieuse, la fracture se trouvant tout près de l’aorte. Du coup les médecins brésiliens lui ont interdit toute possibilité de retour en course pour le moment. Sa condition est réévaluée quotidiennement.
La course avait fort mal commencé pour Gutkowsky, celui-ci ayant fait une très mauvaise chute sur le pont du bateau. Le skipper de Operon Racing a ensuite cassé son bout dehors, limitant passablement ses possibilités de rattraper le peloton formé de Van Liew, Hatfield, et le Britannique Chris Stanmore Major qui occupe désormais le troisième rang. Bien entendu, la situation profite aussi à Derek Hatfield. Mais ce dernier a déclaré qu’il aurait de loin préféré battre le Polonais à la régulière et surtout, le voir continuer sa course.
Le Canadien devrait se présenter au fil d’arrivée demain en début de soirée. La victoire de Brad Van Liew devrait quant à elle consacrer l’Américain vainqueur de ce tour du monde avant même le début de la cinquième et décisive étape qui mènera les coureurs des USA vers Larochelle en France. Le départ de cette ultime étape est prévu pour le 14 mai prochain.
Crédit photos: BWR
C’est l’équipe Virbac Paprec III formée de Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron qui a remporté la deuxième édition de la Barcelona World Race. Les deux marins ont jeté les amarres sur les pontons de Barcelone hier matin peu après 6h00, heure locale au terme de 93 jours, 22 heures, 20 min et 36 secondes de mer. Le duo a parcouru pas moins de 29 075 milles et à la vitesse moyenne de 12,9 nœuds.
C’est une belle victoire de Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron. Et c’est surtout de bon augure pour l’équipe Virbac Paprec à un peu plus d’un an du prochain Vendée Globe. Cette balade de santé autour du monde permettra en effet d’évaluer de manière exhaustive le coursier et de paramétrer le prochain chantier qui aura pour but de maximiser cette formidable bête.
Si on parle de balade de santé, ce n’est d’ailleurs pas pour rien. En faisant exception du premier tiers du parcours où le grand bleu se faisait talonner par Foncia du duo Desjoyaux-Gabart, le reste de la course s’est presque fait les pieds sur le bureau en termes de défi compétitif. Ce qui toutefois, n’enlève absolument rien à la valeur de l’exploit sportif. C’est important de le dire.
Mais avouons que quand vous avez un superbateau né de la dernière fournée technologique, et que de surcroît cette fusée est pilotée par Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron, vous n’êtes pas pour ainsi dire, en mobylette.
C’est Mapfre qui a terminé deuxième avec un retard d’un peu moins d’une journée sur les premiers. C’est d’autant plus méritoire que Iker Martinez et Xabi Fernandez n’avaient jamais mis le pied sur un Open 60 IMOCA quatorze mois plus tôt. Mais les deux sont des champions olympiques de voile et ça se voit qu’ils ont ça dans le sang.
Par ailleurs, mentionnons qu’il n’y aura pas de record battu sur ce tour du monde. Cela peut sembler étonnant, mais les nombreux avenants de course visant à remonter les portes de glace ne sont pas étrangers à cela. La sécurité des équipes est devenue la priorité absolue. Et le réchauffement climatique amène son lot d’icebergs qui remontent à des latitudes générant de plus en plus de risques pour les coureurs.
À l’opposé, plusieurs anticyclones ont aussi barré la route des équipes. Cela a ralenti d’autant les vitesses moyennes comme en fait foi celle du vainqueur qui n’est que de 12,9 nœuds. Les alizées ont brillé par leur absence et la navigation en Méditerranée fût pénible comme elle l’est depuis toujours.
Quand on sait combien les dernières heures d’un tel marathon sont souvent souffrantes et stressantes, imaginez ce que cela peut être quand en plus après trois mois de galère, Éole vous dit soudain « merde »! C’est exactement ce qui s’est passé aux dernières heures de ce sprint planétaire. Le leader s’est retrouvé dans une pétole à rendre fou. Pendant ce temps, les poursuivants regagnaient le terrain perdu à vitesse grand V.
Qu’à cela ne tienne, Peyron et Dick ont fait contre mauvaise fortune bon cœur, le premier en profitant même pour se rafraîchir en allant taquiner les requins dans la Méditerranée, comme en fait fois l’éloquente photo parvenue au comité de course.
Le prochain concurrent attendu est Renault ZE des Espagnols Pachi Rivero et Antonio Piris. Il est présentement à un peu plus de 400 milles de l’arrivée qu’il devrait franchir demain en milieu de journée.
Cette course aura été magnifique en dépit de l’outrageante domination du duo Dick-Peyron. Les Espagnols seront quant à eux loin de repartir les mains vides. Ils auront prouvé qu’ils peuvent allègrement rivaliser avec les Français et qu’à l’évidence leur lourde tradition maritime leur confère toujours une place parmi les meilleurs marins du monde.
Nos cousins ont d’ailleurs connu pas mal d’ennuis sur cette course, étant tous contraints à l’abandon à l’exception de deux équipes. Du côté de Neutrogena, on retiendra qu’une fois de plus, le plan Lombard s’est avéré ne pas être très fiable, ayant connu une troisième avarie majeure de quille en autant de tours du monde. Navrante conclusion pour une équipe qui a pourtant fait une superbe course.
Pour ce qui est de la course elle-même, elle est sans conteste un succès de foule. Des milliers de personnes sont accourues pour prendre part aux activités du village de course et voir le départ et l’arrivée. C’est très encourageant. Ce qui l’est moins par contre, ce sont les bruits de ponton concernant l’avenir de cette épreuve. La Fundació Navegació Oceànica Barcelona (FNOB) aurait eu semble-t-il, beaucoup de mal à boucler son budget. On espère de ce côté qu’un partenaire privé se pointera pour aider au financement et assurer à plus long terme le départ de ce passionnant tour du monde. En ces temps d’austérité économique, il est par contre loin d’être facile de mettre la main sur un financement stable et récurrent. Ce serait dommage que l’évènement soit remis en question, car c’est une sacrée belle course et une fichue de belle réussite.





