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Archive pour la catégorie ‘Courses océaniques’

 

Crédit photo: © Clipper Venture

La Clipper Round the World Yacht Race a repris depuis déjà quelques jours. Les neuf bateaux qui se sont élancés au départ de San Francisco sont maintenant en route pour Flamenco Marina, une étape de 3329 milles nautiques qui les mènera jusqu’au canal de Panama. C’est là qu’ils traverseront l’Amérique centrale pour entrer dans les Caraïbes. En s’amarrant dans la première écluse, la porte se refermera donc définitivement sur l’océan Pacifique qui aura marqué la Clipper 2009-2010 par ses multiples rebondissements.

Comme si on n’en avait pas eu assez jusqu’à maintenant, voilà que cette dernière étape amène encore une fois son lot d’ennuis pour certaines équipes, un peu comme si cette mer s’acharnait à rudoyer une dernière fois ceux qui l’on pris d’assaut afin de leur laisser le plus indélébile des souvenirs. C’est le cas du voilier canadien Cape Breton Island. L’aigle néo-écossais a eu les ailes coupées par des ennuis au rail de tangon, un bris qui a rendu le spinnaker inutilisable.

« On a mis toute notre ingéniosité, notre savoir-faire et notre adresse pour venir à bout de réparer ce satané rail. Cela nous a forcé à nous écarter de la route directe pour faire de la voile blanche et réduire le nombre d’empannages pendant que nous réparions. Cela explique notre écart par rapport à la route orthodromique. On a sorti le gennaker en attendant de pouvoir remettre le spi. On pensait bien avoir eu gain de cause quand on s’est rendu compte quelques heures plus tard que notre réparation de fortune avait de nouveau lâché. C’est plus que frustrant(…) » maugréait le skipper de l’équipe canadienne Jan Ridd hier matin.

 Cape Breton Island accuse maintenant plus de 78 milles de retard en raison de ce fâcheux incident. Cette étape se déroule presque à 100% sous spi. La côte ouest offre en effet une brise soutenue de nord-ouest qui permet de dévaler ce quasi littoral à très grande vitesse. Lors de la Clipper 2005-2006, l’actuel directeur de course Joff Bailey avait d’ailleurs établi une marque en parcourant avec son équipe la distance de 287 milles nautiques sur 24 heures.

Être privé de spinnaker lors d’une pareille étape revient donc à déchirer son pantalon le jour de ses noces. Pour l’instant, l’équipe canadienne est en 6e place. Elle a réussi a contenir l’hémorragie de milles consentis au leader qui est Spirit of Australia. Le voilier canadien est 78 milles derrière et cherche à reprendre les Écossais d’Edinburgh Inspiring Capital 7 milles devant. Team Finland, Qingdao et Jamaica Lightning Bolt sont aussi devant respectivement dans l’ordre derrière les Australiens. Les trois premiers sont dans un rayon de 25 milles nautiques. La course est donc une fois de plus assez serrée.

 Au surcroît, on doit s’attendre à des conditions assez changeantes à l’approche du but qui est près de la zone de convergence intertropicale. Pluie, grains et vents variant en force et en direction. Pour l’instant, il reste un peu moins de 2000 milles nautiques à parcourir.  Les vitesses tournent entre 8 et 10 nœuds avec des pointes entre 12 et 15. La tête de flotte devra cependant se recaler légèrement vers l’ouest, une correction rendue nécessaire pour contourner la côte mexicaine de Puerto Vallarta. Les vitesses devraient alors ralentir quelque peu, ce qui permettra aux poursuivants de refaire une partie de leur retard.





Crédit Photo: © DR

Parmi les engagés de la Transat AG2R, se trouve un groupe ayant choisi l’option de manière quelque peu extrême. Il y a aussi les autres, qui dans l’est qui ont fait de même. Pour comprendre un peu le contexte, imaginons que l’un des deux est parti de Rimouski et a fait un détour par Drummondville pour se rendre à Roberval…

S’il est vrai qu’en voile, le chemin le plus court n’est pas nécessairement la ligne droite, certains participants de cette course se sont rendu compte que le chemin le plus long mène ne valait pas l’investissement consenti.

Évidemment, c’est toujours facile à dire quand on est bien assis chez soi sans avoir le pif dans le vent comme les coureurs. Mais toujours est-il qu’au final, certains trouvent la facture aussi salée que l’eau sur laquelle leur bateau avance. C’est le cas de Crédit Mutuel de Bretagne qui se retrouve ce matin à plus de 92 milles du meneur. Même chose pour Generali-Europ-Assistance du duo Beyou-Elièes qui est à plus de 90 milles du meneur. Quant à l’autre Generali, celui de Lunven et LeCam, ils cravachent à près de 77 milles de la tête.

Évidemment, la course est loin d’être finie. Mais parions que les chances sont bonnes qu’en posant la question la réponse soit que ce n’est pas vraiment la place que ces gens-là voulaient occuper en choisissant l’option est. Pour les cowboys, qui eux avaient opté pour l’ouest, le résultat est meilleur pour ne pas dire les dommages sont moindres… Gedimat est à 21 milles, Gaspé 7 à 28 milles et Lufthansa est de son côté à 31 milles.

Les deuxièmes du tiercé sont les centristes Cercle Vert de Morvan et DeBroc à un peu plus de 10 milles. Ceux qui ont fait mouche à cette loterie météo sont sur Saveol. Le bateau de Romain Attanasio et Samantha Davies est en effet le grand gagnant de cette première option stratégique. Après être allé vers l’ouest, le bateau des tomates s’est recalé juste à temps pour aller chercher la mise.

Dans d’autres classes, la situation des retardataires n’aurait rien de catastrophique. Mais il en va tout autrement en monotype Figaro où chaque écart si minime soit-il reste significatif et peut faire toute la différence entre l’arrivée en première place et « la place du con » pour paraphraser Jean LeCam. Pour l’instant, ceux qui sont passés par Drummondville sont en passe de se retrouver dans le deuxième groupe à moins que la bouée de Palma viennent jouer les trouble-fêtes. Il y aura pas mal d’empannage au menu car la zone comporte encore une bonne dose de vents instables et de bulles anticycloniques. Des options sont donc encore possibles avant l’autoroute des alizées. La chasse est ouverte. Après les cowboys et les indiens, voici maintenant Teetee et Grosminet… Qui sera le premier à avaler le canari?

Crédit photo: © J.M.Liot/DPPI/Rivacom

On savait que la voile était en passe de devenir un sport spectacle à grand déploiement, mais avec la Transat AG2R, on atteint des sommets jamais égalés. En effet, l’organisation de Pen Duick en charge de la Transat a réalisé le plus beau coup de maître des dix dernières années en matière de marketing sportif et de diffusion de ce sport.

Ils ont nolisé le trimaran à moteur Ocean Alchemist du réputé skipper Olivier De Kersauson. À bord de cet engin dont les vitesses sont plus qu’appréciables, ils suivent la transat depuis le début avec l’intention bien arrêtée de faire la traversée au grand complet. Quelques cameramen, preneurs de son et journalistes au pied marin sont à bord et retransmettent en temps réel des reportages assortis d’images. Les clips sont ainsi diffusés principalement sur France 3 Bretagne, mais aussi sur plusieurs télés d’Europe ainsi que sur le site de la Transat où les journalistes peuvent y avoir accès moyennant accréditation. 

Ainsi donc, on a pu voir ce matin le roi Jean LeCam très concentré à la barre de son voilier Generali. On a, bien entendu, une excellente idée de l’ambiance qui règne sur le plan d’eau. Météo, état de la mer, vitesse des voiliers, allures, voiles utilisées, stratégie, bref, tout y est ! Les marins n’ont quant à eux pas encore donné –du moins publiquement –leur avis sur cet espion médiatique. Mais on peut deviner que certains parmi les vieux de la vieille doivent le trouver quelque peu encombrant. En tout cas, fini la génération des Tabarly où le marin avait la sainte paix à la minute où le coup de canon était donné.

Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une plateforme télévisuelle des plus intéressantes pour ne pas dire un véritable coup fumant de Pen Duick qui est l’organisateur de la course. En plus de répondre de manière structurée et intelligente aux besoins de la génération de l’image, les retombées publicitaires et les droits de diffusion ont certes ramené des revenus qui sont, on s’en doute, très bien venus pour une organisation de course.

Si l’initiative a de quoi faire écarquiller les yeux, elle n’en demeure pas moins des plus onéreuses. On imagine facilement le coût de la facture de carburant seulement pour suivre les voiliers jusqu’aux Canaries où ils devront de toute évidence se ravitailler avant le reste de la traversée… Mais si le jeu en vaut la chandelle médiatiquement parlant, c’est assurément parce que le client en demande encore et encore… 

Côté course, on a eu droit depuis hier à une valse à mille temps. A l’approche du Cap Finistère, les 50 marins ont fait leur choix sur la façon de contourner une dépression légèrement au sud de ce véritable « cap aux ennuis ». Quand il ne donne pas une fessée météo aux marins, le Cap Finistère offre des schémas difficiles à décoder. Une fois de plus, c’est « flip a coin » Pile on passe à l’Est, face, c’est à l’ouest…

C’est le jeu du chat et de la souris.  Pour les cowboys LeCleac’h, DePavant, Mouren ainsi que la cowgirl Grégoire c’est « il était une fois dans l’ouest ». Pour les indiens, les nerveux LeCam, Stamm, Troussel, Eliès et Drouglazet, c’est « le train sifflera une fois après, il nous passera dessus si on n’est pas dedans. » Option Est ! Et puis il y a les centristes Koch et Morvan qui parient que le croque-mort aura ramassé les dépouilles des desperados avant qu’on atteigne le fond du baril de Loch Lemon.

C’est dans 24 heures environ que nous saurons qui sera le dernier à quitter le saloon. Pour l’instant, c’est Jeanne qui a le doigt sur la détente. Elle et Gérard Véniard font parler leurs six coups depuis tôt dans la matinée. Ils occupent le premier rang d’un classement où les positions ont tourné autant qu’un barillet de Colt depuis le début de cette course. La liste des leaders s’est allongée d’heure en heure depuis le départ de Concarneau. Et rien ne semble laisser croire qu’il en sera autrement dans les heures qui viennent.

Si un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, les tenants de l’option Est doivent avoir de sérieuses raisons d’avoir choisi leur option. Chacun a ses raisons. Mais admettons que traditionnellement, l’option Ouest est plus payante que la petite virée sur les côtes du Cap Finistère. N’empêche, on verra bien qui restera debout et qui pissera dans le pot du croupier.  

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Dernère mise à jour du site le 2010-09-05 @ 22:01