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CATÉGORIE :: Courses océaniques

Courses océaniques

L’analyse Georges Leblanc

ÇA DEVIENT ÉPROUVANT 8 déc. 07
Par : Georges Leblanc, skipper.

La Transat Écover BtoB devient la course qu’elle doit être à ce temps-ci de l’année. N’oublions pas que l’on est en décembre et que les alizés soufflent assez fort. Les contrer en remontant vers le nord-est signifie naviguer face au vent. Les Open 60 tapent au près au point de faire monter les pulsations cardiaques des skippers. La mer se calme lentement en regagnant le nord mais pas pour longtemps. Une houle de 4 à 5 mètres descend et le vent tournera au SE à 15 noeuds.

Il faut donc faire du nord-est le plus possible pendant qu’il est encore temps. Ensuite, filer vers le nord sur tribord amure sera possiblement l’option de plusieurs. Ça devrait ménager les voiliers et les aider à mieux s’adapter à la houle par le vent SE annoncé. Subir l’inconfort de la mer ? Tous y penseront malgré eux!

La course commence à ressembler à une vraie course. La mer ne fera pas de cadeau aux skippers même si le temps de Noël approche. La fiabilité des Open 60 puissants pour ne pas dire surpuissants, ne pouvait être testée lors de la Jacques-Vabre qui a été assez pépère. D’habitude l’endurance des voiliers ne se révèle qu’après plus de 6000 milles nautiques.

Dommage pour Marc Guillemot. Fort heureusement, il a réussi à immobiliser la quille de son Safran. Les problèmes de quilles sur ces voiliers ne cesseront pas tant que les systèmes hydrauliques actuels et les structures ne seront pas repensés. Dommage aussi pour Mike Golding, qui a éprouvé des troubles de mécanique. Personnellement, s’il compte s’engager pour un tour du monde bientôt, il devrait investir dans un système parallèle( génératrice) afin de renouveler l’énergie électrique et changer tout simplement le moteur diesel tant qu’à y être.

Dommage aussi pour qui n’a qu’un seul pilote. Son voilier lui demande donc beaucoup de vigilance. Le barreur travaille fort et cela peu importe qu’il soit humain ou instrument électro/mécanique. Mais Derek réussira, peu importe le temps que ça prendra… Un deuxième pilote ne serait cependant pas un luxe. ( à noter que sur mon open60 Océan, j’avais trois pilotes et qu’aucun d’eux n’a jamais défailli ).

ÊTRE OU NE PAS ÊTRE TÉMÉRAIRE. 8 déc.07
Par : Georges Leblanc, skipper.

La Barcelonia se court à deux. Cela devait apporter un élément de sécurité supplémentaire pour les hommes et pour les voiliers. Mais pour cela, il s’agissait de ne pas se laisser emporter par les émotions et une compétitivité qui se voudrait ponctuel. Bref, ne pas faire montre d’une audace non calculée. Le démâtage du PRB fait réfléchir et incite les autres concurrents à la modération. Ils doivent ménager leur monture de toutes les manières possibles. Souvent l’écart sera négligeable dès que le vent souffle à trente nœuds.

À bord de PRB ils disaient avoir relâché la pédale. C’était sage! Mais il y a encore un mais! Quand on prend un ris dans la grand-voile et que l’on garde un gennaker à poste dans une forte houle lorsque l’on sait que le voilier se plante régulièrement, c’est une lacune majeure. Ça revient à dire que le voilier freine brusquement à chaque fois qu’il enfourne. La pression s’amplifie exagérément sur cette immense voile dont la têtière est fixée en tête de mât. En conclusion, la structure est vulnérable et, habituellement, lorsque la voilure utilisée contribue à garder le centre d’effort trop élevé, ça peut se traduire par la rupture de l’espar à trois ou quatre mètres de la cime du mât. Parlez-en à Y.Parlier. Il vous confirmera mes dires. Lors d’un Vendée Globe, il effectuait suite à la rupture de son mât, une portion de son parcours avec quatre mètres en moins à ce dernier.

Hélas, quand l’idée nous vient de réduire la voilure, C’est généralement que nous aurions dû le faire depuis un bout de temps. C’est malheureusement un réflexe chez les coureurs que nous sommes d’abord et avant tout. En terminant, j’encourage les skippers à tout faire pour boucler ce tour du monde à la voile. Et bonne chance dans ces quarantièmes rugissants et les cinquantièmes hurlants!

Gros soucis pour derek Hatfield!

La première course en solitaire à la barre du open 60 n’a rien de facile jusqu’ici pour . Après un début de course fort honorable, les difficultés s’accumulent.

D’abord privé de communication à cause d’un standard C qui l’a laissé tombé, Derek est incapable de recevoir ses fichiers météos. Donc, pas de routage et impossible d’ouvrir le moindre fichier. Et ça ne s’arrête pas là. Le pilote automatique y est allé de « free games » précipitant le bateau en vrac au beau milieu de la nuit. L’équipe de Spirit of Canada rapporte que l’incident a causé passablement de dommages. Quant au skipper, il n’a pas été blessé sérieusement et cela, même s’il s’est fait sévèrement brassé le pommier. Quelques bleus et courbatures tout au plus.

Fort heureusement, Derek Hatfield a pu réparé et reprendre graduellement le contrôle du bateau. Depuis cet épisode, le skipper se méfie cependant au plus haut point de son pilote automatique. Conséquence : plus de temps à la barre, le moins d’heures de sommeil possible et une fatigue énorme. Il faut ajouter aussi que le moral n’est pas à son meilleur quand on regarde le classement. Le plongeon est vertigineux.

Selon Georges Leblanc, ce type d’incidents est normal. Le bateau n’a pas encore été éprouvé en configuration de course. De plus, Derek Hatfield a peu navigué en solitaire sur ce genre de bateau. Aussi, le skipper de Lévis affirmait-il qu’il s’agissait là d’une épreuve de familiarisation pour l’équipe de Spirit of Canada beaucoup plus qu’une compétition. L’important pour Derek étant d’abord et avant tout d’obtenir sa qualification pour le départ du Vendée-Globe. « On se doit d’être modeste dans nos attentes. Ces bateaux là sont tellement nerveux qu’on a, du moins au début, l’impression d’enfourcher un cheval sauvage» ajoutait le marin québécois qui compte plusieurs dizaines de milliers de miles nautiques à son crédit sur un Open 60. Aux dernières nouvelles, Spirit of Canada était dans le pot au noir et les grains. Il était 15ième à plus de 255 miles du leader Loïc Peyron sur son Gitana Eighty.

La Barcelona World Race

Le leader PRB skippé par Vincent Rioux et Sébastien Josse sont dans le 40ième rugissant depuis déjà quelques heures. Ils sont suivit par Paprec-Virbac II 32 miles derrière. À noter le retour de Roland Jourdain qui a rétréci l’écart qui le séparait des premiers. Il navigue maintenant à 174 miles nautiques derrière PRB. Bilou est en filigrane depuis plusieurs jours et on peut s’attendre à une attaque de sa part, lui qui peut compter sur l’un des meilleurs tacticiens du circuit en la personne de Jean-Luc Nélias. Et comme Georges Leblanc l’expliquait lors de son analyse de la fin de semaine dernière, être en position de recul par rapport aux premiers peut, dans certains cas, être bénéfique. Cette assertion s’est vérifiée lors de la Transat Jacques Vabre où les premiers entrés dans le Pot au Noir se sont retrouvés encalminés, voyant du coup leur poursuivant les doubler en empruntant une route beaucoup plus à l’ouest. Prochaine étape : Les Kuerguelen. Au nord ou au sud ? C’est à suivre !

Rideau sur la Jacques vabre et bon départ pour Spirit of Canada

Il reste encore deux équipages en mer mais on peut d’ores et déjà dire que le rideau est maintenant tombé sur cette huitième édition de la transat Jacques Vabre. À quoi ressemblera la neuvième édition de l’ancienne route du café ? Nul ne le sait mais au moment même où l’ vient tous juste de retirer cette course pourtant prestigieuse de son calendrier pour l’année 2009, les organisateurs ont d’entré de jeu pas mal de pain sur la planche.

Pour l’instant, ils peuvent cependant pavoiser et s’enorgueillir d’une course qui fût impeccable tant au plan de l’organisation que de la couverture de manière générale. Le suivi, les documents fournit au grand public et le volet éducatif ont fait de cette course un succès retentissant. Chapeau bas aux organisateurs !

De plus, hormis quelques abandons, on n’a répertorié aucun incident fâcheux et tous les concurrents sont à bon port. Ajoutez qu’on a eu droit à un suspens digne d’Hollywood autant chez les 60’IMOCA que les Class 40. Une question demeure toutefois : Est-ce que l’effet combiné du retrait de la classe IMOCA et d’une éventuelle disparition de la classe ORMA mettront cette splendide course sur la corde raide ?

Et d’abord, est-ce le chant du cygne des grands multicoques 60’ ORMA. Pour ma part je le crains. Et à voir l’énergie qui se tourne maintenant vers les mono 60 et 40, il est permis de se poser les questions suivantes :

1) Pendant combien de temps les sponsors vont-ils continuer à soutenir une classe onéreuse, très casse-bateau et qui de surcroît ne leurs procurent pas la visibilité et le retour sur l’investissement auquel ils seraient en droit de s’attendre ? On l’a vue encore une fois avec le prologue qui a dû être annulé pour les Multis 60.
2) Pendant combien de temps cette classe pourra-t-elle tenir entre l’étouffante expansion des classe 40 et des open 60, qui draine littéralement les ressources sponsoring ? L’abandon du programme de sponsoring de l’entreprise Brossard est à ce chapitre, une tuile de plus pour ce circuit.
3) La monotypie dans laquelle l’ORMA s’est engagée sauvera-t-elle cette classe qui regroupe tout de même de magnifiques bateaux ? Rien de moins sûr !

Mais voilà quand même des questions qui devront trouver réponses d’ici les prochains mois.

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connaît un bon départ !

Spirit Of Canada connaît un bon début de course. À ce stade les classements ne sont pas très significatifs mais ils donnent tout de même un bon aperçu de l’atmosphère général. Comme écrit précédemment, est engagé dans un parcours de qualification en vue du Vendée-Globe. Et c’est en participant à la Transat BtoB qu’il réalise cette qualification qui, soit dit en passant est obligatoire. La Transat BtoB est une toute nouvelle course qui ramène les participants à la vers l’Europe.

Or jusqu’ici, Le Spirit of Canada occupe le troisième rang 3,5 miles derrière le leader Groupe Bel et un peu plus d’un demi mile derrière Generali. Cette course risque fort d’être intéressante car il est permis de croire que certains concurrents déçus des résultats de la Transat jacques-Vabre voudront se refaire. C’est le cas de Goupe Bel, Gitana Eighty et Ecover qui, piégé par le Pot-au Noir lors de la Jacques-Vabre, ont récolté des fruits plutôt amers malgré une navigation et des efforts qui furent sommes toutes plus que louables.

Et parlant de beaux efforts, le Québécois Bruno Dubois a terminé la Transat Jacques Vabre en cinquième place chez les monos 60’. Parti avec Mike Golding sur le bateaux Ecover tout à fait flambant, le duo aurait mérité un bien meilleur sort n’eut été de ce vilain Pot-au-Noir venu redistribuer les cartes comme je l’ai indiqué plus haut.

Injustice aussi pour Benoît Parnaudeau et son équipier Jean-Christophe Caso qui ont connu une traversée atroce, ponctuée de bris de toute sorte. Navigant en mode convoyage depuis la casse d’un safran, le Class 40 de Ben et JC termine à la 21ème place : une véritable contre-performance pour les deux navigateurs. Les difficultés de la course n’ont cependant pas entamé la bonne entente à bord : « on avait toutes les conditions pour se pourrir, (l’atmosphèere) et on ne l’a pas fait ! » Raconte Benoît Parnaudeau.

En terminant, félicitations à tous les concurrents !

La Barcelona

Du côté de la Barcelona World Race, suite au Pot-Au-Noir, Paprec-Virbac II avait repris les devants sur PRB avec une priorité de 7 minuscules miles nautiques. Roland Jourdain est toujours en filigrane 140 miles derrière. Peut-il recoller les deux premiers enragés ? Nous poserons la question à Georges Leblanc ce week-end. À lire samedi !

Je vous indique que d’heure en heure, nous suivront la Transat BtoB ainsi que Derek Hatfield et son Spirit of Canada qui y sont engagés. Nous poursuivrons aussi la couverture de la Barcelonia World Race ainsi que les analyses de Georges Leblanc. Le tout au sein même de ce blogue. Demeurez donc à l’affût !

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