Crédit photo: OnEdition
Velux 5 Oceans: Après mille soucis Le Belge Christophe Bullens a pris la seule décision raisonnable qui s’imposait en abandonnant la course. Un nouveau bris à son rail de grand-voile après un troisième départ a convaincu le skipper qu’il ne pouvait partir et mettre sa sécurité entre les mains de son coursier dans les mers du grand sud. C’est donc avec la mort dans l’âme, mais également fier de ce qu’il a accompli qu’il renonce à continuer la course. En entrevue, Christophe Bullens s’est fait philosophe. « Je ne peux pas poursuivre une course uniquement par orgueil », a déclaré un Christophe Bullens fort déçu aux médias européens.
Pendant ce temps, le trio de tête de la flotte se prépare à une magistrale fessée météo. Le baston dont on voit les contours se dessiner à environ 200 milles nautiques au nord-ouest de la position des trois mousquetaires amènera des vents de plus de 40 nœuds avec une mer formée au max. Les concurrents sont bien avisés de faire le dos rond. Le Polonais Gutek et Derek Hatfield sont présentement en pleine bascule et devrait commencer à danser le dernier set carré des fêtes dès le milieu d’avant-midi aujourd’hui. Pour ce qui est du leader, ça devrait être en après-midi que les effets de la tempête se feront sentir.
Il reste moins de 2500 milles nautiques à faire à l’américain Brad Van Liew qui regardait avec inquiétude les nuages se regrouper et le baromètre plonger en fin d’après-midi hier. Le skipper du Pingouin espérait au mieux ne rien casser dans cette mer démontée qui se présentera sous peu. Tous espèrent, mais les fichiers météo n’ont rien de rassurant…

Crédit photo: Barcelona World Race © 2011
Depuis maintenant près d’une trentaine d’heures, quatorze voiliers sont en route pour un tour du monde en équipe de deux. C’est la Barcelona World Race. Tel que son nom l’indique, les coursiers ont pris le départ de la ville de Barcelone en Espagne sur les côtes méditerranéenne.
Cette course qui en est à sa deuxième édition est l’un des évènements clés de la saison de voile pour la classe IMOCA. Si on exclut Vincent Riou, Marc Guillemot et Roland Jourdain, on y retrouve la plupart des grosses pointures du plateau de cette classe élite du milieu de la voile internationale.
Parmi eux mentionnons la présence du « prof » Michel Desjoyeaux faisant équipe avec le figariste François Gabard (Foncia), Loïck Peyron qui flotte avec Jean-Pierre Dick( Virbac-Paprec 3), Kito DePavant et Sébastien Audigane(Groupe Bel), et finalement Jean LeCam et le figariste Bruno Garcia(Président).
Les deux premiers équipages naviguent sur des bateaux flambants tandis que les deux derniers sont sur des unités ayant pris part au dernier Vendée-Globe. Dans le cas de LeCam et Garcia, ils ont hérité du plan Owen-Clarke de Mike Golding, l’ancien Ecover 2.
On retrouve également une importante délégation espagnole. S’il y a quelques no-name dans le tas, reste que d’autres, plus connus, sont susceptibles de causer des ennuis sinon des surprises aux leaders habituels.
C’est le cas d’Alex Pella qui navigue sur l’ancien Virbac-Paprec 2 rebaptisé du nom du brasseur espagnol Estrella Damn. Pella navigue avec le vétéran de la Volvo Pepe Ribes. Même chose pour deux autres anciens de la Volvo, Iker Martinez et Xabi Fernandez qui navigue sur Mapfre qui n’est rien d’autre que l’ancien Foncia ayant remporté le dernier Vendée-Globe. La contamination de la Volvo Ocean Race ne s’arrête pas là. Pachi Rivero et Antonio Piris(Renault) sont deux autres concurrents à prendre très au sérieux. Ils sont aux commandes de l’ancien Gitana Eighty.
On constate donc que la délégation de l’Espagne est loin d’être composée de jambons. Les Espagnols ont non seulement le talent et l’expérience, mais ils bénéficient également des outils nécessaires (les bateaux) pour offrir une riposte musclée aux Français.
Mentionnons qu’un bateau ne répondant pas aux critères en matière de sécurité n’a pu prendre le départ. Il s’agit l’ancien PRB rebaptisé sous le vocable de Fruit. Par ailleurs, on a aussi su que le voilier Hugo Boss a finalement pris le départ, mais qu’il est malheureusement privé de son skipper régulier Alex Thompson. Ce dernier est retenu par les médecins de la course. Il est en convalescence à la suite d’une appendicectomie. Il pourra remonter à bord de son coursier lorsqu’il recevra le feu vert des médecins, une mesure réglementaire de dernière minute qui n’a pas été sans susciter une certaine controverse.
La course est commencée depuis quelques heures déjà et le vent n’est pas au rendez-vous. Les vitesses sont donc modestes pour l’instant. Vivement le détroit de Gibraltar et la liberté de l’océan Atlantique!
On peut suivre la Barcelona World Race en visitant le site de la course à l’adresse suivante:

Crédit-photo: Derek Hatfield/Velux 5 Oceans. © 2010
Pendant que le Belge Christophe Bullens se morfond désespérément pour tenter de reprendre la mer depuis Cap Town, le Polonais Zbignew Gutkovsky s’oriente désormais vers les Kerguelen pour réparer son pilote automatique qui ne lui donne plus maintenant que des minutes de repos d’un sommeil constamment cassé. Du coup, le Canadien Derek Hatfield se retrouve au deuxième rang à 117 milles nautiques du meneur l’Américain Brad van Liew.
Sur son blogue, Derek Hatfield rapporte qu’il n’a plus vu âme qui vive depuis les premières heures qui ont suivi le départ de Cap Town. Le Canadien errant dans les quarantièmes rugissant y explique aussi que les rassurantes alarmes qui retentissaient pour indiquer la présence d’autres bâtiments dans les environs se sont tues depuis plusieurs jours. Des observations qui laissent croire que non seulement la solitude est-elle totale, mais aussi qu’elle semble assez lourde à supporter en ces jours de festivités.
Pour ajouter au stress déjà élevé, depuis maintenant plusieurs heures, le duo de tête est entré dans une zone de vents forts ponctuée d’une mer formée. Ça brasse dans les cockpits et l’inconfort est permanent. Difficile de dormir et de se faire à manger sur le sens du monde dans cet hémisphère à l’envers. Mais rien ne semble vouloir atténuer l’esprit de la fête. Entre deux set carrés de déferlantes Derek se réconforte donc avec les typiques petits pâtés à la viande bien de chez nous. « Que ça sent bon et swing la bacaisse… » !
Derek maintient une moyenne de vitesse tournant autour des 11 nœuds comparativement à 13 nœuds pour son adversaire américain. Ce dernier est maintenant passé sous la barre des 4500 milles à parcourir avant l’arrivée à Wellington en Nouvelle-Zélande. L’autre concurrent le Britannique Chris Stanmore-Major (Spartan) cumule plus de 783 milles de retard sur le leader. Pas de quoi inquiéter les deux premiers donc.
Pour revenir à Christophe Bullens, on rapporte que le Belge serait sur le point de reprendre la mer ce mardi soir. Espérons pour lui que cette fois-ci, il pourra se rendre à destination. Un courage et une détermination exemplaire pour ce concurent qui collectionne les ennuis en séries depuis le début de ce tour du monde.





