Voile En Ligne 2013-05-25 @ 04:54:14 -04:00 UTC
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Courses océaniques

Unbelievable!

Crédit photo: MARK LLOYD / DPPI – VENDEE GLOBE

Le skipper gallois Alex Thomson est enfin passé à l’histoire en devenant aujourd’hui le plus rapide sujet de Sa Majesté autour du monde en solitaire à la voile. Le grand blond aux voiles noires a fait une course absolument fabuleuse. Au point qu’on peut raisonnablement se demander où il aurait terminé s’il avait eu un plan VPLP comme les deux premiers.

Aux prises avec toutes sortes de problèmes, Alex Thomson a fait taire tous ses dénigreurs. Depuis plusieurs années, l’épithète de casseur de bateaux tournait autour d’Alex Thomson. C’est que depuis 2004, les malchances en série ont accablé le skipper. Lors du Vendée Globe de 2004-2005, il abandonne sur bris d’un vit-de-mulet. Il participe un an plus tard à la Velux au cours de laquelle son bateau subit une voie d’eau majeure. C’est Mike Golding qui viendra le secourir lors de l’abandon d’. Il devra aussi abandonner le Vendée Globe de 2008-2009 alors que son bateau fraîchement réparé connaît de sérieux ennuis de structure. Quelques jours avant et épisode, il s’était présenté aux Sables-d’Olonne avec un bateau endommagé suite à une collision avec un chalutier lors du convoyage du bateau de l’Angleterre vers la France. Alex Thomson s’inscrit ensuite dans la Barcelonia 2010. Mais 48 heures avant le départ, il doit déclarer forfait et être opéré d’urgence pour une crise d’appendicite. Puis, c’est la consternation lorsque l’on apprend que son fils premier-né est aux prises avec d’importants problèmes cardiaques. Il doit alors rentrer au pays pour s’occuper de sa famille.

Après tout ce qu’Alex Thomson a vécu, on comprend le bonheur qu’il a ressenti de pouvoir enfin remonter le chenal des Sables-d’Olonne dans le bon sens. Le voir avec sa conjointe Kate et son fils Oscar sur le bateau était aussi émouvant que magique. Aujourd’hui, Alex Thomson réalise un rêve qui est, disons-le, l’aboutissement d’un scénario hollywoodien. Et ce n’est pas tant cette unique troisième place qui fait la grandeur de cette victoire que toute l’histoire qui y est associée et que cet homme a écrite au fil des ans. Hugo Boss a eu la main heureuse. Ils ont eu vachement raison de croire en Alex Thomson, et surtout, de ne pas le laisser tomber dans les moments durs. Car ce gars-là n’est pas seulement une bonne affaire commercialement parlant. Il est plus que ça. Il est bon dans tous les sens du terme, sportivement, mais aussi et surtout humainement. Le geste qu’il a posé envers Jean-Pierre Dick en est la preuve éloquente. Malgré cette envie brûlante qu’il avait d’en finir avec cette course, il prend le temps de se détourner durant plus de 24 heures pour être près de Virbac-Paprec qui a perdu sa quille. Le comité de course devrait songer à la possibilité de le créditer du temps qu’il a mis sur cette opération même s’il ne l’a pas fait suite à une demande formelle. Il  mériterait grandement cette soustraction qui ferait de lui le premier Anglais à faire le tour du monde en solitaire sans escale ni assistance en moins de 80 jours.

Oui! Cela faisait chaud au coeur de le voir enfin arriver. Jusqu’à ce qu’on le voit passer la bouée avec son bateau, tous avaient les yeux rivés sur les relevés de positions en espérant que rien n’arrive et que cette fois-ci serait la bonne. Comme en Formule un quand les Maclaren (avec les mêmes couleurs et aussi commanditées par Hugo Boss) sont à quelques tours de la fin, on s’agrippe. Le moindre son de travers fait sursauter le pilote qui, coeur battant, espère que ça va tenir jusqu’au bout.

Alex Thomson n’a pas gagné ce Vendée Globe certes. Mais il s’est battu comme un diable. Le seul moment où il a eu 1000 milles de différence avec le premier c’est quand il s’est détourné. Durant les 28 premiers jours de course, il a collé aux safrans des premiers. Quand il a remonté l’Atlantique, il s’est dangereusement rapproché de la tête de flotte. Avec l’ancien plan Farr de Sébastien Josse et Roland Jourdain, (vainqueur de la Route du Rhum sur le même bateau) il a tenu la dragée haute aux meneurs.

Des années d’efforts puis 80 jours 19 heures 23 minutes et 43 secondes à se croiser les doigts. 28 022 milles d’incertitude. Puis c’est l’apothéose au petit matin quand surgit Alex sorti de la nuit sous le superbe éclairage du levé du jour. Il devient le troisième Britannique à trôner sur le podium du Vendée Globe. Il relègue Mike Golding et Ellen MacArthur aux livres d’histoire en pulvérisant leurs temps de course. Il bat lui aussi le record de course de 2008-2009 établi par Michel Desjoyeaux.

Voile en Ligne tient à Féliciter Alex Thomson pour sa magnifique performance. Voile en Ligne congratulate Alex Thomson for his outstanding performance. 

 

 

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Armel Lecléac’h remporte une éclatante deuxième place

PHOTO OLIVIER BLANCHET / DPPI – VENDEE GLOBE

Le monocoque a été le deuxième bateau à franchir la ligne d’arrivée du Vendée Globe 2012-2013.  Le voilier skippé par Armel LeCléac’h a enregistré un temps de course fort honorable de  78 jours 5 heures 33 minutes 52 secondes. termine avec un écart au premier de 3 heures 17 minutes 12 secondes.

Banque Populaire et Armel Lecléac’h ont été accueillis en héros par les Sablais. Comme pour la remontée  du chenal des Sables-d’Olonne fut émouvante.

Les premiers mots d’Armel ont été bien entendu, à propos de François Gabart « Il n’est pas mauvais le jeune » a-t-il lancé devant la foule et les journalistes, soulevant du coup l’hilarité générale.   »Je suis content de pouvoir rentrer dans le chenal ce soir avec mon bateau. Je craignais de ne pouvoir m’y engager avant la marée. »

À propos de sa course, Armel Lecléac’h a affirmé qu’au large du Brésil, une dépression lui avait fait perdre des milles. « Je n’ai jamais pu refaire mon retard par la suite. » Nullement amer, Armel Lecléac’h a terminé  par ces mots. «  Nous sommes arrivés tous les deux François et moi. Je suis très content.  Je suis heureux pour François. C’est pleinement mérité.  Je savais que c’était joué depuis quelques jours et que seul un pépin pouvait renverser la vapeur. Mais je ne voulais pas qu’il ait des ennuis après avoir fait une si belle course.

Prochaine arrivée mercredi matin alors qu’Alex Thomson est attendu.

Voile en Ligne tient à féliciter Armel LeCléac’h pour sa magnifique performance.

Vendée Globe: François Gabart nouveau monarque du monde de la course au large.

PHOTO OLIVIER BLANCHET / DPPI – VENDEE GLOBE

À seulement 29 ans, est devenu en ce 27e jour de janvier 2013, une légende de la course océanique en remportant le Vendée Globe 2012-2013. Le jeune Charentais a mis 78 jours 2 heures 16 minutes et 40 secondes. Il est le 61e concurrent à boucler le grand lacet planétaire. Il remporte la 7e édition de cette course mythique avec une domination totale et un panache éclatant.

François Gabart est un surdoué de la couse au large. Il est entré il y a seulement quatre ans au sein du pôle Finistère. Pourvu d’un talent presque unique au monde, le jeune homme a battu à la régulière l’un des plus redoutables coureurs au large qui soient, Armel Lecléac’h. Gabart a mis toute sa détermination, toute son énergie, toute la fougue de sa jeunesse pour distancer LeCléac’h qui l’aura talonné jusqu’à la fin. Au point où l’on assiste à l’écart le plus court de l’histoire du Vendée Globe. Gabart a été un guerrier sur l’eau, d’où le surnom que nous lui avions donné avant le départ en référence au célèbre guerrier gaulois de la bande dessinée Hagar l’horrible.

Gabart l’Horrible a été horrible pour ses adversaires qu’il a écartés de son chemin un à un sans aucune pitié. Probablement favorisé par sa jeunesse, sa condition de santé qui en fait un jeune athlète accompli, ainsi que par sa force et son endurance physique, le skipper parlait tout de même à son premier contact postmortem, de la dureté d’une épreuve qui commande de matôsser plus de 700 kilos de matériel à chaque empannage. Il parlait aussi de 78 jours à se faire bardasser dans tout les sens. « Je n’étais pas parti pour gagner. J’ai commencé à y penser dans l’océan Indien » a ajouté le jeune homme de 29 ans.

La remontée des Sables-d’Olonne fut un moment de grâce sous l’Ave Maria et les applaudissements des centaines de milliers de gens venu offrir une ovation de 45 minutes. On n’a jamais vu ça même pour Maurice Richard, Mario Lemieux ou Wayne Gretzky. Gabart ému aux larmes est entré dans le chenal non sans appréhension et étonnement devant une foule aussi dense et exaltée.

« Ce qui fait l’intensité de cette course? C’est l’intensité que l’on vit durant 78 jours en pensant que tout peut arriver. Dans un instant, tout peut basculer, vous pouvez passer de premier à j’abandonne…  Nous n’avons pas eu une seule seconde de répit durant tout le voyage. J’ai beaucoup appris sur moi durant ce tour du monde. Tu réalises que toutes ces choses que tu dois faire doivent être impérativement faites. Tu ne peux pas ne pas les faire. Moi j’ai dormi un peu, mais pas le bateau. Lui, il a travaillé 24 heures sur 24. »

François Gabart est une étoile au firmament international de la voile a dit Bruno Retailleau, Sénateur de Vendée. On ne saurait moins dire. François Gabart a pulvérisé le record sur 24 heures pour un solitaire en monocoque avec 534,48 milles. Il a défoncé de plus de 6 jours le temps de course détenu par Michel Desjoyeaux et qui était de 84 jours, 03 heures, 09 minutes et 08 secondes.  Il est devenu le premier homme à faire le tour du monde en solitaire sur un monocoque en moins de 80 jours. Jules Verne lui-même en personne serait flabbergasté. Et nous le sommes tous.

Voile en Ligne tient à féliciter François Gabart pour son extraordinaire exploit.

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