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Archive pour la catégorie ‘Courses océaniques’

Crédit photo: © Benoît Stichelbaut / B to B


Imaginez huit camions-remorque sans frein qui tentent de prendre une bretelle d’autoroute. Ou huit gars sur le tertre de départ d’un dix-huit trous de golf à tenter de frapper leur balle tous en même temps. C’est exactement ce qui s’est passé hier au départ de la Tansat B2B. Avec le résultat que certains ont swigné  leur bâton pas mal près des oreilles des autres.

Parmi ceux qui ont senti le coup de vent leur friser la caboche, il y a Marc Guillemot qui ne l’a pas trouvé drôle du tout. Son Safran a même eu une touchette avec le PRB de Vincent Rioux. Guillemot en beau joual vert gesticulait pour avertir les suiveux de se tenir loin de sa quille (il avait déjà assez d’emmerdements comme ça sans qu’un bozo viennent cogner le bateau une fois de plus), mais aussi, et surtout pour indiquer qu’il levait immédiatement un protêt. Avant même qu’on leur enfile le bonnet d’âne et qu’on leur indique le coin, les deux responsables des malheurs de Marc Guillemot, en l’occurrence PRB de Vincent Rioux et Jean-Pierre Dick de Virbac Paprec ont immédiatement fait un tour sur eux-même admettant de facto qu’ils étaient fautifs.

Remarquez que nous n’étions pas sur place pour vérifier, mais à vue de nez comme ça si l’on se fie aux photos, la ligne de départ avait l’air d’un tuyau de poêle où tous s’engouffraient frénétiquement comme des étincelles.  Avoir été à l’époque où à peu près tous naviguaient avec ces outriggers qui servaient souvent de séchoir à linge, pas un skipper n’aurait ce matin deux chaussettes de la même sorte tellement les bateaux étaient proches.

La Transat B to B pour back to Brittany (C’est « in » de parler l’anglais semble-t-il chez nos cousins. Utiliser les termes « transat retour en Bretagne » était trop cucu ) est une course de retour vers la France mettant en vedette uniquement la classe IMOCA  avec leurs magnifiques Open 60. Huit bateaux se sont élancés de St-Barthélémy hier matin vers les 9h00, heure de chez nous.

Cette transat se fait en solitaire sans escale ni assistance. Elle constitue une qualification en bonne et due forme pour le prochain Vendée Globe dont le départ est prévu à l’ automne 2012. Initialement, six bateaux étaient prévus pour être sur la ligne de départ, car les voiliers Massif de François Gabard et Hugo Boss étaient au rancart pour réparations. Mais curieusement, les voilà tous les deux qui rappliquent comme sortis d’une boîte à surprise. Gabard qui avait laissé entendre qu’il ne serait peut-être même pas du départ avait été cacher son coursier à St-Martin pour effectuer ses bricoles. Et les voilà tous les deux qui prennent en plus le meilleur départ de toute la flotte.

S’il en est qui n’ont pas grand-chose à prouver dans cette course, d’autres tiennent mordicus à être les premiers à goûter le frais champagne de nos cousins et se sont incidemment jurés de ne pas laisser leur place à la buvette. On peut semble-t-il sortir le navigateur du régatier, mais pas l’inverse. Et de ces régatiers,

c’est François Gabard (Macif) qui ce matin occupe le premier rang sur Armel LeCléac’h (Banque Populaire VI). La flotte longe présentement les Antilles et devrait poursuivre sa route jusqu’au Golfstream qui les propulsera dans le courant-jet de l’Atlantique-Nord. En attrapant les vents d’ouest qui sont dominant à la hauteur de Terre-Neuve ils pourront alors mettre le clignotant à droite et incliner leur route pour finalement s’enligner directement sur la Bretagne.

En terminant, nous avons le plaisir d’annoncer que c’est le solitaire Jean-Pierre Dick qui a été élu marin de l’année en France. Jean Pierre Dick a devancé Jérémy Beyou d’un cheveu. Les deux peuvent d’ailleurs s’enorgueillir d’une année exceptionnelle. Voile en Ligne tient d’ailleurs à souligner leurs formidables performances sportives et à féliciter principalement le skipper Jean-Pierre Dick pour ce titre pleinement mérité.

Les hommes de Puma Powered by Berg passent le temps comme ils peuvent sur l’île de Tristan da Cunha.

Crédit photo: Puma Powered by Berg Racing Team/ Volvo Ocean Race

On ignore si les cargos qui transportent les bateaux sont munis de moteurs Volvo mais c’est une chance qu’on les ait pour réunir la flotte autrement on assisterait à une bien triste course. À bien y penser, on aurait dû installer à ces brontosaures des mers des balises de positionnement. De cette façon nous pourrions les suivre et ainsi parier sur le premier arrivé au Cap.

À défaut d’une course garnie d’un généreux plateau de magnifiques bateaux, à tous le moins, la Volvo Ocean race aura eu le mérite jusqu’ici de nous faire découvrir des contrés lointaines que certains d’entre nous ne connaissaient pas.

Incidemment, nous avons tous été ravi de connaître l’île et l’archipel de Tristan da Cunha dont personnellement, je n’avais entendu parler ni d’Ève ni d’Adam, et ce malgré mes connaissances géographiques que j’estimais naïvement être assez bonnes. Aussi, je me demande bien si tous les équipiers de Puma connaissaient eux-mêmes ce repère volcanique avant d’y mettre le pied.

Si pour les gars de Puma, c’est d’un ennui mortel que de s’être fait éjecter de la course par un autre incompréhensible démâtage, ils oublieront vite par contre. Car il paraît que c’est la fête pour les 200 et quelques habitants qui ont déroulé le tapis rouge pour recevoir dans l’honneur ces quasis naufragés. La question reste toujours de savoir s’il y a internet sur l’île. Et tant qu’à y être, une autre encore : Y a-t-il des filles à marier? Du bonbon pour la téléréalité quoi! On voudrait bien être un petit oiseau parfois. Senteux de pet va!

Ce caillou est tellement loin que même pour les albatros, le voyage est long. Vous chercherez cet archipel sur Google Earth juste pour vous amuser un peu. On se demande bien ce qui à tous hasards pousse des gens à aller vivre en de pareils endroits. Pour passer le temps, les gars de Ken Read pratiquent leur élan de golf et vont à la chasse au dahu en attendant l’arrivée du cargo qui va les ramener avec leur VO70 au Cap.

Trêve d’âneries maintenant.  L’option de Groupama n’a rien cassé. Les Français se sont retrouvés scotchés bien comme il faut sur un sparadrap le long de la côte africaine. Ils ont mis trop de temps à s’écarter. Mais qu’auriez-vous fait à leur place. Auriez-vous poursuivi avec une brise le long de la côte, ou si vous vous seriez jeté dans la molle qui s’est étendue de tout son long sur l’Atlantique Nord?  Les décisions sont toujours faciles pour les « tanguys » qui jouent à Virtual Skipper dans leur salon. (un tanguy est une expression bien de chez nous désignant un grand fada qui une fois passée la quarantaine, demeure toujours chez ses parents.)

Revenons aux démâtages. Là, il y a un problème Houston! La jauge Volvo prévoit des normes de sécurité pour les centres de gravité et le poids des mâts justement pour empêcher ce genre d’avarie. Comment expliquer alors un pareil dégât?

Sur ce sujet, l’analyse de Jean LeCam n’est pas dénuée d’intérêt. Lors de son passage à l’émission Le Café de la Marine présentée par le Télégramme en direct de la Cité de la Voile Éric Tabarly, le roi Jean affirmait que les équipes bloquées par les règles de jauge sur le poids se rabattaient probablement sur l’aérodynamique. Et que du coup, la tentation d’aller chercher dans ce qu’il a appelé la section fine était forte. « C’est dans la nature même de l’humain. Si tu lui mets une limite, il cherchera à la contourner » a déclaré Jean LeCam.

Quoi qu’il en soit, on se retrouve dans une situation qui a de quoi laisser songeur. Ce tour du monde ne fait que commencer. Et le maintien d’une pareille tendance risque de compromettre le succès de cette course. Il y a une réflexion à faire et vite. Comme disait le roi Jean, « si on avait 20 bateaux, il en resterait dix. Mais six moins trois, ça fait trois. » Élémentaire! Entre-temps, la course contre la montre se poursuit pour ramener les voiliers cassés à Cap Town et faire en sorte qu’ils puissent être prêts pour le 9 décembre prochain, date de la reprise des hostilités.

Cette chevauchée sauvage entre Alicante et Cap Town a donc couronné l’équipe espagnole de Telefonica du skipper Iker Martinez. Ce sont les kiwis de Camper Flying Emirates qui revendiquent la deuxième place tandis Groupama IV s’en tire plutôt bien dans les circonstances avec une troisième place sur le podium.

Parlant de Groupama, les Gaulois, et c’est de bonne guerre, ont déposé un autre protêt contre l’équipe néo-zélandaise en raison de ce qu’ils estiment être un étai non conforme aux règles de jauge. Groupama avait logé le même type de protestation au terme de l’inport race d’Alicante mais le grief avait été rejeté. On verra cette fois-ci.

Prochain rendez-vous : 9 décembre prochain

DERNIÈRE HEURE!

On apprenait ce soir que le Cargo sensé ramener l’équipe Puma Powered By Berg est présentement à effectuer le grutage du VO70. L’opération est rendue délicate par la forte houle atlantique. Elle doit s’effectuer en pleine mer. Pendant ce temps, l’équipe Sanya a reçu son VO 70 au Cap. Le voilier lourdement endommagé a tout de suite été entreposé et la section avant a été complètement sciée pour faire place à un module tout à fait neuf. Les travaux laminage devraient prendre la semaine au complet.

Crédit photo:  Jesus Renedo/Global Ocean Race © 2011

Qui ne se souvient pas d’Halvard Mabire, ce sympathique marin qui a remporté la dernière Transat Québec-St-Malo en classe 40? Cette légende à la bouille d’un authentique loup de mer nous avait fait l’insigne honneur de venir promener ses savates sur les pontons du port de la vieille capitale. On le voyait régulièrement entouré de jeunes loups à qui il prodiguait ses précieux conseils ou faisait cadeau des ses histoires de mer. La présence de ce marin hors normes avait fasciné la communauté de la voile réunie pour l’occasion.

Hé bien à 55 ans, Halvard Mabire a pris le départ il y a de cela quelques semaines de la Global Ocean Race, une course autour du monde par étape et en double à bord de Class 40. Parti de Palma de Majorque en Espagne le Français fait équipe avec Miranda Merron sur le voilier « Campagne Française », un Class 40 de type Pogo 40 s2. Le couple a terminé deuxième de la première étape qui s’est terminée au Cap en Afrique du Sud.

Cette course n’en est pas moins passionnante, et ce, même s’il n’y a que six bateaux. Le classement est serré et les bagarres valent amplement le détour sur le web. Fidèle à elle-même, la Class 40 offre encore un excellent show.

On y retrouve aussi quelques grosses pointures du monde de la course au large, dont le Néerlandais Nico Budel et l’Italien Marco Nannini. La jeune sensation de la dernière Transat Jacques Vabre le Britannique Sam Goodchild de l’Offshore Academy Sailing est arrivée au Cap la semaine dernière. Sam Goodchild pilotera le voilier Cesna Citation, un Akilaria 2 flambant sorti des chantiers de Tunisie l’été dernier.

Ce qu’il y a d’intéressant cette année sur la GOR, c’est que d’une étape à l’autre, on retrouve des changements d’équipiers sur certains bateaux. Cette pratique est nouvelle et autorisée par le comité de course en autant que les équipiers rencontrent les exigences en matière de qualification et de condition sanitaire. Cela permet d’une part à des amateurs de vivre l’expérience d’une grande course océanique et d’autre part de financer les équipes qui offrent des places à bord moyennant des engagements financiers importants.

Quant à notre célèbre visiteur, pour revenir à nos moutons, mentionnons que Halvard Mabire et sa compagne de route Miranda Merron occupent la deuxième position. Les voiliers ont repris le large ce matin en direction de la ville de Wellington en Nouvelle-Zélande. Sur les quais de Cap Town, ils ont eu la chance de côtoyer les équipages des VO 70 de la Volvo Ocean Race. Du moins ceux qui sont arrivés à destination…

Voile en Ligne profite aujourd’hui de l’occasion pour souhaiter le meilleur des vents à tous les équipages de la Global Ocean Race, principalement à Halvard Mabire dont nous gardons un excellent souvenir du passage à Québec.

Vous pouvez suivre cette course en visitant l’adresse suivante:

www.globaloceanrace.com


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Dernère mise à jour du site le 2012-02-08 @ 14:46