On apprenait en cette fin d’après-midi que le voilier de Roland Jourdain se détournait vers les Açores ou Madère, c’est selon. Mais les derniers fichiers semblent indiquer que ce sera plutôt Madère. La raison ? Le voilier de 60 pieds a perdu sa torpille au cours des dernières heures. Bilou navigue présentement sous trois ris et trinquette et avec les ballasts remplis jusqu’au bouchon. Avec cette voilure et cette vitesse pépère, Bilou veut tenter le coup et se rendre jusqu’à Madère pour sauver son bateau du chavirage qui caractérise habituellement ce genre de situation. Il s’agirait du treizième abandon dans cette course de fou si Bilou rend les armes. Mais l’homme a du coffre. Aussi, évalue-t-il présentement l’idée de rejoindre les Sables d’Olones même avec son teufteuf. Une fin de course qui promet.
Ce dernier coup du sort propulserait le jeune Armel LeCléach au deuxième rang. Déjà que la troisième position était pour ce dernier un incroyable dénouement, le jeune marin doit maintenant se pincer pour savoir s’il rêve. Il n’est plus qu’à un pas du premier rang.
Quant à Michel Desjoyaux, il n’est toujours pas au bout de ses peines. Bien que son avance soit considérable, il fait maintenant face à une météo capricieuse, des vents changeants, une mer de m… des baleines dans les pattes et finalement, comme si cela n’était pas suffisant, des conteneurs échappés en mer qui flottent ça et là et menace d’arracher le premier appendice à se présenter la face.
Combien d’autres rebondissements surviendront sur ce tour du monde ? Nul ne sait. Mais une chose est certaine. La Calice semble devoir être bu jusqu’à la lie.

crédit photo: Gabriele Olivo/Telefonica Blue/Volvo Ocean Race
Puma a vu sa bôme être cassée, Telefonica Black a abandonné la course en raison de très inquiétantes fissures apparu sur sa coque. Green Dragon a aussi des problèmes structurels. Quant à Delta Loyds, son rail est endommagé, sa grand-voile est déchirée et il a demandé assistance car l’une de ses deux barres-roue est bloquée.
Point positif de l’affaire, bien qu’ils en aient bavé comme jamais, on ne dénombre aucun marin blessé dans cette hécatombe.
Côté course, Telefonica Blue en a profité pour prendre la poudre d’escampette et creuser un écart de 65 milles nautiques sur ses deux poursuivants, en l’occurrence les soeurs Ericson 3 et 4. Il faut dire que des tempêtes, Bouwe Bekking en a vu d’autres. Avec Torben Grael, il est de loin le plus expérimenté de la flotte en ce domaine. Premier à s’engager dans le détroit de Luzon en dépit du mauvais temps, Telefonica blue prend maintenant une sérieuse option sur la victoire d’étape.

Mike Golding est l’un de nombreux
concurents qui ont connu les affres d’un
Québec, 25 janvier 2009 Par Michel Sacco Cette 6e édition s’est révélée beaucoup plus dure en termes météorologiques que la précédente, ponctuée de plus nombreux accidents -notamment en raison de chocs avec des épaves- mais les trop nombreux démâtages indiquent clairement que les architectes et les gréeurs ont du pain sur la planche. Cette cascade de démâtages avait débuté plus de deux ans avant le départ de l’épreuve, et elle s’est poursuivie inexorablement. Kito de Pavant, Marc Thiercelin, Yannick Bestaven, Loïck Peyron et Mike Golding en ont fait les frais. Dans le cas des deux derniers cités, la casse est d’autant plus affligeante qu’elle a éliminé de potentiels vainqueurs de l’épreuve. Alors évidemment, on est tenté de critiquer coureurs, architectes et techniciens en tout genre d’avoir cherché à gagner quelques kilos de trop dans les gréements. La critique est aisée, mais l’art difficile. Et croyez-moi, ils sont plusieurs en ce moment à se poser de sérieuses questions sur cette épidémie de démâtages.
e compatriote Derek Hatfield. Le voilà coincé en Tasmanie, la caisse de bord à sec, ne sachant comment ramener Spirit of Canada à bon port. Il aurait certainement mérité mieux après tant d’efforts. Le Vendée Globe est loin d’être une course facile, mais la recherche de fonds au Canada pour financer la course au large semble encore plus difficile que la navigation au cap Horn.






