
Richard Oland (au centre) recevant un prix de la compagnie Rolex lors de New York Yacht race week 2010
Photo: archives Rolex/Daniel Forster, Dan Nerney
Les corps policiers de la province du Nouveau-Brunswick enquêtent présentement afin de résoudre le mystère entourant l’homicide du brasseur Richard Oland dont le corps a été découvert jeudi dernier dans son bureau de St-John. La nouvelle en plus de semer l’émoi dans la communauté locale a profondément attristé le monde canadien de la voile.
« Je suis choqué. Je n’arrive pas à comprendre qu’une telle chose ait pu se produire », a dit l’athlète olympique Tyler Bjorn lorsque rejoint hier à Hawaï par voile en Ligne. C’est la même chose pour mon coéquipier Richard Clarke. Nous sommes tous horrifiés et révoltés par cet acte ignoble. En dehors du côté humain de l’affaire, c’est une tragédie pour le milieu canadien de la voile parce que des hommes avec un dynamisme pareil, ça se compte sur les doigts d’une main. Richard Oland était une force vive dans notre sport (…) », a déclaré Tyler Bjorn. Bjorn et Clarke qui participaient tous les deux à la Transpac sur le Open 60 Ô Canada ont tenu une courte cérémonie sur le bateau en mémoire de Richard Oland en plus de lui dédier leur course.
Originaire du Nouveau-Brunswick, Richard Oland était un homme d’affaires connu pour le succès du brassage de la bière Moosehead. Le skipper de Vela Veloce qui avait 69 ans s’est distingué au Canada, mais aussi ailleurs à travers le monde dans le domaine de la voile où il a remporté de brillantes victoires sur le RP52 Southern Cross Vela Veloce. Fort de ces succès qui furent une source de grande fierté pour les Canadiens, Richard Oland planchait sur la construction d’un tout nouveau Vela Veloce qui devait sortir des chantiers à l’automne.
L’homme était aussi reconnu pour être d’une grande générosité. Il a d’ailleurs reçu la médaille de l’Ordre du Canada pour son implication dans les milieux de l’éducation du sport et de la culture.
L’équipe de Voile en Ligne gardera un très bon souvenir de Richard Oland. Nous avions eu l’insigne honneur de nous entretenir avec Monsieur Oland lors de la victoire de Vela Veloce durant la Key West 2011. Le brasseur avait été d’une grande gentillesse, nous invitant même à aller naviguer sur son voilier. Voile en Ligne tient d’ailleurs à faire part de ses condoléances à la famille de Monsieur Oland.
Crédit photo : Ainhoa Sanchez/w-w-i.com et onEdition
L’Américain Brad Van Liew est devenu le nouveau monarque de la Vélux 5 Oceans. Le skipper s’est présenté au premier rang sur la ligne d’arrivée la semaine dernière pour couronner un tour du monde sans faute. Il est le deuxième skipper à balayer cette course mythique dont les origines remontent aux années 70. Brad Van Liew a dominé outrageusement et d’un bout à l’autre ce tour du monde.

Armé d’un bateau visiblement plus puissant que ses concurrents, l’Américain écrit son nom en lettre d’or sur le trophée et succède ainsi à Bernard Stamm qui avait remporté la dernière édition.
Le Canadien Derek Hatfield a de son côté bouclé son deuxième tour du monde en course. Il est le premier Canadien à avoir réussi pareil exploit. Derek est apparu à l’étrave de son bateau au petit matin français orné d’un large sourire et arborant fièrement le drapeau canadien. Il s’adjuge la troisième place du podium. Au terme de ce tour du monde, son plus farouche adversaire le Polonais Zbignew Gutek Gutkovsky est venu à sa rencontre avec deux bouteilles de champagne dont l’une a servi à doucher copieusement le marin canadien.

Cette édition de la Velux passera-t-elle à l’histoire pour être incidemment le chant du cygne d’une course ayant marqué l’histoire de la course au large? Si on considère le peu de cas qu’en on fait certains médias, disons que ça se pourrait. Mais mettons de côté ce snobisme de mauvais goût et totalement injuste si vous voulez bien. Il importe aujourd’hui de rendre justice à une organisation somme toute bien rodée qui a facilité la vie des coureurs et surtout fait montre d’une imagination débordante en vue de réduire les coûts. La formule des Echo 60 a de l’avenir. Il n’y a aucun doute là-dessus!
Elle aura surtout permis de découvrir de véritables talents. Des gars qui mériteraient des volants pour le prochain Vendée-Globe. Car les deux révélations de cette course sont sans aucun doute le Polonais Gutek Gutkovsky et le Britannique Chris Stanmore Major. Les deux ont vu le ciel presque s’écrouler sur leur tête. Néanmoins, ils n’ont jamais abandonné. Les deux hommes sont parfois allés au bout de leurs ressources pour parvenir à joindre la ligne d’arrivée. Bris multiples et à répétition, blessures dont l’une sérieuse dans le cas de Gutek, bref, on a tout vu.
On retiendra le caractère de ces hommes exceptionnels. Quant à Derek Hatfield qui s’est usé autant monétairement que psychologiquement dans son projet de Vendée Globe, il a relevé la tête. À 58 ans, il a racheté un bateau, trouvé un sponsor et complété un tour du monde. Derek Hatfield est un exemple de courage et de détermination dont tous les Canadiens peuvent être très fiers. Et il est à souhaiter que cela soit reconnu par tous dans les semaines et les mois à venir.
À celles et ceux qui pensent de manière hautaine que la course océanique c’est comme de la F1, et qui du coup, seraient tentés d’organiser un enterrement de première classe à la Velux, faites bien attention. Cette course est toute une leçon. Elle vient rappeler que sur l’océan, c’est l’humain qui compte et non pas le business! La Velux nous aura fait vivre des moments fascinants, des luttes épiques et des aventures humaines extraordinaires. Elle aura prouvé qu’en dépit de tout le fric et la technologie que l’on peut y mettre, c’est le côté humain qui restera toujours l’âme de la course au large. Ce sont les femmes et les hommes qui font la course.

Crédit photo: Ainhoa Sanchez/w-w-i.com © 2011
La fin de la Velux 5 Oceans s’avère difficile pour toute la flotte exposée à un furieux coup de vent. Ce baroud d’honneur de Dame nature n’est pas sans ennuyer les solitaires qui on le comprend, auraient souhaité avoir une fin de course un peu moins mouvementée. Du groupe des quatre, le marin canadien Derek Hatfield est celui qui semble avoir pris la plus grande tasse.
« Ce n’est pas tant la tempête qui est forte. C’est plutôt la mer chaotique qu’elle a engendrée. Le matériel est fatigué après plusieurs milliers de milles et on se doit de ménager nos montures. Dévaler les vagues et aller taper le fond à 15 nœuds de vitesse est quelque chose qu’on tente d’éviter à tout prix. Alors on ralentit (…) » disait Derek à la vacation de ce matin.
Un peu plus tôt cette semaine, le Britannique Chris Stanmore-Major a fichu la trouille à tout le monde lorsqu’en pleine navigation, il s’est rendu compte que son bateau prenait l’eau à vitesse grand V. Un pied de l’eau glaciale des bancs de Terre-Neuve recouvrait alors le plancher de son Eco 60.
Tel que la procédure l’exige en pareil cas, il a déclenché sa balise de détresse. Les gardes-côtes et la marine des forces canadiennes ont immédiatement été placés en mode alerte maximale et intervention d’urgence pendant que Derek Hatfield et Zbignew Gutkovsky se détournaient pour lui porter assistance.
Quelques minutes plus tard, le skipper britannique s’est rendu compte qu’il s’agissait d’une fuite majeure de l’un de ses ballasts. Une fois la valve fermée, plus de problème. Il a alors avisé tout le monde que sa situation ne nécessitait plus d’assistance. Soulagement pour tous !
Décidément, cette course nous aura fait passer par toute la gamme des émotions. Avec moins de 1000 milles nautiques à faire avant l’arrivée à Larochelle, on peut déjà dire Mission accomplie du côté de l’organisation. Nous y reviendrons…
Pour l’instant, il reste 587 milles à faire pour le leader de la flotte l’imbattable Brad Van Liew. Et LaRochelle attend les circumnavigateurs avec fébrilité. Le premier concurrent pourrait franchir la ligne d’arrivée en fin d’après-midi ou dans la soirée de vendredi. Tout dépendra de la météo qui annonce pour l’instant une brise de sud-ouest assez soutenue, quoique mollissant à l’arrivée sur les côtes bretonnes. Les pires milles sont toujours les derniers et ils risquent d’être longs.





