Guillemot et Desjoyaux pied au plancher!

Guillemot et Desjoyaux mettent toute la gomme pour rattraper des meneurs
qui commencent à sentir leurs haleines. Bref, ça sent le chewing-gum!
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Trois semaines de navigation dans le sillage et les solitaires s’apprêtent à franchir la première porte. Cette porte Atlantique fait partie d’une série de passages obligés ayant été mis en place pour contrôler les éléments de la flotte qui seraient tentés de raccourcir la route par une option radicalement sud dans une zone à risque de collision avec des icebergs ou des grolers, ou encore pour assurer la sécurité des coureurs en les maintenant dans un rayon d’action de 1000 milles d’un point terrestre, permettant ainsi une intervention aéroportée en cas de besoin. Voici ce que l’on dit sur ces portes sur le site internet du VendéeGlobe :
Le passage des portes
Une porte est un ensemble de points d’une même latitude, limité à l’Ouest et à l’Est par des points de longitude différente. Pour la Porte Atlantique, première de la série, tous les points sont à 42° Sud. Les extrémités sont par 01°00 Est et 11°00 Est. Une porte représente un segment de 445 milles, soit environ 36 heures de navigation pour un concurrent.
Autrement, si on laissait les concurrents trop se rapprocher du pôle sud, on diminuerait d’autant la route mais les risques de faire de mauvaises rencontres seraient alors aussi élevés que ceux liés à l’usage de la cigarette. Le danger croit avec l’usage. Cette option avait failli causer une catastrophe lors du VendéeGlobe 2004. On se rappelle encore avec effroi la collision entre le VMI de Sébastien Josse et un groler qui avait complètement ravagé le balcon du bateau.
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Pour celles et ceux qui veulent avoir une idée de ce qu’utilisent les skippers du Vendée Globe, le site http://www.grib.us/ offre aux maniaques comme moi, des fichiers météos qui sont des plus intéressants. Or, les prévisions des prochaines heures démontrent que les coureurs jouiront d’une entrée en matière assez musclée. Les 40ièmes rugissant ne feront pas mentir leurs réputations. Des vents de 35 à 40 nœuds marqueront le passage de la première porte. Les centristes risquent de cravacher. Même s’ils sont favorisés en termes de vélocité, Ils ont le désavantage du vent arrière. Les sudistes et les nordistes devraient quant à eux se recaler dans l’axe. Mais leur position offre un angle favorable au vent de travers, idéal pour augmenter la vitesse en lofant. Dans ces conditions, on verra aussi d’ici quelques jours ce que les machines légères feront contre les surtoilées. Et on mesurera la performance des Trim tabs sur Virbac-Paprec.
Deux autres concurrents on subit la semaine dernière, le supplice de la boîte à outils. L’anglais Steve White a explosé son genaker tandis que Raphaël Dinelli s’est détourné vers l’île de Trindad pour tenter de réparer sa drisse de grand-voile mais la mer chotique le force à aller plus loin sur les côtes brésiliennes. Quant à la drisse, elle ne répond plus. Dinelli navigue présentement sous trois ris et génois… Au début de la course, j’avais dit que des machines allaient souffrir. Je ne me suis malheureusement pas trompé.
Le problème à l’origine c’est que depuis la sortie du pot-au-noir, les skippers rencontrent des conditions bizarres et difficiles. Ils naviguent au près dans des conditions de mer formée avec en prime des grains et des vents changeants. Le problème, c’est que l’anticyclone de Sainte-Hélène n’est plus venu l’heure de se brancher. Fallait-il passer à l’ouest, à l’est, ou encore garder sa trajectoire et foncer dans le tas ? La flotte a mis du temps pour se décider.
Maintenant que le clignotant est mis et que la plupart de ceux naviguant dans le groupe de tête ont mis le cap à l’Est, les centristes semblent avantagés. Les prochaines heures seront cruciales et nous diront qui a tort et qui a raison. À surveiller également le cap à l’extrême Ouest que Michel Desjoyaux a choisi. Le prof a la chance de ne pas butter dans les mêmes calmes que ceux ayant descendus l’Atlantique en ligne directe. Il risque donc de grappiller encore quelques 50 milles supplémentaires à ses « bandits. » Il pointait à 205 milles nautiques du meneur au classement de 20 heures (HNA)
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info d’aujourd’hui, le «chassé-croisé des frères Stasny» entre Vincent Rioux et Jean-Pierre Dick? Ça glace le sang! Ils sont passé à un cheveu de carrément s’éperonner. Ils l’on vraiment échappé belle… Le problème, c’est que prendre un petit break nécessite de fermer les alarmes sinon, rien à faire, impossible de fermer les persiennes. Et qui oserait s’imaginer que dans ce désert liquide, vous pourriez rencontrer vos amis de taverne? Voir une sirène est presque plus probable. Naviguer à vue après des milliers de milles nautiques comme on le voit présentement est tous simplement hallucinant.
Retour en force de Marc Guillemot qui a, semble-t-il, enfin pu donner libre cours à toute la puissance de sa machine. Il a coupé son retard de moitié et n’est plus qu’à 185 milles de la tête. Ça fait du bien de voir enfin de la fumée sortir de l’étrave de ce bateau. Il y a longtemps que l’on attendait ça.
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Côté canadien, c’est toujours le mystère entourant Spirit Of Canada. Ses vitesses sont anormalement basses pour ce type de bateau. Il n’y a pas de raison pour expliquer que Jean-Baptiste DeJeanty devance dorénavant Derek Hatfield. Ce dernier a vu passer devant lui le jeune Dejeanty il y a quelques heures à peine. Je tenterai d’en savoir plus sur cette histoire dans les jours à venir.
En terminant, ne manquez pas de surveillez dans les heures qui viennent les vitesses des coursiers dans les colonnes VMG sur 4 et 24 heures. Celles-ci devraient s’élever considérablement et c’est dans ces conditions que nous pourront prendre la mesure véritable de tout le potentiel de ces super-bateaux Nous en reparlerons bientôt.
C’est un jour à la fois!
photo: Spi Médias Daniel Lévesque
Premièrement, la recette « Un homme, un voilier et l’océan.», ça c’est la réalité de la course au large en solitaire. Même bien préparée d’une fois à l’autre elle n’a jamais la même saveur et quelquefois certains skippers y découvrent un goût amer. Peut-être qu’un peu de chance ou pas de malchance du tout pourrait adoucir le mélange. Mais comme le skipper n’a pas le droit de regard sur le dosage, il doit l’accepter comme elle lui est servie…
Presque trois semaines se sont écoulées depuis le départ. C’est peu de temps sur une si longue course océanique et déjà beaucoup de fatigue pour les skippers et leurs voiliers qui en ont pris plein la gueule dans le golfe de Gascogne. Gageons que les skippers ne s’attendaient pas à autre chose, surtout que le rapport météo précédant la course faisait état des conditions musclées qui les attendaient à proximité du Finistère. En cette saison automnale, la venue d’un front froid garantit une sortie du Golfe de Gascogne face au vent et dans une mer cahoteuse. Et force est d’admettre que les supers Open 60 ne s’adaptent pas très bien à ces difficiles conditions de mer. Leurs carènes plates sont conçues pour planer lorsque l’allure est débridée et ils tapent dangereusement au près. Ils y a quelques skippers qui ont dû retourner au port suite à des démâtages, des bris de coque ou de pont. Même qu’il y en a un qui a dû mettre le cap sur le Brésil. Mais au moins ils sont tous retournés à un port sans qu’il y ait de drame.
Il y en a eu aussi qui ont connu, après seulement un ou deux jours de course, des problèmes d’énergie, les équipements modernes de communication et de navigation tout comme les indispensables pilotes automatiques bouffent les ampères plus vite qu’il est possible de les renouveler. Avis aux skippers et préparateurs, afin d’éviter d’hypothéquer le résultat de leur course, est-ce qu’il ne serait pas plus sage de doter leurs coursiers d’équipements complémentaires, de rechange en ce qui concerne la recharge d’énergie ?
Je me souviens avoir déjà parcouru cette damnée région du Golfe de Gascogne par des vents de plus de 60 nœuds et une mer agitée de 7 à 8 mètres, à chaque secousse À chaque arrêt brutal face à une vague, à chaque fois que la carène tombait dans les creux, que ça faisait bang, À chaque fois que le mât vibrait, mon cœur s’arrêtait presque de battre. Je retenais mon souffle en espérant que la mer s’apaise et que la coque soit encore intacte.
Même lorsqu’elle résiste jusqu’à ce que la mer se calme, le skipper peut-être soulagé certes, mais il ne faut surtout pas qu’il ignore que le voilier et son gréement a subi un grand stress, de l’usure et il n’est pas exclu que les séquelles apparaissent lors des prochains gros temps. La possibilité que les coques, les gréements et les quilles ne révèlent leurs faiblesses que plus loin au large est toujours à considérer. Il s’agit d’être vigilent, à l’écoute de sa machine, de garder la foi et sa bonne humeur.
Il est souvent question des mers du sud et du passage du cap Horn comme étant les zones de navigation à problèmes, celles qui sont craintes principalement à cause de leur immensitée et du peu de secours qu’il est permis d’espérer dans ces parages. Mais statistiquement les conditions les plus éprouvantes pour les embarcations se retrouvent presque toujours en Atlantique Nord, dans ces régions du plateau continental et ce au cours des premiers et des derniers jours de la course. Certainement que les skippers ne se doutaient pas qu’ils descendraient l’Atlantique en direction du Cap Bon Espérance au près bon plein. Il est à noter aussi qu’il n’est pas nécessaire de faire le tour du monde à l’envers pour avoir à se payer le tiers du parcours face au vent. Imaginez-vous une carène qui tape violemment sur plus de 8,000 milles nautiques. Ça décoiffe, ça rend la vie à bord insupportable et ajoute plusieurs journées au tableau de navigation.
Les discussions donnent souvent beaucoup d’importance à la vélocité et la qualité de certains voiliers que l’on prétend beaucoup plus performants par rapport à l’ensemble des autres voiliers de la flotte. Après maintes vérifications, je remarque que la majorité des Open 60 engagés dans ce marathon sont plutôt récents, performants et bien préparés. Par contre mon analyse démontre hors de tout doute que les skippers les plus talentueux, expérimentés et confiants respectent un meilleur plan de course. Les bons patrons météo ainsi que le respect des principes de base, sont ce qui fait bien paraître leurs coursiers. Ce sont ceux qui sont plus endurants, patients, prévoyants et méthodiques. Ils adaptent et optimisent continuellement la voilure. Ils empannent régulièrement. Ils observent leurs adversaires tout autant que la météo. Ils évitent de longer les côtes de trop près. Ils positionnent graduellement leur route plus à l’ouest en évitant ainsi de rallonger leur parcours. Et finalement, ils évitent les options extrêmes tout en conservant une route médiane, ce qui les autorise à modifier au besoin leur stratégie sans trop qu’il n’y paraisse. S’ils sont aux avant-postes, ils régatent et se positionnent toujours entre l’arrivée et leurs poursuivants.
Lorsque je dis un peu de chance ou pas de malchance du tout, cela s’applique au fait que tous les voiliers de la course ont franchi le Pot au noir sans difficulté, sans trop encaisser de grains. Personne n’est resté encalminé comme à l’habitude. Les poursuivants eux aussi l’ont passé sans malchance à leur grande surprise. Tout en bénéficiant de vents plus favorables, ils se rapprochent des premiers. Pour cause, un anticyclone barre la route au peloton de tête qui doit rallonger sa route avant de bifurquer en direction du Cap Bon Espérance profiter enfin de vents portants.
Souhaitons encore plus de chance aux retardataires qui ferment la marche, en espérant qu’ils aient la possibilité de suivre une route plus directe et que l’état de la mer qui a malmené les leaders soit plus clémente pour eux au moment de leur passage. Ils sueront encore à pleines gouttes lorsque les premiers commenceront déjà à s’emmitoufler à l’approche de la première porte des glaces qu’ils devraient franchir aux alentours des premiers jours de décembre.
Les systèmes météos progressent très lentement, laissant les skippers indécis et embarrassés face aux décisions qu’ils ont à prendre. Même en sachant qu’ils n’ont aucun autre choix que de descendre sur une route sud au près bon plein, ils ne cessent de se creuser les méninges. À cette allure, en faisant route face au vent les voiliers ont des caps et des vitesses similaires. Fréquemment et pour des périodes plus ou moins longues, ils naviguent à la vue. Voilà encore une situation hallucinante et inhabituelle qui ne devrait pas perdurer bien longtemps, avec les vents portant qui gonfleront les voiles d’ici quelques jours.
Il y a de l’espoir pour tous, c’est ce qui les pousse à tourner autour du globe…
Jérémi Beyou et Delta Dore mis K.O.
On savait que le coup avait été très dur pour le voilier et que les dommages étaient considérables. Du coup, cette annonce n’a pas été une surprise comme telle. Il reste que la déception est grande pour Jérémi Beyou qui menait jusqu’à cette avarie une course splendide, étant depuis plusieurs semaines dans le groupe de tête.
D’autre part, l’anglais Mike Golding contactera dans les prochaines heures le pc course pour obtenir le droit officiel de retirer les scellés sur l’un de ses radeaux de survie. Le navigateur doit effectuer le déplacement de cet équipement pour procéder au relaminage d’une partie du bateau. On ignore pour l’instant ce qui a causé ce dommage. La direction technique d’Ecover a recommandé au navigateur de s’arrêter pour procédé à la réparation mais ce dernier a donné une fin de non-recevoir à la suggestion, préférant poursuivre la course.
Finalement, notons que la tête de flotte se retrouve présentement à la porte de l’anticyclone de Sainte-Hélène. Ce dernier a choisi de s’écraser sur lui-même et risque donc de provoquer un ralentissement de la flotte dans les prochaines heures.











