Le retour du roi Jean.

Photo: site de l’entreprise SynerCiel
Jean LeCam reprend du service. Il en sera à son troisième Vendée Globe de suite. Le marin de Port-La-Forêt en France s’est entendu la semaine dernière avec un nouveau sponsor, le consortium SynerCiel, un réseau d’artisans et d’entreprises experts oeuvrant dans le milieu de bâtiment et spécialisé en gestion énergétique.
La nouvelle est d’autant plus géniale que si l’on fait exception de Sébastien Josse, on retrouvera au départ du 10 novembre prochain cinq des six premiers coureurs qui se sont présentés sur la ligne d’arrivée de la mémorable édition de 2004 soit Vincent Riou, Jean LeCam, Mike Golding, Dominique Wavre et Jean-Pierre Dick. Au surcroît, LeCam partira avec une unité des plus compétitives. Il sera à bord de l’ancien Gitana Eighty qui avait démâté sous la main de Loïck Peyron lors du Vendée-Globe 2008. Le voilier a été maximisé et sera fin prêt pour le départ.
Évidemment, ce qui nous revient en tête, c’est ce Vendée Globe de 2004 qui avait donné lieu à une régate au contact entre Le roi Jean et Vincent Riou dit « le terrible ». Et pour compléter ce scénario hollywoodien, ajoutez un Alex Thompson qui s’alignera avec l’ancien plan Kouyoumjan de Brian Thompson. La machine a été presque complètement refaite. Le roof et le plan de pont n’ont plus rien à voir avec ce que ce voilier était il y a quatre ans. En plus, Alex arrive fort de sa très belle performance dans la Transat Jacques-Vabre au cours de laquelle il a pris le deuxième rang. Les emmerdes semblent donc être une fois pour toutes, derrière lui.
Puis, vous avez aussi Armel LeCléac’h sur sa nouvelle unité. Et d’aucuns affirment qu’il est l’un des plus sérieux aspirant au titre. Et effectivement, l’homme est capable de tout. Il est certes sur un pied d’égalité avec Marc Guillemot qui tentera d’aller chercher le Saint-Graal de la course au large avec une superbe machine de guerre ayant profité des avancées technologiques offertes par la sponsor, soit l’entreprise Safran qui est spécialisée notamment en aéronautique.
À 52 ans, ce sera le troisième départ du Vendée-Globe pour Jean LeCam. Marin d’expérience et excellent communicateur, d’autres défis ne demandent qu’à être relevé par cet homme plein de talents trois fois vainqueur de la Solitaire du Figaro. Le roi Jean ne part qu’avec une seule idée, celle de remporter cette course qui lui a échappé de peu en 2004. Une revanche qui risque d’être fortement suivie et extrêmement intéressante.
Vendée Globe 2012: 17 inscrits et pas les moindres.

Crédit photo: Jacques Vapillon DPPI/ Vendée Globe
Le Vendée Globe se prépare avec fébrilité. Nous sommes à un peu moins de dix mois du coup de canon initial. Cette année, personne ne s’est bousculé au portillon pour s’aligner au départ des fous de la mer. La crise a eu l’effet d’un tsunami en Europe et l’on cherche encore l’épicentre du séisme financier en se demandant si les beaux jours sont dans le sillage ou devant l’étrave.
C’est dans ce contexte pour le moins morose que le Conseil Général de Vendée et les organisateurs du Vendée Globe ont été appelés à jouer les meneuses de claque. Leur tâche était titanesque. Il fallait convaincre à la fois les partenaires, les coureurs et surtout leurs sponsors. Rien de facile…
Évidemment, oubliez tout de suite les trente bateaux de la dernière édition. Ça reviendra un jour, nous en sommes persuadés, mais pas cette année. Autre signe que la crise fait mal, s’il en fallait encore, quand on voit des vétérans comme Yann Eliès et Jean LeCam toujours en recherche de partenaires à quelques mois du départ. Deux gars qui sont non seulement des valeurs sûres en termes de retombées médias mais qui en plus, peuvent aussi gagner la grande boucle de la voile.
Que ces gars-là ne soient pas au départ est carrément inconcevable. Déjà que Michel Desjoyeaux et Roland Jourdain sont partis chez les MOD 70, imaginez maintenant l’absence de LeCam. Ça donnera un Vendée Globe un peu tout nu. Heureusement que l’on a Marc Guillemot, Armel LeCléac’h Vincent Riou.
Et puis d’un autre côté il y a eu de bonnes nouvelles ces derniers temps. Il y a d’abord la belle blonde Samantha Davies qui s’est entendue avec le groupe Savéol. Le fruitier épaulera la nouvelle maman dans son tour du monde. C’est une sacrée bonne nouvelle pour cette fille devenue une des stars du milieu de la voile à l’échelle internationale.
On a aussi Jeremie Beyou qui va survoler les vagues avec le volailler français Maître Coq. Qui ne serait pas content de revoir ce sympathique champion figariste revenir sur le plateau du Vendée Globe ? Personne ! Beyou y est allé de performances magistrales ces derniers mois et mérite amplement la chance qui lui est donnée. Il est à surveiller.
Troisième bonne nouvelle que la venue de Liz Wardley. Une fille et une athlète top niveau qui a déjà un tour du monde sur un monocoque à son crédit. Liz Wardley a testé le monotype de 52 pieds de la Solocéane. C’est une pro et une fille particulièrement sensible aux questions environnementales. Elle sera la référence sur ces questions.
L’italien Alessandro Di Benedetto est un autre nouveau venu. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore ce type, mentionnons que ce ministe revendique d’être le premier humain à avoir fait le tour du monde à la voile dans une boîte à beurre de seulement 6,5 mètres. Un gars qui a l’habitude d’être baratté dans tous les sens quoi…
Il y a aussi le jeune François Gabard qui s’est vu confier une monture de dernière génération. À 29 ans, le jeune homme a du chien et il n’ira pas jouer les touristes.
Finalement, il y a le retour des Arnaud Boissière, Dominique Wavre, Kito DePavant, Bernard Stamm, Mike Golding et Alex Thompson. Sans compter les autres qui attendent en coulisse, qui se cherchent des sponsors ou qui se la ferme en attendant le jour du dévoilement.
En définitive, les choses sont loin d’aller aussi mal que nous l’avions craint. Nous avons déjà 17 concurrents qualifiés et certifiés et d’autres sont en voie de s’ajouter. Pour une année de crise et un contexte aussi difficile, c’est déjà pas mal. Et preuve en est que le Vendée Globe est plus en santé que jamais et que la voile se porte bien. Félicitons-nous !
Dee Caffari: une femme d’exception!
Publié le 16/02/09 par Daniel Lévesque
Il y a trois ans, Dee Caffari complétait un tour du monde en solitaire et à l’envers, contre les vents et les courants dominants, en 178 jours 3 heures 5 minutes. Aujourd’hui elle réédite le coup mais cette fois, d’Ouest en Est et en moins de cent jours… Elle devient ainsi la première femme à accomplir une circumnavigation en solitaire dans les deux sens. De plus, elle entre dans le club sélect des navigateurs ayant mis moins de cent jours pour faire un tour du monde.
Bien que la besace aux exploits de Dee caffari commence à déborder, l’histoire retiendra cette fois-ci le caractère et la persévérance dont elle a fait preuve. Ennuyée par des problèmes récurrents de grand-voile depuis la Nouvelle-Zélande, les paris étaient ouverts depuis des semaines sur la destination d’Aviva et le moment de son abandon. Mais c’était sans compter sur l’extraordinaire persévérance de cette navigatrice hors norme.
C’est ainsi que de ruban en colle et de sparadrap en courtepointe, l’infirmière du Vendée-Globe, a bricolé tout ce qui pouvait l’être pour ramener son bateau sur la ligne d’arrivée. Et finalement c’est avec une grand-voile en lambeaux que le magnifique monocoque jaune a coupé le fil d’arrivée dans la matinée d’aujourd’hui. Chapeau SVP messieurs!
Les deux femmes du Vendée-Globe 2008-2009 ont donc sauvé l’honneur anglais. Dee Caffari est une autre candidate à l’anoblissement. Cette femme d’exception a offert une performance extraordinaire. Elle a fait face à de dures conditions et relevé le défi avec courage, endurance et détermination. C’est ce genre de performance qui fait que dans ce sport, les poursuivants et les derniers peuvent aussi être des gagnants. C’est ce type d’exploit qui marque l’histoire du Vendée-Globe et bâtie ainsi une tradition qui se renforce et se glorifie.
Voile en ligne tient à féliciter Dee Caffari pour son extraordinaire exploit.










