Publié le 16/02/09 par Daniel Lévesque
Il y a trois ans, Dee Caffari complétait un tour du monde en solitaire et à l’envers, contre les vents et les courants dominants, en 178 jours 3 heures 5 minutes. Aujourd’hui elle réédite le coup mais cette fois, d’Ouest en Est et en moins de cent jours… Elle devient ainsi la première femme à accomplir une circumnavigation en solitaire dans les deux sens. De plus, elle entre dans le club sélect des navigateurs ayant mis moins de cent jours pour faire un tour du monde.
Bien que la besace aux exploits de Dee caffari commence à déborder, l’histoire retiendra cette fois-ci le caractère et la persévérance dont elle a fait preuve. Ennuyée par des problèmes récurrents de grand-voile depuis la Nouvelle-Zélande, les paris étaient ouverts depuis des semaines sur la destination d’Aviva et le moment de son abandon. Mais c’était sans compter sur l’extraordinaire persévérance de cette navigatrice hors norme.
C’est ainsi que de ruban en colle et de sparadrap en courtepointe, l’infirmière du Vendée-Globe, a bricolé tout ce qui pouvait l’être pour ramener son bateau sur la ligne d’arrivée. Et finalement c’est avec une grand-voile en lambeaux que le magnifique monocoque jaune a coupé le fil d’arrivée dans la matinée d’aujourd’hui. Chapeau SVP messieurs!
Les deux femmes du Vendée-Globe 2008-2009 ont donc sauvé l’honneur anglais. Dee Caffari est une autre candidate à l’anoblissement. Cette femme d’exception a offert une performance extraordinaire. Elle a fait face à de dures conditions et relevé le défi avec courage, endurance et détermination. C’est ce genre de performance qui fait que dans ce sport, les poursuivants et les derniers peuvent aussi être des gagnants. C’est ce type d’exploit qui marque l’histoire du Vendée-Globe et bâtie ainsi une tradition qui se renforce et se glorifie.
Voile en ligne tient à féliciter Dee Caffari pour son extraordinaire exploit.
Publié le 16/02/09 par Daniel Lévesque
Brian Thompson termine ce Vendée-Globe courroucé par une monture qui lui en a fait bavé. Le plan Kouyoumdjan n’était visiblement pas prêt et l’anglais n’a jamais pu se justifier. Le pari de la puissance a aussi laissé nombre de questions en suspens. Bref, c’est peut-être ce qui explique que Brian ne semblait pas tellement enclin à faire dans les relations publiques, étant trop occupé à tenter d’aligner les sparadraps sur sa grand-voile et à réparer les multiples bobos de son coursier.
Bien que le résultat de sa course soit quelque peu mitigé, on ne peut que saluer le courage de cet homme et son opiniâtreté en dépit de situations qui ont de toute évidence, dû amener quelques vagues scélérates de frustrations. Brian Thompson a aussi fait ses classes dans ce Vendée-Globe où l’inexpérience est un facteur qui peut être dominant. De toute façon, il faut se rappeler au premier chef que quiconque prend le départ de cette course est un gagnant qu’il en revienne ou pas. Mais quand on en revient, c’est d’autant plus méritoire. Faire le tour du monde à la voile en solitaire sans escale ni assistance n’est rien de moins qu’un exploit.
Pour le reste, il faudra laisser la poussière retomber pour mieux jauger des retombées. Mais dans l’ensemble, c’est plus que positif. Car avant toute chose, il faut considérer que tous les coureurs reviennent de l’enfer. L’instinct de survie a donc donné à Brian Thompson la place qu’il mérite amplement sur le classement de cette course et qui confirme avec éloquence qu’il a sa place dans le plateau de ces coureurs océaniques qui sont l’élite de ce sport. Comme quoi patience et longueur de temps valent mieux que force ni que rage.
Voile en ligne tient à Féliciter Brian Thompson pour son exploit.
Publié le 14/02/09 par Daniel Lévesque

Voilà ce que la performance de Marc Guillemot nous rappelle. Le solitaire a fait preuve de beaucoup de caractère. Son Vendée-Globe fût parsemé de plusieurs embuches. Or, ce qu’il y a de remarquable dans ce sport, c’est que les gagnants ne sont pas toujours les premiers. Et à ce compte là , Marc Guillemot sera l’une des étoiles de cette édition.
Néanmoins, il complète cette circumnavigation à la troisième place de ce Vendée Globe avec seulement quatre-vingt minutes d’avance sur Samantha Davies qui lui concédait 50 heures pour son intervention aux côtés de Yann Eliès. Le skipper de Safran a donc mis 95 jours 03h heures 19 minutes 36 secondes pour faire le tour du monde (bonification incluse)
Le courage n’a pas manqué à ce marin d’exception. Toute sa carrière fut ponctuée de passages difficiles. Marc Guillemot a, par exemple, vécu les affres d’une blessure très grave. Alors qu’il navigue sur Jet service IV, en pleine nuit, le multicoque enfourne et chavire. Son coéquipier et ami Jean Castenet disparaît en mer et Patrick Morvan a le dos cassé. Marc a quant à lui le bassin et les deux jambes fracturés. Il est secouru après plusieurs jours d’attente. Deux années de réhabilitation seront nécessaires pour lui permettre de retrouver une vie normale. Pas étonnant donc que Marc ait eu autant d’empressement à venir en aide à Yann Éliès.
Le coureur océanique québécois Michel Litté connait bien Marc Guillemot et laisse aller quelques souvenirs. « C’est un vrai ! Je me rappelle que lors de son abandon dans une course du Fasnet, après avoir demandé assistance suite à un démâtage, Marc avait refusé d’être évacué sans que son monocoque soit remorqué, et cela sous le prétexte que le bateau appartenait à son père. Il craignait les représailles » relate avec humour Michel Litté lorsque contacté en début de soirée quelques minutes avant l’arrivée du Quimpérois au Sables d’Olones.
« C’est mon héros. Ce qu’il a fait est tout simplement incroyable. Pour ramener un bateau sans quille, il faut être en parfaite symbiose avec le vent et faire corps avec le bateau. Il faut connaître ses moindres sensations et être aux taquets, à l’affût de tout changement de risée sinon ce peut être la catastrophe. Marc doit être complètement vidé en ce moment. Tenez pour vous donner un exemple simple, c’est un peu comme si vous rouliez sur la glace depuis plusieurs jours, » rajoute Michel Litté.
Marc Guillemot est venu à plusieurs reprises à Québec. À l’instar de Mike Birch avec qui il a d’ailleurs déjà navigué, Marc est un peu devenu le fils adoptif du milieu québécois de la course océanique. Voilà pourquoi plusieurs ont célébré l’arrivée triomphale du gars de la place aux Sables d’Olones. Il y a de quoi ! Ce tour du monde fût pour lui un véritable parcours du combattant. En plus d’offrir une démonstration de détermination qui passera à l’histoire, Marc Guillemot s’illustre aussi par une éclatante performance sportive. On a donc toutes les raisons de fêter. Que demander de mieux ? Bravo !
Voile en Ligne tient à s’associer à tous les amateurs de voile du Québec pour féliciter Marc Guillemot pour sa magnifique performance dans ce Vendée Globe.













