
Crédit photo: Volvo Ocean Race © 2013
Stupeur, incrédulité et consternation sont les mots qui reviennent à la suite du décès du skipper suédois Magnus Olsson. Le vétéran de six participations à la Whitbread et la Volvo Ocean Race est décédé subitement samedi après-midi à l’âge de seulement 64 ans.
C’est une page de l’histoire de la voile de compétition qui se tourne. La nouvelle du décès du marin suédois a rapidement fait le tour du web où les éloges se sont multiplié à commencer par le grand patron de la Volvo Knut Frostad qui a non seulement navigué avec lui, mais était aussi l’un de ses amis. « J’ai appris cette nouvelle et avec énormément de tristesse. Magnus était mon mentor. Nous avons navigué ensemble il y a vingt ans. Il fut pour moi une source d’inspiration par son attitude toujours positive. Nous venons de perdre le sourire de la course au large(…) » a déclaré le Pdg de la Volvo Ocean Race.
Magnus Olson faisait partie du personnel d’entraîneur de l’équipe féminine qui prendra part à la prochaine Volvo Ocean Race. Plus tôt cette semaine, il a subi une crise cardiaque et a dû être hospitalisé dans un centre de cardiologie en Espagne. Il y avait des signes encourageants qui portaient à croire qu’il pouvait récupérer. Mais hélas, depuis quelques heures, son état général s’était lourdement détérioré. Sa conjointe et ses enfants étaient à son chevet.
On ne sait pas par où commencer quand on fait la liste des exploits et de l’immense contribution de Magnus Olsson au monde de la voile. Né en 1949 en banlieue de Stockölm en Suède, il apprend les rudiments de la voile sur les lacs environnant avant de faire sa marque en 505. Il est trois fois champion national. Il participe à la Coup de l’América en 1976 et fait plus tard son entrée sur le circuit de la Whitbread en 1985. Il remporte la Volvo Ocean Race de 1997-1998 à bord de EF Language. On lui doit entre autres d’avoir été un rouage important dans les négociations qui ont mené à la signature du’une entente de partenariat entre l’entreprise suédoise Volvo et l’organisation de la Whitbread. En 2011, il avait été honoré en étant reçu au sein du prestigieux cercle restreint des légendes de la Volvo Ocean Race.
Magnus Olsson laisse un vide inversement proportionnel à la grandeur de son héritage sportif. Il faisait ce métier parce qu’il l’aimait profondément. Il était reconnu pour son incroyable leadership et sa capacité de passer rapidement par-dessus les impondérables en ramenant la bonne humeur au sein d’une équipe. Des qualités indispensables qui l’ont propulsé à la tête de l’un des plus prestigieux équipages de voile, Ericsson 3.
Inutile de dire que la nouvelle a plongé l’équipe SCA dans un profond désarroi. Mais le directeur-gérant Richard Brisius a promis que tous poursuivraient l’oeuvre dans l’esprit de joie et de camaraderie qu’inspirait à tous la présence de Magnus Olsson.
Voile en Ligne tient à adresser ses plus sincères condoléances à la famille ainsi qu’aux proches de Magnus Olsson.
Nous avions prédit les Néo-Zélandais. Ce sont les Français de Groupama qui remportent la Volvo Ocean Race 2012.

Crédit photo: Livestream
On ne dira jamais assez combien Franck Cammas est un marin talentueux et un excellent meneur d’hommes qui croit en ses moyens, en son matériel et en son équipe. Franck Cammas a le don d’aller chercher le maximum de ses équipiers. Et tout le crédit de cette victoire aussi éclatante qu’inattendue lui revient amplement. L’intelligence de Cammas, le coeur à l’ouvrage et le courage de ses gars jumelé à un bateau à qui une formidable équipe d’architectes et de techniciens ont insufflé un âme.
Le résultat est au-dessus de toutes les espérances. Personne ne pourrait imaginer voir une équipe d’expansion gagner la coupe Stanley. C’est pourtant ce qui vient de se passer. Comment expliquer ça? Très simple! Un niveau de préparation physique et psychologique très loin dessus de la norme. Une équipe technique qui a rapidement fait les ajustements nécessaires pour aller chercher le petit quelque chose qui manquait et pour finir, un skipper intelligent que le diable.
La guerre se fait sur tout les fronts, sur l’eau comme entre les deux oreilles. Cammas fait mesurer à deux reprises l’un des étais de Telefonica. Mine de rien, la manoeuvre a été l’un des tournants de ce tour du monde. Jusqu’à ce moment, les Espagnols menaient sans partage. À un tel point que plusieurs se demandaient s’il était possible de les battre. Or cette démarche du skipper de Groupama a semblé les déstabiliser complètement. À partir de cet instant, l’équipe espagnole n’a plus jamais été la même.
Fortune de mer au large du Brésil à quelques milles de l’arrivée. Groupama menait la course. Un coup de massue en plein front. L’équipe ne se décourage pas. Elle finit la course sous gréement de fortune et va chercher de précieux points. Les hommes ont la tête entre les deux jambes. Mais ils se relèvent et finissent deuxièmes à Miami. Ils peuvent toujours y croire. Et même plus que jamais.
La déception de ce tour aura été Camper. On s’attendait à beaucoup plus des Néo-Zélandais. L’excuse de Grant Dalton sur la qualité du bateau est peut-être une partie de l’explication. Mais elle ne suffit pas. Il n’y avait pas dans cette équipe un degré de préparation suffisant pour espérer remporter ce tour du monde.
Même chose du côté de Puma. La sanction risque d’être sévère contre un Ken Read qui n’a pas encore livré la marchandise après deux tours du globe. Quant à Telefonica, l’effondrement est difficile à expliquer. Quand on se bat pour un championnat aussi prestigieux que celui de la Volvo, il est des barrières psychologiques qu’il faut savoir franchir.
Ian Walker et Mike Sanderson doivent avoir hâte d’en finir. Tous les deux n’avaient pas le bateau pour rivaliser avec les quatre premiers. C’est triste de voir un grand champion comme Sanderson faire chou blanc sur un tour du monde. Il s’agit probablement du chant du cygne pour ce très grand champion.
Incidemment, si la Volvo est à réexaminer son concept, il faudra parallèlement que les équipes se réévaluent sportivement parlant. Il faudra plus de renouveau, plus de jeunesse et plein de dynamisme. Des jeunes loups affamés de victoire et qui du coup, sont prêts à saigner du nez pour gagner. La course se raffine de plus en plus. Les courses sont devenues cruellement taxantes. La condition, la force physique et la capacité de résistance sont devenues des éléments centraux. Des équipes ont souffert plus que d’autres de la chaleur et de la fatigue. La préparation des équipes devra tenir davantage compte de ces facteurs.
Il faut saluer la très belle belle initiative de cette année qui aura été l’obligation d’avoir à bord un jeune de moins de 25 ans. Il faut poursuivre en ce sens. Par ailleurs, les efforts de l’organisation pour populariser cette course médiatiquement sont louables bien qu’imparfaits. Nous devrons être patients. Internet à grande échelle n’a pas encore 20 ans. Les choses iront en s’améliorant.
Soulignons aussi notre tristesse face à la mise au rancart de ces magnifiques bateaux que sont les VO70 et qui nous ont donné des sensations et de la vitesse comme aucun autre monocoque auparavant. Ils ont tous mené leurs équipes à bon port en dépit de multiples et déplorables avaries.
La Volvo 2012 est terminée. Elle a été l’une des plus passionnantes de toutes les éditions tenues jusqu’ici. Nous avons connu le gagnant à la dernière course offshore. Si certaines équipes n’ont pu suivre le tempo imposé par les leaders, il n’en reste pas moins qu’un degré de parité jamais égalé a été atteint. Le pari a été tenu. Il reste encore des courses inshore. Mais les hommes sont tous de retour en bonne santé. Remercions le ciel! Car cette aventure demeurera toujours pleine de surprises, d’impondérables et de risques. Et face au premier comme au dernier de tous ces intrépides marins, nous ne pouvons qu’avoir une admiration sans limite.
Notre dernier mot va pour Franck Cammas et l’équipe Groupama. Les Français viennent de réaliser un tour de force aussi grand que celui qui leur a permis de mettre la main sur le Championnat du monde de soccer en 1998. Il y avait Zidane, aujourd’hui il y a Cammas. Il est temps que tous reconnaissent que Tabarly a engendré des orgueilleux, des hommes fiers, de vrais champions que la postérité portera à jamais aux nues. Parce qu’ils sont des vrais, opiniâtres, acharnés et irréductibles. De très grands champions. À un moment de l’histoire, il fallait conclure. Il fallait le faire. Et en cette édition de la Volvo, la rivalité était forte. Aussi, il faillait en avoir plus que jamais. Et ils l’ont fait avec grandeur et panache. Il n’y en a pas comme eux. Ils sont seuls au monde à avoir réussi ça. Jamais ils ne seront oubliés. Et jamais personne ne pourra leur enlever le mérite de l’exploit qu’ils ont accompli.
Bravo!
Tous les arguments auront beau être présentés pour faire croire qu’il ne s’agit que d’une stratégie, ça empeste le rififi autant qu’un fromage qui marche tout seul sur le comptoir.
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C’est ainsi que Groupama a pris le départ vers Galoway pour l’ultime étape de la Volvo Ocean Race, sans embarquer le navigateur Jean-Luc Nélias. On lui attribuerait certaines erreurs tactiques mais le plus gros reproche serait dit-on un différent idéologique profond avec Franck Cammas et une attitude que ce dernier ne pouvait tolérer. De toute évidence, il semble qu’il y avait deux coqs dans la basse-cour et l’un d’eux a subi le couperet.
Cammas n’a pas la réputation de s’en laisser imposer dit-on. En mer il est un fichu de bon père de famille qui travaille toujours en équipe. Mais il est aussi connu pour être des plus exigeants et ses ordres ne manquent jamais de précisions. Selon ce que nous avons pu savoir, sur la dernière étape, la chevauchée d’enfer n’aurait pas fait l’unanimité, certains croyant plus sage de lever le pied. Une requête auquel Cammas aurait adressé une fin de non-recevoir des plus catégoriques. Certains s’en sont accommodé, d’autres moins. Mais pour le skipper de Groupama, on ne s’arrête pas aussi près du but. Il aurait alors exhorté ses hommes à donner la petite poussée supplémentaire qui a fait la différence et mené Groupama à la victoire. L’histoire lui a donné raison.
Bref, les spéculations les plus loufoques circulent quant aux motifs de cette décision. Mais il fallait que ça soit vachement sérieux pour que ça en vienne jusque là. Et si Nélias n’apparaît pas sur le podium des vainqueurs à Galoway, il faudra alors tirer les conclusions qui s’imposent. On vit ou on crève, on gagne ou on perd en équipe. Et diriger pendant neuf mois des « dirty dozen » qui ont chacun leur caractère , leur passé et leur vision de l’avenir et leurs angoisses personnelle n’est jamais une mince affaire. Même Jésus-Christ en sait quelque chose.
Sportivement parlant c’est le sprint. Les équipages ont franchi le Fasnet et l’écart entre le premier et le quatrième n’étais que de 1 mille au dernières nouvelles. Telefonica et Camper ont connu un départ canon tandis que Groupama avait encore la manivelle entre les mains. Même chose pour les Américains de Puma. Néanmoins ces derniers occupent maintenant le premier rang le long de la côte est de l’Irlande, tandis que Groupama se retrouve au quatrième rang provisoire dans les safran de Camper.