
Crédit photo: Rick Tomlinson/Volvo Ocean Race
La Volvo ocean race a complété son étape nord-américaine par une traverse à toute pompe vers l’Irlande. Une étape difficile en raison des conditions météo et d’une mer assez cassante par moment. Au finish, c’est Ericsson 4 a eu gain de cause, terminant la traversée en seulement 7 jours 10 heures et 33 minutes. Et n’eut été de la zone d’exclusion qui rallongeait le parcours en raison des glaces, les temps auraient pu être encore meilleurs.
On retiendra une fois de plus la domination d’Ericsson 4 qui était pourtant 3ième lors du passage du Waypoint de St-Jean. Que s’est-il passé par la suite ? Trois bateaux beaucoup plus au sud ont franchit le point de passage en retard mais se sont immédiatement accaparé des positions de tête. Dans la descente plein sud pour contourner la zone d’exclusion, ce sont les premiers qui ont empanné qui ont gagné leur paris. Telefonica blue a tardé et s’est retrouvé 4ième. Il s’agit d’une deuxième erreur de routage difficilement compréhensible pour l’équipe de Bouwe Bekking. Celle-ci a coûté très chère au bateau bleu qui n’a jamais pu revenir par la suite.
Interviewé un peu plus tôt aujourd’hui, Bouwe Bekking et son adversaire chez Puma racing Ken Read ne se faisaient plus trop d’illusion sur les chances qu’ont leurs équipes de revenir sur les meneurs Ericsson 3. Avec maintenant 14.5 points de retard sur le leader, l’équipage de Telefonica blue devra désormais se concentrer pour garder dans son sillage les hommes de Ken Read qui sont de plus en plus menaçants. Seulement 1.5 point sépare les deux équipes et Puma pourrait ravir le titre de deuxième dès la prochaine inport race qui se tiendra pas plus tard que le Week-End prochain à Galway.

Le séjour des VO 70 dans la ville de Boston attire cette année plusieurs membres du gratin français de la voile. Pas le moindre de ceux-là, Michel Desjoyeaux sera ce week-end à Boston, et ce ne sera pas que pour faire du tourisme. Michel Desjoyeaux y sera aussi pour monter à bord de Telefonica Blue lors de l’inport race, histoire de se familiariser quelque peu avec le fonctionnement de ces supers-machines. Il faut dire que les français ont historiquement été bien représentés dans la Volvo Ocean Race. Le skipper Sébastien Josse a même été le leader de l’une des équipes ABN AMRO lors de la dernière édition.
Cette fois-ci cependant, il serait question d’un sujet beaucoup plus sérieux. Et la présence du patron de l’entreprise Mer Agitée n’est pas étrangère aux nombreuses rumeurs de pontons voulant que nos cousins soient engagés dans une réflexion sur l’opportunité de présenter une équipe lors de la prochaine édition de cette course magnifique, dont l’organisation est presque parfaite.
Seuls écueils, les énormes coûts qu’entraîne la participation à la Volvo Ocean Race et incidemment, le petit nombre d’équipes participantes. Mais l’intérêt pour cette course n’en est pas moins très grand en dépit de ces quelques difficultés. Le rapprochement des vitesses de ces bateaux avec celles des multicoques ne peut qu’intéresser les constructeur et marchands de vitesse que sont nos cousins d’outre-Atlantique. Chose certaine, la suite logique de l’engagement des français dans la Volvo Ocean Race passe par la construction du premier VO70 à courir sous les couleurs de la république.

Jusqu’à maintenant, ce début de course prend des allures de lendemain de veille. Les équipages doivent composer avec une météo des plus capricieuses. Des grains incessants, des effets de côte et des calmes se succèdent, rendant l’environnement des coureurs étrangement semblable à un pot-au-noir qui aurait décidé de se présenter en avance. Au pointage de ce matin, les bateaux commençaient enfin à accélérer un peu même si les vents étaient toujours aussi instables. Les équipages sont à effectuer une multitude de changements de voiles et de réglages et les ampoules aux mains réapparaissent comme autant de mauvais souvenirs.
Sur Telefonica Blue, qui était le leader du levé du jour avec seulement 17 milles d’avance, Bouwe Bekking rapportait que lui et ses hommes ne comptaient plus les allers-retours entre la soute à voile et le pont avant. Toute la garde-robe y est passée.
Sur Ericsson 3, une rupture de bastaque a mis toutes les équipes sur le pont en un éclair et du tonnerre au beau milieu de la nuit. C’est d’ailleurs ce même tonnerre qui a réveillé le représentant des médias Gustav Morin. Le journaliste qui était dans sa bannette à ce moment, a rapporté avoir eu la peur de sa vie en entendant le bruit sec que cela a provoqué. L’incident a forcé l’équipe de Magnus Olsson à affaler tout le bazar pour ensuite installer une bastaque de fortune, ce qui a fait perdre de précieux milles à l’équipe.
Cette étape est l’une des plus difficiles du tour car il s’agit d’un parcours presque entièrement côtier, donnant droit à toutes les susceptibilités météo possibles. Les équipages naviguent souvent à vue et les stratégies sont peu nombreuses, de quoi énerver encore plus les marins. Le jeu du chat et de la souris devrait donc continuer dans ce champ de mines n’offrant que peu de certitudes météorologiques aux coureurs. Ce n’est que lorsque ces derniers attraperont le Golf Stream que les choses pourraient changer pour le mieux, offrant des conditions qui seront peut-être un peu plus stables. Puis même encore…





