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CATÉGORIE :: Au Québec

Au Québec

Le monde selon Mike…


(photo © Jacques Vapillon / dppi)

Le blog Voile en ligne célèbre aujourd’hui son 200ième article. Notre palpitante aventure a débuté en décembre 2006. Depuis lors, des dizaines de personnes se sont jointes à notre lectorat pour atteindre maintenant près de 4000 lecteurs par mois. Nous avons donc toutes les raisons d’être fiers de ce que nous avons accompli.


Joint ce matin par téléphone, s’affairait au laminage du mât d’un nouveau bateau de 33 pieds. Un autre plan Réjean Desgagnés qu’il construit aux USA dans l’état du Maine. D’entrée de jeu, le Cowboy des mers s’est dit fasciné par cette course historique qu’est le 6ième .


M.B. « Il est difficile d’en dire plus que ce qui a été dit jusqu’à maintenant. Pour ma part, je n’ai jamais accompli ce genre de course autour du monde… Comme tous le monde, je suis cette course avec attention. Disons que j’ai trouvé les derniers jours assez incroyables. Jean Lecam qui perd son bateau puis Vincent Rioux qui brise son mât en allant le chercher. J’ai aussi une pensée pour ceux ont vu cette course tourner au désastre. Pour d’autres, c’est assez cocasse. Ils voient leur position au classement s’améliorer. Mais on ne parle pas de distance par rapport au premier. Il s’agit uniquement d’un rang qui descend à chaque avarie encaissée par ceux qui les précèdent. Quant à Michel Desjoyaux, C’est une performance incroyable. Michel est un coureur fantastique. »

V.E.L. Que pensez-vous du nombre important d’abandons, des démâtages et des avaries de quilles qui parsèment une fois de plus cette compétition?

M.B. « Je suis la Volvo Ocean Race et ils ont des équipements comparables. Mâts en carbone, quilles pendulaires, etc. Ils semble qu’ils aient moins de problèmes cette année. Je ne saurais dire la cause exacte de toutes ces avaries, mais une chose demeure, c’est que lorsque l’on enchaîne les dépressions les unes derrière les autres et qu’un seul individu manie le bateau, des éléments comme la fatigue peuvent entrer aussi en ligne de compte. En même temps, on ne peut certes pas blâmer les coureurs. Moi aussi j’aurais cru qu’il y aurait moins de casses cette année et je trouve cela tout de même étrange. Je pense que les autorités du Vendée-Globe, comme les coureurs, les architectes, les ingénieurs et les équipes doivent certainement se poser les mêmes questions comme bon nombre de gens qui suivent la course d’ailleurs. Il y aura certainement des analyses intéressantes à faire au terme de celle-ci. »

V.E.L. Que pensez-vous de cette course technologique effrénée? L’aventure est-elle toujours bel et bien présente?

M.B. «Les temps changent de toute évidence. Mais ce n’est pas la technologie qui a changé le plus, mais bien plutôt la pression que l’on met sur les équipes et les coureurs pour qu’ils gagnent. Les marins sont très talentueux. On compte beaucoup sur eux. Ils doivent pousser les bateaux au maximum avec tous les risques que cela comporte. Il en résulte alors les problèmes que l’on connaît. »

V.E.L. Feriez-vous ce genre de course ?

M.B. «Certainement ! Si j’avais 50 ans de moins. (grands éclats de rires) Bien sûr, si j’étais plus jeune, je la ferais. Même que j’aurais dû la faire quand cela était possible.»

V.E.L. Que pensez-vous de ces portes de sécurité pour éviter les zones sensibles où l’on retrouve des icebergs ?

M.B. « C’est une bonne idée. Évidemment, cela enlève une part de suspens qui était liée au choix des routes que faisaient les skippers. Mais quand on voit ce qui est arrivé à Jean-Pierre Dick, on ne peut que se réjouir que cette décision ait été prise par les organisateurs. D’ailleurs, les nouveaux critères de sécurité sont beaucoup plus élaborés et stricts qu’autrefois et ils ont prouvé durant cette course leur remarquable efficacité. La communication est également bien meilleure qu’’elle ne l’était. Elle permet des interventions rapides et le suivit efficace des schémas d’un pays à un autre. »

V.E.L. La question qui tue : Qui va gagner cette course. Croyez-vous que Desjoyaux résistera jusqu’à la fin à la pression et aux assauts de Roland Jourdain ?

M.B. «Effectivement, c’est une question fort embêtante. (rires) Pas de doutes quant aux capacités de Desjoyaux, ça, c’est sûr. C’est surtout le côté impondérable qui peut poser problèmes. On l’a vu avec Jean-Pierre Dick qui a fait une course sensationnelle. Et pourtant, cela s’est terminé de très mauvaise façon. La course est encore très longue et tout peut arriver. Une chose est sûre. Même si les gars doivent être extrêmement heureux d’avoir passé le Cap Horn, malgré cela, ils ne souffleront d’aise qu’une fois arrivés aux Sables d’Olones et pas avant !»

V.E.L. Avez-vous suivi Derek Hatfield ?

M.B. Je n’ai pas suivi beaucoup le début de la course. Je sais qu’il a connu certains problèmes et qu’entre autres, il n’a pas terminé la course. Il faut comprendre que malgré son expérience, il n’a jamais eu un soutien comparable à celui qu’ont des leaders tels que Desjoyaux, Peyron ou LeCam. La course au large souffre beaucoup de ses perceptions et de sa culture au Canada où les sports nationaux sont avant tout le hockey, le football et le baseball. Or, il faut être très entraîné pour faire un tour du monde comme celui-là. Ce n’est pas tout d’avoir un bon bateau. Ça vous prend une équipe de préparation et surtout, un très bon entraînement. Cela semble avoir cruellement fait défaut. Ceci étant dit, ce que Derek a fait est extraordinaire et il est à espérer que ça éveillera l’intérêt chez des sponsors potentiels.

V.E.L. Suivez-vous le tour du monde de Thomas Coville ? Il tente de battre le record de Francis Joyon.

M
.B. «Oui, un peu. Je ne le suis pas tous les jours mais je lis ce qu’on rapporte çà et là. J’avoue qu’il y a beaucoup de questions entourant ce genre de défi. Le fait que les coureurs partent losqu’une fenêtre météo leur est favorable fait que la compétition est quelque peu inégale selon moi. Personnellement, je préfère lorsque les coureurs sont côte à côte. Bien que cela n’enlève rien aux qualités extraordinaires de l’exploit. Mais je souhaite vivement voir au plus vite une course mettant en scène tous ces multicoques géants. Cela sera des plus excitants. »



Tout droits réservés ©



Il importe toutefois de ne pas se laisser emporter par notre enthousiasme. Il faut se rappeler que notre but premier demeure la promotion de la voile sportive de compétition par la mise sur pied d’une offre crédible de vitrine médiatique. Rappelons aussi qu’au Québec, malheureusement, les médias traditionnels ne manifestent que peu d’intérêt pour ce sport pourtant magnifique.

C’est pourquoi, au courant des mois à venir, l’entreprise Spi Médias s’affairera à une mise à niveau complète de ce média spécialisé qu’est Voile en ligne. Un véritable site internet verra le jour. Des collaborateurs sont en voie de re recrutement et l’emphase sera davantage mis sur la couverture des activités québécoises de voile sportive. Nous sommes conscients du fait que nous avons beaucoup couvert ce qui se passe à l’étranger. Nous allons corriger cela pour que les sportifs de chez nous puissent davantage en bénéficier et que le public, lui, puisse apprécier le fruit des efforts de ces athlètes d’exception. Dans les mois qui viennent, nous mettrons encore plus d’énergie pour que les compétiteurs du Québec aient la visibilité qu’ils méritent.

En attendant, en guise de cadeau, Voile en ligne vous offre ce matin une entrevue exclusive avec le plus célèbre navigateur québécois, Mike Birch, qui nous livre aujourd’hui ses impressions sur ce 6ième Vendée-Globe.

Merci à Mike ! Merci à tous nos lecteurs.

Vous le méritez bien, car les champions, c’est vous tous !

La Newport>Les Bermudes 2009 pour Yves Lépine?


photo: Site internet Atlantix Express

À travers le brouhaha ayant marqué le départ du , nous avons quelque peu délaissé le milieu québécois de la course. Pour corriger cela, nous prendront, dans les jours qui viennent, le temps de mettre à niveau les informations sur les initiatives québécoises du domaine de la course océanique et de la voile sportive. Nous commençons aujourd’hui par Monsieur Yves Lépine.

Il semble qu’Yves Lépine ne fera pas la Faraday Mill OSTAR. C’est en effet ce qu’a révélé à Voile en ligne une source proche du coureur océanique québécois. Le manque de temps serait à l’origine de cette décision. On se rappellera que lors de la précédente édition en 2005, Yves Lépine avait réalisé une excellente performance en terminant cinquième au classement général.

Le bateau (l’ancien Ciment Saint-Laurent puis Atlantix Express) avait par la suite été ramené à Québec où il a séjourné pendant près de deux ans. Des travaux majeurs ont été effectués sur le voile de quille, toujours à Québec lors du printemps 2008. Inscrit à la Transat Québec Sait-Malo, Yves Lépine avait par la suite choisit de se retirer, ayant en tête d’autres projets mais aussi surtout par manque de disponibilité.

Le bateau a été convoyé à la fin de l’été dernier vers les Etats-Unis. Il se trouve présentement à Portland dans le Maine. Il semble que là-bas, Yves Lépine pourrait compter sur davantage de commodités en raison de liens d’affaires établis avec des partenaires de la côte Est américaine. Il lui serait donc plus facile de préparer son bateau. D’ailleurs, celui-ci ferait présentement l’objet d’une importante cure d’amaigrissement ainsi que d’un lifting complet.

Yves Lépine et son équipe s’orienteraient donc plutôt vers une participation à la course entre Newport et les Bermudes. À cette occasion, le bateau s’alignerait sous les couleurs de l’entreprise Structure Marine Amarco, également propriété du Skipper. On ignore pour le moment qui fera équipe avec Yves Lépine. L’agenda de course du Open 45, de son skipper ainsi que de l’équipe Structure marine devrait être publié sous peu.


C’est un jour à la fois!

Voile en ligne publiera chaque semaine l’analyse du Vendée Globe vue par un coureur océanique de chez nous. À tout Seigneur tous honneurs, nous débutons donc cette première avec le plus illustre et le plus connu des coureurs océaniques québécois, .

photo: Spi Médias Daniel Lévesque


Si l’on me demande d’établir un bilan des trois premières semaines de ce Vendée Globe qui a pris son départ le 9 novembre dernier, je vous dirai que je ne pourrais que répéter ce qui a été si bien écrit et transmis par l’auteur de Voile en Ligne qui réussit à vous faire vivre l’aventure de ces skippers que j’envie. Donc, j’aborderai plutôt avec mes yeux de coureur océanique les divers aspects propres à une telle course ainsi que les conséquences de ce que l’on peut ou ne peut pas changer ou éviter.

Premièrement, la recette « Un homme, un voilier et l’océan.», ça c’est la réalité de la course au large en solitaire. Même bien préparée d’une fois à l’autre elle n’a jamais la même saveur et quelquefois certains skippers y découvrent un goût amer. Peut-être qu’un peu de chance ou pas de malchance du tout pourrait adoucir le mélange. Mais comme le skipper n’a pas le droit de regard sur le dosage, il doit l’accepter comme elle lui est servie…

Presque trois semaines se sont écoulées depuis le départ. C’est peu de temps sur une si longue course océanique et déjà beaucoup de fatigue pour les skippers et leurs voiliers qui en ont pris plein la gueule dans le golfe de Gascogne. Gageons que les skippers ne s’attendaient pas à autre chose, surtout que le rapport météo précédant la course faisait état des conditions musclées qui les attendaient à proximité du Finistère. En cette saison automnale, la venue d’un front froid garantit une sortie du Golfe de Gascogne face au vent et dans une mer cahoteuse. Et force est d’admettre que les supers ne s’adaptent pas très bien à ces difficiles conditions de mer. Leurs carènes plates sont conçues pour planer lorsque l’allure est débridée et ils tapent dangereusement au près. Ils y a quelques skippers qui ont dû retourner au port suite à des démâtages, des bris de coque ou de pont. Même qu’il y en a un qui a dû mettre le cap sur le Brésil. Mais au moins ils sont tous retournés à un port sans qu’il y ait de drame.

Il y en a eu aussi qui ont connu, après seulement un ou deux jours de course, des problèmes d’énergie, les équipements modernes de communication et de navigation tout comme les indispensables pilotes automatiques bouffent les ampères plus vite qu’il est possible de les renouveler. Avis aux skippers et préparateurs, afin d’éviter d’hypothéquer le résultat de leur course, est-ce qu’il ne serait pas plus sage de doter leurs coursiers d’équipements complémentaires, de rechange en ce qui concerne la recharge d’énergie ?

Je me souviens avoir déjà parcouru cette damnée région du Golfe de Gascogne par des vents de plus de 60 nœuds et une mer agitée de 7 à 8 mètres, à chaque secousse À chaque arrêt brutal face à une vague, à chaque fois que la carène tombait dans les creux, que ça faisait bang, À chaque fois que le mât vibrait, mon cœur s’arrêtait presque de battre. Je retenais mon souffle en espérant que la mer s’apaise et que la coque soit encore intacte.

Même lorsqu’elle résiste jusqu’à ce que la mer se calme, le skipper peut-être soulagé certes, mais il ne faut surtout pas qu’il ignore que le voilier et son gréement a subi un grand stress, de l’usure et il n’est pas exclu que les séquelles apparaissent lors des prochains gros temps. La possibilité que les coques, les gréements et les quilles ne révèlent leurs faiblesses que plus loin au large est toujours à considérer. Il s’agit d’être vigilent, à l’écoute de sa machine, de garder la foi et sa bonne humeur.

Il est souvent question des mers du sud et du passage du cap Horn comme étant les zones de navigation à problèmes, celles qui sont craintes principalement à cause de leur immensitée et du peu de secours qu’il est permis d’espérer dans ces parages. Mais statistiquement les conditions les plus éprouvantes pour les embarcations se retrouvent presque toujours en Atlantique Nord, dans ces régions du plateau continental et ce au cours des premiers et des derniers jours de la course. Certainement que les skippers ne se doutaient pas qu’ils descendraient l’Atlantique en direction du Cap Bon Espérance au près bon plein. Il est à noter aussi qu’il n’est pas nécessaire de faire le tour du monde à l’envers pour avoir à se payer le tiers du parcours face au vent. Imaginez-vous une carène qui tape violemment sur plus de 8,000 milles nautiques. Ça décoiffe, ça rend la vie à bord insupportable et ajoute plusieurs journées au tableau de navigation.

Les discussions donnent souvent beaucoup d’importance à la vélocité et la qualité de certains voiliers que l’on prétend beaucoup plus performants par rapport à l’ensemble des autres voiliers de la flotte. Après maintes vérifications, je remarque que la majorité des Open 60 engagés dans ce marathon sont plutôt récents, performants et bien préparés. Par contre mon analyse démontre hors de tout doute que les skippers les plus talentueux, expérimentés et confiants respectent un meilleur plan de course. Les bons patrons météo ainsi que le respect des principes de base, sont ce qui fait bien paraître leurs coursiers. Ce sont ceux qui sont plus endurants, patients, prévoyants et méthodiques. Ils adaptent et optimisent continuellement la voilure. Ils empannent régulièrement. Ils observent leurs adversaires tout autant que la météo. Ils évitent de longer les côtes de trop près. Ils positionnent graduellement leur route plus à l’ouest en évitant ainsi de rallonger leur parcours. Et finalement, ils évitent les options extrêmes tout en conservant une route médiane, ce qui les autorise à modifier au besoin leur stratégie sans trop qu’il n’y paraisse. S’ils sont aux avant-postes, ils régatent et se positionnent toujours entre l’arrivée et leurs poursuivants.

Lorsque je dis un peu de chance ou pas de malchance du tout, cela s’applique au fait que tous les voiliers de la course ont franchi le Pot au noir sans difficulté, sans trop encaisser de grains. Personne n’est resté encalminé comme à l’habitude. Les poursuivants eux aussi l’ont passé sans malchance à leur grande surprise. Tout en bénéficiant de vents plus favorables, ils se rapprochent des premiers. Pour cause, un anticyclone barre la route au peloton de tête qui doit rallonger sa route avant de bifurquer en direction du Cap Bon Espérance profiter enfin de vents portants.

Souhaitons encore plus de chance aux retardataires qui ferment la marche, en espérant qu’ils aient la possibilité de suivre une route plus directe et que l’état de la mer qui a malmené les leaders soit plus clémente pour eux au moment de leur passage. Ils sueront encore à pleines gouttes lorsque les premiers commenceront déjà à s’emmitoufler à l’approche de la première porte des glaces qu’ils devraient franchir aux alentours des premiers jours de décembre.

Les systèmes météos progressent très lentement, laissant les skippers indécis et embarrassés face aux décisions qu’ils ont à prendre. Même en sachant qu’ils n’ont aucun autre choix que de descendre sur une route sud au près bon plein, ils ne cessent de se creuser les méninges. À cette allure, en faisant route face au vent les voiliers ont des caps et des vitesses similaires. Fréquemment et pour des périodes plus ou moins longues, ils naviguent à la vue. Voilà encore une situation hallucinante et inhabituelle qui ne devrait pas perdurer bien longtemps, avec les vents portant qui gonfleront les voiles d’ici quelques jours.

Il y a de l’espoir pour tous, c’est ce qui les pousse à tourner autour du globe…

Georges Leblanc
Skipper

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