
Le Trimaran Banque Populaire V, son skipper Pascal Bidégory et ses 11 hommes d’équipages ont réalisé une performance historique ce week-end en abaissant de plus d’une demi-journée le record de la traversée de l’Atlantique en équipage. L’équipe de Banque Pop V a réalisé un temps magistral de 3 jours 15 heures 25 minutes et 48 secondes, à la vitesse moyenne de 32,94 nœuds à l’heure.
Dans l’état actuel d’avancement des technologies de construction navale, on ne voit pas, du moins à court ou moyen terme, comment ce record pourrait tomber. C’est en substance, ce qu’a affirmé Pascal Bidégory lors du point de presse qu’il a donné à son arrivé hier au port de Brest en France.
Le grand trimaran bleu a en plus, réalisé quelques exploits dignes de mention. À un certain moment durant son périple, il a maintenu et enregistré une moyenne de vitesse de plus 40 nœuds aux quatre heures. Il a atteint une pointe à 47,15 nœuds, soit presque 87 kilomètres à l’heure. Et finalement, Banque pop V a pulvérisé le record sur 24 heures avec plus de 908 milles nautiques parcourus. Tout ça se passe de commentaire…
Évidemment, ces chiffres on de quoi laisser pantois. Malheureusement, ils éclipsent une autre performance sportive tout à fait éblouissante, celle de Groupama III. On a toujours le réflexe de se rappeler des premiers en oubliant tristement les deuxièmes. Mais la performance de Franck Cammas et ses hommes ne peut être passé sous silence. Et n’eut été des superlatifs entourant celle de Banque Pop V, on s’entend pour dire que Cammas et ses hommes seraient portés aux nues.
Le maxi-trimaran vert a terminé sa traversée de l’Atlantique en pulvérisant lui aussi son pro
pre record. Il l’a abaissé de plus de neuf heures, réalisant une performance de 3 jours 18 heures 12 minutes et 56 secondes. Cammas et son équipage ont eux aussi pulvérisé à maintes reprises le record de vitesse et de distance sur 24 heures avant que Banque Pop V ne mette un point définitif au débat.
On se souviendra longtemps du week-end du 1er août 2009 dans les annales mondiales de ce sport. Un autre duel est attendu entre ces deux titans. Le trophée Jules vernes, un tour du monde en équipage, dont le compte à rebours devrait commencer vers la fin de cet automne. Il s’agira de la deuxième tentative pour Groupama qui, on s’en souviendra, avait chaviré à 125 milles nautiques de la Nouvelle-Zélande en 2007. Pour Banque Populaire V, ce sera un nouveau rendez-vous avec l’histoire dans un contexte totalement différent de celui qui caractérise une traversée de l’Atlantique. Un défi beaucoup plus long et ardu, et qui nécessitera de préserver le matériel pour faire dans la durée. Un défi d’endurance qui, à l’exception du trimaran de Francis Joyon, demeure une égnime pour ces géants de la mer.

Le trimaran Banque populaire V est en train de réécrire le livre des records de vitesse en mer. Le Grand-Bleu skippé par Pascal Bidégory a passé la nuit à s’amuser comme un p’tit fou avec les records de vitesse sur 24 heures, les explosant tous les uns après les autres. À huit reprises, Pasacal Bidégory et ses hommes ont fait grimper la marque. Ainsi donc, Banque Pop V a maintenant monté la barre sur 24 heures à…907 milles nautiques ! Cet exploit inimaginable a été réalisé en maintenant une vitesse moyenne hallucinante de 37,79 nœuds!
Du jamais vu ! Imaginez, 37, 79 nœuds équivalent à 68, 45 kilomètres à l’heure sur l’eau… La distance parcourue est quant à elle de 1677,95 kilomètres ! Pascal Bidegory et ses hommes ont donc pulvérisé le record mondial de vitesse en équipage. Ils pourraient même espérer franchir la barre des 1000 milles nautiques sur 24 heures ! On savait que Banque Pop V était une bombe mais de là à imaginer de semblables performances, ça dépasse l’entendement…
Il va de soi que tous les hommes à bord sont concentrés et au taquet. On navigue l’écoute à la main prête à choquer au moindre signal d’alarme. Tout doit être surveillé au centimètre près car à cette vitesse, la moindre défaillance peut tourner à la catastrophe. Bien que l’équipe rapporte vivre calmement, reste que le stress sur l’équipage doit entraîner une fatigue encore plus grande que celle générée par le manque de sommeil. Parlant de sommeil, oubliez ça ! Impossible de dormir. Ça hurle et c’est à peine si on peut se parler. Un autre beau défi pour VPLP : la sono !
Sur le record de l’Atlantique, Banque Populaire disposait aux dernières nouvelles d’un coussin de 259,2 milles nautiques face au record détenu par Groupama III. Il poursuit sa route, avalant l’Atlantique comme des hors-d’œuvre avec une bouteille de vin. Pour la chandelle cependant, oubliez ça aussi. Le trimaran bleu a été flashé en début de soirée hier à plus de 46 nœuds soit 85 kilomètres à l’heure…à la voile ! « Comme on dit chez nous ça sèche les dents ! » Il reste 727 milles nautiques à faire. À ce rythme, Pascal Bidégory et ses hommes devraient franchir la ligne d’arrivée au Cap Lizard demain matin avant l’heure du midi, tous coiffés à la manière de Jack Nicholson…

Crédit Photo: © Guilain GRENIER / Sea & Co
Parti de New-York il y a un peu plus de 24 heures, les deux trimarans Groupama et Banque Populaire sont légèrement en retard sur le temps de référence. Mais cela ne veut pas dire grand-chose. Car le taxi-météo new-yorkais a emporté les deux espadons au nord près des côtes terre-neuviennes, là où les attends une « correspondance » Il s’agit d’un front amenant des vents forcissant qui devraient atteindre entre 25 et 40 nœuds. Du taxi, on passe donc au métro pour ne pas dire au TGV.
Le quotidien internet Course au Large rapporte d’ailleurs dans sa livraison d’aujourd’hui que l’équipe de Groupama s’affairait plus tôt dans la matinée à mettre le trimaran en tenue de combat. Le chef de quart Fred LePeutrec a indiqué que le gennaker avait été remisé au profit de la trinquette et que le groupe préparait aussi la grand-voile à des prises de ris rapide. Cette génuflexion devant Dame nature est rendu nécessaire par l’arrivée de la fameuse dépression canadienne qui devrait générer une poussée assez forte pour emporter Groupama III sur presque toute la distance restante.
La mer devrait quant à elle se former mais pas trop. Ce qui permettra à Groupama d’accélérer. Si par contre, les vagues se mettent à croître en hauteur et en puissance, le Grand-bleu risque alors d’être favorisé en raison de sa longueur et de sa puissance légèrement supérieur à celle de Groupama. Les 48 prochaines heures seront donc cruciales et permettront de distinguer les hommes des enfants dans ce duel historique. Une fois le délai passé, nous saurons si ce record sera battu et surtout, aurons une bonne idée de ce que Banque populaire V a dans le ventre au vu de ses performances.





