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Archive pour la catégorie ‘Course aux Records’

Crédit photo: © DPPI

Thomas Coville franchira le Cap Horn vers la fin de la nuit. Le maxi multicoque n’est plus qu’à 160 milles du mythique rocher et galope à plus de 22 nœuds de moyenne dans des vents d’ouest avoisinant les 25 nœuds. Ceux-ci devraient forcir pour atteindre les 30 nœuds en début de matinée lors du passage du Horn. Il est alors probable que Thomas devra lever le pied pour négocier le caillou, car la mer risque à ce moment d’être assez chaotique avec des creux autour des 15 à 18 pieds.

Depuis 24 heures, Thomas Coville a retranché par dizaines les milles de retard qu’il a sur le recordman du tour Francis Joyon. En soirée hier, il était à plus de 900 milles de retard alors qu’il n’affichait à 21h00 ce soir que 680 milles de déficit. On se rappellera que le passage et la sortie du Horn avaient considérablement ralenti Francis Joyon. Sur la carte des positions, ce dernier file à 17 nœuds. Par contre, il s’apprêtait à faire une de ses journées les plus payantes en termes de milles gagnés. Thomas Coville devrait donc soit stagner ou encore perdre légèrement du terrain demain.

Il y a quelques semaines, quand il est devenu évident que Thomas Coville envisageait de vivre avec un retard considérable, il avait alors affirmé que les comptes allaient se faire une fois rendu au Cap Horn. Or, plus de 600 milles de retard pour un multicoque de ce calibre équivalent à environ 300 milles pour un monocoque Open 60. Est-ce faisable? C’est la question qui tue!

Pour la petite histoire, rappelons que le Britannique Mike Golding avait pris la tête au milieu de l’Atlantique lors du Vendée Globe 2004 après avoir accusé plus de 900 milles de retard sur le meneur. Mais la réponse à cette insoluble question se situe surtout dans le cocktail météo réservé à Sodebo durant sa remontée de l’Atlantique. Si le trimaran de Thomas Coville est plus rapide qu’IDEC en vitesse pure, reste que son skipper n’a que très peu de marge de manœuvre. Il devra se creuser un tunnel pour passer l’anticyclone de Sainte-Hélène et le pot au noir. Autrement les carottes sont cuites.

La remontée de Francis Joyon n’avait pas été sans quelques difficultés, mais il avait tout de même affiché de belles vitesses. Pour battre le record de Francis Joyon, Thomas Coville et Sodebo doivent revenir en France et franchir la ligne à Ouessant avant le 28 mars à 1h40’34’’ (heure française). Il reste 21 jours et demi pour couvrir la distance de 7254 milles, soit une moyenne quotidienne obligatoire de plus de 350 milles. Faisable donc? Oui, absolument!

Crédit photo: entête Banque Populaire,  photo Sodebo: Sodebo voile

Suite à l’avarie majeure provoquée par une collision avec un OFNI, Banque populaire V abandonne sa tentative de conquête du trophée Jules Verne. L’équipage a bien tenté de réparer la dérive endommagée par le choc de la collision. Les experts en stratification s’étaient mis au travail et bûchaient de toutes leurs forces. Mais découper une dérive de carbone en pleine mer avec des scies à métaux et des perceuses revenait à scier les barreaux d’une prison avec une lime à ongles. Les « taulards » de Banque Populaire V en seraient sûrement venus à bout. Mais en combien de temps? L’électricité doit être rationnée en mer et l’usage des outils électrique n’est pas ce qu’il y a de plus économique du point de vue énergétique.

De plus, le grand trimaran bleu s’apprêtait à entamer une phase critique de son tour du monde dans les 40ièmes rugissants avec de nombreux bords de près à enchaîner pour atteindre la longitude des îles Kerguelen. Avec une dérive hypothéquée de plus de deux mètres, on voit mal comment le coursier aurait pu réaliser des performances au-delà de 75 % de ses polaires.

Il ne fait pas de doute que dès hier soir, les images retransmises par Kevin Escoffier et la vacation à laquelle le skipper Pascal Bidegory s’est prêté démontraient que les carottes étaient pour ainsi dire cuites. La mine défaite, le skipper n’a fait aucune cachette des possibilités de conclure ce tour du monde. « Il ne faut pas seulement réparer, mais il faut aussi que ça tienne pour le reste du voyage(…) », affirmait Bidégory dépité.

Dès le départ, nous avions prédit que rien de serait facile pour Bidégory et son équipe. Hélas, l’histoire nous donne raison. Rappelons-nous que Franck Cammas et l’équipe Groupama ont réussi leur coup à la troisième tentative, L’une de ces tentatives fût stoppée par un chavirage magistral du maxi-trimaran, entraînant de très lourds dommages pour ne pas dire sa quasi-destruction. Heureusement un miracle avait évité qu’il y ait des blessés dans cette mésaventure.

Ce n’est pas facile de battre Franck Cammas et les hommes de Groupama. Le record de 48 jours risque d’être beaucoup moins facile à battre qu’on ne le pensait. C’est probablement le constat que font en ce jour les hommes de Banque populaire V. Rappelons pour l’histoire que cette tentative aura été marquée par un départ dans une fenêtre météo qui était peut-être bonne, mais paradoxalement loin d’être idéale. Néanmoins, après des mois d’attentes, une espèce d’obligation de résultat semblait planer sur l’équipe et le goût d’en découdre a peut-être triomphé de l’attentisme d’une météo parfaite. 

En conséquence, la descente de l’Atlantique n’aura pas permis aux hommes de Banque populaire V de mettre en réserve les précieux milles escomptés. Le pot au noir aura d’une part scotché le grand Bleu tout comme l’anticyclone de Sainte-Hélène qui aura bouffé toute l’avance que Bidegory et son groupe avaient réussi à mettre de côté. Seule la vitesse pure du trimaran qui est supérieur à celle de Groupama aura réussi à faire en sorte qu’il n’accuse pas de retard sur le temps de référence.

Reste que pour remettre les pieds sur terre en nouveau monarque des circumnavigateurs, il faut non seulement avoir une monture fiable et un capital humain doté d’un remarquable talent à bord. Mais il faut aussi une bonne dose de chance. Et lorsqu’un espadon comme Banque Populaire V file à plus de 30 nœuds, la chance devient vitale. C’est connu que l’incidence des casses augmente avec la vitesse. En fait, il existe plus de probabilités de frapper un OFNI sur les 24 500 milles que compte le parcours que de revenir d’un tour du monde sans heurt.

Du reste, voir le fruit d’années de travail s’envoler en fumée n’est jamais drôle. Mais cela donne une idée jusqu’à quel point le défi relevé par ces hommes est à la fois complexe grandiose. Il ne s’agit pas seulement de mettre à l’eau, de prendre le départ et d’aller vite. Il faut aussi savoir être fin calculateur, avoir sa part de chance et surtout, beaucoup de détermination. Pascal Bidegory n’est pas homme à renoncer. Il a du talent, du caractère et soyons sûrs qu’on le reverra. 

Pour cette année, ce serait toutefois surprenant. Le trimaran fait route sous vitesse réduite vers sa base de Lorient en France. Il en a pour au moins trois semaines avant de s’attacher aux pontons français. Il faudra assurément sortir le bateau de l’eau. L’équipe technique de Banque Pop voudra procéder à une inspection générale pour vérifier l’état du coursier et de son carbone et ainsi s’assurer qu’aucune fissure n’ait pu se propager, notamment sur les bras de liaison. Difficilement envisageable donc de réparer et repartir tout de suite. Compte tenu de l’hiver austral qui arrive à grands pas chez les downunders, il serait étonnant que la prochaine tentative ne soit pas reportée à l’automne.

Tout de même ! Ce fut une belle aventure… et elle aura une suite.

************************************

Dans un autre ordre d’idée, un autre navigateur, solitaire celui-là, est en course pour tenter de battre un record. Il s’agit de Thomas Coville. Thomas est parti sur son maxi-trimaran Sodebo le samedi 29 janvier à 12h07′28 » heure française avec pour objectif de battre le record pour un tour du monde en solitaire. C’est Francis Joyon qui est présentement détenteur de ce record qui est de 57 jours, 13 heures, 34 minutes et 6 secondes. Pour établir une nouvelle marque, le Sodeboy solitaire loin de son foyer doit revenir couper la ligne à Ouessant avant le 28 mars à 1h40’34’’ (heure française).

Tom accuse présentement un retard de 273 milles nautiques sur le temps de référence, ce qui sur un tour du monde est très peu pour ne pas dire rien du tout. Il navigue en ce moment en approche des côtes brésiliennes dans le but de contourner l’anticyclone de Sainte-Hélène auquel il devrait se confronter d’ici quelques jours.

Voici quelques caractéristiques du trimaran Sodebo

• Mise à l’eau : juin 2007
• Port d’attache : La Trinité sur Mer
• Architectes : Nigel Irens / Benoît Cabaret
• Calcul de la structure : John Levell
• Dessins des appendices : Martin Fischer
• Études hydrodynamiques : Yann Roux
• Constructeurs : Boat Speed (Australie)
• Longueur : 32 mètres (105 pieds)
• Largeur : 16,55 mètres (55 pieds)
• Poids en charge : 12 tonnes
• Tirant d’eau : 2,50 mètres
• Surface grand-voile : 237 m²
• Surface génois : 233 m²
• Surface grand gennaker : 336 m²
• Surface gennaker medium : 280 m²
• Surface code 5 (gennaker string) : 190 m²
• Surface solent : 158 m²
• Surface trinquette : 97 m²
• Surface Foc ORC : 48 m²
• Toutes les voiles sont en Cuben Fiber et en D4
• Mât basculant : 35 m
• Couple de redressement : environ 110 tonnes/mètre

Source: Sobebo Voile




Crédit photo: Benoit Stichelbaut/BPCE © 2011

Le maxi trimaran Banque Populaire V est parti de Brest en France hier matin pour tenter d’accomplir le tour du monde le plus rapide en équipage et à la voile. Cette tentative de record pour la conquête du trophée Jules Verne vient après plus d’un an d’attente et d’innombrables frustrations météo qui ont contraint le skipper Pascal Bidegory et ses hommes à taper du pied. Depuis plusieurs mois, l’équipe était en recherche constante d’une fenêtre d’opportunité ne laissant aucun doute sur la capacité de mettre le plus de temps possible en banque lors de la descente de l’Atlantique

Or, si l’on se fie aux fichiers Grib couramment utilisés dans le milieu de la navigation, ceux-ci laissent pour l’instant de nombreuses questions en suspens quant au choix du moment du départ, et ce en raison de la reconstitution d’un anticyclone autour des Açores. Mais il semble que cela n’aura pas eu l’heur de faire patienter plus longtemps Pascal Bidégory et son équipe qui piaffaient depuis des mois.  On sent que l’envie d’en découdre a pris le pas sur l’attente de conditions parfaites.

Le grand Bleu a donc pris la mer peu après midi hier (Heure de Paris) pour un périple autour du globe de 21 760 milles nautiques. Les trois caps devront être franchis soit, celui de Bonne Espérance, le Cap Leuwin puis le mythique Cap Horn. L’été austral rendra la navigation périlleuse dans les mers du Sud, à travers les icebergs qui dérivent de plus en plus vers le nord du dû au phénomène de réchauffement du climat.  

Pour reléguer à l’histoire le record de Groupama 3, Pascal Bidégory et l’équipage de Banque Populaire V devront franchir le fil d’arrivée en moins de 48 jours 7 heures 44 minutes et 52 secondes soit avant le 11 mars prochain à 18 heures 55 minutes 37 secondes (Heure de Paris) ou si vous préférez à 12 heures 55 minutes et 37 secondes (Heure de Montréal).

Pour l’instant, la folle et décoiffante chevauchée semble bien partie. Banque Populaire V filait ce matin à des moyennes au-delà des 30 noeuds. Au dernier point de chrono, l’espadon bleu se trouvait déjà à la latitude de Lisbonne donc en approche des Canaries, premier point critique à franchir. Flashé à 32,9 noeuds, Banque Populaire V affichait déjà plus de 187 milles d’avance sur le temps de Groupama III et semblait en voie de pulvériser le record de vitesse à la voile entre Brest et les Canaries. Qui sait? À ce rythme, peut-être aura-t-il le temps de faire deux fois le tour du monde et de revenir en 48 jours ?   

Parlons un peu de l’équipe maintenant. Évidemment, Pascal Bidegory s’est doté d’une formation triée sur le volet avec des sommités comme Fred LePeutrec, Yvan Ravussin et Jérémie Beyou qui agissent comme chefs de quart. On retrouve aussi des noms connus comme ceux de Brian Thompson, Manu Leborgne, Thierry Chabagny et Erwan Tabarly qui seconderont ces trois gars-là dans leurs quarts respectifs. C’est Marcel Von Triest qui agit comme routeur pour tout ce beau monde.

On peut suivre l’évolution de Banque Populaire V en visitant le site internet de l’équipe à l’adresse suivante:

http://www.voile.banquepopulaire.fr/home.html#2

Le Maxi Banque Populaire V

Nom : Maxi Banque Populaire V
Type : Maxi trimaran océanique
Longueur de la coque centrale : 40 mètres
Longueur des flotteurs : 37 mètres
Largeur : 23 mètres
Déplacement : 23 tonnes
Tirant d’eau : 5,80 mètres
Tirant d’air : 47 mètres
80 tonnes de pression au pied du mât
Des winchs capables d’encaisser des tensions de plus de 14 tonnes
Foils courbes : 300 kilos
Grand voile : 450 m2
Gennaker : 610 m2
Solent : 270 m2

Parrain : Jacques Perrin – Acteur, producteur, réalisateur.

  

Équipage du Maxi Banque Populaire V

Pascal Bidégorry : skipper, hors quart
Juan Vila : navigateur, hors quart

Quart n°1
Yvan Ravussin : Chef de quart, responsable vidéo et composite
Brian Thompson : barreur-régleur
Thierry Chabagny : barreur-régleur
Pierre-Yves Moreau : Numéro un, responsable accastillage et composite




Quart n°2
Fred Le Peutrec : Chef de quart
Emmanuel Le Borgne : barreur-régleur, responsable médical
Erwan Tabarly : barreur-régleur, responsable électronique
Ronan Lucas : Numéro un, responsable sécurité





Quart n°3
Jérémie Beyou : Chef de quart
Kevin Escoffier : barreur-régleur, responsable vidéo
Xavier Revil : barreur-régleur, responsable avitaillement à bord
Florent Chastel : Numéro un, responsable médical et gréement

Marcel van Triest : routeur à terre

Source:  Banque Populaire voile.

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Dernère mise à jour du site le 2012-02-05 @ 21:24