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Archive pour la catégorie ‘Course aux Records’

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Crédit photo: © Team Groupama

Groupama 3 a passé le cap Horn vendredi matin très tôt. Les images du bord laissaient voir des hommes contents de leur navigation et un moral qui semblait bon à bord du maxi-trimaran. Il semble que l’équipe Groupama n’ait cependant pas établi de nouvelle marque sur la distance couvrant  l’océan Pacifique entre le cap Leuwin et le Horn.

D’ailleurs, il n’est pas besoin d’un dictionnaire pour comprendre que les choses ne se passent pas tout à fait comme on le souhaiterait. Franck Cammas a eu beau réunir une troupe de mariachi capable de faire vibrer les cordages de Groupama 3 au plus fin des diapasons, jusqu’ici, ça va cahin-caha sur le plancher de danse. Effectivement, quand vous avez des gars comme Lionel Lemonchois, Ronand LeGeoff, Thomas Coville ou Yvan Ravussin à bord, il est difficile de comprendre pourquoi le géant vert n’a pas au minimum une bonne journée d’avance sur le temps de référence.

De toute évidence, c’est la météo qui ennui la belle. Depuis le départ de l’Europe, Groupama III danse avec ce satané caillou dans sa chaussure. Et pour Franck Cammas et son routeur Alain Mondon, il y a de quoi être songeur. Car la météo continuera de jouer les capricieuses pour un bon bout de temps. Ce matin, le trimaran n’affiche plus que 48 petits milles d’avance sur le temps d’Orange II. Imaginez ! Le Cap Horn qui est d’habitude l’un des endroits les plus hostiles a plutôt accueilli l’équipe dans une bonne humeur pour le moins étonnante. Mer plate et vents modérés, il ne manquait que la tasse café et les petits biscuits quoi…

Cammas et Mondon qui doivent commencer à avoir de la fumée qui leurs sort des oreilles ont donné l’ordre de mettre le cap très loin à l’est des Falklands pour aller chercher un temps soit peu de pression. Car la route sur le long du littoral chilien offre une encore une fois, une météo de demoiselle. Résultat : le trimaran continuera de perdre des milles dans les heures qui viennent. Il risque même de repasser dans le rouge, alors qu’il se trouve à un peu plus de 6300 milles de l’arrivée.

Et ce n’est pas tout, Il reste l’anticyclone de Sainte-Hélène, le pot-au-noir, l’autre anticyclone, celui des Açores, puis le golfe de Gascogne. Aussi bien dire que comme c’est parti, Groupama 3 risque de nous tenir sur le bout de notre chaise jusqu’à la fin.
 

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Crédit photo: Team Groupama

Groupama navigue présentement dans le pudding. Grains, pluie abondante, humidité, mer dure et vents forts,  L’équipe de Franck Cammas a dû faire un petit détour par le nord, non pas pour aller rendre visite à mère-grand mais bien pour éviter les foudres de mère nature qui elle, ne semble pas trop être du bon bord, du moins pour l’instant. Le groupe navigue néanmoins très rapidement, soit à plus de 30 nœuds dans de bons creux au fond desquels le maxi-multicoque va choir de temps à autres. Rien de très marrant pour le trimaran quoi !

Et ce sont aussi les gars à bord qui souffrent. Le monstre part de temps à autre sur des cavalcades et le rodéo est douloureux pour le fessier. Surtout quand le cheval difficilement contrôlable s’arrête net fret sec au fond de la vague. Pour l’instant le pure-sang a mis sa tenue légère. Il dévale les milles à plus de trente nœuds de moyenne avec sa selle de course, c’est-à-dire deux ris et trinquette. Mais si les choses ne se calment pas, il faudra songer à la voile d’avant seule. Bref, une feuille de vigne sur un bâton de hockey qui vous précipite à plus de 30 nœuds. Plus vite encore que Sydney Crosby à pleine vitesse sur la patinoire du centre Bell. Qui disait que la voile est un sport lent déjà ?

Bon et ce n’est pas fini ! Tout ce qui monte doit nécessairement redescendre pour passer le cap Horn. Et comme le détroit de Drake offre des conditions pour le moins assez débiles, Groupama risque de se retrouver poussé par un vent arrière qui le précipitera vers le mythique cap, à une allure s’apparentant à la dévalaison du saumon  dans une rivière en cru au printemps de chez nous. Oubliez les ballades romantiques de Duteil… Ce sera le toboggan et rien de moins. Attachez-vous !

Il n’est d’ailleurs, pas besoin d’être un devin pour lire les fichiers météo du coin qui ne prédisent que du vilain. Comme si ce n’était pas assez, il faut éviter les icebergs qui errent dans le secteur à la manière d’une bande de fantômes cherchant furtivement à casser la gueule de la première étrave venue. Cela risque donc d’être pas mal sportif pour les derniers milles de Groupama dans cet océan qui n’a de Pacifique que le nom.

En ce moment, Franck Cammas et les hommes de Groupama voient leur avance fondre comme la neige sous le soleil de notre printemps hâtif. On était encore à plus de 400 milles il y a quelques heures à peine, alors que le géant vert affiche maintenant 236 milles d’avance. Si chez nous l’hiver qui s’en va nous rend heureux comme le capitaine Hadock devant la Castafiore qui fait ses valises, il ne faut pas oublier que chez nos amis du sud, c’est l’automne australe avec ses coups de vent et sa mer casse-bateau qui s’installe à demeure. Résultat, la politesse est de mise.

C’est donc dans l’Atlantique que se décidera qui sera le nouveau détenteur du trophée Jules Verne. Après plus de la moitié du parcours, Franck Cammas et son super trimaran armé d’un véritable dream team de navigateurs ne sont toujours pas parvenus à se donner une avance significative. Les affres de la météo auront eu une incidence déterminante sur le résultat obtenu jusqu’à maintenant par Groupama.

Pendant ce temps, l’équipe de Banque Populaire V du skipper Pascal Bidegory a décidé de remettre à l’automne un éventuel départ pour une tentative de record sur le même parcours. On peut penser que la météo rencontrée par Groupama aura fait réfléchir Pascal Bidegory et motivé en partie cette décision que l’on peut maintenant qualifier de sage…

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Crédit photo: Groupama ©

L’équipe de Franck Cammas et Groupama 3 sont passés au dessus de zéro sur le grand thermomètre de ce tour du monde et de tentative de record du Trophée Jules Verne. Depuis plusieurs jours, Ils font monter la température vers des sommets. Les compteurs offrent maintenant des journées à plus de 650 et même 700 milles nautiques par jours.

Cela a pris du temps. Tout l’océan indien ou presque fût nécessaire pour venir à bout de rattraper le retard qui s’était creusé depuis la traversée de l’anticyclone de Sainte-Hélène. Pourquoi ce fût aussi long ? Sylvain Mondon Ingénieur-Métérologue  et Prévisionniste- maritime pour Météo-France fournit l’explication qui suit sur le site internet de l’équipe : 

« Franck Cammas et son équipage ont du lutter plusieurs jours consécutifs pour parvenir à franchir un front qui se dérobait devant eux. Groupama 3 a été à plusieurs reprises sur le point d’y parvenir, mais à chaque fois pour moins d’une vingtaine de mille le front n’a pu être traversé en raison d’un vent mollissant dans la phase ultime de franchissement.

Ainsi du 15 février au soir jusqu’au matin du jeudi 18 février, la progression du maxi-trimaran s’est effectuée par à-coup. Des périodes très rapides à plus de 30 noeuds permettant de rattraper le front ont alternées avec des périodes lentes à 15 noeuds de moyenne incluant même des passages d’une à deux heures à moins de 5 noeuds de vitesse à chaque fois que le front était très proche. C’est au prix d’une bataille acharnée après quasiment un quart de la traversée de l’océan indien que Franck Cammas et son équipage sont parvenus à rejoindre le flux de Nord-Ouest situé sur la bordure est du front (soit le jeudi 18). »

Cela fait qu’après plusieurs jours de frustration, Groupama a enfin pu voir orange II passer derrière son tableau arrière virtuel. La bande à Cammas profite maintenant d’un flux bien établi qui propulse le grand trimaran vert à des vitesses permettant des surfs sur la dorsale dépressionnaire. Avec le résultat que ce wagon-météo emporte l’équipe, crinière au vent, vers l’océan Pacifique qu’elle devrait atteindre avant la fin de la semaine. Groupama a aussi enregistré un record pour la traversée de l’océan indien qu’il a parcouru en 8 jours 17 heures et 39 minutes.

Le maxi-trimaran enregistre en ce moment même une avance de 128 milles nautiques sur Orange II. Cet écart devrait se creuser encore davantage car les schémas météo indiquent que les vents seront encore favorables et ce pour plusieurs jours. Un empannage est toutefois à prévoir pour effectuer un petit crochet vers le sud pour contourner la Nouvelle-Zélande. Quant à l’état de la mer, elle demeure dans les limites de la maniabilité, ce qui rendra la tâche encore plus facile au géant vert de Franck Cammas. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’équipe n’a pas volé ce petit coup de main de Dame nature.

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Dernère mise à jour du site le 2012-02-05 @ 21:24