Crédit photo: © Team Groupama
Le maxi trimaran Groupama III est parti. Le skipper Franck Cammas et ses hommes ont levé les feutres à 14h55’ 53’’ dimanche après midi, heure de France ou si vous préférez 6 heures plus tôt ( 8h55’ 53’’HNE le matin), heure de chez nous. Ils ont pour objectif de ravir le trophée Jules Verne à Bruno Peyron.
C’est ce dernier qui détient le record pour ce tour du monde en équipage qui est de 50 jours 16 heures et 20 minutes réalisé le 16 mars 2005. Ce coup-ci, on s’attend à un résultat qui sera en deçà des 50 jours.
Pour débuter, Cammas et ses hommes sont partis sur un rythme pépère. Leur objectif était de doubler le cap Finistère au plus sacrant afin d’attraper un train dépressionnaire susceptible de servir de toboggan pour la descente de l’Atlantique. Groupama est présentement dans le trou de 120 milles par rapport à Orange II. Dès le départ, l’énorme trimaran a buté dans des calmes offrant une brise de 15 nœuds au menu, avec une mer toutefois calme. Le genre de condition ayant le don d’impatienter l’équipage de Gaulois parti pour faire la fête et pestant plutôt contre ce rythme de tortue.
Par la suite, les hommes de Franck Cammas ont dû multiplier les empannages pour s’écarter du Cap Finistère qui est reconnu pour souvent piéger les coursiers. La bascule est ensuite venue avec une augmentation significative de la force du vent, donnant enfin du gaz au maxi-trimaran et à son équipage.
Si donc, les débuts furent jusqu’ici difficiles, le géant vert a maintenant pris de la vitesse depuis qu’il a doublé le cap Finistère. Il dévale l’Atlantique à plus de 25 nœuds de moyenne en direction de Madère. Le coursier, qui est aussi décalé d’une centaine de milles vers l’Ouest par rapport à celui de Bruno Peyron, n’enregistre pour l’instant qu’une moyenne de vitesse supérieure de seulement quelques dixièmes de nœuds par rapport à Orange II. Rien pour écrire à sa mère mais on ne perd semble-t-il rien pour attendre si l’on se fie à l’enchaînement des fichiers météo qu’on peut observer sur les différents fils de services météorologiques maritimes. En effet, Groupama devrait être en mesure de reprendre le terrain perdu rapidement car il détient son ticket pour filer vers l’Équateur sur un seul flotteur. Il a d’ailleurs commencé à accélérer et le ruban à mesurer s’emmagasine déjà depuis quelques heures.
Si on regarde un peu plus loin, on remarque bien sûr, l’anticyclone de Sainte-Hélène qui se dresse pour l’instant comme Waterloo sur le chemin de Napoléon. Mais comme on le sait, les choses peuvent évoluer très rapidement.
En terminant, la plupart des experts s’entendent pour dire que Groupama devra passer à travers un trou de souris météorologique pour espérer faire des gains significatifs avant son arrivée dans l’océan Indien. Franck Cammas qui de toute évidence, brulait d’envie de partir, a avoué qu’il s’agissait probablement de la dernière chance pour lui et ses hommes de conquérir le Trophée Jules Verne.
Pas de doute qu’il s’agit donc de ce qu’on appelle, en langage de hockey, un « long shot ». Ça explique aussi pourquoi Pascal Bidegory et l’équipe de Banque Populaire sont restés sur le carreau. Cammas joue au poker et il a décidé de ne plus attendre d’avoir de belles cartes pour s’élancer. De toute façon, les chances d’avoir le jeu parfait étaient si minces, que s’il avait attendu plus longtemps, il ne se serait probablement pas parti. Il semble que pour le skipper de Groupama, il valait mieux tenter quelque chose et prendre le risque de se tromper que de rester à quai à attendre Godot.
On ne peut que souhaiter le meilleur des vents à l’équipe Groupama.
Voyez un vidéo du départ de Groupama III sur notre page Multimédia sous l’onglet Vidéo.
Cedit photo: © Copyright : B.STICHELBAUT/BPCE
Dame nature a une fois de plus posé un lapin aux deux maxi-trimarans qui devaient s’élancer pour une tentative de record pour un tour du monde en équipage communément appelé Trophée Jules Verne. Banque Populaire V et Groupama III ont tous les deux dû rentrer au port avec leurs petits bonheurs.
« la fenêtre n’a pas évolué comme on l’espérait, la situation devenait compliquée entre les Canaries, le Cap Vert et l’Equateur. Le système dépressionnaire situé dans l’ouest des Canaries coupait le régime des alizés et faisait donc place à une zone de vent léger » maugréait Pascal Bidegory lors de son point de presse la semaine dernière.
« Ce matin, notre espoir de partir s’est dissipé, c’est incroyable comment tout est très instable dans l’Atlantique Nord alors que dans le Sud, le système ne bouge pas avec l’anticyclone de Sainte Hélène qui barre la route. Nous avions vraiment envie de partir mais le but reste toujours de s’élancer avec une météo propice à l’établissement d’un record » de poursuivre le skipper de Banque Populaire V.
Même chose du côté de Groupama qui s’est heurté à peu près aux mêmes constats que les bleus situés de l’autre côté du bassin du port de plaisance du Château. « Les périodes de stand-by ne sont pas les plus agréables… Mais nous sommes organisés pour cela : il nous reste encore trois semaines pour s’élancer » a dit en substance le skipper Franck Cammas.
En effet, il reste encore de belle opportunités pouvant se montrer d’ici la fin du stand-bye prévu pour le 20 février. Il se pourrait donc encore que le départ ait lieu.
Le trophée Jules-Verne est une compétition nautique qui récompense le tour du monde à la voile le plus rapide réalisé en équipage, sans escale et sans assistance. Le présent record est de 50jours 16heures 20 minutes, Il tient depuis le 16 mars 2005 et a été établi par Bruno Peyron et son équipage sur le catamaran Orange II.
Crédit photos: © Banque Populaire Voile et Groupama
Préparez vos gallons de Pepsi diète, vos croustilles et vos ailes de poulet bien graisseuses. C’est le festival du cholestérol. Le Super-Bowl de la voile. Les deux titans du monde des vents, Groupama et Banque Populaire sont sur le pas de tir depuis tôt hier matin. Installés dans leur fusée, les astronautes de Franck Cammas et Pascal Bidegory sont passées en code orange. Ça signifie que, comme le veut la formule consacrée, « si la tendance se maintient », les deux trimarans s’envoleront d’ici 48 à 72 heures.
Les serpents et les échelles pour Goupama…
Depuis des semaines pour ne pas dire des mois, les deux équipes de Gaulois se grattent la barbe en se demandant bien si dame nature finira par dire oui à leurs avances. Les deux équipages sont prêts depuis longtemps. Avant les fêtes, Groupama est revenu à la ligne de départ, après son abandon lors de sa première tentative de record sur un tour du monde en équipage. Même si ce n’était pas tout à fait les plans prévus par Franck Cammas, cette descente de l’Atlantique a au minimum eu le mérite d’entrainer l’équipe et de changer le mal de place. De leur côté, les hommes de Pascal Bidegory, piaffent et attendent comme des Sioux depuis des semaines, la fenêtre météo la plus opportune. Mais jusqu’à maintenant, rien ! Imaginez ! Même à Cap Canaveral, on n’attend pas aussi longtemps. Qui dira encore des Français qu’ils sont naturellement impatients ?
De surcroit, la préparation des bateaux s’est faite dans un froid digne du Québec. L’équipe technique de Franck Cammas a rapporté avoir été contrainte de déterrer le bateau enseveli sous la neige. « Ça ne nous arrive pas souvent de travailler sous la neige ou par des températures inférieures à 0°. Nous avons dû installer des chauffages et des bâches pour respecter le cahier des charges inhérent à la pose de tissus carbone. Le tout alors que Groupama 3 était à l’eau et avec un timing assez serré pour ne pas risquer de manquer une fenêtre météo favorable à notre départ sur le Jules Verne » déclare Pierre Tissier, responsable technique chez Groupama dans le communiqué envoyé hier après-midi. Chez nous, on connait…
Mais voilà, heureusement, depuis quelques heures, le sorcier de Météo-France Sylvain Mondon, annonce, l’oreille collée sur la voie ferrée, qu’il entend venir au loin le cheval de fer qui crache feu. Un système météo favorable se rapproche ! Il n’en fallait pas plus pour que le grand sachem Bidegory donne l’ordre à tous de se préparer à la guerre. Et Groupama de suivre quelques heures plus tard.
Ce Super-Bowl va de durer on ne sait combien de temps. Mais les deux derbyistes du Kentuky qui y prennent part se sont quand même juré de faire la distance en moins de…50 jours ! Or si la descente de l’Atlantique a des chances de ressembler au lancement de la navette Discovery, la mise en orbite autour du pôle sud devra se faire avec politesse pour éviter les avaries dont les risques seront surmultipliés. On connait le plan d’eau de l’océan Indien. Parlez-en aux 19 participants du dernier Vendée-Globe qui, pour bon nombre d’entre eux, se sont « cherché un motel » au beau milieu de l’océan tant les tempêtes voulaient tout arracher sur le pont du bateau.
Parce qu’il faudra faire dans la durée, oubliez tout de suite les vitesses folles qui ont marquées la traversée de l’Atlantique l’été dernier. Cela ira vite c’est sûr. Mais il faudra faire gaffe si on ne veut pas allez directement à la maison sans passer go ni réclamer 200 dollars. La longueur du défi et inévitablement la fatigue qu’il entrainera feront augmenter les risques d’erreurs.
Par ailleurs, Banque Populaire est peut-être plus gros et plus performant que Groupama, mais en ce domaine, qui dit performances dit aussi vivre sur le fil du rasoir. Et plus la structure est importante, plus elle subit de contraintes et plus les risques de casses sont élevés. Voilà pourquoi les deux équipes doivent comprendre d’abord et avant tout l’importance de terminer ce tour du monde. Mais dans un contexte aussi compétitif, parions que les tentations seront grandes de prendre des risques.
Toute la question est de savoir de quelle façon il faudra gérer cette course. Chose certaine, il faudra le faire de manière intelligente si les deux protagonistes ne veulent pas se voir obliger de rentrer à la maison avec leur petit bonheur et leur flotteur sous le bras comme un pain-baguette.
Tous espèrent que cette fois-ci sera la bonne et que les deux enragés pourront enfin s’élancer. Mais on souhaite aussi avoir droit à de belles performances sportives, que les deux équipes terminent ce tour du monde et que le meilleur gagne ! Après, on se remettra à la diète…









