
Crédit photo: N Berger © 2013
Le sport est une fête. Du moins en principe, car ce qui s’est passé cette semaine à San Francisco ne fait plus rire du tout. À commencer par les gens qui gravitent autour de l’événement bien entendu, jusqu’aux départements d’enquêtes de la garde-côtière américaine et de la police de la municipalité régionale de San Francisco qui doivent maintenant se pencher sur le dossier. Comme on le sait, les Américains ne rigolent pas avec ce genre d’incident qui peut même ultimement déboucher sur des poursuites pénales et entraîner la mise entre parenthèses de l’événement si les limiers ont de bonnes raisons de croire que la sécurité des coureurs est compromise. C’est déjà arrivé en sport automobile.
Une histoire faite d’exploits et de drames
Mais les chances qu’on en vienne là sont infinitésimales. Depuis nombre d’années, les autorités ont pris l’habitude de s’en remettre aux organisateurs et aux experts pour se faire une tête sur les tragédies sportives. Les risques inhérents sont aussi pris en compte. Des accidents, il y en a malheureusement depuis que le sport existe. Dans la définition du mot Marathon de l’encyclopédie Wikipédia, on raconte l’anecdote sur « Phidippidès, un messager grec qui aurait couru de Marathon à Athènes pour annoncer la victoire contre les Perses à l’issue de la bataille de Marathon lors de la première guerre médique en 490 avant Jésus-Christ. Arrivé à bout de souffle sur l’Aréopage, il y serait mort après avoir délivré son message. »
Depuis, il se passe rarement un marathon sans que des secours doivent intervenir pour aider des coureurs épuisés. C’est triste, mais épisodiquement, certains vont même jusqu’à en mourir. Irions-nous jusqu’à interdire les marathons pour ce motif? La réponse vient avec la question. Des tragédies peuvent subvenir n’importe quand, n’importe où. Nul n’est besoin de sport pour ça. Un rapide cumulatif des accidents sportifs entraînant des décès dans une colonne comparés aux infarctus morbides dans une autre démontrera qu’il y a plus de risque à être sédentaire qu’à se secouer pour aller faire du sport.
Le rôle des médias et d’internet
À la décharge des organisations sportives, il faut dire que de nos jours, le moindre événement malheureux est fortement médiatisé. Les caméras sont dorénavant omniprésentes à l’ère des médias sociaux et des téléphones intelligents et du coup, les drames rejoignent beaucoup de monde rapidement. Nous avons connu ça chez nous lors des Olympiques de 2010 alors que le lugeur d’origine Georgienne Nodar Kumaritashvili s’est tué au bas de la piste à Whistler. Les images en boucle relayée sur tous les médias montrant l’athlète catapulté dans un pilier métallique ont fait le tour du monde. En dépit des démentis répétés du Comité international olympique, l’évidence d’une carence dans la sécurité des lieux était frappante. Quelques correctifs furent apportés, mais jamais le CIO n’a endossé la moindre responsabilité.
En Formule 1, la mort de Gilles Villeneuve a envoyé à la décharge les tristement célèbres jupes aérodynamiques à l’origine de l’accident. L’année 1997 a été un tournant dans l’histoire de la course au large avec la disparition du navigateur Gerry Roufs. Toutes les mesures de sécurité ont été réévaluées et de multiples initiatives ont été prises pour garantir la sécurité des coureurs du Vendée Globe. Néanmoins, en 2009, le coureur Yan Eliès fut secouru après quatre nuits d’intenses souffrances dans son bateau suite à une fracture du fémur. Incapable d’atteindre sa trousse de médicaments, le français avait dû patienter dans sa bannette sans bouger. Là encore, la sécurité a été revue depuis. Plus récemment, le hockeyeur suisse Ronny Keller a subi une rupture de la moelle épinière durant un match, une blessure qui le laissera paraplégique à vie.
Des réponses et des solutions s.v.p.
Des drames qui frappent l’imaginaire du public qui se demande parfois et à tort ou à raison, si le sport ne va pas un peu trop loin dans des défis qui forcent les athlètes à aller aux ultimes limites de leurs capacités physiques et psychologiques couplées à une quête de performance effrénée. Dans le cas d’Andrew Simpson, le choc équivaut à ce que serait la perte d’un joueur de hockey au sein du top dix des meilleurs de la LNH. Simpson est un médaillé olympique et le héros national d’un sport aussi suivi que le hockey au Royaume-Uni. On comprendra qu’un pareil coup de la corde à linge suscite nombre de questionnement. La mort d’un athlète de haut niveau avec autant de popularité et au surcroît dans la fleur de l’âge a de quoi choquer sans mauvais jeu de mots.
Presque tous les sports vivent des drames à un moment ou un autre. Le milieu tente sans cesse et au meilleur de ses connaissances d’améliorer la sécurité avec l’aide de technologies nouvelles, d’études de cas et de recherche dans les domaines liés au génie. Mais le chemin est douloureux. Il est parsemé de tristesse et d’épouvantables souffrances. Il y a aussi des gains notables qui nous portent à espérer que le nombre de drames ira en diminuant. Le milieu du sport est conscient que les entreprises n’aiment pas voir leur nom être associé à une tragédie. Et ça aussi c’est pris en considération. Le site internet du magazine Course au Large rapportait dans sa livraison de ce matin une référence aux suites de la Route du Rhum de 1982 qui a sonné le glas de la classe ORMA pour affirmer que les sponsors sont ceux qui parlent le plus fort dans cette histoire. Là-dessus, l’éditeur ne se trompe pas. Le but du sport est d’abord d’avoir du plaisir, de s’amuser et de voir les vainqueurs sourirent de toutes leurs dents. Ça, c’est ce que tout le monde veut.

Crédit photo: The Guardian et Artemis Racing © 2013
L’impensable s’est produit hier sur le théâtre de l’America’s Cup. Alors que l’équipe suédoise Artemis était en sortie d’entraînement et naviguait près de Treasure Island, l’immense catamaran de 72 pieds s’est soudainement retourné, piégeant le tacticien britannique Andrew Simpson sous l’eau. En dépit de la célérité des secours et de toutes les manoeuvres de réanimation qui lui ont été administrées dans les minutes suivant l’incident, son décès a été constaté dans un hôpital de San Francisco. Il semble qu’un autre équipier aurait aussi été blessé lors du chavirage. On ne craindrait toutefois pas pour la vie de ce dernier, son état étant satisfaisant. Le reste de l’équipe a été récupéré sain et sauf.
Né à Chertsey dans le Surrey, Andrew Simpson avait élu domicile à Sherborne dans le Dorsett. Andrew avait récemment été anobli par la reine d’Angleterre Elisabeth II en raison de ses énormes succès olympiques. Il était un grand champion en Star. Il avait remporté deux médailles d’or et l’u
ne d’argent l’été dernier en compagnie de son coéquipier Ian Percy. Il avait 36 ans, était en couple et père d’un petit garçon prénommé Frederic.
Évidemment, la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre. À travers la communauté mondiale de la voile, le choc est d’une brutalité sans nom. À commencer par le directeur technique de l’équipe Paul Cayard qui a fait état du profond désarroi de tous celles et ceux qui gravitent non seulement autour d’Artemis mais aussi au sein de l’organisation de la Cup et des autres formations. Que s’est-il passé? l’enquête nous en dira plus long. Artemis se relèvera-t-elle d’une perte si énorme? Pour l’instant, le coup de massue est tel que toutes ces questions demeurent superflues.
La nouvelle a aussi eu un retentissement important chez nous. On sait l’affection que les Britanniques portent aux Canadiens. Or, Tyler Bjorn et Richard Clarke qui naviguent aussi en Star ont eu la chance de s’entraîner avec l’équipe Percy-Simpson durant la semaine précédant les compétitions olympiques de l’été dernier. Rejoint en soiré, Tyler Bjorn était lui aussi sous le choc.
« Notre amitié était intense. Cette semaine d’entraînement avec ces deux très grands champions avait été tellement enrichissante. Les deux hommes sont de sympathiques gars et on se taquinait avec nos accents linguistiques respectifs. J’ai eu l’occasion de rencontrer Ian Percy en Floride récemment et nous nous étions promis de nous revoir les deux équipes au complet pour prendre une bière et manger ensemble prochainement. Nous avons continué de correspondre sur le web. J’ai appris la nouvelle sur l’heure du souper et j’avoue ne pas y croire encore. J’éprouve une tristesse immense et mes pensées et prières vont à Andrew et sa familles(…) » a déclaré l’athlète de Dorval.
Mentionnons en terminant que le Canada compte un équipier au sein d’Artemis Racing. Le Britanno-Colombien Curtis Blewett fait partie du personnel naviguant de l’équipe. On ignore toutefois si ce dernier comptait parmi ceux qui était à bord au moment du chavirage.
Voile en Ligne offre ses plus vives et sincères condoléances à la familles et aux proches d’Andrew Simpson.

Credit photo: www.nacra17class.com
La compagnie Nacra, fabriquant spécialisé dans les catamarans de sport, a indiqué par communiqué que le mât de carbone de son nouveau bateau Nacra 17 présentait des lacunes structurelles importantes. Des fissures apparaissent en tête de mât par vent fort. L’affaire est sérieuse au point que l’entreprise a pris la décision de remplacer l’espar de carbone par un mât en alliage en attendant de trouver une solution au problème. Tous les Nacra 17 livrés font l’objet de ce rappel et la compagnie livrera le mât d’alliage à ses clients qui possèdent déjà une de ces unités Nacra affirme vouloir s’assurer de la fiabilité absolue de ses produits avant de reprendre la livraison des mâts de carbone. Elle communiquera l’évolution de la situation et les décisions qui s’en suivront dans les semaines qui viennent. On sait que le Nacra 17 est un multicoque retenu par l’ISAF et le comité olympique pour les prochains jeux de Rio. Le bateau est conçu pour un équipage mixe de plus ou moins 135 kilos.