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Il n’est pas dans nos habitudes de prendre position sur des dossiers à caractère hautement politique. Nous sommes restés loin de ça depuis la mise en ligne du site. Mais nous faisons une exception aujourd’hui. Et nous pensons que vous, nos lecteurs, comprendrez aisément pourquoi.
Depuis l’été dernier, il est de notoriété publique que le gouvernement fédéral a pris la décision de fermer le centre de coordination des opérations de la garde côtière situé sur le boulevard Champlain à Québec. Nous ne spéculerons pas sur les motifs derrière cette décision. Nous nous contenterons de dire qu’à notre point de vue, elle est inquiétante parce que très dangereuse.
C’est connu que le fleuve Saint-Laurent est l’un des cours d’eau les plus complexes en matière de navigation. Multiples courants, effets de côte, vents catabatiques forts et imprévisibles, nombreux hauts fonds, susceptibilité météo, le tout combiné à une marée très importante modifiant le relief et le niveau de l’eau plusieurs fois par jour, bref, autant de périls qui menacent au quotidien les navigateurs.
Le trafic maritime, qu’il soit commercial, de pêche ou de plaisance a la particularité d’être dense. L’espace de mouvement dans le corridor entre Les Escoumins et Trois-Rivières est très limité. Et il n’est pas rare que des embarcations de toute grosseur soient en difficulté. L’échouage de cargos est fréquent les pannes de moteurs de petites embarcations aussi. Nous avons également eu droit à l’échouage d’un immense paquebot il y a quelques années. (Le Norwegian Sky) Conséquemment, les appels au CCGC de Québec sont d’une importance capitale. Et c’est presque au quotidien que la garde-côtière est appelée à intervenir.
L’avantage que présente le bureau de Québec tient au volume de connaissances du fleuve St-Laurent et de son estuaire, au caractère bilingue des services, à la rapidité de communication ainsi que de localisation des cas de détresse maritime. N’importe quel expert en sécurité publique vous dira que la communication et la connaissance du champ opérationnel sont les armes qui garantissent l’efficacité des interventions et sauvent des vies.
Malheureusement, avec la fermeture du CCGC de Québec, le gouvernement fédéral ne pourra plus donner de garantie quant à la rapidité et la qualité des interventions. Tous les appels de détresse seront réacheminés vers le centre de coordination d’urgence de Halifax, un milieu anglophone. Quand on examine depuis plusieurs années la volonté des milieux anglophones de maintenir et préserver des services en français, on comprend qu’il y a de quoi s’inquiéter.
Voile en Ligne joint donc sa voix au concert unanime des intervenants du milieu maritime. Par la voix de sa rédaction, nous implorons le gouvernement fédéral de reconsidérer sa décision. Il en va de la sécurité de tous celles et ceux qui naviguent dans le fleuve et dont nous avons le devoir de protéger la vie.
Daniel Lévesque (Rédacteur en chef)
Tags: au Québec, centre, coordination, detresse maritime, fermeture, garde cotiere, opération, urgence en merArticles relatifs
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