Voile En Ligne 2017-03-30 @ 20:27:58 -04:00 UTC
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Gâtés pourris!

Crédit photo: Francois Van Malleghem / DPPI

L’hiver 2016-2017 nous a gâtés. Elle nous gratifie de performances sportives hors du commun dans le merveilleux monde de la voile. Ils sont peu nombreux ceux qui auraient imaginé voir une telle razzia de records en tous genres être flambés pour ne pas dire pulvérisés. À commencer par le dernier en ligne, celui de Banque Populaire V de Loïc Peyron qui était de 45 jours 13 heures 42 minutes et 53 secondes. Francis Joyon et son groupe de cinq gars ont abaissé ce record pour le trophée Jules Verne avec un tour du monde en 40 jours 23 heures 30 minutes 30 secondes pour une progression de plus de 4 jours. Ces fous furieux ont traversé l’océan Indien et l’océan Pacifique en un peu plus de 13 jours. Inimaginable!

Il faut dire ici que Francis Joyon est dans une classe à part. C’est une véritable machine à briser des records, et ce depuis plusieurs années. Joyon est une marin d’exception dotée d’une caboche au-dessus de la moyenne. Il est aussi un gars d’équipe et un leader tellement respecté de ses pairs. Bref, son succès ne surprend guère.

Les observateurs s’entendent maintenant pour dire que le maximum qu’on peut aller chercher encore sur ce parcours autour du monde n’est plus que de deux ou trois jours sans plus. On approcherait semble-t-il de la barrière où les lois de la physique rendront quasi impossible la possibilité de faire mieux.

C’est ce qu’on verra. Car il faut bien se rendre à l’évidence qu’avec la nouvelle génération de bateaux qui volent, l’avenir s’annonce encore plus palpitant. Il faudra bien sûr examiner ce qui pourra être fait pour un tour du monde en solitaire. On sait que sur ce type d’engin, l’assistance est lourdement réglementée, notamment l’hydraulique. Le défi tiendra à l’ergonomie des plans de pont et aux capacités de conversion des  bateaux à des fins de portance. On voit déjà d’ici les architectes et les ingénieurs à l’oeuvre. Les paris sont ouverts pour savoir combien de temps ces nouveaux records tiendront.

Mais pour ce qui est des tentatives en équipage, on s’oriente dorénavant vers des possibilités jusque-là jamais envisagées. Et ça ne s’arrêtera pas là. Même pour les monocoques l’avenir s’annonce prometteur avec des matériaux encore plus légers que le carbone et des enduits faits de molécules dont l’imperméabilité s’apparentera carrément à de la sustentation en réduisant à néant la friction sur la surface de contact avec l’eau.

Mais tôt ou tard, une limite sera atteinte en deçà de laquelle il ne sera plus possible de descendre ou presque. À noter que ces exploits sont aussi largement tributaires du routage de certains experts, dont Marcel Von Triest qui est reconnu comme une sommité dans ce domaine et qui fût l’architecte de la route empruntée par Francis Joyon et ses hommes. La lecture météo est donc capitale et même déterminante.

Néanmoins, l’exploit est et demeure grandiose. Le sang froid de ces hommes qui naviguent sur un bateau lancé à 35 noeuds sur des océans hostiles dans des creux impressionnants et des vents à écorner les boeufs a de quoi faire rêver. Il faut une résistance hallucinante et du cran plus que la moyenne. Et cela n’est pas donné à tous.  Bravo!

 

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