Voile En Ligne 2017-03-30 @ 20:26:25 -04:00 UTC
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Golding démâte… Est-ce que ça va trop vite?


Course terminée pour Mike Golding!

L’anglais Mike Golding a démâté au début de la journée. Incroyable mais vrai! La plume des scribes ne parvient pas à suivre la cadences des mauvaises nouvelles qui, comme des déferlantes, nous parviennent des coureurs du Vendée-Globe 2008-2009. Nous ne sommes pas encore à la mi-course que 12 Open 60 sont déjà au tas. Certains ont vu leur course se terminer dans l’amertume et la tristesse. Pour d’autres, c’est carrément la désolation.

Pas de doute, ça fait mal au cœur de voir ces marins qui en arrachent. Eux qui ont mis tout ce qu’ils avaient dans cette aventure dont le niveau de misère croit au rythme des milles qui se perdent dans le sillage des vaincus de l’océan Indien.

Triste même ! Voir le Cheminées Poujoulat de Bernard Stamm se déchirer contre les cailloux rappelait ces cétacés qui s’échouent et que l’on tente désespérément de sauver alors qu’ils sont asphyxiés par leur propre pesanteur. Imaginez, 12 bateaux au rancart jusqu’ici. Plus du tiers de la flotte… Et nous ne sommes pas encore à la mi-course. Si l’on poursuit à ce rythme, il ne resterait que 5 ou 6 bateaux à l’arrivée aux Sables d’Olones. C’est tout dire…

Est-ce que ça va trop vite ? Jugez plutôt par vous-même. En comptant Paprec Virbac II auquel je ne crois plus aux chances de continuer ; et depuis l’abandon de Pakea Bizkaïa du basque Unaï basurko, 8 bateaux ont lancé la serviette. Sur ces 8 concurrents, 4 se battaient dans le top 10 et deux autres (Cheminée Poujoulat et Temenos II) cravachaient pour recoller au peloton de tête. Encore plus troublant. Sur les 12 éclopés, 10 ont été mis à l’eau pendant ou après l’année 2005. On compte 5 démâtage jusqu’à maintenant dans cette course de fou, 6 en comptant les problèmes de Jérémi Beyou. Toutefois, un seul concerne un bateau construit avant 2005, soit Aquarelle.com de Yannick Bestaven.

On aura beau dire tant qu’on voudra que l’océan Indien est particulièrement vache cette année, c’est indiscutablement vrai, mais il reste que c’est derrière la flotte que les plus dures bastons sont passé alors que c’est devant que tout a cassé. Les dirigeants auront tout à loisir d’argumenter sur les tribunes qu’ils veulent qu’il s’agit d’un sport mécanique, reste qu’il y a quelque chose d’étrange là-dedans qui me fait dire que des gens devront s’y mettre pour trouver des solutions fiables. Nous savons tous que le Vendée-Globe est la pire des course d’endurance mais ça n’exempte pas du devoir de progresser. Des pas de géant ont été fait pour améliorer la sécurité. Il faut dorénavant s’attaquer aux problèmes de fiabilité des bateaux.

Pour justifier ce qui précède, voici quelques chiffres. Si on fait une moyenne conservatrice d’environ 7 millions d’Euros par équipe, on est à plus de 100 millions de dollars US qui se retrouve à quai suite à ce derby de démolition. Certains ont vu le fruit de leurs efforts et surtout de leurs capitaux s’envoler en fumé après seulement une trentaine d’heure de course. C’est le cas de l’entreprise Hugo Boss qui y a engouffré plus de 10 millions d’Euros. Entre vous et moi, plus tôt que tard, il y a inévitablement des sponsors qui vont commencer à y penser à deux fois. L’IMOCA et l’ISAF seraient donc tout avisés de prendre acte de la situation et surtout de ne pas faire comme si de rien était. La voile de haut niveau telle qu’on la voit présentement ne dispose pas d’assise qui permettrait d’ignorer ce qui se passe.

Prions maintenant pour que rien n’arrive aux marins d’ici la fin de cette galère car si tel était le cas, le mot désastre ne pourrait alors plus être évité.

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