Crédit photo: Team Groupama
Groupama navigue présentement dans le pudding. Grains, pluie abondante, humidité, mer dure et vents forts, L’équipe de Franck Cammas a dû faire un petit détour par le nord, non pas pour aller rendre visite à mère-grand mais bien pour éviter les foudres de mère nature qui elle, ne semble pas trop être du bon bord, du moins pour l’instant. Le groupe navigue néanmoins très rapidement, soit à plus de 30 nœuds dans de bons creux au fond desquels le maxi-multicoque va choir de temps à autres. Rien de très marrant pour le trimaran quoi !
Et ce sont aussi les gars à bord qui souffrent. Le monstre part de temps à autre sur des cavalcades et le rodéo est douloureux pour le fessier. Surtout quand le cheval difficilement contrôlable s’arrête net fret sec au fond de la vague. Pour l’instant le pure-sang a mis sa tenue légère. Il dévale les milles à plus de trente nœuds de moyenne avec sa selle de course, c’est-à-dire deux ris et trinquette. Mais si les choses ne se calment pas, il faudra songer à la voile d’avant seule. Bref, une feuille de vigne sur un bâton de hockey qui vous précipite à plus de 30 nœuds. Plus vite encore que Sydney Crosby à pleine vitesse sur la patinoire du centre Bell. Qui disait que la voile est un sport lent déjà ?
Bon et ce n’est pas fini ! Tout ce qui monte doit nécessairement redescendre pour passer le cap Horn. Et comme le détroit de Drake offre des conditions pour le moins assez débiles, Groupama risque de se retrouver poussé par un vent arrière qui le précipitera vers le mythique cap, à une allure s’apparentant à la dévalaison du saumon dans une rivière en cru au printemps de chez nous. Oubliez les ballades romantiques de Duteil… Ce sera le toboggan et rien de moins. Attachez-vous !
Il n’est d’ailleurs, pas besoin d’être un devin pour lire les fichiers météo du coin qui ne prédisent que du vilain. Comme si ce n’était pas assez, il faut éviter les icebergs qui errent dans le secteur à la manière d’une bande de fantômes cherchant furtivement à casser la gueule de la première étrave venue. Cela risque donc d’être pas mal sportif pour les derniers milles de Groupama dans cet océan qui n’a de Pacifique que le nom.
En ce moment, Franck Cammas et les hommes de Groupama voient leur avance fondre comme la neige sous le soleil de notre printemps hâtif. On était encore à plus de 400 milles il y a quelques heures à peine, alors que le géant vert affiche maintenant 236 milles d’avance. Si chez nous l’hiver qui s’en va nous rend heureux comme le capitaine Hadock devant la Castafiore qui fait ses valises, il ne faut pas oublier que chez nos amis du sud, c’est l’automne australe avec ses coups de vent et sa mer casse-bateau qui s’installe à demeure. Résultat, la politesse est de mise.
C’est donc dans l’Atlantique que se décidera qui sera le nouveau détenteur du trophée Jules Verne. Après plus de la moitié du parcours, Franck Cammas et son super trimaran armé d’un véritable dream team de navigateurs ne sont toujours pas parvenus à se donner une avance significative. Les affres de la météo auront eu une incidence déterminante sur le résultat obtenu jusqu’à maintenant par Groupama.
Pendant ce temps, l’équipe de Banque Populaire V du skipper Pascal Bidegory a décidé de remettre à l’automne un éventuel départ pour une tentative de record sur le même parcours. On peut penser que la météo rencontrée par Groupama aura fait réfléchir Pascal Bidegory et motivé en partie cette décision que l’on peut maintenant qualifier de sage…
Tags: Banque Populaire V, Franck Cammas, Groupama III, Pascal BidégoryArticles relatifs
| Voile En Ligne Le Blogue nautique de référence au Québec et reconnu au niveau international, en matière de course en haute mer et de compétition entre voiliers! Retrouvez ici des articles sur le Vendée-Globe, sur l'Open 60, sur Derek Hatfield, sur Imoca, sur la Transat Québec-Saint-Malo, sur le skipper Georges Leblanc, sur le Class 40, et plus! |






