J’ai du déménager en Californie. J’ai pris le bus et puis j’ai navigué sur tout ce que je trouvais. J’ai alors réussi à intégrer le monde des Maxis. J’ai participé à plusieurs Transpacs (Courses Transpacifiques) et j’ai travaillé de nombreuses années sur des bateaux pour la Sydney Hobart et la Kenwood Cup. J’ai aussi navigué sur Sayonara, le voilier de Larry (Ellison). Ce qui m’a mené à la Whitbread puis à la Coupe.
Vous avez plutôt un profil de course au large. Quelle a été la transition avec la Coupe ?
J’ai fait la Whitbread 97-98 avec Paul Cayard qui a ensuite voulu que le vienne sur la Coupe. Je n’étais pas très chaud. Il m’a convaincu de rejoindre AmericaOne. Il m’a juste dit : « On va participé au circuit de match race. Viens dans l’équipe, tu feras partie des riggers. Je pense que tu vas aimer ça ». Je n’étais pas sûr d’être fait pour le match-race. Ce que j’aimais c’était naviguer autour du monde et escalader des montagnes. Mais finalement, j’ai pris goût à la régate inshore et aux subtilités du match-race. J’étais numéro 1 pour Paul dans cette grande finale face à Prada (Louis Vuitton Cup 2000), et c’est là qu’Alinghi m’a appelé.
Etre à un poste à l’avant du bateau a l’air de bien correspondre à votre passion pour les sports dangereux…
Ce n’est pas dangeureux (rires). L’alpinisme c’est dangeureux ! Non je ne fais pas ça pour cette raison. Je ne suis pas drogué à l’adrénaline. J’aime ce métier parce qu’il faut s’entraîner dur pour y arriver. J’aime le sport en général. La voile, mais aussi l’alpinisme, la pêche à la mouche, la chasse, le ski de fond. Je fais aussi des courses de VTT et de la descente en free-ride. La Colombie Britannique est idéale pour ce genre de sports. A Whistler (où vit Curtis Blewett), nous avons un immense parc pour le VTT. A la fin de l’été, je vais participer à quelques épreuves là-bas.
En quoi ces autres disciplines vous aident-elles dans votre travail chez Alinghi ?
C’est très bon pour la coordination des mouvements et pour savoir gérer la pression et le stress. Quand je pratique ces autres sports, je me mets souvent sous pression, ce qui peut m’aider pendant la régate.
Quel conseil pourriez-vous donner aux personnes qui souhaitent régater au plus haut niveau ?
Si vous voulez vraiment faire ça, vous pouvez y arriver. Faites votre sac et trouvez-vous un bateau sur lequel travailler. Il suffit de vous renseigner sur l’endroit où se trouvent ces bateaux. Vous ne pouvez pas gravir une montagne en restant chez vous. Vous devez partir du bas et commencer à marcher. En voile, c’est la même chose. Vous devez arpenter les pontons et demander autour de vous. Si on vous répond « non », allez au bateau suivant… et ainsi de suite jusqu’à ce que vous trouviez une réponse positive. Personnellement, je n’ai pas eu trop de mal. J’étais tellement motivé ! J’ai beaucoup navigué sur le lac avec mon père sur son voilier de 30 pieds donc j’avais déjà une base. Si vous êtes jeune, en pleine forme et que vous avez quelques connaissances, vous finirez tôt ou tard par embarquer.
Tags: America Cup, Curtis BlewettArticles relatifs
| Voile En Ligne Le Blogue nautique de référence au Québec et reconnu au niveau international, en matière de course en haute mer et de compétition entre voiliers! Retrouvez ici des articles sur le Vendée-Globe, sur l'Open 60, sur Derek Hatfield, sur Imoca, sur la Transat Québec-Saint-Malo, sur le skipper Georges Leblanc, sur le Class 40, et plus! |






