Voile En Ligne 2013-05-23 @ 15:27:41 -04:00 UTC
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Spirit of Canada vendu!

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Le a été vendu. s’est départi du qu’il a mis des années à construire. Il l’a fait pour une somme modique, soit celle totalisant les dettes contractées dans cette aventure. Selon ce qu’on a pu lire sur le communiqué émis par l’équipe, il semble que le prêteur soit devenu le nouvel acquéreur du bateau. On ignore pour l’instant ce qu’il compte faire du coursier qui est toujours en Nouvelle-Zélande. De son côté, Derek Hatfield est présentement à l’écriture d’un livre sur ses aventures en mer.

Derek Hatfield n’a pas caché son amère et vive déception. Devoir se départir de ce bateau est un  coup très dure mais l’équipe n’avait plus le choix. Depuis des mois, elle cherchait à refinancer l’emprunt contracté mais sans succès. L’équipe n’avait d’ailleurs pas donné de nouvelle depuis janvier dernier. « J’ai attendu le plus possible pour tenter de communiquer quelque chose de positif mais hélas, je n’ai rien » disait Derek Hatfield sur son communiqué.

En dépit du sérieux de l’entreprise et du skipper, aucun sponsor principal venant du Canada ne se sera manifesté pour soutenir de façon récurrente et stable l’équipe Spirit of Canada. À priori, cela peut paraître gênant pour un pays aussi riche, mais il faut comprendre les choix d’affaires fait par celles et ceux ayant rejeté cette option. Le Canada bénéficie présentement très peu des retombées d’un marché de course océanique tel que celui de l’. Aucune course impliquant ce type de bateau n’est organisée ou se termine en terre canadienne. Et puis il y a le risque qu’il faut assumer.

Le monde de la course océanique étant pour l’essentiel concentré en Europe, l’est du Canada ne figure que comme un marché très restreint. La glace qui recouvre une bonne partie des cours d’eau pendant près de cinq mois et qui contraint le milieu de la voile à l’inactivité n’est pas d’augure non plus à aider ce marché dans son développement.

Mais cela n’explique pas tout. La Suède qui vit une situation comparable voit son industrie de voile de compétition se développer à vitesse grand V. Il y a définitivement dans ce pays, plus de gens qui croient au potentiel de ce sport qu’il y en a au Canada. Cela signifie que chez nous, on doit d’abord battre de la semelle et aller vers le milieu des affaires pour le mettre aux faits des qualités que comporte l’investissement-voile. Or, il s’agit là d’une tâche énorme qui entre en conflit avec l’entraînement, la préparation des bateaux et les nécessaires relations publiques qu’il faut entretenir pour survivre dans ce petit marché. Beaucoup de tâches souvent pour un seul homme, le skipper.

Dommage tout de même que l’équipe Spirit of Canada n’ait pas davantage occupé le terrain au Québec où les liens avec la France sont plus étroits. Une participation du Open 60 à la Transat Québec-Saint-Malo 2008 aurait sans doute procuré une visibilité dont l’équipe ne pouvait se passer. De là à croire que cela aurait pu avoir une influence quelconque sur l’issu finale, nous ne saurions le dire.

Malgré les quelques erreurs stratégiques que cette équipe a pu commettre, il reste qu’en définitive, elle a été de bonne foi et nous a fait vivre des moments que nous n’oublierons pas. Derek Hatfield est et demeure le seul canadien à avoir construit un Open 60 de dernière génération en terre canadienne. De plus, depuis Georges Leblanc, personne n’avait couru en classe IMOCA sous les couleurs du Canada. Joint par téléphone ce matin, ce dernier avouait d’ailleurs qu’il est extrêmement difficile de faire une campagne canadienne dans cette classe. « À ce moment-ci, il n’y a pas ce qu’il faut et surtout la confiance nécessaire pour démarrer un projet d’une telle envergure chez nous…. C’est sût que tous aurait aimé voir les choses finir autrement pour Derek mais en même temps, il n’a rien à se reprocher. Il devrait même se sentir soulagé…. » a affirmé Georges Leblanc.

Le poids qui reposait sur les épaules de Derek Hatfield était en effet, démesuré. Quand nous lui avons parlé l’automne dernier avant le départ pour le Vendée-Globe, Derek Hatfied affirmait avoir une pression si énorme, que même sa famille en était affectée.

À l’évidence, celles et ceux qui ont vécu ou supporté l’aventure de Spirit of Canada n’en demandait pas tant à Derek Hatfield. Au contraire, pour notre part, nous lui sommes reconnaissants de ce qu’il a accompli et de son extraordinaire contribution à l’avancement de la voile sportive de compétition au Canada.     


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