
Ça va mal pour Bernard Stamm et son
Cheminée Poujoulat
Quelques heures plus tard, on apprenait que l’autre suisse Bernard Stamm faisait route lui aussi vers les Kerguelen. Ses deux safrans sont endommagés à la hauteur des paliers de fixation. Il ne savait toujours pas comment réparer et de toute évidence il s’oriente également vers l’idée d’abandonner la course. Triste dénouement pour celui qui avait réussi à couper de moitié le retard pris lors du départ. On se souvient que Stamm était retourné aux Sables d’Olones après avoir endommagé son bateau lors d’une colision avec un chalutier quelques heures après le départ de la course. Depuis, il avait repris plus de 500 milles nautiques aux leaders
Au dernier pointage, Bernard Stamm était à 230 milles à l’ouest-sud-ouest des Kerguelen. De minute en minute, le suisse fait lui aussi l’objet d’une étroite surveillance de la part du CROSS réunionnais qui s’assure qu’il rejoindra la terre la plus proche sans problème. Cela ne sera toutefois pas une mince tâche. Il est permit de croire que ses ennuis de safrans puissent influer sur les capacités de son pilote automatique à prendre la relève, ce qui signifie qu’il devra probablement faire les milles restants, assis à tenir la barre. De plus, on attend dans les heures qui viennent un très fort coup de vent. Au moment d’aller sous presse, des rafales à 60 nœuds avaient commencé à balayer la queue de flotte. Le britannique Johnny Malbon racontait avoir fait des pointes à 20 nœuds avec sa trinquette comme seule toile. En d’autres mots, ça signifie que le vent tente d’arracher les petites culottes des bateaux. Décidément, ce Vendée Globe est des plus éprouvants pour les machines. Si Bernard Stamm lance la serviette, il sera le 9ième abandon. On en est presque au tiers de la flotte…
Il est vrai que le rythme soutenu de ceux qui ouvrent la marche n’est pas d’augure à ménager les montures. Jean-Pierre Dick s’est même payé le luxe parcourir 448 milles sur 24 heures à la moyenne de 18,6 nœuds. Il n’est qu’à 20 milles du record absolu pour un solitaire sur 24 heures en monocoque qui est de 468 milles nautique détenu par Alex Thompson. D’autres qui sont par contre plus raisonnables ont décidé de lever le pied. C’est le cas de Vincent Rioux qui a ouvertement fait part de son option et qui se retrouve maintenant à près 200 milles du leader.

Loïck Peyron est maintenant hors course.
Loïck Peyron avait quant à lui fait part de quelques soucis avec sa drisse de solent. Est-ce que cela aurait quelque chose à voir avec l’évènement en question ? Les jours et les semaines qui viennent fourniront, certes, des réponses à ces questions. Lors d’une vacation spéciale tenue à 17h00, heure de Paris, Loïck Peyron a tenu ces propos rapportés par le site internet du Vendée Globe :
Il était impossible de récupérer plus de matériel : j’ai dû couper le gréement. Il me reste donc juste la bôme, un foc de brise et un morceau de la grand voile. Je préfère me diriger vers le Nord pour rallier l’Australie ou faire le contact avec un bateau affrété spécialement. Je suis extrêmement désolé pour toute l’équipe, mes partenaires : je ne pense qu’à eux en ce moment. Tous ont fait un travail exceptionnel… Je me dépêche de monter un gréement de fortune avant la nuit. »
Le skipper beaulois tentait de se construire un gréement de fortune pour faire ensuite route vers le nord. Il tentera de joindre un bateau affrété ou encore de rejoindre ainsi la terre la plus proche.
Les vives réactions n’ont pas tardées à se manifester sur le plateau du Vendée Globe où nombre de coureurs stupéfaits ont fait part de leur émotions. Au premier chef, le navigateur Jean-Pierre Dick qui, de son Paprec-Virbac II a tenu à faire parvenir le message suivant à son adversaire terrassé
Je viens d’apprendre la triste nouvelle ! Beaucoup d’émotion pour moi car nous avions initié ce projet ensemble. J’aurais tant aimé que nous passions la ligne d’arrivée tous les deux aux Sables d’Olonne quelque soit notre position. Je t’envoie plein d’ondes de courage et d’amitié pour tenter d’atténuer ton immense déception. Tu es exceptionnel et tu restes pour moi le Zidane de notre sport par ton talent incroyable !
Je t’embrasse et je pense à toi. Amitiés.
JP »
Il s’agit donc du 7ième abandon dans cette course et les choses risquent malheureusement de ne pas en rester là. La queue de flotte est présentement poursuivie par une dépression importante qui emmènera avec elle un très sérieux coup de vent. On prévoit pour vendredi matin des vents 45 à 50 nœuds avec des rafales à plus de 60 nœuds additionné à des creux de près de 9 mètres. Les bateaux qui se trouveront alors sous les 48 degré de latitude sud risquent d’en prendre plein la poire, c’est le moins que l’on puisse dire. Great american III et Spirit of Canada pourront toutefois éviter le pire en demeurant donc au dessus des latitudes à risques.

Triste fin de course pour le basque Unaï Basourko et
son Pakea Bizkaïa.
Hélas, la mer n’est plus le désert liquide que l’on imagine. Ce ne sont plus les flots bleus à perte de vue. Les collisions avec des objets flottants sont monnaie courante. L’incident qui vient de se produire à bord du Spirit of Canada n’est d’ailleurs pas une première. Qu’on se souvienne seulement de la route du rhum 2002 ou un autre navigateur de chez nous, Georges Leblanc, avait été retardé de plusieurs jours, ayant dû se mettre à la cape pour nettoyer un bateau souillé à la grandeur par des nappes de pétrole émanant de l’épave du pétrolier Prestige qui avait sombré dans le secteur quelques jours plus auparavant.
Pour revenir à Derek Hatfield, mentionnons qu’il a pu nettoyer avec l‘équipement de nettoyage fourni par Mike Golding et son entreprise commanditaire Ecover.
Unaï Basourko forcé à l’abandon.
Unaï Basourko a abandonné vendredi dernier la course suite à un bris majeur de la boîte de safran tribord. Il y aurait une importante fissure qui nécessite impérativement un relaminage, ce qui est impossible à faire en pleine mer. Le navigateur basque fait route à vitesse réduite vers le nord et tentera de rejoindre l’Espagne avec un seul safran. C’est le 6ième abandon dans cette course.





