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Articles avec le tag ‘Alex Thompson’

Crédit photo: Jacques Vapillon DPPI/ Vendée Globe

Le Vendée Globe se prépare avec fébrilité. Nous sommes à un peu moins de dix mois du coup de canon initial. Cette année, personne ne s’est bousculé au portillon pour s’aligner au départ des fous de la mer. La crise a eu l’effet d’un tsunami en Europe et l’on cherche encore l’épicentre du séisme financier en se demandant si les beaux jours sont dans le sillage ou devant l’étrave.

C’est dans ce contexte pour le moins morose que le Conseil Général de Vendée et les organisateurs du Vendée Globe ont été appelés à jouer les meneuses de claque. Leur tâche était titanesque. Il fallait convaincre à la fois les partenaires, les coureurs et surtout leurs sponsors. Rien de facile…

Évidemment, oubliez tout de suite les trente bateaux de la dernière édition. Ça reviendra un jour, nous en sommes persuadés, mais pas cette année. Autre signe que la crise fait mal, s’il en fallait encore, quand on voit des vétérans comme Yann Eliès et Jean LeCam toujours en recherche de partenaires à quelques mois du départ. Deux gars qui sont non seulement des valeurs sûres en termes de retombées médias mais qui en plus, peuvent aussi gagner la grande boucle de la voile.

Que ces gars-là ne soient pas au départ est carrément inconcevable. Déjà que Michel Desjoyeaux et Roland Jourdain sont partis chez les MOD 70, imaginez maintenant l’absence de LeCam. Ça donnera un Vendée Globe un peu tout nu. Heureusement que l’on a Marc Guillemot, Armel LeCléac’h Vincent Riou.

Et puis d’un autre côté il y a eu de bonnes nouvelles ces derniers temps. Il y a d’abord la belle blonde Samantha Davies qui s’est entendue avec le groupe Savéol. Le fruitier épaulera la nouvelle maman dans son tour du monde. C’est une sacrée bonne nouvelle pour cette fille devenue une des stars du milieu de la voile à l’échelle internationale.

On a aussi Jeremie Beyou qui va survoler les vagues avec le volailler français Maître Coq. Qui ne serait pas content de revoir ce sympathique champion figariste revenir sur le plateau du Vendée Globe ? Personne ! Beyou y est allé de performances magistrales ces derniers mois et mérite amplement la chance qui lui est donnée. Il est à surveiller.

Troisième bonne nouvelle que la venue de Liz Wardley. Une fille et une athlète top niveau qui a déjà un tour du monde sur un monocoque à son crédit. Liz Wardley a testé le monotype de 52 pieds de la Solocéane. C’est une pro et une fille particulièrement sensible aux questions environnementales. Elle sera la référence sur ces questions.

L’italien Alessandro Di Benedetto est un autre nouveau venu. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore ce type, mentionnons que ce ministe revendique d’être le premier humain à avoir fait le tour du monde à la voile dans une boîte à beurre de seulement 6,5 mètres. Un gars qui a l’habitude d’être baratté dans tous les sens quoi…

Il y a aussi le jeune François Gabard qui s’est vu confier une monture de dernière génération. À 29 ans, le jeune homme a du chien et il n’ira pas jouer les touristes.

Finalement, il y a le retour des Arnaud Boissière, Dominique Wavre, Kito DePavant, Bernard Stamm, Mike Golding et Alex Thompson. Sans compter les autres qui attendent en coulisse, qui se cherchent des sponsors ou qui se la ferme en attendant le jour du dévoilement.

En définitive, les choses sont loin d’aller aussi mal que nous l’avions craint. Nous avons déjà 17 concurrents qualifiés et certifiés et d’autres sont en voie de s’ajouter. Pour une année de crise et un contexte aussi difficile, c’est déjà pas mal. Et preuve en est que le Vendée Globe est plus en santé que jamais et que la voile se porte bien. Félicitons-nous !



© Vincent Curutchet / Macif

Les organisateurs de la Transat B to B ont décidé hier en après-midi d’utiliser la porte de sécurité au large de l’Espagne comme ligne d’arrivée. Du coup, François Gabart étant le premier à s’y rendre, il hérite donc du titre de vainqueur de la course.

En fait, la décision est moche. Mais il ne fallait pas avoir besoin d’un dictionnaire pour comprendre qu’elle s’imposait d’elle-même. Et de toute façon les skippers n’auraient certes pas continué. Il n’était pas envisageable d’aller se promener dans une pareille tempête.

« C’est avant tout la violence de la bascule attendue dans la nuit de jeudi à vendredi qui a convaincu les autorités sportives que cette décision était la meilleure. Des vents supérieurs à 50 nœuds, avec des rafales à 60-70 nœuds, une rotation de 90° du sud-ouest au nord-ouest en quelques minutes et derrière une mer croisée avec des creux moyens de huit mètres auraient cueilli la flotte juste alors qu’elle abordait le plateau continental. Ici, les fonds remontent de 4 000 à 150 mètres et provoquent une mer encore plus chaotique qu’à l’ordinaire.  » dit-on sur le site de la course.

C’est Jacques Caraës qui a pris la décision finale. Et le gars s’y connaît en météorologie. Son cv est long comme le bras. Les conditions météo sont si dantesques qu’on les décrit comme « inhabituelles même en hiver ». C’est tout dire. Pour que les Gaulois décident de renoncer à leur course, il faut que ce soit vachement sérieux. Il y a bien dû y avoir quelques « discussions ».

Justement parlant de discussion, Alex Thompson (Hugo Boss) a demandé une compensation au comité de course, lui qui était au coeur de la lutte il y a à peine quarante-huit heures se retrouve maintenant en queue le peloton. Aux dernières nouvelles, il était à un peu moins de 300 milles nautiques de l’arrivée. Il devrait sentir le coup de vent, mais il ne devrait pas trop avoir de problème à terminer la course.

Celui qui par contre, va la sentir passer le plus, c’est Louis Burton sur Bureau Vallée. Le skipper et son coursier reniflent déjà la mauvaise haleine de la tempête qui lui souffle derrière les oreilles. C’est le creux dépressionnaire qui vient du sud qui est en train de rattraper l’Open 60. Il apporte des vents de 35 à 40 noeuds et une mer débile. En cas de besoin, Louis Burton pourrait toujours se diriger vers le sud pour aller s’abriter à l’île de Flores située à environ 230 milles de là. Même chose pour Jean-Pierre Dick qui lui est cependant beaucoup plus au sud et a du coup moins à craindre.

À ce stade, il faut féliciter François Gabart qui a démontré encore une fois beaucoup de talent. Mais sans gêne on peut se dire que tous ont hâte d’être à la maison loin de ce merdier. Si la course a peut-être perdu un peu de son lustre en raison des circonstances, la course qui intéresse le public est maintenant celle contre la tempête.

Crédit photo: Barcelona World race © 2011

Le début de la Barcelona World Race met à rude épreuve les nerfs des coureurs. En fait, si du moins officiellement, plusieurs s’affichent comme étant de bonne humeur, ils ont certes oublié de le dire à leur tronche… Car les mines affichées témoignent effectivement que, comme on dit par chez nous, « la steam doit être élevée dans le presto ».  

Depuis le début de ce tour du monde, il n’y a pas de vent. La Méditerranée d’abord et la mer d’Alborian ensuite, ont commencé à gruger les aspirations d’une bonne partie de la flotte qui s’est retrouvée complètement scotchée. Les vitesses affichées donnent d’ailleurs à penser que des escargots feraient mieux que certains Open 60.

À commencer par Hugo Boss presque en mode convoyage qui traîne ses savates à plus de 345 milles nautiques du meneur. Ça, chers amis, c’est plus d’une demi-journée de navigation… C’est à se demander si Andrew Meikeljohnn et Wouter Verbaak ont trouvé la manette des gaz sur ce plan Kouyoumjan qui devrait en donner beaucoup plus que ce que l’on voit.  

C’est Alex Thompson qui doit s’arracher le peu de cheveux qui lui reste sur la caboche. Il est de son côté retourné chez lui en Grande-Bretagne pour terminer sa convalescence suite à son appendicectomie. Il en a encore pour une dizaine de jours à ronger son frein avant de remonter sur son bateau probablement au Cap Vert si tant est que les médecins lui donnent le feu de la même couleur… À ce rythme, il aura sûrement 1000 milles de retard quand il reprendra la mer. Seule consolation, il aura peut-être la chance d’assister à la naissance de son enfant. Sa conjointe doit en effet mettre au monde ces jours-ci.

La pétole qui a précédé le détroit de Gibraltar n’a pas seulement causé de royaux emmerdements aux Men in Black. Même les leaders en ont arraché. Virbac-Paprec a toutefois été le premier à mouiller dans l’Atlantique suivi de Foncia et Mirabaud. Parlant de Mirabaud, le Suisse Dominique Wavre et sa conjointe Michèle Paret ont eu la visite d’une délégation de « charmants douaniers marocains ». Les orangs-outangs en services commandés ont arraisonné le bateau et fouillé les moindres recoins, virant tout à l’envers, vidant même des sachets de bouffe lyophilisés et laissant le coursier comme une sou à cochons. De « chics types que ces douaniers zélés. » Comme dirait le célèbre Capitaine Haddock, ça va certainement attirer les touristes au Maroc « ces cynocéphales ».  Si ça continue à ce rythme, il faudra bientôt songer à munir les coursiers d’une plaque CD.

Pour revenir à la pétole, après avoir ralenti les premiers, elle a carrément stoppé les poursuivants. Parmi les plus connus, Alex Pella et Peppe Ribes sur Estrella Damm qui sont maintenant à plus de 130 milles du leader. Le duo américano-germanique formé de Boris Hermann et Ryan Breymaier (Neutrogena) sont à 184 milles, Dee Caffari et Anna Corbella (Gaes centros Auditivos) sont à 191 mille. Et finalement, que penser de Bruno Garcia et Jean LeCam (President) qui se retrouvent à 194 mille?

L’explication de cette histoire réside dans des choix stratégiques qui ont été légèrement plus chanceux pour les uns que pour les autres. Le vent aurait pu tourner de n’importe quel côté. Si pour d’aucuns la pièce ne semble pas être tombée du bon côté de la tranche, c’est aussi largement parce que certains bolides, comme Hugo Boss par exemple, marchent beaucoup plus dans des vents forts au portant que dans de faibles brises ou au près. Si les Open 60 Imoca sont des bateaux de portant, il reste que certains d’entre eux sont faits pour telle ou telle types de conditions tandis que d’autres performent moins bien dépendamment de la météo.

La seule chose, c’est qu’il faudra peut-être songer à modifier les règles de jauge pour obliger la présence d’un barbecue quelques steaks et bouteilles de pinard sur les coursiers. De cette façon, si Éole envoie les coureurs péter dans les fleurs, ils pourront au moins se remonter le moral avec un souper romantique à la belle étoile.     


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Dernère mise à jour du site le 2012-02-05 @ 21:24