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Alex Thompson
Bilan de la première semaine de ce 6ième Vendée Globe.

La stratégie de Jean LeCam commence à agacer
Ne pas voir Foncia aux avant-postes en train de se battre contre les meilleurs sera sans doute l’une des plus énormes déceptions de ce début de course. Mais que dire ensuite des démâtages de Yannick Bestaven et Marc Thiercelin. Une pareille avarie survenant au début d’une course est un choc. Il ne faut que penser à toute la préparation qu’elle nécessite pour déjà ressentir la houle qui nous envahie le cœur.
Le champion toutes catégories de la malchance demeurera cependant Alex Thompson. L’équipe technique d’Hugo Boss a fait des pieds et des mains pour remettre le bateau en état pour le départ suite à une collision avec un chalutier lors du convoyage vers les Sables d’Olonne. Deux semaines d’une course effrénée contre la montre. L’opération a coûté plus d’un demi- million de dollars. Le départ et la participation du jeune anglais allaient donc être le couronnement de milliers d’heures de travail et des efforts de centaines de personnes. Et crac ! 28 heures plus tard, un objet flottant vient tout bousiller, effacer l’ardoise, comme l’eau de mer sur un château de sable. C’est la fin d’un rêve qui dure depuis 4 ans. Plus de 10 millions d’Euros envolés en fumé. Un vrai cas de suicide…
Hormis ces avaries, il y a trois choses que nous retiendrons de cette première semaine de Vendée Globe. La première, c’est que jusqu’ici, la nouvelle génération de bateaux n’a pas été en mesure de se démarquer de manière significative. En effet, la puissance qui devait faire la différence ne l’a finalement pas faite. De toute évidence, certains ménagent leur monture. Mais il reste que l’on se serait attendu à beaucoup plus de machine comme Pindar ou Safran par exemple. Il est difficile d’expliquer comment il se fait qu’avec un coursier disposant de 640 mètres carré de voile, soit la plus grande surface de toute la flotte, Brian Thompson se retrouve à près de 200 milles nautiques du meneur à se colletailler avec l’ancien PRB. (Roxy de Samantha Davies)
La deuxième chose que l’on retiendra, c’est la performance des bateaux moins récents. Les deux plans Lombard de Roland Jourdain et Jean LeCam n’ont rien laissé aux bateaux de dernière génération comme Gitana Eighty ou Virbac-Paprec. Pire, ils maintiennent inlassablement la dragée haute. Ainsi, LeCam suit Peyron à la trace depuis plusieurs jours. Que se passera-t-il alors, lorsque nous seront dans le grand Sud dans des mers beaucoup plus hostiles s’il est impossible à ces coursiers alliant puissance et rapidité de se démarquer dans les Alizées ? Que se passera-t-il quand le temps imposera ses trois ris et trinquette à ces lourdes embarcations et qu’elles devront suivre un VM Matériaux toilé de la même façon mais beaucoup plus léger ?
On comprend mieux à la lumière de ces questions comment se joue la guerre psychologique du Vendée Globe. Pour LeCam, le but est clair : rester collé comme un sparadrap, le plus près possible du meneur jusqu’au Cap de Bonne Espérance. Par la suite, c’est à ce moment que l’on fera la distinction entre les hommes et les enfants. Il disposera de 15000 milles nautique pour faire son lit.
Le troisième élément que l’on retient, c’est le retard de la tête de flotte sur l’année 2004. Et même sans cette tempête dans le golf de Gascogne, les vitesses ne donne pas à croire qu’il en aurait été autrement. Assurément, si ça ne cravache pas d’avantage, Vincent Rioux n’aura pas trop à s’inquiéter pour son record.
Hugo Boss: C’est fini!
« Je suis dégoûté et amer ! C’est le moins que l’on puisse dire… Tout a commencé avec cette satanée collision avec ce chalutier. Nous avons travaillé comme des diables pour remettre le bateau en état et puis vlan ! En quelques heures, des milliers d’heures d’effort partent en fumée. La voile est un sport cruel. Après avoir investi autant de temps d’argent mais surtout l’énergie des centaines de personnes qui ont gravité autour du projet. Ça me rend malade. Je rentre chez moi pour prendre quelques jours de repos. Et ensuite, je réfléchirai à l’avenir» a déclaré le jeune skipper.
Le ciel tombe sur la tête de Hugo Boss!
Au beau milieu de la nuit et à quelques encablures des Sables d’Olonnes, le Open 60 du man in black a été heurté sur tribord à la hauteur des cadènes par un chalutier. Le coursier a démâté et le bateau est fortement endommagé. Au moment d’aller sous presse, les architectes et ingénieurs du groupe Finot-Conq était au chevet de la bête blessée. Des analyses poussées permettront de savoir si des dommages structurels ont été causés au monocoque et surtout, s’il existe des possibilités de réparer pour prendre le départ de la course le 9 novembre prochain.
Chose certaine, il ne reste plus beaucoup de temps et c’est un Alex Thompson bien au fait de cette situation et complètement dévasté qui s’est présenté hier en conférence de presse aux Sables d’Olonnes pour expliquer l’inexplicable. Il faut dire que l’on serait découragé à moins car quatre années de travail viennent peut-être carrémment de s’envoler en fumée.
De plus, dans le meilleur des cas, en dépit d’un bateau réparé et remâté, Alex Thompson prendra le départ sans avoir fait de test, avec une monture sans ajustement et dont la fiabilité et les performances risquent d’être incertaines. Et cela est sans compter qu’il devra rencontrer les exigences du comité de course en terme de navigabilité.
À la lumière de cet autre incident, force est d’admettre que, bien malheureusement, le monde de la voile sportive de compétition voit les dossiers d’assurance s’épaissir à vue d’œil depuis quelques années. Alex Thompson est d’ailleurs l’un de ceux dont l’assurabilité risque hélas de souffrir de ses déveines à répétition.
Notons cependant qu’il n’est pas le seul dans cette situation. Démâtages en série, avaries de quilles, blessures graves, chute en mer, naufrage et même le décès d’un skipper ont parsemé l’actualité de la voile depuis quelques semaines. Un bilan qui rappelle que sur l’océan, l’homme n’est que toléré. Un facteur (parmi tant d’autres) que devraient considérer celles et ceux qui, par pure ignorance, portent d’ineptes jugements de valeurs sur les marins qui compétitionnent.
Pour revenir à Alex Thompson, rappelons que son sponsor principal a investi des sommes considérables pour ne pas dire colossales dans l’aventure. Et compte tenu de cela, on peut raisonnablement espérer qu’en tenant compte des énormes moyens dont elle dispose, l’entreprise Hugo Boss ne laissera pas tomber le navigateur anglais après être allé aussi loin.

les traits tirés, Alex Thompson s’expliqué hier
en conférence de presse aux sables d’Olonnes.









