
Dessin et photo: America’s Cup
Fini les folies! La prochaine Coupe de l’America sera disputée sur des catamarans de sport.
On se souviendra de la 33e édition comme celle de « l’Avocat’s Cup ». Après la 32e coupe, les Américains ont entrepris de mettre de l’ordre dans l’acte de donation, ce qui a eu l’heur de soulever la colère des Suisses du Syndicat Alinghi. Résultat, on s’est retrouvé devant les tribunaux pour des mois. De quoi écoeurer souverainement les amateurs.La nappe de discorde est même venue contaminer le côté commercial de la coupe. Las de toutes ces chicanes, l’entreprise Louis Vuiton qui s’était traditionnellement impliquée dans la Cup a choisi de retirer ses billes et d’aller jouer ailleurs.
Cette interminable saga a finalement débouché sur la création d’un « dog-match » pour la 33e coupe. Les deux concurrents se sont présentés sur la ligne de départ avec des engins que l’on pourrait qualifier sans gêne de superbrontosaures de la voile. Les Américains ont cependant facilement vaincu les Suisses avec une machine qui dépassait l’imagination, soit un trimaran de 100 pieds de long muni d’une aile rigide. Le tout cumulant sur un mât d’une hauteur de 223 pieds, soit plus long qu’un Boeing 747. Plus fou que ça tu meurs!
C’est avec ce vaisseau spatial que les Américains sont facilement venus à bout de Suisses dans ce que l’ont pourrait qualifier de « massacre de la Saint-Valentin ». En effet, c’est le 14 février que nos amis d’en bas sont allés botter le derrière des horlogers qui ont vite réalisé qu’ils n’étaient tout simplement pas de taille contre l’avion de BMW Oracle Racing.
Si tous s’entendent pour affirmer qu’il s’agissait là d’une belle démonstration de ce que les technologies les plus avancées peuvent apporter en termes de construction navale, il n’en demeure pas moins que d’un point de vue strictement sportif, la coupe fût un échec.
Même si l’expérience de la 33e Cup a donné des résultats intéressants, il ne faut pas être un devin pour saisir que la coupe s’enlignait sur une pente descendante. Il fallait se tourner vers l’avenir avec une Cup qui aligne à la fois ce qu’il y a de plus spectaculaire dans la voile, soit les multicoques et en même temps garder une certaine tradition.
Russel Couts, l’homme à la valise pleine de Cups, a bien compris le message. Il a observé un peu partout ce qui se passe et nous revient aujourd’hui avec un acte de donation renouvelé. Il a senti le vent qui vient entre autres de l’Extreme Series qui gagne en popularité.
La prochaine Cup sera donc disputée sur des catamarans de 72 pieds. Le AC72 sera construit en Nouvelles-Zélande. Il sera muni d’une aile rigide semblable à celle du BMW Oracle Racing. Les règles de jauges seront aussi plus sévères et limiteront les coûts d’opération. « Ces nouveautés procureront l’équité pour tous les concurrents. Elles garantissent une stabilité économique aux équipes et aux partenaires commerciaux. Nous avons promis une Coupe qui soit juste ainsi que de l’innovation et c’est ce que nous offrons. Pendant nos six mois de réflexion, nous avons parlé à tout le monde, que ce soit aux équipes, aux partenaires commerciaux, aux médias aux supporteurs… Une idée très claire et évidente s’est dégagée (…) nous avons besoin des meilleurs marins qui s’affrontent sur les bateaux les plus rapides du monde » a déclaré le patron de la Cup Russel Coutts lors de la conférence de presse tenue la semaine dernière.
En plus du nouveau AC72, un catamaran AC45 à l’échelle sera aussi construit pour la World Series qui débutera l’an prochain. L’idée derrière ce nouveau concept tient essentiellement à attirer les jeunes talents mondiaux de la voile vers la Cup.
Pour ce qui est de l’endroit où se tiendra la prochaine édition de l’America’s Cup, on nage dans la brume pour paraphraser Jean Perron. Les Américains aimeraient bien que ça se fasse chez eux, mais le diable est aux vaches avec les environnementalistes sur la question des aménagements dans la baie de San Francisco. Les yeux sont donc tournés vers l’Europe pour l’instant. La ville de Valence en Espagne a une longueur d’avance.
Crédit photos: Pedro Armestre/AFP/33rd America’s Cup et Daniel Ochoa//AFP/pool/33rd America’s Cup.
Après la farce légale devant les tribunaux, voici maintenant la farce sportive sur l’eau… Vous l’avez vu comme nous. C’était beau! Bien sûr ! De belles grandes machines qui avancent rapidement sur la Méditerrané. C’était même superbe à voir. On n’avait même pas besoin d’en avoir deux. Juste une seule aurait suffit à nous émerveiller tous, tellement la magie de l’ingénierie opérait.
Mais ce qui fût un peu moins magique, c’est l’aspect sportif. De ce côté, le fiasco est presque total. Dans ce qui a pris l’allure d’une véritable balade de santé, l’équipe BMW Oracle Racing a infligé une sévère correction aux Suisses du syndicat Alinghi dans le cadre du fameux dogmatch de la 33ième America’s Cup qui s’est tenue à Valence. 
Déjà vendredi en fin de journée au terme de la première partie gagnée par les Américains par plus de 15 minutes d’avance, on savait que les carottes étaient cuites pour Alinghi. En conférence de presse, le patron d’Alinghi, Brad Butterworth n’avait pas grand chose à dire. « Vous avez vu la course ? Que voulez-vous que je vous dise ? On ne construira pas une aile en deux jours» bredouillait le manitou suisse devant la peuplade de journalistes venus pour en savoir plus, et qui à l’instar du public, se demandaient surtout par quel miracle les Suisses allaient se relever d’un tel knock-out.
Le miracle ne s’est en effet jamais produit. Les Américains ont récidivé hier, humiliant une fois de plus les Suisses. En fait, ce match n’en fût même pas un. La domination américaine a rendu le spectacle affligeant d’un point de vue sportif. Les Suisses ont bien tenté de se relever lors du deuxième match. Leur catamaran a tenu tête au monstre « Dogzilla » pendant quelques minutes, le temps d’un bord de près. Mais une fois la première bouée contournée et les étraves au portant, on n’a pas tardé à diviser les hommes des enfants.
Il s’en trouvera bien quelques-uns pour poivrer l’équipage d’Alinghi pour ses deux erreurs lors des départs. Mais en toute objectivité, force est de reconnaître que ce n’est pas une erreur de plus ou de moins qui aurait changé quoi que ce soit au résultat final. Après quinze années d’absence, et des dizaines de millions flambés, les Américains ramènent enfin l’aiguière d’argent de ce côté-ci de l’Atlantique. Avocats, ingénieurs, architectes, et spécialistes des composites et de l’aéronautique en tous genres seront venus à bout de réaliser le rêve que cultivait le groupe dirigé par Russel Couts
Ce n’est pas la première fois que des résultats sportifs sont orientés par des innovations technologiques. Les Américains avaient eux-mêmes pointé les Néo-Zélandais du doigt il y a de cela quelques années. Sauf que cette fois-ci, l’issue du match n’a pas subit qu’une quelconque petite et insignifiante influence venant d’un ajout à la dernière minute d’une petite pièce qui fait toute la différence. Non ! Il s’agit plutôt de l’effet résultant du plus grand cas de dopage au fric et de gadget high-tech de l’histoire sportive moderne.
Voilà ! C’est là où nous en sommes. Une épreuve sportive dominé par la technologie et de moins en moins capable de contrôler ses coûts devenus aussi galopants que gargantuesques. On est à des années lumières des origines de la Cup. Les pères fondateurs qui avaient jadis imaginé cette compétition, ont dû carrément se retourner dans leur tombe en voyant la fameuse aiguière d’argent être attribué au vainqueur de ce challenge de souffleries et de logiciels de simulation plutôt qu’aux marins qui ont traditionnellement mérité la Cup.
Si d’aucun justifient cette course à la technologie en faisant une analogie avec la Formule un, il importe de rappeler que le public se fiche pas mal de la quantité de fric qu’on peut investir et des centaines de capteurs sensoriels placés dans les moindre recoins des bateaux. En autant qu’il reste du sport un peu… Mais quand une épreuve sportive est massacrée à ce point à grands coups de centaines de millions de dollars, là c’est autre chose. Bien sûr, si une clique peut tout de même s’en satisfaire et continuer de faire marcher les tourniquets, alors ce sera tant mieux. On ne pourra que s’en réjouir. Car oui, c’était spectaculaire à voir et ceux qui ont vu ce match ont pour la plupart aimé cela.
Mais parler de sport ici, c’est ratisser un peu large. Et quand on est moins poli on utilise le terme « tordu ». Affirmer que l’esprit de la Cup est quant à lui sauvegardé serait d’autre part, une insulte à l’intelligence. Il ne faut tout de même pas pousser le bouchon jusqu’à prendre les gens pour des imbéciles.
La seule consolation dans tout ça, C’est que cette orgie d’argent et de haute technologie permettent l’émergence et l’avancement de plusieurs innovations dans le domaine de la voile. Même si de toute évidence, ce n’est pas demain qu’on verra apparaître des voiles-ailes dans les yacht-clubs.
Fort heureusement pour l’America’s Cup, la pompe à fric continue de marcher à plein régime. Et tant qu’elle fonctionnera, le cirque pourra continuer. Mais pour combien de temps ? Qui voudra être le prochain Challenger ? Qui sera assez fou pour tenter une aventure coûteuse dont l’aspect sportif a été ruiné par les tribunaux, la technologie et par l’argent ?
Crédit photos: Site de l’America’s Cup
C’est aujourd’hui à 10h, heure locale que se tiendra à Valence en Espagne, la première manche du dogmatch opposant le syndicat suisse Alinghi et le syndicat américain BMW Oracle Racing dans le cadre de la 33ième coupe América. Ce match décrété par les tribunaux américains fait suite à une saga judiciaire ayant duré plus de trois ans.
Cet inextricable fouillis juridique aura finalement accouché d’une Cup qui pour la première fois de son histoire, sera disputée sur des Multicoques de dernière génération. Il s’agit d’un duel à très haut risque. Celles et ceux connaissant la versatilité et l’extrême sensibilité de ces engins n’ignorent pas que le vainqueur pourrait en être un par défaut. Bien qu’il s’agissent de bateaux extrêmement rapide, il n’en demeure pas moins que les risques de chavirage sont multipliés en comparaison des monocoques.
Deux monstres s’affrontent
Chez Alinghi, on a opté pour un catamaran, ce qui a la particularité de d’être plus rapide dans les petits airs. Tandis que les américains ont de leur côté choisit un monstrueux trimaran de 114 pieds de long et doté d’un mât de 185 pieds de hauteur. (La hauteur des chutes du Niagara) Vous avez bien lu !
Deux canadiens s’affrontent aussi.

Notons que deux canadiens s’affronteront durant ce dogmatch. Chez Alinghi, on retrouve le Britanno-Colombien Curtis Blewett qui occupera le poste de plage-avant. Chez BMW Oracle Racing, le Néo-Écossais Brian « Puck » MacInnes sera aux moulins à café.
Les matchs se tiendront lundi, mercredi et vendredi à 10h le matin. Pas fort pour les américains qui veulent suivre cette régate qui se tiendra à 4h du matin heure du Québec… Vous pouvez suivre cette compétition en directe si le cœur vous en dit et si vous êtes un lève-tôt ou un insomniaque. La Cup sera présentée sur la web-tv du site de l’America’s Cup à l’adresse suivante :
Que le meilleur gagne sauf si le plus malchanceux abandonne… !







