
Credit photo: AC © 2010
Le journal Toronto Star rapportait dans sa livraison de mercredi dernier 1er décembre, qu’un groupe d’homme d’affaires canadien sous l’égide du financier torontois Kevin Reed serait présentement au travail afin de jeter les bases d’une participation canadienne à la prochaine édition de la Coupe America.
L’article vient de la plume du colomnist Dave Perkins et fait état de discussions auxquelles prennent part plusieurs partenaires, afin de réaliser un montage financier viable pour la mise sur pied d’un syndicat canadien. Le Royal Halifax Yacht Squadron, le Royal Vancouver Yacht-Club ainsi que le Royal Canadian Yacht-Club de Toronto seraient au cœur de la proposition visant à créer une équipe entièrement canadienne. Le chat est sorti du sac lorsque l’influent Paul Henderson a été vu à la réunion de la Cup à Dubaï aux Émirats Arabes Unis la semaine dernière.
Une décision sera prise et annoncée au plus tard à la mi-février. Le groupe est présentement en mode étude. Mais nul doute que la nouvelle formule offerte par l’acte de donation de la Cup rend les choses plus faisables d’un point de vue financier selon Reed. L’équipe portera vraisemblablement le nom de Red Maple Racing.
On sait que les règles de la Cup prévoient maintenant de disputer des rondes éliminatoires appelées World Series. Les duels entre les challengers se feront à bord de catamarans de 45 pieds. La finale s’effectuera quant à elle sur des catamarans de 72 pieds.
L’idée est donc d’éveiller l’intérêt pour la Cup au Canada en prenant les dispositions nécessaires pour favoriser la présentation d’une étape de la World Series en eaux canadiennes. Les hypothèses de la ville hôte vont évidemment plus vers Toronto, Vancouver étant de son côté à portée de mât de San Francisco où sera de toute évidence disputée la finale.
Quant à Halifax, les chances sont plutôt minces. Comme une finale à Newport a été écartée du revers de la main par les organisateurs de la Cup, on s’attend donc au minimum à une étape de la World Series disputée sur la côte est des États-Unis. Dans leurs efforts visant à publiciser la Cup le plus largement possible, et en tenant compte de cette logique, on voit mal comment il pourrait y avoir deux étapes de la World Series tenues côte à côte.
Par ailleurs, il ne fait aucun doute que le Canada a ce qu’il faut en termes de talent pour bien figurer. On a qu’à penser au duo olympien en Star formé de Tyler Bjorn et Richard Clarke, ou encore aux récipiendaires des dernières America’s Cup que sont le Britano-Colombien Curtis Blewett et le Néo-Écossais Brian Mc’innis. Les autres noms à retenir sont ceux du champion de Laser Michael Leigh celui de Curtis Florence qui est l’une des étoiles montantes de la voile au niveau international sans oublier le duo composé de Fred Eaton et Magnus Clarke qui ont bien fait en C-Class.
Mais on est très loin des brontosaures de 72 pieds. Si tout ce beau monde regorge de talent, le talon d’Achille reste toutefois l’expérience en multicoque qui fait cruellement défaut. D’ailleurs si les Français sont sur les rangs, c’est qu’ils ont flairé le sanglier et la cervoise. Les Gaulois savent faire mieux que quiconque avec des multis. Voilà pourquoi ils ont embauché Alain Gauthier comme chef cuistot pour faire lever le gâteau. Pour l’hexagone, c’est le moment ou jamais de mettre la main sur la Cup. Et les chances sont très bonnes de voir le plus vieux trophée du monde défiler sur les Champs Élysées, et ce, même si les Américains leur promettent une résistance de tous les instants.
Pour ce qui est du dossier canadien, c’est à suivre. La dernière participation du Canada à l’America’s Cup date de 1987. Le Canada a également tenté à deux reprises de mettre la main sur l’aiguière d’argent au 19e siècle, mais sans succès.
Source: Toronto Star
http://www.thestar.com/sports/article/899684–canadian-sail-team-could-challenge-for-america-s-cup

En avril 1981, le journal Ottawa Citizen publie un article dans lequel on raconte qu’un certain Don Macdonald projette de financer une équipe canadienne pour prendre part à la première édition de la Louis Vuiton Cup, cette série d’épreuves servant à déterminer le challenger officiel de la Coupe America. Macdonald qui est originaire de la Colombie-Britannique s’adjoint les services de trois autres partenaires, soit Marvin McDill, Robert Muir et William Neidl. Il s’agira de la première tentative du Canada pour devenir titulaire de l’aiguière d’argent, et ce depuis plus de 100 ans.
Les quatre hommes se réunissent une première fois dans un petit motel discret pour lancer le projet. « Nous avons discuté toute la nuit et au petit matin, le sujet a dévié sur la politique (…) À un moment critique de notre histoire, on s’est rendu compte que notre initiative pouvait avoir un certain impact sur l’unité du pays (…) » dira plus tard Don Macdonald, qui est devenu marin pêcheur après avoir fait carrière dans le milieu de la construction.
Comme il est obligatoire d’être associé à un yacht-club pour prendre part à l’America’s Cup, le club des quatre se voit contraint de former l’une de ces entités en raison des valses-hésitations des yacht-clubs existants, notamment le Royal Canadian Yacht-Club de Toronto où on est plus que perplexe devant un projet extrêmement coûteux et fort engageant.
Quant à Macdonald, ce dernier avoue candidement au Ottawa Citizen, que ses trois partenaires sont originaires des prairies et des rocheuses ; et qu’incidemment, ils n’ont jamais vu une goûte d’eau salée de leur vie… On comprendra alors l’attitude des dirigeants des yacht-clubs qui se grattent le cuir chevelu en regardant ce projet.
Devant cela, Macdonald ne se décourage pas. Lui et son groupe décidèrent donc de former un yacht-club sous « pavillon de complaisance »… Situé à 75 kilomètres au nord-ouest du Royal Yacht-Club de Vancouver, le « Secret Cove Yacht-Club » (c’est son nom) voit ainsi le jour aux fins express de supporter la candidature canadienne comme challenger de la Coupe America. Le club compte 20 membres pour la plupart vendus d’avance au projet, à une époque où la Cup est encore disons « minimalement abordable » avec une formule mettant en scène des voiliers de 12 mètres.
Macdonald sait aussi que le défi sera loin d’être une sinécure. De grosses pointures de la voile, des gens ayant marqué ce sport à l’échelle internationale seront au rendez-vous. Ils ne feront pas de cadeau.
Pour revenir à Macdonald, quelques jours plus tard, il se présente en personne au New york Yacht-Club pour y déposer les 10 000 dollars US qui sont requis en dépôt de candidature. C’est là qu’en feuilletant les règles de la Cup, il découvre qu’il est indispensable d’être associé à un yacht-club, d’où la démarche pour fonder le yacht-club de service nommé précédemment.
Au même moment, à l’autre bout du pays, le Royal Nova-Scotia Yacht-Squadron cultive lui aussi le rêve de ravir la Cup aux Américains. Les talentueux constructeurs navals de Lunenburg en Nouvelle-Écosse bâtissent le True North, un bateau qui est encore considéré aujourd’hui par les experts comme le Avro Arrow de l’America’s Cup. Ce bateau dessiné par Steve Killing était de loin le plus rapide de tous les AC de son époque. Hélas, faute de budget, le coursier n’a jamais pu être adéquatement préparé pour prendre part à la Louis Vuiton Cup. Le Canada portera donc son choix sur le plan dessiné par l’architecte d’origine montréalaise Bruce Kerby. Les deux projets, ceux de la côte ouest et de la côte est fusionneront et ce sera le Néo-Brunswickois Terry MacLaughlin qui agira comme skipper sur le Canada 2.
Sept équipes sont en lice pour tenter de faire face aux Américains, dont deux équipes françaises dirigées par Marc et Yves pajot. L’équipe canadienne fait bonne figure. Elle terminera quatrième et se rendra ainsi en quart de finale avant de finalement s’incliner devant les Australiens qui cette année-là, raviront pour la première fois en 137 ans l’America’s Cup aux Américains dirigés par le non moins diminutif célèbre Dennis Conner.
En 1988, Dennis Conner se rachète d’ailleurs en remettant et remet la main sur la Cup en Australie. Le Canada tente une fois de plus de devenir le challenger mais est rapidement évincé. Ce sera la dernière fois que les Canadiens présenteront leur candidature pour être les challengers de L’America’s Cup.
Le Canada 2 coule maintenant des jours paisibles en participant à des régates. Son port d’attache est maintenant dans les Antilles à St-Marteen.
Avec l’aimable collaboration de Messieurs Louis Hardy et Denis Anger.
Crédit photos: Site de l’America’s Cup
C’est aujourd’hui à 10h, heure locale que se tiendra à Valence en Espagne, la première manche du dogmatch opposant le syndicat suisse Alinghi et le syndicat américain BMW Oracle Racing dans le cadre de la 33ième coupe América. Ce match décrété par les tribunaux américains fait suite à une saga judiciaire ayant duré plus de trois ans.
Cet inextricable fouillis juridique aura finalement accouché d’une Cup qui pour la première fois de son histoire, sera disputée sur des Multicoques de dernière génération. Il s’agit d’un duel à très haut risque. Celles et ceux connaissant la versatilité et l’extrême sensibilité de ces engins n’ignorent pas que le vainqueur pourrait en être un par défaut. Bien qu’il s’agissent de bateaux extrêmement rapide, il n’en demeure pas moins que les risques de chavirage sont multipliés en comparaison des monocoques.
Deux monstres s’affrontent
Chez Alinghi, on a opté pour un catamaran, ce qui a la particularité de d’être plus rapide dans les petits airs. Tandis que les américains ont de leur côté choisit un monstrueux trimaran de 114 pieds de long et doté d’un mât de 185 pieds de hauteur. (La hauteur des chutes du Niagara) Vous avez bien lu !
Deux canadiens s’affrontent aussi.

Notons que deux canadiens s’affronteront durant ce dogmatch. Chez Alinghi, on retrouve le Britanno-Colombien Curtis Blewett qui occupera le poste de plage-avant. Chez BMW Oracle Racing, le Néo-Écossais Brian « Puck » MacInnes sera aux moulins à café.
Les matchs se tiendront lundi, mercredi et vendredi à 10h le matin. Pas fort pour les américains qui veulent suivre cette régate qui se tiendra à 4h du matin heure du Québec… Vous pouvez suivre cette compétition en directe si le cœur vous en dit et si vous êtes un lève-tôt ou un insomniaque. La Cup sera présentée sur la web-tv du site de l’America’s Cup à l’adresse suivante :
Que le meilleur gagne sauf si le plus malchanceux abandonne… !






