Un autre soldat vient de tomber au champ d’honneur. Jean Baptiste Dejeanty doit retourner aux Sables D’Olonnes suite à une avarie à un panneau de pont constitutif. Il occupait le 20ième rang à 46 milles nautiques du meneur au moment où il a avisé la direction de course de ses intentions. bien qu’aucun domage structurel n’ait été rapporté par le skipper, Jean-Baptiste Dejeanty prévoit tout de même prendre 2 à 3 jours pour réparer.
Il s’agit de la quatrième casse en seulement un peu plus de 24 heurs de course. Une moyenne qui nous force à conclure que l’entré en matière est pour le moins éprouvante. Et dans le baston que vivent présentement les coureurs, on est en droit de s’attendre à ce que d’autres passent au batte dans les heures qui viennent.
En terminant, pour information, voici ce que stipule le règlement du Vendée Globe concernant les retours au point de départ.
Rappel : le règlement du Vendée Globe stipule que les navigateurs peuvent revenir dans le seul port des Sables d’Olonne pour réparer et reprendre le départ en cas d’avarie. La date limite de franchissement de la ligne de départ est fixée au 19 novembre à 13h02.
Je ne vous apprendrai rien en vous disant que la course au large est un monde contenant son lot de cruautés. Et curieusement, on dirait que cela vient plus souvent des casses que des gens qui vivent dans ce domaine. Beaucoup de coureurs et certains parmi les meilleurs ont parfois vu les résultats de plusieurs années de travail être réduit à néant en un seul instant. Parlez-en à Roland Jourdain qui, par exemple, a vu ses deux derniers tours du monde être stoppés par des bris majeurs.
La « chance » (si on peut l’appeler ainsi) dans tout ça, c’est que la déveine de notre équipe québécoise soit survenue à l’entrainement. Le mât brisé est donc assuré. En effet, il aurait été fâcheux et même très inquiétant qu’une telle chose se produise en course au beau milieu de l’Atlantique…
À québec malgré tout!
En terminant, je pense à Éric Tabardel que j’ai vu la broue dans le toupet l’hiver dernier dans son usine désaffectée de la rue Cabot à Montréal. Et à l’instar de Jean Lemire, je ne peux m’empêcher d’avoir le cœur très gros. Je sais que cette équipe vit des moments épouvantables. J’ignore de quoi seront fait les prochains mois, mais j’espère du fond du cœur qu’elle trouvera les ressources pour se relever. Car je suis fort bien placé pour dire jusqu’à quel point ces gars-là mérite notre appui et notre admiration.
Enorme et très mauvaise surprise sur la Transat Anglaise, déjà marquée par les abandons de Michel Desjoyeaux, Sébastien Josse et Unai Basurko : en raison d´une grave avarie de quille suite à un choc violent avec un requin pèlerin survenu la nuit dernière, le leader Vincent Riou a annoncé à 17h (HF) son intention de quitter son monocoque. Il se trouvait alors à 530 milles d´Halifax. Il a été récupéré vers 19h25 par Loïck Peyron, qui a ensuite repris sa route vers Boston, alors que Vincent Riou a tenté de sécuriser au maximum PRB avant de l’abandonner.
Loïck Peyron se porte à son secours
Mais un peu avant 17 heures la situation était devenue toute autre. Vincent venait en effet de profiter des calmes revenus pour inspecter plus minutieusement son système de vérin. Et là, stupeur, il s’apercevait que la fixation avant de sa quille était cassée. La quille n’était plus retenue que par son axe arrière et par le système de vérin qui la maintenait à ce moment inclinée sur un bord. Qu’il remette la quille droite et elle partirait inévitablement vers l’avant, se posant directement sur la coque avec tous les risques de détérioration rapide de celle-ci que l’on imagine, voir de perte de quille. Impossible pour Vincent d’envisager d’aborder ainsi le coup de vent qui s’annonce dans les 24 heures sans mettre en péril et le bateau et le marin…








