
Avarie importante sur le Class 40 Bleu d’Éric Tabardel. La grand-voile a été endommagée au niveau du deuxième ris, alors que le skipper et son équipe faisaient route en configuration convoyage et sans trop forcer vers l’archipel des Îles de la Madeleine. Éric Tabardel devait y rencontrer son spécialiste en informatique Jean Raymond pour procéder à l’installation de nouveau matériel.
Le bateau naviguait à ce moment sous deux ris dans une brise soutenue. Les conditions étaient faciles. Rien d’anormal dans les vents ou la météo. «Nous ne tirions même pas sur le bateau. Puis soudain, on s’est rendu compte que la voile avait lâché près de l’œillet du deuxième ris » a déclaré Éric Tabardel lorsque rejoint plus tôt cet après-midi.
Il semble qu’une très légère imperfection dans la confection soit à l’origine du problème. Celui-ci devrait d’ailleurs être résolu sous peu puisque l’équipe de Voile Saintonge a déjà pris en charge la voile. Cette dernière a été transportée à Québec pour être réparer. On s’affairera entre autres à renforcer les prises de ris et d’écoute en y ajoutant des renforts de dacron.
Philosophe, Éric Tabardel ne semblait pas s’en faire trop avec ce nouveau coup du sort. Il faut dire que les bris sont normaux dans ce type de sport. « C’est pour ça que l’on fait des essais. C’est pour ne pas se retrouver au beau milieu de l’Atlantique avec des ennuis comme ceux-là » affirme le skipper.
Par ailleurs, l’équipe est toujours en recherche de sponsors pour financer la première traversée de l’océan Atlantique du Class 40 construit au Québec. L’équipe valse avec diverses destinations afin de participer à des courses au cas où l’argent ne serait pas au rendez-vous. On parle de l’Europe mais aussi des Antilles et de la côte Est américaine comme option. Les prochaines semaines seront cruciales et les grandes orientations seront prises avant l’automne.

Gianfranco Tortolani a dû abandonner son bateau lorsque celui-ci a subit une sérieuse avarie suite à un chavirage. Crédit photo Stuart Holmes – Starboard Photography
La course de l’OSTAR a été le théâtre d’un sauvetage hier après-midi au large de la Nouvelle-Écosse. L’italien Gianfranco Tortolanni s’est retrouvé dans le trouble après le chavirage de son Open 30. Son mât était endommagé et le bateau commençait à prendre l’eau dangereusement au point où l’une de ses balises de détresse s’est activée. Un porte-conteneur s’est dérouté afin d’aller aider le concurrent italien qui a finalement dû évacuer son bateau en perdition et fût incidemment récupéré saint et sauf. L’opération de récupération s’est déroulée comme prévue et fort heureusement, le marin ne s’était pas blessé durant sa mésaventure.
L’OSTAR tire présentement à sa fin. C’est le skipper néerlandais Jan Kess Lampe qui est arrivé premier avec un temps réel de 17 jours 17 heures et 40 minutes. Il brise le record de presque deux jours pour un 40 pieds. L’ancienne marque datant de 1992 était de 19 jours 11 heures et 19 minutes. C’est toutefois le britannique Will Sayer qui domine le tableau sur le temps compensé. La français Anne Caseneuve, bien connue chez nous, participait encore cette année avec son multicoque 50 baptisé Croisière-Anne-Caseneuve, mais elle a dû abandonner la course après quelques jours de navigation en raison d’un safran cassé. Elle est rentrée en Europe par ses propres moyens. Notons en terminant, que contrairement à la dernière édition, aucun canadien ne figurait cette année sur la ligne de départ.
Depuis que Roland Jourdain a annoncé qu’il avait perdu son bulbe de quille, tous le monde retenait son souffle. Non pas parce que nous espérions que Bilou puisse finir la course mais bien plutôt parce que tous ceux qui suivent les péripéties de ces marins savent que naviguer sans bulbe de quille est une aventure plus que périeuse. À n’importe quel moment, le bateau peut chavirer et mettre en péril la sécurité du marin. Et plus nous regardions les fichiers météo, plus nous savions que ceux-ci jouaient contre Bilou, et plus nos mâchoires se serraient et nos orteils se recroquevillaient dans nos godasses.
Tous le monde comprend le désarroi d’un gars comme Roland Jourdain. Surtout quand on pense que c’est pour lui un troisième tour du monde et que là-dessus, c’est son deuxième à finir en queue de poisson. Ce gars là a mis tout ce qu’il avait pour finir cette course et la gagner. Il aurait certes mérité un bien meilleur sort.
Mais nous savons que l’homme a du cœur au ventre. Et parfois, ce ne sont pas toujours les victoires qui font les gagnants. Bilou est un père de famille et personne n’aurait trouvé amusant de le voir risquer sa peau entre les Açores et les Sables d’Olones. Bref, le public n’en demande pas tant.






