
crédit photo: Gabriele Olivo/Telefonica Blue/Volvo Ocean Race
Puma a vu sa bôme être cassée, Telefonica Black a abandonné la course en raison de très inquiétantes fissures apparu sur sa coque. Green Dragon a aussi des problèmes structurels. Quant à Delta Loyds, son rail est endommagé, sa grand-voile est déchirée et il a demandé assistance car l’une de ses deux barres-roue est bloquée.
Point positif de l’affaire, bien qu’ils en aient bavé comme jamais, on ne dénombre aucun marin blessé dans cette hécatombe.
Côté course, Telefonica Blue en a profité pour prendre la poudre d’escampette et creuser un écart de 65 milles nautiques sur ses deux poursuivants, en l’occurrence les soeurs Ericson 3 et 4. Il faut dire que des tempêtes, Bouwe Bekking en a vu d’autres. Avec Torben Grael, il est de loin le plus expérimenté de la flotte en ce domaine. Premier à s’engager dans le détroit de Luzon en dépit du mauvais temps, Telefonica blue prend maintenant une sérieuse option sur la victoire d’étape.
Par Pierre Morel Journaliste et éditeur du Hubl’eau
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Bonne lecture à tous!
Matane 11 janvier 2008
Palpitant ce sixième Vendée Globe, d’abord parce que l’on y retrouve un mélange d’expérience et de jeunesse qui ne cesse de surprendre et prouve qu’elle est prête à prendre la relève. Mais ce Vendée Globe 2008-2009 c’est aussi celui de la casse puisque 60% de la flotte, soit 18 des 30 engagés au départ, le 9 novembre ont été contraints à l’abandon.
Est-ce que l’abordage dont a été victime d’Hugo Boss d’Alex Thompson, lors de son arrivée aux Sables, le 17 octobre, était un signe annonciateur…? La réponse a été donnée rapidement puisqu’à peine deux jours après le départ, trois navigateurs, Marc Thiercelin (DCNS), Kito De Pavant (Groupe Bel) et Yannick Bestaven (Aquarelle.com) étaient victimes d’un démâtage, donnant un cachet dramatique à ce début de course. Deux jours plus tard, c’était au tour d’Hugo Boss d’abandonner à la suite d’une voie d’eau, relié certainement à la réparation hâtive qu’il avait dû effectuer avant de prendre le départ.
On connaît la suite, avaries de gréement, bris de quille ou de safran, barres de flèches cassées, accident et chavirage…
Reste que toutes ces avaries ne seraient-elle pas le résultat du fait que l’on désire aller toujours plus vite…? Aurait-on atteint un point de rupture entre ce désir de vitesse et de légèreté pour battre obligatoirement un record.
Évidemment, l’intégration des matériaux composites aux structures des voiliers favorise la performance, mais qu’en est-il vraiment de la fiabilité et de la résistance? Pousse-t-on ces machines à leur extrême limite dans des mers agitées ou chaque vague que l’on franchi assène un coup au bateau, comme autant de blessures qu’on lui inflige.
Dans ce contexte, on en demande aussi beaucoup aux skippers qui doivent assurer une vigile presque permanente pour limiter les risques et contrôler les éléments. Accumulant fatigue par-dessus fatigue ils souffrent donc autant que leur voilier dans cette quête de leur tour du monde.
Le chavirage de VM Matériaux de Jean Le Cam, au moment où semble-t-il, il prenait une pause sommeil, en est un exemple. Cet incident, arrivée 12 ans presque jour pour jour avec celui qui a coûté la vie à Gerry Rouff, le 7 janvier 1997, n’est pas sans nous rappeler que la mer, lorsqu’on lui lance un défi, reprend ses droits. Heureusement, cependant, l’opération sauvetage menée par la direction de course et le courage de Vincent Riou ont évité le pire. Riou a cependant démâté à son tour peu après avoir franchi le Cap Horn mercredi.
On dira qu’il n’y a jamais eu autant de sécurité autour d’une telle course. Communications ultra-rapides, balises de localisation, de détresse et même modification du parcours pour éviter les icebergs, oui, toute une technologie, il faut l’admettre. Mais en vertu des conditions exécrables qu’ont dû affronter les skippers tant dans l’océan Indien que dans le Pacifique, qui était loin de porter son nom, il faut peut-être songer à des voiliers un peu plus costauds pour faire face aux humeurs océaniques, qui encaissent aussi les foudres des changements climatiques.
Malgré tout, ce Vendée Globe réserve enfin de belles surprises comme les performances de Samantha Davies sur Roxy et d’Armel Le Cléach sur Brit-Air, qui tous deux à leur première expérience, se retrouvent dans le peloton de tête contre toute attente, peut-être parce qu’ils ont décidé de ménager leur monture.
Pierre Morel

Le 7 janvier 1997, le navigateur Gerry
Consternante fin de course pour le champion de 2004 qui ne se rendra pas aux sables d’Olones. Lui et Lecam se trouvait à ce moment, à environ 8 milles dans le nord-est du phare du Cap Horn. On se rappellera que l’origine de ce démâtage vient de l’assistance que Rioux a portée à Jean LeCam lors de son chavirage hier. Il avait à ce moment cassé l’un de ses deux out-riggers
Les deux hommes ne sont pas blessés mais le pont du bateau est semble-t-il très fortement endommagé et il n’y a plus de chandelier. Vincent Rioux a demandé assistance par Pan-Pan afin d’obtenir un remorquage. Ce type d’appel n’étant pas un May-Day, les occupants du bâtiment en détresse n’ont donc pas l’obligation de quitter le navire lors de l’arrivée des sauveteurs. Vincent Rioux pourra donc alors superviser la démarche d’un remorqueur chilien qui devait les prendre en charge autour de 21h00(HNE)
On imagine la scène sur le bateau entre les deux gaulois, farouches adversaires que sont Rioux et LeCam. Ce dernier atterré d’être la cause profonde du désastre et l’autre qui n’en fini plus de faire des courses cauchemardesque depuis sa victoire au Vendée-Globe 2004-2005 doit s’arracher les cheveux.
LeCam : – tout ça c’est de ma faute merde !
Rioux : Hé Ho, ne fait pas le con, là ! T’aurait fait la même chose à ma place. Tu serais venu m’aider…
Lecam : Ouais, mais sauf que moi, j’aurais pt’être pas bousillé mon out-rigger…
Et ça y est, c’est reparti !
Isabelle Autissier attend les deux gamins au petit matin à Puerto Williams pour remettre de l’ordre dans tout ça…







