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Après le coup de chien du golf de Gascogne, la descente de l’Atlantique à toutes pompes vient de faire sa première victime. Jérémi Beyou a annoncé au Pc course son abandon officiel après avoir évalué et réalisé que l’avarie de barre de flèche subie il y a trois jours était impossible à réparer sans l’assistance d’une équipe terrestre et surtout sans pièces de rechange. Il était de plus, impossible de machiner certaines pièces sans l’équipement nécessaire à ce type d’opération. La course se termine donc à Recife sur les côtes brésiliennes pour le skipper et son Delta Dore.

On savait que le coup avait été très dur pour le voilier et que les dommages étaient considérables. Du coup, cette annonce n’a pas été une surprise comme telle. Il reste que la déception est grande pour Jérémi Beyou qui menait jusqu’à cette avarie une course splendide, étant depuis plusieurs semaines dans le groupe de tête.

D’autre part, l’anglais Mike Golding contactera dans les prochaines heures le pc course pour obtenir le droit officiel de retirer les scellés sur l’un de ses radeaux de survie. Le navigateur doit effectuer le déplacement de cet équipement pour procéder au relaminage d’une partie du bateau. On ignore pour l’instant ce qui a causé ce dommage. La direction technique d’Ecover a recommandé au navigateur de s’arrêter pour procédé à la réparation mais ce dernier a donné une fin de non-recevoir à la suggestion, préférant poursuivre la course.

Finalement, notons que la tête de flotte se retrouve présentement à la porte de l’anticyclone de Sainte-Hélène. Ce dernier a choisi de s’écraser sur lui-même et risque donc de provoquer un ralentissement de la flotte dans les prochaines heures.

Marc Guillemot cravache comme jamais. Pied au plancher, il dévale et se rapproche d’heure en heure du peloton de tête. Au dernier relevé, il n’accusait plus que 189 milles de retard sur le meneur, toujours Loïck Peyron. Quant à Derek Hatfield, il vient de sortir du pot-au-noir et reprend de la vitesse. Il est à 1514 milles du leader.


Que se passe-t-il à bord de Safran?

Il aurait été plus qu’intéressant de savoir où seraient Marc Thiercelin, Kito DePavant Dominique Wavre Alex Thompson et Michel Desjoyaux sans leur misérable infortune de mer. On ne dira jamais assez jusqu’à quel point ces aléas sont jusqu’à maintenant la plus grande déception de cette course.

Les Suisses font aussi partie de ce lot. Eux qui étaient sensés faire la lutte aux français, ils comptaient beaucoup sur Bernard Stamm pour percer la ligne de défense de la flotte républicaine. Heureusement, ce n’est pas fini, loin de là…

Mais comme il faut en revenir, hormis ces abandons, c’est la performance de la flotte de sa majesté qui suscite le plus de questions jusqu’ici. Force est d’admettre que depuis le début, la course est une affaire de français. Pourtant, avec une telle armada, on était et on est toujours en droit de s’attendre à ce que les sujets de la couronne britannique se démarquent beaucoup plus.

Vincent Rioux tarde à s’affirmer dans cette course. C’est vrai qu’à la décharge du champion défendant, ce dernier a l’habitude de faire sa course. De plus, il a rattrapé une bonne partie de son retard. Mais on attend toujours de voir jusqu’où il poussera son nouveau PRB.

Mike Golding ne connait pas un début de course comme celui de 2004. On sent qu’il ne fait que commencer à maîtriser son coursier. Sa position au classement en témoigne. Le déficit technique se fait aussi cruellement sentir. Le bateau a pris le départ alors qu’il restait encore du travail à faire et cela paraît. Heureusement pour lui, la course est jeune. Il faut dire également que Mike Golding n’est pas un marin ordinaire. En plus d’être un excellent régleur et un fin stratège, il est de loin l’anglais le plus talentueux du groupe des 30. S’il en est un qui a du ressort, c’est bien lui. Il pourrait bien corriger les choses dans les semaines à venir.

Marc Guillemot s’est empêtré dans les Canaries. Il a perdu des dizaines de milles. Mais ça n’excuse pas tout. Son Safran est l’un des fers de lance de la flotte de la république. Il est difficile d’expliquer comment il se fait qu’il se retrouve aujourd’hui à plus de 50 milles nautiques de Samantha Davies qui navigue avec un bateau beaucoup plus âgé et surtout moins évolué technologiquement parlant. Marc s’est même fait doublé par Dominique Wavre. Il navigue présentement à 253 milles nautiques du meneur ralenti par le Pot-au-noir. C’est tout dire ! Nous ne saurons que plus tard ce qui se passe mais je le soupçonne de cacher une avarie probablement subit durant le baston du début de course.

La performance de Brian Thompson est la plus énigmatique de toutes. Disposant du plus puissant bateau de la flotte, Brian se traîne les savates depuis le début. Avec ses 640 mètres carré de voile au portant, on se serait attendu à le voir décoller dans les Alysée mais hélas, rien à faire ! Ça ne lève tous simplement pas.

Même chose pour Johnny Malbon. Son Artemis est elle aussi une machine infernale qui s’avère finalement être un pétard mouillé. À l’instar d’Alex Thompson en 2004, Johnny Malbon a cependant l’excuse de la jeunesse et de l’inexpérience. Mais entre vous et moi, je n’ose pas penser à ce qu’Alex Thompson aurait fait avec une telle machine entre les mains…

Il n’y a pas de bonnet d’âne à attribuer. Du moins jusqu’ici. Nous assistons à une très belle course. Malgré quelques impairs pas très significatifs au début, de façon générale l’organisation ainsi que La couverture de la course sont excellente. Chapeau aux organisateurs.

En ce moment, Loïck Peyron mène toujours, suivi de Sébastien Josse et Jean-Pierre Dick. Les écarts sont insignifiants. On parle d’à peine 30 milles entre le premier et le troisième. Jean LeCam a été relégué au 9ième rang et on sait maintenant ce qui l’a retardé ainsi. Il s’agissait de problème de pilote automatique.

Derek Hatfield est aux Canaries à 1456 milles du meneur. Ça n’avance pas très vite. 10, 8 nœuds au dernier relevé. Le vent faiblit toujours au passage des îles.

Demain: Les no-names.


La stratégie de Jean LeCam commence à agacer

sérieusement ses adversaires

La semaine a bien mal commencé. La tempête du golf de Gascogne a fait de nombreuses victimes. La pus grande déception restera sans doute le retour aux Sables d’Olonne de Michel Desjoyaux. Surnommé le prof à l’instar du célèbre pilote de formule 1 Alain Prost, la course du solitaire a été sérieusement hypothéqué par des ennuis électriques dont l’origine était, à ce qu’on dit, une fuite du système de ballast.

Ne pas voir Foncia aux avant-postes en train de se battre contre les meilleurs sera sans doute l’une des plus énormes déceptions de ce début de course. Mais que dire ensuite des démâtages de Yannick Bestaven et Marc Thiercelin. Une pareille avarie survenant au début d’une course est un choc. Il ne faut que penser à toute la préparation qu’elle nécessite pour déjà ressentir la houle qui nous envahie le cœur.

Le champion toutes catégories de la malchance demeurera cependant Alex Thompson. L’équipe technique d’Hugo Boss a fait des pieds et des mains pour remettre le bateau en état pour le départ suite à une collision avec un chalutier lors du convoyage vers les Sables d’Olonne. Deux semaines d’une course effrénée contre la montre. L’opération a coûté plus d’un demi- million de dollars. Le départ et la participation du jeune anglais allaient donc être le couronnement de milliers d’heures de travail et des efforts de centaines de personnes. Et crac ! 28 heures plus tard, un objet flottant vient tout bousiller, effacer l’ardoise, comme l’eau de mer sur un château de sable. C’est la fin d’un rêve qui dure depuis 4 ans. Plus de 10 millions d’Euros envolés en fumé. Un vrai cas de suicide…

Hormis ces avaries, il y a trois choses que nous retiendrons de cette première semaine de Vendée Globe. La première, c’est que jusqu’ici, la nouvelle génération de bateaux n’a pas été en mesure de se démarquer de manière significative. En effet, la puissance qui devait faire la différence ne l’a finalement pas faite. De toute évidence, certains ménagent leur monture. Mais il reste que l’on se serait attendu à beaucoup plus de machine comme Pindar ou Safran par exemple. Il est difficile d’expliquer comment il se fait qu’avec un coursier disposant de 640 mètres carré de voile, soit la plus grande surface de toute la flotte, Brian Thompson se retrouve à près de 200 milles nautiques du meneur à se colletailler avec l’ancien PRB. (Roxy de Samantha Davies)

La deuxième chose que l’on retiendra, c’est la performance des bateaux moins récents. Les deux plans Lombard de Roland Jourdain et Jean LeCam n’ont rien laissé aux bateaux de dernière génération comme Gitana Eighty ou Virbac-Paprec. Pire, ils maintiennent inlassablement la dragée haute. Ainsi, LeCam suit Peyron à la trace depuis plusieurs jours. Que se passera-t-il alors, lorsque nous seront dans le grand Sud dans des mers beaucoup plus hostiles s’il est impossible à ces coursiers alliant puissance et rapidité de se démarquer dans les Alizées ? Que se passera-t-il quand le temps imposera ses trois ris et trinquette à ces lourdes embarcations et qu’elles devront suivre un VM Matériaux toilé de la même façon mais beaucoup plus léger ?

On comprend mieux à la lumière de ces questions comment se joue la guerre psychologique du Vendée Globe. Pour LeCam, le but est clair : rester collé comme un sparadrap, le plus près possible du meneur jusqu’au Cap de Bonne Espérance. Par la suite, c’est à ce moment que l’on fera la distinction entre les hommes et les enfants. Il disposera de 15000 milles nautique pour faire son lit.

Le troisième élément que l’on retient, c’est le retard de la tête de flotte sur l’année 2004. Et même sans cette tempête dans le golf de Gascogne, les vitesses ne donne pas à croire qu’il en aurait été autrement. Assurément, si ça ne cravache pas d’avantage, Vincent Rioux n’aura pas trop à s’inquiéter pour son record.

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Dernère mise à jour du site le 2010-09-05 @ 22:01