Voile En Ligne 2013-06-18 @ 01:01:07 -04:00 UTC
Le Blogue nautique de référence au Québec!

Benoît Parnaudeau

Quatre de large et trois en file simple.

La flotte de la huitième Transat Québec Saint-Malo était aujourd’hui à la porte de Saint-Pierre et Miquelon. Mais on dirait que le patron de l’Église a égaré la clé du paradis Atlantique.

[media-credit name="Crédit photo: Mathieu Simon" align="alignnone" width="520"][/media-credit] 

L’Atlantique signifie les longs bords et enfin quelques heures de repos. Du moins en principe… Dans les faits, le boulot à abattre laisse croire que les prochaines heures sinon les prochains jours seront de la grosse ouvrage pour les équipes. Le combat royal tant attendu est là.  Les équipes régatent au contact. Pas moins d’une douzaine de changements de leaders ont été fait depuis le départ de Québec. C’est la course océanique la plus rageusement disputée depuis le Vendée Globe 2004-2005.

Les pépins ont ralentis certains concurrents. Mais les machines à coudre et les sparadrap 3M ont fait le travail avec les équipiers qui se sont improvisé tailleur et couturier. Pour d’autres, c’est plus complexe. Les bouts dehors de et Partouche ont connu des heures sombres au point d’être dans l’impossibilité d’envoyer les spinnakers. Le plus Québécois des Français a des ennuis de safran et se prépare à une escale technique à Saint-Pierre.

Derrière, aussi ça souffre. a connu quelques ennuis avec une drisse et a explosé un spi.  Mais ça cravache, la chance fait son oeuvre et à force de grimaces, les équipes reviennent dans le match. Bleu s’est approché à 21 milles du leader tandis que Persévérance III a effacé plus de 100 milles de son ardoise et se retrouvait à 79 milles du leader un peu plus tôt dans la journée.

Devant, Geodis a pris la tête avec un peu plus de trois milles d’avance. Au dessus de l’épaule du skipper Fabrice Amedeo se trouvent une bande d’enragés emportés par IXBlue, GDF-Suez et Latitude Mer Longitude Neige. En embuscade Roaring Forty II, Campagne de France et Comiris-Élior. Pas de doute!, l’équipe du Reporter du large a dans cette course autant d’ennemis que César.

Un petit mot sur Mare qui éprouve des problèmes avec son bout dehors comme nous le disions plus tôt. Le voilier rouge est maintenant à 26 milles du leader en 9e place .

Pendant ce temps, en classes Multicoques et Open,  Fenêtre A Cardinal a pris la poudre d’escampette. Il est à 160 milles de son plus proche rival, Un monde sans Sida d’Érik Nigon. Les deux trimaran ont d’ailleurs été les premiers à passer la bouée de Saint-Pierre. Le marqueur de l’archipel a eu besoin d’aiguiser son crayon et son oeil de lynx car le passage en rafale des Class 40 s’est fait sans trop attendre dans le trafic lourd. Les Saint-Pierrais ont dû pour un moment, se sentir comme en métropole…

Georges Leblanc fait sa course en préservant plus que jamais le matériel. La machine est loin d’être à fond et jusqu’ici, l’histoire lui donne raison. Rien ne sert de courir, il faut arriver. Ocean Phenix recolle au peloton et on peut présumer que c’est dans l’Atlantique que les bords les plus fumants seront tirés. à noter aussi que les faibles vents et les corridors fluviaux ne sont pas la tasse de thé des Volvo.

En terminant, il se passe tant de choses dans une telle course qu’il est difficile de tout consigner et rapporter. Mais les skippers nous offrent parfois des cadeaux comme ces communications de Robert Patenaude paru sur sa page Facebook et que nous reproduisons ici.

«  Bonjour!

On va bien, fatigués après ce départ époustouflant!!  On a littéralement explosé un spi dans 27 knt de vent ce qui nous a ralentis. Notre but est cependant de faire la TQSM en 16 jours et d’avoir une belle aventure. Le classement? On laisse ça aux pros. N’oubions pas que notre équipe est la seule équipe amateur non subventionnée!!!! 

Donc une belle transat, du plaisir et prise d’expérience. Hier, avant de passer l’ile Brion, on a eu un spectacle: 2 baleines bleues. J’ai parti le moteur au neutre pour qu’elles nous entendent. En changeant de voile, il y avait des centaines de dauphins autour du bateau. Tous vont bien à bord, mon équipage est fantastique.

Nous sommes près de Terre-Neuve, Port aux Baques. Présentement tout va bien, nous sommes contents de quitter la côte et le moral est bon pour les trois équipiers. Le début de course a été rude avec beaucoup d’imprévus et de détours. Nous avons pu apprécier les magnifiques paysages le long du fleuve, plus longtemps que nous l’aurions souhaité même… Nous regagnons, un mille à la fois la flotte de voiliers. La course est féroce pour des amateurs! Je crois qu’un 4e membre d’équipage, expérimenté, aurait été bienvenu, car la fatigue se fait sentir. Merci aux organisateurs, aux bénévoles et particulièrement pour votre accueil à chaque étape du parcours, malgré l’heure tardive parfois! Nous gardonsun très bon souvenir de ce passage.

À bientôt »

Robert Patenaude

Soutenir l’IRIC

Voile en Ligne en profite également pour remercier les Québécois de leur extraordinaire et historique soutien aux coureurs. Nous vous rappelons aussi que le Docteur Patenaude fête cette année son 30e anniversaire de rémission d’une leucémie. Il est engagé dans sa deuxième course transatlantique cet été dans le but d’amasser des fonds pour l’IRIC, l’Institut de Recherche en Immunologie et en Cancérologie de l’Université de Montréal. Vous pouvez soutenir l’initiative du docteur Patenaude en faisant un don à l’IRIC. Pour cela, visitez la page suivante:

http://www.iric.ca/appuyer-liric/pourquoi-donner-a-liric/faire-un-don/

 

 

Les sept vies de la Transat Québec Saint-Malo.

À chacune des éditions de la Transat Québec Saint-Malo, on retrouve toujours quelques prophètes de malheur de services pour l’enterrer. On rigole tous de ces croque-morts du dimanche le jour du départ.

Crédit photo: Bruno Bouvry © 2012

Il y a quelques semaines, l’équipe d’une émission française spécialisée dans le domaine de la course au large et diffusée sur le net prédisait de sombres jours à la Transat Québec Saint-Malo. Hé bien une fois de plus, il faudra se raviser. La plus belle des transats n’est pas à la veille de rendre son dernier souffle. 18 inscriptions à ce jours et plusieurs autres sont à venir.

Si la est bien vivante, c’est d’abord parce que l’équipe qui l’organise travaille toujours très fort pour attirer les meilleurs coureurs et ensuite, que le départ ait lieu. Et puis quoi qu’on en dise, la course au large est plus vivante que jamais au Québec, surtout dans la capitale, en aval du fleuve, dans la Baie des Chaleurs ainsi qu’au Lac Champlain.

Mais surtout, la transat est un fichu de bon placement qui rapporte gros en termes de visibilité et ne coûte pas cher. La transat est une aubaine. Et sans vouloir rien enlever à nos amis à l’autre bout de l’autoroute 20, si la ville de Québec avait pour sa transat, le dixième de ce que Montréal a en fric pour son grand-prix de F1, nous ferions des miracles avec un évènement qui, toutes proportions gardées, rapporte des retombées touristiques avantageusement comparables.

À Québec, on fait définitivement des prodiges avec très peu de moyens. Et foi du directeur de course Jean-Claude Maltais, ça va continuer. L’édition 2012 est en passe d’être la course qui va aligner le plus grand nombre d’inscrits pour une épreuve de class 40 cette année. Elle se rapprochera même dangereusement du chiffre magique de 16 bateaux de la dernière édition de la Transat Jacques-Vabre.

Si la joie d’accueillir les cousins ne se dément pas, celle de voir poindre l’étrave du transfuge va encore combler les Québécois pour cette édition. Le grand Ben n’est pas un navigateur ordinaire. C’est quelqu’un qui véhicule des valeurs qui sont chères en ces temps troubles. Il est aussi le premier québécois d’origine à avoir complété un tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance.

Dès qu’il mettra le pied à Progresso, Parnaudeau doit s’attendre à se faire taper sur l’épaule. On lui rappellera sans doute que des Québécois le réclament. Stylo et formulaire d’inscription à la main, d’aucuns s’assureront de programmer le pilote automatique de son coursier pour qu’il pointe son bout dehors en direction du golfe St-Laurent.

« On y travaille (…) » dit le directeur de course Jean-Claude Maltais rencontré il y a quelques jours. Ce dernier aimerait bien en effet, convaincre ceux qui tardent à s’inscrire. « Nous avons fait tout ce qu’il fallait pour ça(…) » dit-il. « Nous avons retardé de 30 jours la fermeture de la période de préinscription pour donner à celles et ceux qui naviguent encore dans les différentes courses la chance de rentrer à terre pour compléter les formalités. Pour faire parvenir un chèque, disons que les boîtes postales sont plutôt rares sur l’océan(…) », dit en riant le directeur de course à la bonne humeur proverbiale.

L’atmosphère est plutôt bonne dans l’entourage de l’organisation de la Transat et pour cause. Si Jean-Claude Maltais admet qu’il est loin d’être facile d’aller chercher les appuis financiers nécessaires cette année en raison du contexte économique incertain, du côté sportif, on attend par contre de très grandes vedettes du monde de la course au large.

L’allemand qui vient de remporter ainsi que le vainqueur de la Transat Jacques-Vabre Yannick Bestaven sont attendus à Québec. Ils feront face au redoutable Belge Michel Kleinjans, vainqueur de l’édition 2009 de la Global Ocean Race. Le ministe Sébastien Rogues, vainqueur de la première étape de la mini-transat 2011 est également inscrit.

Les Québécois ne seront pas en reste. Si le vent le lui permet, Georges Leblanc tentera certes de battre le record sur la distance pour un monocoque, marque détenue par le Suisse Pierre Fhelman sur le Whitbread Merit, un plan Farr de 80 pieds. Ce record qui tient depuis 1992 est de 10 jours, 15 heures et 44 minutes.

Trois équipages québécois seront de la partie en Class 40, soit ceux d’Éric Tabardel sur , de Luc Forcier sur Sacramouille et du docteur sur IRIC Persévérance.

La programmation promet d’être spectaculaire avec des courses de démonstrations de voiliers ultrarapides. Les catamarans F30 disputeront la première édition de la Coupe Ambassadeur, un spectacle qui en mettra plein la vue durant la semaine de festivités entourant la Transat.

Le parcours de la course a aussi été légèrement modifié pour permettre un suivi plus facile et plus enrichissant du point de vue marketing.  Des annonces seront faites dans les semaines à venir, mais Voile en Ligne a appris que les villes de La Malbaie, Rimouski, Matane, Gaspé et Percé verront vraisemblablement les voiliers de la Transat passer près de chez eux à vue de la rive.  D’autres activités sont en préparation. Le magnifique site de la Baie de Beauport sera aussi mis à contribution. Bref, on veut faire de l’évènement une grande fête du vent et de la voile. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est avancé et bien parti.

Mais avant tout, on promet une transat à dimension humaine, plus facile à suivre et où l’on s’efforcera de faire connaître les coureurs et non plus seulement les machines. Une transat qui n’en sera pas moins passionnante à suivre.

Solidaire du Chocolat: Riechers et Lepesqueux triomphent.

a sacré ses champions. Et c’est et qui ont remporté les grands honneurs.

Crédit photo: © 2012 Bruno Bouvry / imagesdemer.com

Le duo franco-allemand a fait une course splendide depuis le départ et terminé la traversée en 24 jours 7 heures 41 minutes et 24 secondes explosant le record de course par pas moins de 2jours 8heures 53minutes 36 secondes.

En plus d’avoir accompli un exploit sportif remarquable, la victoire des deux hommes marque le terme d’une course exceptionnelle. Aucun abandon et une confrontation serrée jusqu’à la fin. Le tout dans un environnement imposant aux coureurs la limite de la tolérance physique et psychologique. Chaleurs étouffantes, fatigue, obligation d’être constamment la main à l’écoute pour tirer le maximum de la performance du bateau, bref, les vainqueurs ne l’ont pas volé.

Marc Lepesqueux et Jörge Riechers naviguaient sur , un Mach 40 flambant neuf dessiné par Sam Manuard. Il s’agit de la deuxième génération de voilier crayonnés par ce talentueux architecte en passe de devenir le Guillaume Verdier de la Class 40.

La deuxième place est allée au duo formé de l’un des champions défendant Adrien Hardy et du skipper Stéphane LeDiraison sur le voilier Agir Recouvrement-Bureau Véritas. La troisième place fut quant à elle une très belle surprise. Fabrice Amédéo et Armel Tripon sur Geodis ont coiffé par un nez les champions de la Transat Jacques Vabre Éric Drouglazet et Yann Bestaven sur Aquarelle.com.

C’est l’aboutissement d’une belle aventure. Il reste encore quelques voiliers en mer, dont celui du français d’origine canadienne qui a dû faire escale à St-Barthélémy. est accompagné par Benoît Jouandet. Les deux ferment la marche à un peu moins de 1000 milles du but.

Il est à espérer que le côté médiatique sera un peu plus développé sur cette course passionnante. Cela va dans l’intérêt de la classe qui se développe de plus en plus et attire des marins faisant partie de l’élite mondiale de ce sport.

La Solidaire du Chocolat est une course magnifique. Elle a ceci de particulier qu’elle est une épreuve à caractère caritative. Elle sert à amasser des fonds pour des oeuvres auxquelles des entreprises acceptent de s’associer. Ainsi, mentionnons que le duo vainqueur naviguait pour  l’Association des Malades d’un Syndrome Néphrotique primitif ou idiopathique, qui rassemble et crée des liens entre les familles touchées par la maladie. Dix mille personnes sont touchées, principalement des enfants. Le syndrome néphrotique est la maladie rare des reins la plus fréquente chez les enfants, mais encore très peu connue. Le navigateur Marc Lepesqueux porte les couleurs de l’association depuis que sa fille, Marine, est atteinte de cette maladie.

Le duo tirait aussi des bords pour un autre organisme, l’ACF. La vocation d’ACF est de sauver des vies en luttant contre la faim, la misère physiologique, les situations de détresse qui menacent de mort des hommes, des femmes, des enfants sans défense. L’action de l’association se situe soit pendant la crise elle-même (intervention d’urgence), soit après (programmes de réhabilitation et de relance). Elle peut aussi intervenir dans la prévention des risques.Tous les programmes d’Action contre la Faim ont pour finalité de permettre à leurs bénéficiaires de recouvrer le plus vite possible leur autonomie et les moyens de vivre sans dépendre d’une assistance extérieure.


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