Jonathan Swain, Xabier Fernandez et Jordi Calafat
n’en reviennent tout simplement pas. Leurs mines
témoignent que Bouwe Bekking et ses hommes en ont
plein leur casque…
Crédit photo: Gabriele Olivo/Telefonica Blue/Volvo Ocean Race
Tous se souviennent des déboires de Bouwe Bekking lors de la Volvo Ocean Race 2007. Le skipper avait sonné l’alerte une première fois dans le Pacifique sud alors que son bateau prenait dangereusement l’eau. Les marins de Movistar avaient toutefois été capables de contrôler la situation et ramener leur voilier à bon port. Le V070 avait cependant remis ça en perdant sa quille dans l’Atlantique. C’est ABN AMRO II qui leur avait prêté secours en les évacuant de leur bateau qui repose maintenant au fond de l’océan.
On dirait que la guigne s’acharne sur Bouwe Bekking toujours au moment où l’équipe semble s’acheminer vers le succès. Cette année, l’équipe a accepté d’endosser une pénalité pour changer ses safrans au beau milieu de la course, histoire de donner résolument plus de vitesse à leur coursier. Lors du départ de Qingdao le bateau a touché le fond de l’eau et la quille fût endommagée. Reparti avec 19 heures de retard, Telefonica Blue avait réussi à remonter le peloton et à prendre la position de tête. Mais voilà que le ciel leur tombe de nouveau sur la caboche. Hier, la grand-voile a commencé à montrer des signes inquiétants de fatigue. Un examen a confirmé que celle-ci était en train de se délaminer.
Puis, comme si cela n’était pas suffisant, voilà que l’étai principal s’est cassé plus tôt aujourd’hui. Les hommes de Bekking ont du affaler la grand-voile et travailler plusieurs minutes pour récupérer leur immense génois inondé qui flottait au gré des vagues.
Bouwe Bekking a évalué la situation avec ses hommes pour convenir qu’un retour vers la Nouvelle-Zélande n’était pas souhaitable. En dépit du chemin qui reste à faire, l’équipe du bateau bleu a donc décidé de poursuivre vers le Brésil.
Cela va sans dire que Bouwe Bekking s’arrache les rares cheveux qui lui reste encore sur la tronche et que ses hommes commencent tous à en avoir marre. Ils mènent pourtant une course superbe mais se font constamment couper l’herbe sous le pied par toutes ces casses à répétition. Pour l’instant, le moral reste bon.
« Je suis content qu’au moins, nous ayons pu sauver le mât. Cette avarie aurait pu tourner au désastre et mettre définitivement fin à notre course… » déclarait le skipper un peu plus tôt lors d’une communication par téléphone Iridium. L’équipe tente de réparer comme elle peut. Mais même si pour l’instant, Telefonica Blue maintient son avance, le bateau risque bientôt de perdre du terrain dans les petits airs. De quoi donner le blues à l’équipe…
Par Pierre Morel Journaliste et éditeur du Hubl’eau
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Bonne lecture à tous!
Matane 11 janvier 2008
Palpitant ce sixième Vendée Globe, d’abord parce que l’on y retrouve un mélange d’expérience et de jeunesse qui ne cesse de surprendre et prouve qu’elle est prête à prendre la relève. Mais ce Vendée Globe 2008-2009 c’est aussi celui de la casse puisque 60% de la flotte, soit 18 des 30 engagés au départ, le 9 novembre ont été contraints à l’abandon.
Est-ce que l’abordage dont a été victime d’Hugo Boss d’Alex Thompson, lors de son arrivée aux Sables, le 17 octobre, était un signe annonciateur…? La réponse a été donnée rapidement puisqu’à peine deux jours après le départ, trois navigateurs, Marc Thiercelin (DCNS), Kito De Pavant (Groupe Bel) et Yannick Bestaven (Aquarelle.com) étaient victimes d’un démâtage, donnant un cachet dramatique à ce début de course. Deux jours plus tard, c’était au tour d’Hugo Boss d’abandonner à la suite d’une voie d’eau, relié certainement à la réparation hâtive qu’il avait dû effectuer avant de prendre le départ.
On connaît la suite, avaries de gréement, bris de quille ou de safran, barres de flèches cassées, accident et chavirage…
Reste que toutes ces avaries ne seraient-elle pas le résultat du fait que l’on désire aller toujours plus vite…? Aurait-on atteint un point de rupture entre ce désir de vitesse et de légèreté pour battre obligatoirement un record.
Évidemment, l’intégration des matériaux composites aux structures des voiliers favorise la performance, mais qu’en est-il vraiment de la fiabilité et de la résistance? Pousse-t-on ces machines à leur extrême limite dans des mers agitées ou chaque vague que l’on franchi assène un coup au bateau, comme autant de blessures qu’on lui inflige.
Dans ce contexte, on en demande aussi beaucoup aux skippers qui doivent assurer une vigile presque permanente pour limiter les risques et contrôler les éléments. Accumulant fatigue par-dessus fatigue ils souffrent donc autant que leur voilier dans cette quête de leur tour du monde.
Le chavirage de VM Matériaux de Jean Le Cam, au moment où semble-t-il, il prenait une pause sommeil, en est un exemple. Cet incident, arrivée 12 ans presque jour pour jour avec celui qui a coûté la vie à Gerry Rouff, le 7 janvier 1997, n’est pas sans nous rappeler que la mer, lorsqu’on lui lance un défi, reprend ses droits. Heureusement, cependant, l’opération sauvetage menée par la direction de course et le courage de Vincent Riou ont évité le pire. Riou a cependant démâté à son tour peu après avoir franchi le Cap Horn mercredi.
On dira qu’il n’y a jamais eu autant de sécurité autour d’une telle course. Communications ultra-rapides, balises de localisation, de détresse et même modification du parcours pour éviter les icebergs, oui, toute une technologie, il faut l’admettre. Mais en vertu des conditions exécrables qu’ont dû affronter les skippers tant dans l’océan Indien que dans le Pacifique, qui était loin de porter son nom, il faut peut-être songer à des voiliers un peu plus costauds pour faire face aux humeurs océaniques, qui encaissent aussi les foudres des changements climatiques.
Malgré tout, ce Vendée Globe réserve enfin de belles surprises comme les performances de Samantha Davies sur Roxy et d’Armel Le Cléach sur Brit-Air, qui tous deux à leur première expérience, se retrouvent dans le peloton de tête contre toute attente, peut-être parce qu’ils ont décidé de ménager leur monture.
Pierre Morel

Le 7 janvier 1997, le navigateur Gerry
Consternante fin de course pour le champion de 2004 qui ne se rendra pas aux sables d’Olones. Lui et Lecam se trouvait à ce moment, à environ 8 milles dans le nord-est du phare du Cap Horn. On se rappellera que l’origine de ce démâtage vient de l’assistance que Rioux a portée à Jean LeCam lors de son chavirage hier. Il avait à ce moment cassé l’un de ses deux out-riggers
Les deux hommes ne sont pas blessés mais le pont du bateau est semble-t-il très fortement endommagé et il n’y a plus de chandelier. Vincent Rioux a demandé assistance par Pan-Pan afin d’obtenir un remorquage. Ce type d’appel n’étant pas un May-Day, les occupants du bâtiment en détresse n’ont donc pas l’obligation de quitter le navire lors de l’arrivée des sauveteurs. Vincent Rioux pourra donc alors superviser la démarche d’un remorqueur chilien qui devait les prendre en charge autour de 21h00(HNE)
On imagine la scène sur le bateau entre les deux gaulois, farouches adversaires que sont Rioux et LeCam. Ce dernier atterré d’être la cause profonde du désastre et l’autre qui n’en fini plus de faire des courses cauchemardesque depuis sa victoire au Vendée-Globe 2004-2005 doit s’arracher les cheveux.
LeCam : – tout ça c’est de ma faute merde !
Rioux : Hé Ho, ne fait pas le con, là ! T’aurait fait la même chose à ma place. Tu serais venu m’aider…
Lecam : Ouais, mais sauf que moi, j’aurais pt’être pas bousillé mon out-rigger…
Et ça y est, c’est reparti !
Isabelle Autissier attend les deux gamins au petit matin à Puerto Williams pour remettre de l’ordre dans tout ça…







