La remise à l’eau de Bleu est pour bientôt et tous espèrent
que cette fois-ci sera la bonne et qu’Éric Tabardel et son
coursier pourront enfin naviguer avec plaisir.
Beaucoup d’eau a coulé sous les carènes depuis que nous avons écrit le dernier article sur le projet Bleu Voile Océanique. Cela s’explique peut-être par une volonté de laisser cette équipe retomber sur ses pieds après l’épreuve qu’elle a subie.
On se rappellera qu’à quelques jours du départ de la Transat Québec Saint-Malo, le mât s’était alors brisé en trois morceaux à quelques encablures de Gaspé, au moment où l’équipe procédait au convoyage du bateau. Le mât était assuré, mais il n’en demeure pas moins que le choc fut extrêmement brutal pour Éric Tabardel et son équipe qui comptaient prendre le départ d’une première course et représenter le Québec dans un niveau de compétition très élevé.
En Europe, un démâtage est un problème coûteux quoique généralement assez vite résolu. Mais ici au Québec, pareille tuile peut menacer sérieusement un projet. Et comme les questions d’assurances sont longues à régler, Éric Tabardel a donc dû réinvestir plus de 80000 dollars pour remettre un mât sur son bateau. Après tout, il faut bien naviguer. Et le bateau ne pouvait pas rester à quai sans rien faire. L’immobilisme coûte très cher dans le milieu de la voile. Remettre le bateau en état fût donc aussi financièrement éreintant pour l’équipe Bleu.
Mais Éric Tabardel a traversé plusieurs tempêtes. Après le choc causé par la chute de son mât, il s’est vite remis au travail au cours des heures qui ont suivi. Il semble que cela aide à passer à travers. Et puis il est clair que ce n’était pas cet autre écueil, si sérieux soit-il, qui allait bousiller quatre années d’effort pour construire et mettre à l’eau son bateau. Il lui en faut plus que ça pour se décourager.
Dans l’attente de reprendre la mer, l’équipe a donc préparé l’arrivée du nouveau mât et soigné une vilaine balafre sur la carène du bateau subie lors d’une collision avec un plaisancier. L’équipe a aussi, parallèlement, continué ses démarches auprès du milieu des affaires pour tenter d’obtenir un soutien plus stable et à la mesure d’une campagne en Class 40. Mais Eric Tabardel confiait hier lors d’un entretien téléphonique que cela demeure très difficile.
C’est hélas le parcours du combattant auquel sont confrontées les équipes de course océanique au Québec. L’argent est une denrée rare et les budgets sont très serrés. Bleu ne fait pas exception à cette règle bien au contraire. Aussi, Éric Tabardel attend-il toujours ce sponsor majeur qui saura saisir cette opportunité d’affaire en or.
Mais « en attendant Godot », l’équipe a poursuivi son chemin. Un nouveau mât a été commandé l’automne dernier et fabriqué par l’entreprise Zspar en France. Le grand bâton de hockey a par la suite été livré le 28 décembre dernier. À cette occasion, le mât fraichement arrivé d’Europe par cargo a été déchargé au quai de Tracy puis transporté à pied par une équipe d’une dizaine de personnes sur environ deux kilomètres jusqu’au hangar où se trouve le bateau. Un drôle de spectacle hivernal pour les gens du village qui s’interrogeaient à la vue de cette cohorte défilant avec l’espar de Bleu.
Puis on apprenait dernièrement qu’aux plus grands plaisirs des amateurs québécois de course océanique, Bleu passera une partie de l’été au Québec, plus précisément à Gaspé. Il y sera pour s’entraîner dans le golfe du Saint-Laurent et aussi faire la promotion du projet auprès de partenaires éventuels. Le public aura aussi accès pour voir le coursier et rencontrer le skipper qui a tenu à dire que lui et son équipe ont décidé de demeurer de ce côté-ci de l’Atlantique pour prendre du temps avec les partenaires et les supporters. Tous sont invités à venir rencontrer l’équipe et se familiariser avec cette extraordinaire aventure qui ne fait que commencer.
Le convoyage vers l’Europe devrait quant à lui s’effectuer entre la fin de juillet et le milieu du mois d’août. Aucune date n’est arrêtée pour l’instant, mais Éric a laissé entendre qu’il examinera une fenêtre lui permettant de devancer la saison des ouragans. Notez en terminant que Bleu sera remis à l’eau ce printemps dès que les glaces auront disparu du fleuve Saint-Laurent. Voile en Ligne suivra de près les évènements à venir dont la publication du calendrier de course 2009 de l’équipe. De plus, nous seront présent lors du retour de Bleu à son élément.

Imaginez! Les gars du Team Mowgli ont pris cette photo
lors de l’empannage de Beluga Racer. Il faut prendre garde
de ne pas s’enfarger dans les écoutes des adversaires…
Crédit photo: Team Mowgli, Portimao Global Ocean Race.
Les Allemands Boris Herman et Felix Oehme ont pris la tête du classement provisoire de l’étape 3 de la Portimao Global Ocean Race. Ils ont doublé les Chiliens Felipe Cubillos et José Muñoz du Desafio Cabo di Horno au cours des dernières heures dans cette étape cruciale pour la première place de l’édition initiale de ce tour du monde.
Une fois de plus, les Class 40 et le seul Open 40 toujours engagé offrent une excellente prestation sportive, étant au coude à coude depuis le début de l’étape. Les dernières heures furent d’ailleurs un véritable jeu de chaise musicale, les protagonistes s’échangeant tour à tour la place de leader. En ce moment et au terme de plus de treize jours de course, seulement 18 petits milles séparent le premier du quatrième concurrent, le solitaire belge Michel Kleinjans sur son Roaring Forty.
Les bateaux naviguent à vue depuis quelques jours. Ils sont limités par une immense porte de glace leur bloquant le chemin au-delà du 45° sud et doivent donc louvoyer sur une route presque directe dans une mer qui pour l’instant du moins, semble ressembler davantage à un lac. Il leur reste encore plus de 5000 milles nautiques à parcourir avant leur arrivée à Ilhabela au Brésil. Les coureurs sont maintenant à moins d’une journée de navigation de la porte de pointage marquant la mi-chemin entre la Nouvelle-Zélande et le Chili. Dans les heures qui viennent, le vent devrait forcir pour atteindre les 20 à 30 nœuds de sud-ouest. Les 40 pieds devraient donc accélérer.

Les Chiliens du Desafio font la vie dure aux Allemands
Les quatre concurrents toujours engagés dans la Portimao Global Ocean Race ont quitté Wellington samedi dernier soit le 21 février. Direction: Ilhabela, une île paradisiaque située dans le district de Sao-Paulo au Brésil.
L’étape de 7500 milles nautique est cruciale. Elle aura une influence déterminante sur le classement final de cette course qui, mentionnons-le est le premier tour du monde impliquant des Class 40 de dernière génération.
Comme on le sait, il y avait au départ de l’épreuve des solitaires et des duos. Il ne reste plus qu’un seul solitaire impliqué dans la course, soit le belge Michel Kleinjans.
Trois bateaux sont en lice dans la catégorie des duos, soit Team Mowgli, le Desafio Cabo de Hornos aisni que Beluga racer de Boris Herman. Ce dernier qui était des participants à la transat Québec>Saint-Malo l’année dernière a gagné toutes les étapes offshores jusqu’à maintenant.
Par contre, il semble rencontrer cette fois-ci un peu plus d’opposition, les chiliens du Desafio ayant pris momentanément la tête du peloton. Notons cependant que seulement quelques milles nautiques séparent le premier du deuxième. Le classement provisoire n’a donc que peu de signification, du moins pour l’instant.
Comme pour le Vendée-Globe et la Volvo Ocean Race, La direction de course a choisit d’instaurer des portes de glace pour limiter les risques de collision en ce début d’automne australe. Ces portes devraient rallonger de manière significative les temps de passage et d’arrivée.
Pour l’instant, la flotte fait face à une immense bulle anticyclonique. Les équipes ont donc alterné entre deux options, sud ou nord.
On retouve en haut le team Mowgli accompagné de Roaring Forty du belge Michel Kleinjans tandis qu’au sud, c’est le Desafio et Beluga qui forment l’autre couple.
Les heures qui viennent nous dirons qui a eu tort et qui a eu raison. Il reste plus de 4000 milles nautique avant le Horn…







