Publié le 18/02/09 par Daniel Lévesque
Contre toute attente, ce sont les Chiliens du Desafio Cabos de Hornos qui ont finalement eu le dessus lors de l’interminable 3ième étape de la Portimao Global Ocean Race qui s’est déroulé entre Wellington en Nouvelle-Zélande et Ilhabela au Brésil.
Le suspense aura duré jusqu’à la toute fin alors qu’en début de semaine, les Allemands Boris Hermann et Félix Ohemm avaient repris la tête, ayant même creusé l’écart jusqu’à plus de 80 milles nautiques devant le Desafio, alors qu’il restait moins de 500 milles à faire avant l’arrivée. Mais c’était sans compter sur ce champ de mines météorologiques qui allait bouleverser la donne.
À l’origine de ce spectaculaire revirement de situation, une multitude de molles ayant littéralement scotché Beluga Racer alors que les Chiliens Felipe Cubillos et José Muñoz profitaient d’un microclimat beaucoup plus favorable étant décalé de près d’une cinquantaine de milles dans l’est. Ces derniers ont d’autant plus de mérite que leur moral était dans les talons il y a quelques jours. En se repositionnant dans l’est pour tenter d’éviter l’anticyclone qui barrait le chemin à la flotte, ils avaient vu les Allemands prendre la poudre d’escampette et creuser un écart des plus démoralisant.
Cette victoire chilienne remet en question la hiérarchie alors qu’il reste encore deux très importantes étapes à cette course. Les Chiliens semblent maintenant être en mesure de pousser un peu plus leur plan Verdier Ils font davantage corps avec leur bateau et c’est ce qui incidemment a fait en sorte qu’ils ont pu en tirer le meilleur partie lors de cette dernière étape.
Rien n’est donc joué dans cet historique tour du monde qui met en vedette des open et des class 40 des plus compétitifs offrant un excellent spectacle sportif, tel que cette classe de bateau commence à avoir l’habitude de nous donner.
La prochaine étape entre Ilhabela au Brésil et Charleston en Caroline du sud aux USA débute le 25 avril. Les paris sont ouverts.
La flotte de la Portimao Ocean Race est engagée dans une lutte à finir et le suspense demeure à moins de 1200 milles de l’arrivée. Au jeu de la chaise musical pour la place de leader, la musique n’a pas encore finit de jouer que déjà , les concurrents s’étirent la fesse pour tenter d’assoir leur domination sur le dessus du classement.
À ce compte là , le finish qui s’annonce pour être hollywoodien. Après 31 jours de mer l’ordre de marche des 40 pieds est toujours aussi serré, 177 milles nautiques séparant le premier du dernier.
Certains ont par contre fait des paris risqués. C’est le cas des Chiliens du Desafio Cabos De Hornos qui paient un lourd déboursé pour avoir choisit une option très décalée à plus de 100 milles dans l’Est.
Dans leur tentative de contourner le même anticyclone qui barre aussi la route à la flotte de la Volvo Ocean Race, Felipe Cubilloz et José Muñoz ont entamé une ration de pain noir. Il se retrouve dans une pétole d’enfer avec une vitesse d’escargot de 1.5 nœuds. Quel dommage pour cette équipe ayant contourné le Cap Horn en tête et qui faisait une course splendide jusqu’à maintenant.
Pas beaucoup plus rose le sort des autres concurrents qui se traînent aussi à des vitesses autour des 6 à 7 nœuds. Mais au moins, ils avancent. Cette situation enrageante a tout de même permis aux Allemands Boris Herman et Felix Oehme de reprendre la tête.
De plus, Team Mowgli a recollé et n’est plus qu’à 89 milles du leader. Quant à Michel Kleinjans, seul solitaire sur son Roaring Forty, il ferme la marche mais est toujours en filigrane à seulement 177 milles du premier. Il n’y a donc rien de perdu pour le belge qui fait une magnifique course en solo tout en collant aux pare-chocs arrière des couples. Le duel s’annonce donc pour être serré jusqu’à la dernière brasse.
Avec seulement 9 milles nautiques d’avance sur les Chiliens, rien n’est encore joué pour le nouveau leader du jour et bien malin serait celui qui pourrait nous dire comment cette histoire de 40 pieds va finir.













