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Crédit image: Google Map

La Station Nautique Rimouski-Mitis,   a récemment annoncé la mise sur pied d’une course hauturière de 650 milles nautiques. Inspirée des Défis Georges Leblanc, cette course au départ de Rimouski contournera une bouée de passage à Sainte-Anne des Monts. Elle consistera ensuite en un tour complet de l’île d’Anticosti par le littoral sud avec un retour le long de la côte nord de l’ile puis le détroit de Jacques Cartier, avant une arrivée à Rimouski.

 Le comité organisateur de la Marina de Rimouski a entamé des discussions avec Voile Internationale Québec et la Fédération de Voile du Québec concernant le soutien à l’organisation de telles courses qui visent la promotion et le développement de la voile hauturière sportive et compétitive au Québec. Voile Internationale Québec qui est l’organisateur de la Transat Québec-Saint-Malo a aussi pour mission la valorisation du Fleuve Saint-Laurent et la promotion de la voile et de sa relève. La course Rimouski Anticosti Rimouski pourrait d’ailleurs servir de parcours de qualification pour la prochaine édition de la Transat. Ceux n’ayant pas cumulé les milles nautiques nécessaires pourraient prendre part à cette course pour certifier leur navigabilité.

Six classes réparties dans quatre divisions sont prévues:

Division I – IRC: 2 classes
Division II – Mini 6.50
Division III – PHRF Course: (2 classes) 0-99 et 100-150
Division IV – PHRF sans spinnaker <150

La première édition devrait être disputée dès l’été prochain soit en 2011. La date du départ tourne autour du 10 juillet. La course sera présentée tous les deux ans. Elle alternera avec une autre épreuve. Toujours au départ de Rimouski, il s’agit de la Route Rimouski-Saint-Pierre, une course dont le fil d’arrivée ne sera rien de moins que l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon.

Cette épreuve sera synchronisée avec la Route Halifax-St-Pierre qui prend son départ au Royal Nova Scotia Yacht Squadron. Elle sera toutefois plus longue, 525 milles nautiques environ séparant la ville de Rimouski de l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon. Le tout culminera par une grande fête des Français le 14 juillet.

Le parrain des Défis Georges Leblanc ne cache pas sa satisfaction devant ces initiatives de Rimouski. Pour Georges Leblanc, c’est clair qu’il faut créer l’évènement. « On veut notre Fastnet bien à nous. L’idée c’est de démocratiser la course au large pour que les gens ordinaires puissent relever ces défis. Ce qui compte en course, c’est d’abord de faire de belles navigations et de finir la course(…) » Une épreuve ouverte à tous celles et ceux qui s’astreindront au cahier de charge en matière de sécurité.

À ce chapitre, les organisateurs sont à arrimer l’épreuve avec les règles de l’ISAF. Pour se faire, ils comptent mettre à profit l’expertise des organisateurs de la Transat Québec Saint-Malo ainsi que la Fédération de Voile du Québec et l’Association Canadienne de Yachting. La course sera donc sanctionnée en bonne et due forme. Il s’agira d’une course de type semi océanique coté 2.

Le parcours autour de l’île d’Anticosti est certes le plus éprouvant. Si les conditions de portants risquent d’être plutôt favorables dans le détroit d’Honguedo, il en sera tout autrement pour le retour à travers le détroit de Jacques Cartier où c’est du près qui attend les coureurs sur les 120 milles nautiques à couvrir. Vents instables et changements multiples de voile auront de quoi rendre l’épreuve casse-caboche pour les skipper et les routeurs et exigeant pour les équipages. En d’autres mots un parcours pour les vrais de vrais. Et ceux qui auront le mérite de le compléter accrocheront une étoile au firmament de la course au large au Québec. Bref, ce ne sera pas facile.   

Côté financement et soutien, l’Association Maritime du Québec a annoncé qu’elle serait derrière l’épreuve. Son président Walter Timmerman a confirmé que le Station Nautique Rimouski-Mitis pourra bénéficier d’une aide de l’AMQ. Le type d’aide reste à être précisé, mais on sait déjà que du soutien technique et du financement sont à l’ordre des discussions. D’autres commanditaires nationaux et régionaux importants seront sollicités

L’avis de course devrait être connu en début d’année. Dans le but de diffuser le plus largement possible les positions et ainsi de permettre au public de suivre les coureurs, chaque bateau sera équipée d’une balise. Des vacations, de la transmission d’images offshore ainsi que d’autres procédés techniques de suivi seront mis à contribution dépendamment des technologies disponibles sur les voiliers. Un plan de communication est en route et devrait voir le jour dans les débuts de 2011.

Paul Bellemare, président du comité organisateur de la course, ne cache aucunement qu’il a de grandes ambitions. « À termes, nous souhaiterions en faire un rendez-vous annuel pour les coureurs du Québec, de l’Ontario des Maritimes, de Saint-Pierre et Miquelon ainsi que de la côte est américaine. Nous serions extrêmement heureux de voir quelques bateaux américains s’aligner au départ. Pour cette année, j’espère une douzaine de bateaux principalement du Québec. Si je les ai, je serai le gars le plus heureux (…) conclue celui qui est également le responsable de la Station Nautique Rimouski-Mitis. 

Vous pouvez voir la carte détaillée de la course Rimouski-Anticosti-Rimouski en visitant notre page photo sous l’onglet multimédia.


 


Dans 100 ans, quand on parlera de course océanique, le nom qui reviendra sera celui de Michel Desjoyaux. L’exploit que ce grand Seigneur du large a accompli fait dans la démesure.

Plus de doute, le prof transforme tout ce qu’il trouve en or. On se demande même si le Tiger Wood de la voile n’est pas finalement la réincarnation d’Éric Tabarly.

Le point central de cette édition du Vendée-Globe est Michel Desjoyaux. Nous retiendrons pour des années qu’un homme parti avec une journée de retard a rattrapé tout le monde, pris la tête et terminé en vainqueur.

Il ne s’est pas découragé, il n’a pas appelé sa maman pour lui demander consolation. Non ! Il a relevé la tête et dit « je vais faire de mon mieux. Je vais faire la meilleure course que je peux. » Et ça, cette attitude de gagnant et de persévérant, ça marquera au fer rouge pas seulement le Vendée-Globe mais aussi toute l’histoire du sport.

Car pour toutes ces raisons, ce que Michel Desjoyaux a accompli est de très loin le plus grand exploit sportif des temps modernes. Finir le Vendée-globe est une bénédiction, le gagner est une consécration. Mais gagner deux fois semblable course relève d’un génie et d’un talent d’une rareté diamantaire.

Et pour fermer la trappe aux mauvaises langues qui prétendent que Mich’Dej l’a eu facile en raison des multiples abandons, rappelons que pour prendre la tête, ce marin phénoménal a doublé à la régulière Sébastien Josse, Armel LeCléac’h, Vincent Rioux, Jean Lecam et Roland Jourdain, qu’on ne vienne pas me dire que cela n’est rien…

Pourtant, quand Voile en Ligne a fait ses prédictions, Nous n’avons pas pensé à Michel Desjoyaux. Aujourd’hui, on se demande bien pourquoi… C’est peut-être parce que l’homme cache bien son jeu. Il est plutôt discret le prof.

Mais de toute façon, si le Vendée-Globe avait été comme une mise au 6/49, il n’y aurait probablement pas eu de gagnant et le gros lot aurait été reporté sur la semaine suivante.

Curieux tout de même. Vous remarquerez que dans mes prédictions, je n’ai pas écrit un traître mot sur Armel LeCléac’h ou sur Dee Caffari non plus. Il ne fallait pourtant pas être devin pour savoir que l’anglaise allait terminer ce Vendée-Globe. Elle qui bénéficiait au départ de l’expérience des mers du sud. Mais si je vous avais dit à ce moment qu’elle finirait septième, elle aurait peut-être terminé plus loin… C’est comme au Tiercé. Quand on regarde ses numéros, on se dit toujours qu’on a passé proche…

Ce Vendée-Globe aura été celui des outsiders. Il aura été celui des patients versus les enragés. Et à ce jeu, les premiers ont gagné haut la main. S’ils ont remporté la mise, c’est en raison d’une gestion de course très intelligente. Ils ont su protéger leur bateau dans les moments critiques. Ils ont réduit la toile quand le vent se renforçait. Ils ont gagné la bataille parce qu’ils ont su comment la jouer et sur quelle portion du terrain il fallait envoyer le ballon.

On l’a vu au Cap Horn lorsque Météo-France a avisé Brian Thompson, Dee Caffari et Arnaud Boissière que le diable s’en venait sur leur chemin. Ils ont laissé la course de côté. Thompson s’est mis à la cape tandis que Caffari et Boissière plongeaient vers le sud pour éviter le coup.

S’il est une amélioration que les organisateurs devront apporter au Vendée-Globe, ce sera de faire en sorte que le courage et la détermination et l’esprit sportif soit davantage reconnu. Il faut des trophées ainsi que des points au classement IMOCA pour des attitudes comme celle de Sam Davies, de Marc Guillemot Dee Caffari ou Norbert Sedlaceck. Ces gens là redonnent au sport tout son sens.

Beaucoup de choses ont été dites sur toutes les avaries que ce Vendée-Globe a amenées. L’IMOCA a d’ailleurs senti le besoin d’expliquer que les règles allaient être réexaminées en raison du nombre élevé d’abandon. Les ingénieurs et architectes répondent de leur côté qu’un bateau n’est pas conçu pour se coucher sur l’eau et qu’incidemment, si les barres de flèches sont cassées, c’est qu’elles ne sont pas utilisées de manière adéquate… Les marins répondent que les bateaux se couchent parfois…

Et c’est ainsi que la balle est retourné des coureurs vers les architectes, puis des architectes vers les coureurs. Et les sponsors sont entrainés dans cette valse à mille temps avec le public qui demande toujours plus d’action dans un sport où les risques financiers sont dantesques. On a entendu parler ça et là du budget de 10 millions d’euros pour le Vendée-Globe de 28 heures d’Alex Thompson. Mais ça, c’est faire un très mauvais calcul des retombées car la plupart des sponsors sont gagnants avant même le début de la course.

Pendant que les gaulois argumentent pour ne pas dire s’engeulent sur la qualité du poisson, il faut se rendre compte que nous oublions le plus grand VIP à s’être invité à la fête. On construit de sacré beaux bateaux, des machines qui enflamment autant les embruns que les esprits. Ces bêtes ne sont pas fabriquées en peau de pette. Personne ne veut laisser sa peau dans cette aventure. C’est pourquoi quand on les examine, on réalise que ces bateaux sont d’une solidité inouïe.

Non ! le problème vient plutôt de notre VIP. C’est elle qui a joué les pique-assiettes. Dame Nature est la grande responsable. Ce Vendée-Globe est de loin le plus dure depuis celui de 1996-1997. On apprend tous de nos erreurs. Il y a certes un post-mortem à faire pour tenter de trouver des solutions. Mais la mer restera toujours ce qu’elle est. À certains moments, elle est impitoyable. Elle peut vous avaler d’une seule petite bouchée. Et le risque sera toujours présent. Alors s’il y a des compte à régler, faisons-le à coup de tarte à la crème car il faut d’abord se féliciter d’avoir ramené tous le monde à la maison sans trop d’encombre si l’on fait exception de Yann Éliès.

Ce Vendée-Globe nous a fait passer par toute la gamme des émotions. Pour cela, il faut rendre hommage aux organisateurs. Ho vous savez, il y a bien eu quelques impairs quant à la qualité des reportages vidéo. Il faudra certainement ajouter une touche de professionnalisme aux reportages le jour du départ et à ceux marquant les arrivées des coureurs. A ce titre, l’organisation doit jongler avec l’importance du direct pour les internautes d’une part et les coûts faramineux qu’engage la production de telles émissions de l’autre. Pas simple !

La Volvo Ocean Race a résolu le problème et il n’y a pas de raison que l’organisation du Vendée-Globe n’y parvienne pas à son tour. Mais dans l’ensemble, on avait 4 sur dix en 2004 et nous sommes maintenant au dessus de la note de passage 6.5/10. Nous savons que le meilleur est à venir et nous avons confiance dans ceux qui sont là. Ils ont fait du bon boulot dans l’ensemble.

Nous retiendrons du Vendée-Globe 2008-2009 ces voix d’outre mer qui ont partagé avec nous leurs émotions, leurs joies et leurs déceptions. On ne peut qu’être admiratif devant autant de générosité face au public. Il ne reste qu’à dire un gros merci à tous ces gens là. À l’organisation, aux travailleurs de l’ombre qui ont vu leurs années d’efforts partir en mer. Ceux qui ont poncé à la mitaine. Une bonne pensée aussi à tous les skippers et leurs familles.

Pour ma part, à la lecture du texte que j’ai mis en ligne hier, mes prédictions se sont avérées bonne mais j’ai perdu mon pari. Je dois aller payer mes créanciers maintenant. Prochain départ: le Vendée-Gobe 2012.

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