
Nicolas Dubé et Vincent Gagné étaient tout sourire au terme de la journée dimanche. Crédit photo: Spi Médias communication 2011 inc. ©
Le cirque des catamarans de sport F18 était en ville le week-end dernier. Et on a eu droit à tout un show. Une quinzaine de bateaux parmi les plus rapides ont pris part à la Classique voile de la Baie de Beauport.
Or, celles et ceux qui n’étaient pas là ont manqué quelque chose. Car les deux jours de compétition ont été un régal pour les équipes qui ont pu profiter d’un nordet tout aussi chaud le dimanche que ne le fût le sud-ouest de la veille samedi. Le haut taux d’humidité ainsi que la chaleur parfois intense ont par contre demandé aux coureurs une condition physique sans faille. Ce fut pour ainsi dire les seuls éléments d’inconfort de ce week-end absolument parfait.
Comme on le sait, notre sport favori est presque toujours teinté de surprises. C’est d’ailleurs ce qui fait que la voile est si passionnante à suivre. Et comme de juste, ce week-end qui se déroulait à Québec devait être la propriété presque exclusive du duo formé de Louis-Philippe-Éthier et Maxime Loiselle, eux qui s’exécutaient à la maison devant leurs partisans.
Mais hélas pour eux, le sort en a décidé autrement. Et ce sont plutôt Nicolas Dubé et Vincent Gagné qui se sont envolés avec la victoire au terme d’un week-end riche en rebondissements. Il s’agit de leur première victoire de la saison et cela va sans dire que les deux hommes exultaient lors de leur retour à quai.
« Nous savions que nous étions en première position. Max et Louis-Philippe ont levé un protêt sur la deuxième course de la journée. Évidemment, ils n’auraient pas fait ça s’ils avaient été premiers (…) » a d’abord déclaré le skipper Nicolas Dubé. »
En effet, lors de la deuxième reprise, au second passage de la bouée de départ, l’équipe gagnante a abattu tout juste au bon moment et a du coup carrément coupé la route au duo Loiselle-Éthier. La manœuvre, quoique spectaculaire à voir, était à l’extrême limite de la légalité. Mais les juges ont estimé que les premiers naviguant sous le vent avaient priorité. Ils ont donc donné raison à Dubé et Gagné.
Les deux jours de course ont été extraordinaires tant sur le plan des conditions que du challenge sur l’eau. Les sourires étaient démonstratifs, ce qui témoignait avec éloquence du degré de satisfaction des coureurs à quelques exceptions près.
Parmi les déçus, se trouvaient au premier chef Max Loiselle et Louis-Philippe Éthier. Les deux hommes ont connus les affres d’un démâtage lors de leur deuxième passage à la bouée de départ dans la première course dimanche. Une fixation de ridoir sur la coque du bateau a étrangement cassé, entraînant la chute du mât. Les dommages sont considérables. Les deux hommes ont terminé leur après-midi de course sur un mulet offert par Anthony Bouheil.
Le mât est pratiquement hors d’usage et la fixation devra être refaite. Ce qui non seulement sera coûteux, mais aussi complexe. En ce moment, Maxime Loiselle ignorait s’il pouvait être sur la ligne de départ à Carleton samedi prochain lors de la manche suivante du championnat du circuit Québec. 
Les autres mécontents étaient Olivier Pilon et Guillaume Paradis. Les deux hommes avaient pourtant bien débuté le week-end en s’emparant de la première course. Mais les choses se sont ensuite gâtées. Parti bâbord amures dans la septième course, leur Wildcat s’est retrouvé sur la route d’un super tanker quittant le terminal pétrolier de St-Romuald. Le duo a donc dû abattre pour laisser la priorité au monstre. Résultat, ils ont dû tirer un gros bord de plus que tout le monde et n’ont pas pu terminer classés.
« Ça a été de travers durant toute la fin de semaine(…) », maugréait Olivier Pilon à son retour à quai. Même chose pour Christian Nadeau. Le Trifluvien a lui aussi qualifié son week-end de « médium saignant (…) ». De toute évidence, le duo qu’il forme avec Sylvain Carignan a vu se refermer une fenêtre d’opportunité. Les jeunes loups sont de plus en plus voraces, accaparants de la moindre chance pour sauter sur les morceaux de choix.
C’est cela qui est à l’origine de la victoire du duo Dubé-Gagné. En entrevue après la course, Nicolas Dubé déclarait que l’état d’esprit dans laquelle lui et son comparse Vincent Gagné ont abordé la compétition est à l’origine de leur victoire. « On est revenu à la base avec l’idée d’avoir du fun, de compétitionner pour s’amuser et cela nous a rendus beaucoup plus zen. »
Prochain rendez-vous : la régate de Carleton le week-end prochain.
Vanessa Dallaire-Lagaçé l’emporte en Radial
En Laser Radial, Vanessa Dallaire Lagaçé s’est une fois de plus imposée. La Beauportoise n’a eu aucune pitié pour ses adversaires en s’accaparant de cinq de huit épreuves de la compétition. Elle n’a échappé que trois premières place qu’elle a transigées pour des deuxièmes.
Il n’y a pas de doute que la jeune femme a du talent qui lui sort par les oreilles et qu’il faudra l’aider à aller au maximum de ses capacités pour venir à bout d’exploiter cet immense potentiel.
Pour revenir à la compétition, la belle Vanessa a bouffé le gâteau presque au complet ne laissant que des miettes dans son sillage. Elle a terminé avec neuf petits point seulement. Sa plus proche rivale a été Myriam Samson Dô qui a dû en découdre avec Chanel Beaudoin Cloutier, ne devançant cette dernière que par deux point. (17 contre 19)Mention d’honneur à Noémi Lebel qui a terminé au quatrième rang.
D’ailleurs, les garçons ont été déclassé par les filles dans cette compétition. Leur poids explique probablement leur classement très moyen. On sait que le Laser Radial a comme caractéristique de se manier beaucoup mieux par des poids modestes d’autant plus que les deux jours de compétitions n’ont pas offert des vents forts, ce qui aurait pu avantager les hommes. Dossier à suivre…
Voile en Ligne tient à souligner l’excellent travail d’organisation de l’équipe de Gestev et du service de sécurité nautique qui nous a permis de prendre d’excellents clichés. Merci à cette belle équipe!
Consternante fin de course pour le champion de 2004 qui ne se rendra pas aux sables d’Olones. Lui et Lecam se trouvait à ce moment, à environ 8 milles dans le nord-est du phare du Cap Horn. On se rappellera que l’origine de ce démâtage vient de l’assistance que Rioux a portée à Jean LeCam lors de son chavirage hier. Il avait à ce moment cassé l’un de ses deux out-riggers
Les deux hommes ne sont pas blessés mais le pont du bateau est semble-t-il très fortement endommagé et il n’y a plus de chandelier. Vincent Rioux a demandé assistance par Pan-Pan afin d’obtenir un remorquage. Ce type d’appel n’étant pas un May-Day, les occupants du bâtiment en détresse n’ont donc pas l’obligation de quitter le navire lors de l’arrivée des sauveteurs. Vincent Rioux pourra donc alors superviser la démarche d’un remorqueur chilien qui devait les prendre en charge autour de 21h00(HNE)
On imagine la scène sur le bateau entre les deux gaulois, farouches adversaires que sont Rioux et LeCam. Ce dernier atterré d’être la cause profonde du désastre et l’autre qui n’en fini plus de faire des courses cauchemardesque depuis sa victoire au Vendée-Globe 2004-2005 doit s’arracher les cheveux.
LeCam : – tout ça c’est de ma faute merde !
Rioux : Hé Ho, ne fait pas le con, là ! T’aurait fait la même chose à ma place. Tu serais venu m’aider…
Lecam : Ouais, mais sauf que moi, j’aurais pt’être pas bousillé mon out-rigger…
Et ça y est, c’est reparti !
Isabelle Autissier attend les deux gamins au petit matin à Puerto Williams pour remettre de l’ordre dans tout ça…

Loïck Peyron est maintenant hors course.
Loïck Peyron avait quant à lui fait part de quelques soucis avec sa drisse de solent. Est-ce que cela aurait quelque chose à voir avec l’évènement en question ? Les jours et les semaines qui viennent fourniront, certes, des réponses à ces questions. Lors d’une vacation spéciale tenue à 17h00, heure de Paris, Loïck Peyron a tenu ces propos rapportés par le site internet du Vendée Globe :
Il était impossible de récupérer plus de matériel : j’ai dû couper le gréement. Il me reste donc juste la bôme, un foc de brise et un morceau de la grand voile. Je préfère me diriger vers le Nord pour rallier l’Australie ou faire le contact avec un bateau affrété spécialement. Je suis extrêmement désolé pour toute l’équipe, mes partenaires : je ne pense qu’à eux en ce moment. Tous ont fait un travail exceptionnel… Je me dépêche de monter un gréement de fortune avant la nuit. »
Le skipper beaulois tentait de se construire un gréement de fortune pour faire ensuite route vers le nord. Il tentera de joindre un bateau affrété ou encore de rejoindre ainsi la terre la plus proche.
Les vives réactions n’ont pas tardées à se manifester sur le plateau du Vendée Globe où nombre de coureurs stupéfaits ont fait part de leur émotions. Au premier chef, le navigateur Jean-Pierre Dick qui, de son Paprec-Virbac II a tenu à faire parvenir le message suivant à son adversaire terrassé
Je viens d’apprendre la triste nouvelle ! Beaucoup d’émotion pour moi car nous avions initié ce projet ensemble. J’aurais tant aimé que nous passions la ligne d’arrivée tous les deux aux Sables d’Olonne quelque soit notre position. Je t’envoie plein d’ondes de courage et d’amitié pour tenter d’atténuer ton immense déception. Tu es exceptionnel et tu restes pour moi le Zidane de notre sport par ton talent incroyable !
Je t’embrasse et je pense à toi. Amitiés.
JP »
Il s’agit donc du 7ième abandon dans cette course et les choses risquent malheureusement de ne pas en rester là. La queue de flotte est présentement poursuivie par une dépression importante qui emmènera avec elle un très sérieux coup de vent. On prévoit pour vendredi matin des vents 45 à 50 nœuds avec des rafales à plus de 60 nœuds additionné à des creux de près de 9 mètres. Les bateaux qui se trouveront alors sous les 48 degré de latitude sud risquent d’en prendre plein la poire, c’est le moins que l’on puisse dire. Great american III et Spirit of Canada pourront toutefois éviter le pire en demeurant donc au dessus des latitudes à risques.






