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Articles avec le tag ‘Derek Hatfield’

Alors que la course revêt une certaine monotonie en raison d’un classement stable pour le peloton de tête, il devient intéressant de jeter un œil sur ceux qui suivent de près ou de loin derrière. Tout est au rendez-vous. Courage, caractère, aventures humaines et luttes serrées. Portrait de plusieurs courses dans la course.

Une des réalités implacables de ce type de course est qu’avant même de penser au classement, il faut savoir gérer les trois mois de mer qu’elle impose. Qu’on le veuille ou non il s’agit là d’un mariage de raison. On doit vivre avec le meilleur comme le pire. Et comme on le sait, jusqu’ici, la mariée est plutôt récalcitrante.

Ce n’est donc pas un hasard si au moment où l’on se parle, parmi les dix premiers concurrents, sept sont des circumnavigateurs d’expérience. Dans les cinq premiers, quatre cumulent des podiums dans un Vendée-Globe. Pas de doute, pour figurer dans cette course, il faut faire dans la durée et incidemment, être très patient. Il faut savoir faire le dos rond quand le temps l’impose et attaquer au moment voulu.

Sans vouloir rien enlever à ceux qui ont vu le rideau se fermer devant leur face, cette réalité démontre que ce sont présentement les meilleurs qui sont encore en mer. Vous me direz sûrement « oui, mais… et Loïck Peyron ? À cela je répondrai que les temps ont bien changés depuis sa mémorable course à bord de son Lada Poch. À cette époque, le Vendée-Globe n’était pas la régate planétaire qu’elle est aujourd’hui. Et c’est ce qui explique le fait que malgré toute l’admiration qu’on peut avoir pour ce dernier, l’implacable réalité est qu’il ne se trouve plus en course. Si la malchance a sévit, la chance elle, se créé.

Jusqu’ici, deux concurrents se sont avéré être des révélations dans ce Vendée-Globe. Le figariste Armel LeCléach persiste et signe. Il occupe le 4ième rang et il l’a fort bien mérité. Bien peu parmi nous auraient pu prédire qu’il se trouverait là où il est après la mi-course. À 31 ans seulement, le jeune homme a du cran. Il fait montre d’un aplomb digne des plus grands navigateurs et aussi des plus grands champions. Quoi qu’il arrive d’ici la fin de cette course, Armel aura gagné ses galons. D’ailleurs, comme celle-ci est encore loin d’être terminée, il ne fait aucun doute à ce moment-ci que la possibilité pour lui de réaliser l’impensable est belle et bien présente.

La deuxième révélation de ce Vendée-Globe est Samantha Davies. L’incroyable Miss Bikini village est 8ième à moins de 1500 milles nautiques du prof Desjoyaux. Ce dernier et nombre d’autres sur le plateau doivent soupiré de soulagement en se disant que c’est une chance que la blonde anglaise n’ait un plan Farr flambant neuf et maximisé. Car elle chaufferait les oreilles d’on sait qui et on sait où.

La bataille pour la 10ième place entre Arnaud Boissière est à la fois épique et spectaculaire. Avec son vieux bourrin, un plan Finot-Conq construit en 1998, il tient tête à Dee Caffari et Brian Thompson qui sont pourtant tous les deux équipé de montures flambants neuves. 32 petits milles séparent le premier du troisième.

Avec son gros orteil, l’anglais Steve White fait du chemin et devance Johnny Malbon. Il occupe le 13ième rang à plus de 2600 milles du meneur. L’anglais est un exemple de persévérance. Certes l’une des têtes les plus dures de toute la flotte.

Derek Hatfield avait deux objectifs en commençant cette course. Il voulait faire le trajet en moins de 100 jours, puis terminer dans les 15 premiers concurrents. Bien qu’il serait étonnant de le voir atteindre le premier de ses objectifs, le deuxième demeure tout de même à porté de main. Le Spirit of Canada n’est plus qu’à quelques dizaines de milles de Rich Wilson et du 15ième rang. Il se rapproche de jour en jour et d’heure en heure.

Les mauvaises langues diront qu’avec un bateau neuf, Hatfield devrait être beaucoup plus haut dans le classement. C’est ce que l’on dit quand on ignore que l’homme est un jeune père de famille endetté jusqu’à l’os qui tient à finir cette course à tout prix. Hormis l’aspect sécurité dans cette mer casse-bateau, disons aussi qu’Hatfield a très peu navigué au cours des dernières années, étant engagé corps et âme dans la construction de son bateau. Ce dernier a fait l’objet d’un chantier pour améliorer sa fiabilité et son confort mais pas ses performances.

Non vraiment, on ne peut qu’être surpris de le voir rendu là où il est et fier d’avoir accompli cet exploit remarquable dans le Vendée-Globe le plus difficile depuis celui de 1996-1997.

Au train où vont les choses, quand Norbert Sedlacek franchira le cap Horn, le vainqueur de ce 6ième Vendée-Globe sera à quelques encablures des Sables d’Olones. Le « Cylindric le germain » du Vendée-globe aura affronté à ce moment les douze dépressions d’Astérix. L’Homme au sourire éternel ne peut que forcer l’admiration. Son plan Nandor Fa, véritable dedeuche de ce 6ième Vendée-Globe n’en démontre pas moins une régularité et une fiabilité de Citroën, ce qu’il n’avait pas en 2004. On ne peut que souhaiter à ce marin extraordinaire de terminer cette course. Quand on pense aux innombrables trains de dépressions qui se succèdent à ce jour, on n’ose à peine imaginer combien il lui en reste à traverser avant d’arriver au Cap Horn. C’est pourquoi il aura d’autant plus de mérite, lui qui en aura bavé plus que tous les autres pour se rendre là. Ça méritera assurément une bonne bouteille de champagne…

Voile en ligne tient à souhaiter de joyeuses fêtes à ses lecteurs
ainsi qu’une bonne et heureuse année 2009.


Le temps des fêtes est particulièrement vache pour la flotte du Vendée-Globe qui enchaîne les dépressions les unes après les autres. A peine si on a le temps de faire un peu de ménage que la mer en furie n’en finit plus et revient tout balayer.

La soupe est bien brassée, c’est le moins que l’on puisse dire. Des vents de 60 nœuds avec une mer dantesque offrant des creux de près de dix mètres. Les éléments ont fait la fête aux skippers de ce Vendée Globe. Fort heureusement, on ne déplore aucun blessé.

Depuis leur entrée dans l’océan Indien, les solitaires vivent des moments extrêmement difficiles, ayant l’impression de naviguer dans une boîte à sardines au fond d’un compacteur à déchets. La fuite vers le Pacifique devait rendre les choses plus faciles. Oubliez-ça ! La fessée des dernières 36 heures risque de marquer à la strappe la mémoire des marins.

Conséquence : deux autres bateaux ont subit des avaries majeures. Steve White a vu le vit-de-mulet de son Toe in the Water se fracturer. Mais c’est le BT de Sébastien Josse qui a subit les affres les plus dures. Le pont du bateau s’est fissuré et les safrans sont faussés. Une vague déferlante gigantesque s’est abattue sur le bateau et a couché celui-ci pendant plusieurs minutes. On ne sait pour l’instant si Jojo réussira à réparer. Il fait présentement route vers le nord à vitesse réduite pour tenter de trouver des eaux plus calme pour réparer.

Derek Hatfield raconte quant à lui avoir vu des trombes d’eau s’inviter au party de Noël à l’intérieur du bateau. Ordinateur, et matériel électronique inondés, vêtements trempés et sacs de couchage lavés, bref, tout pour « remonter le moral. » Derek a réussi à reprendre le contrôle de la situation mais on sent que ses réserves de tolérance sont fortement entamées. Il fait tout de même une bonne course jusqu’ici. Il est présentement 16ième et navigue à seulement 137 milles derrière l’américain Rich Wilson qui roule en couple avec le britannique Johnny Malbon.

Un des points à retenir de cette déveine, c’est que malgré les bastons à répétition, les bateaux tiennent le coup. Ils continuent de protéger adéquatement les marins. Et ça, c’est une avancée remarquable. Elle témoigne des extraordinaires progrès en matière de sécurité fait par les autorités de l’ISAF, l’IMOCA ainsi que les dirigeants du Vendée Globe. Si une pareille situation s’était produite dans les années 90, nous aurions assurément plusieurs concurrents dont la vie seraient carrément en danger.

On se croise les doigts en espérant que le mauvais temps va finir par laisser sa place à une période de répit salutaire pour les marins. Et surtout, on espère ne pas revivre l’angoisse de l’épisode Yann Eliès. Dans tout cela, on ne peut cependant s’empêcher de penser aux familles de ces incroyables marins qui voient leurs proches être bardassés de la sorte. La dinde nous reste à travers la gorge juste à y penser.


Triste fin de course pour le basque Unaï Basourko et
son Pakea Bizkaïa.

Non mais faut-il être assez malchanceux? Derek Hatfield est entré jeudi dernier dans une nappe de fioul qui dérivait en pleine mer. Probablement un cargo qui s’est vidangé quelque part. Le résultat est affligeant. Tout était souillé. Cordages, pont, cockpit et même certaines parties des voiles. Quel honte pour l’humanité que de partager notre existence avec des gens qui n’ont aucune conscience sociale. Inévitablement, il faudra en venir à l’imposition de sévères peines de prison pour ces forbans qui transforment les mers en décharges publiques.

Hélas, la mer n’est plus le désert liquide que l’on imagine. Ce ne sont plus les flots bleus à perte de vue. Les collisions avec des objets flottants sont monnaie courante. L’incident qui vient de se produire à bord du Spirit of Canada n’est d’ailleurs pas une première. Qu’on se souvienne seulement de la route du rhum 2002 ou un autre navigateur de chez nous, Georges Leblanc, avait été retardé de plusieurs jours, ayant dû se mettre à la cape pour nettoyer un bateau souillé à la grandeur par des nappes de pétrole émanant de l’épave du pétrolier Prestige qui avait sombré dans le secteur quelques jours plus auparavant.

Pour revenir à Derek Hatfield, mentionnons qu’il a pu nettoyer avec l‘équipement de nettoyage fourni par Mike Golding et son entreprise commanditaire Ecover.

Unaï Basourko forcé à l’abandon.

Unaï Basourko a abandonné vendredi dernier la course suite à un bris majeur de la boîte de safran tribord. Il y aurait une importante fissure qui nécessite impérativement un relaminage, ce qui est impossible à faire en pleine mer. Le navigateur basque fait route à vitesse réduite vers le nord et tentera de rejoindre l’Espagne avec un seul safran. C’est le 6ième abandon dans cette course.

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Dernère mise à jour du site le 2012-02-05 @ 21:24