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Articles avec le tag ‘Derek Hatfield’


Derek Hatfield: un nouveau héros canadien.

Nous poursuivons notre chronique hebdomadaire écrite par un coureur océanique de chez nous. Ce week-end, nous vous offrons l’opinion de Michel Sacco, rédacteur en chef du magazine bien connu l’Escale Nautique. Michel a participé à plusieurs grandes randonnées océaniques. Il a été membre de l’équipe de voile océanique de Georges Leblanc et a pris part à l’édition 2006 de la Dinartica, communément appelée « la course du soleil de minuit. »


La sixième édition du Vendée Globe couronnera un nouveau roi de la course au large

Par: Michel Sacco

Il y a quatre ans, au même stade de la course, on connaissait déjà l’identité des 4 ou 5 concurrents qui avaient une réelle chance de remporter la course. Le passage délicat des Canaries et la négociation de l’anticyclone de Sainte-Hélène avaient déjà déterminé un groupe de gagnants et de perdants. Cette année, on se retrouve à l’entrée de l’Océan Indien avec 9 bateaux dans une fourchette de moins de 100 milles. À 15 nœuds de moyenne, ça donne 6 h 30 min d’écart. Un spi qui passe à l’eau, une avarie de drisse et le fruit du travail acharné de trois semaines de course peut partir en fumée.

Il y a deux phénomènes qui caractérisent cette 6e édition du Vendée Globe :
-le nombre record d’unités construites (18) et mises à l’eau récemment pour disputer la course.
-le niveau inégalé de compétition au sein de la flotte

Les dix hommes qui viennent de doubler le cap de Bonne-Espérance sont tous des vainqueurs potentiels. Ils ne lâchent pas un mille et il est strictement impossible de dégager un tiercé gagnant à l’arrivée. Si par bonheur les bateaux pouvaient parvenir au cap Horn sans trop de casse, on vivra une fin de course trépidante, à un rythme qui fait penser à la Solitaire du Figaro.

De toute évidence, le Vendée Globe vient de passer à un niveau supérieur. Là où régnait autrefois en maître le cabinet d’architectes Finot-Conq, on retrouve maintenant les plus célèbres architectes : Farr, Lombard, Verdier, Owen-Clarke, Kouyoumdjian, la compétition est aussi sur les tables à dessin.

Sur l’eau, la course va pousser les concurrents dans leurs derniers retranchements. On navigue presque à vue sur un parcours de 24 000 milles nautiques, un phénomène qui révèle le degré de professionnalisme des coureurs, leur niveau de préparation et l’incroyable intensité de la course.

Je me pose plusieurs questions: le Vendée Globe profite-t-il du vide créé par la disparition de l’ORMA? La course va-t-elle continuer à attirer les meilleurs solitaires du monde pour rehausser encore plus le niveau de compétition dans le futur? Finalement, assistons-nous à une édition historique qui restera gravée dans les annales ou tout simplement à une poussée de croissance? La meilleure chose qui pourrait arriver au Vendée Globe serait probablement la victoire d’un Britannique pour fouetter les troupes de Sa Majesté. Le Vendée Globe est une épreuve qui réclame un talent hors du commun, mais si l’épreuve reste franco-française, elle risque de tourner en rond. Il est d’ailleurs étonnant de constater que, mis à part Mike Golding, les autres concurrents britanniques ne font vraiment pas le poids.

Quant aux amateurs et autres aventuriers du large, ils ne peuvent qu’espérer terminer la course, même le statut d’outsider leur est désormais interdit. Mes pensées vont à Derek Hatfield qui s’est lancé dans une incroyable galère et a même vendu ses petites culottes pour être sur la ligne de départ.

De toute évidence, le navigateur qui coupera le premier la ligne d’arrivée aux Sables deviendra un nouveau roi de la course au large. Mais si notre ami Derek parvient à terminer son parcours, il sera mon nouveau héros.

Michel Sacco
Québec, décembre 2008



Michel Desjoyeaux file à fond la caisse.

La semaine a débuté sur le retour en course de Derek Hatfield et Jean-Baptiste DeJeanty. Surveillance accrue autour de Michel DesJoyaux et Bernard Stamm qui descendent tous deux l’Atlantique à bride à battue pour tenter de rejoindre les meneurs au plus vite. DesJoyaux évente les retardataires un à un à un rythme de Pacman tandis que Stamm, beaucoup plus loin derrière vient de s’extirper d’un Pot-au-noir qui a joué un rôle d’arbitre en ralentissant les leaders au profit des poursuivants.

Du reste, la régate se poursuit en tête avec un Loïck Peyron qui domine depuis plus de 11 jours mais qui n’a pu creuser d’écart de manière significative. le groupe des neuf premiers est toujours pour ainsi dire au contact dans un rayon de moins de 100 milles du meneur.

Jean Lecam qui chauffait Loïck Peyron depuis le début de la semaine a vue son rang descendre en flèche suite à des ennuis de pilote automatique. Il navigue présentement dans du près, ce qui n’est définitivement pas la tasse de thé du VM Matériaux, davantage conçu pour du portant. Il perd donc des milles d’heure en heure.

Les bateaux prenant part au Vendée-Globe tirent d’ailleurs des bords depuis leur sortie du Pot-au-noir. En plus d’avoir la tête en bas les marins sont penchés. Si le fait de naviguer à l’envers n’a aucune conséquence physique comme telle, reste que la navigation au près et la gîte qu’elle impose amène son lot d’inconfort. À la longue, la patience des solitaires est mise à rude épreuve. En rang serré derrière Loïck Peyron, le gros de la flotte fait route vers le dernier obstacle avant l’arrivée dans le grand sud. l’anticyclone de Sainte-Hélène. Ensuite, ce sera l’autoroute des quarantièmes et les obligatoires portes de glaces imposées par le comité de course pour assurer la sécurité des courreurs dans une zone où le nombre d’icebergs augmente d,année en années en raison du phénomène de réchauffement global.

Pour revenir à la course, tès décalé dans l’ouest, Roland Jourdain a bien appris sa leçon du dernier VendéeGlobe. Il tente de cette façon d’éviter le coup de frein, sachant que les effet de la belle Hélène sont moindre de ce côté. Son option semble à première vue être intéressante. Il affiche presque deux noeuds de vitesse de plus au compteur ce matin.

Les machines commencent cependant à souffrir du régime d’enfer qui bat la cadence depuis 4 jours. Les contraintes sur les mâts et les gréments sont importantes et les casses vont de soi. Première vicitime: Jérémi Beyou et son Delta Dore. Le skipper a signalé au PC course qu’il se détournait vers le Brésil, probablement le port de Salvador de Bahia où il lui sera beaucoup plus facile de mouiller dans le baie de tous les Saints pour s’y mettre à la cape et tenter de réparer une importante avarie au grément. Deux barres de flèche sont endomagées sur le coursier. C’est un coup dur pour Jérémi Beyou qui menait jusque là une excellente course.

Derk Hatfield est à la hauteur du Cap vert. Il éprouve toujours des problèmes d’énergie. Son éolienne refuse de fonctionner. Il doit rationner son carburant et éteint tout ce qui bouffe pour tenter d’économiser. Le bateau avance aussi à la vitesse suspecte de 10,4 noeuds, ce qui est tout à fait anormal pour un bateau aussi rapide et récent. En comparaison, Jean-Baptiste Dejeanty roule à plus de 15 noeuds de moyenne avec son maisonneuve et n’accuse plus qu’un retard de 180 milles sur le canadien…

Demeurez à l’affût du site Voile en ligne qui vous offrira bientôt l’analyse du Vendée-Globe faites par des coureurs océaniques québécois.



Crédit photo: canyousea.com
le pot-au-noir offre des conditions météo difficiles.

Le navigateur Derek Hatfield semblait fatigué ce matin lors de la vacation. Le canadien a attribué la situation aux nombreuses manœuvres qu’il a du effectuer pour s’extirper de la molle qui l’a tenu captif depuis près de 4 jours. Je n’ai pas beaucoup dormi et je ressent beaucoup de fatigue. Je pourrai fort probablement résoudre ce problème dans les heures qui viennent étant donné que je disposerai alors de conditions qui me permettront de prendre quelques heures de repos.

Une fois de plus, le skipper a encore fait part de soucis avec le fonctionnement de son éolienne. Il effectue présentement des réparations qui sont indispensable compte-tenu qu’il ne disposera pas d’une quantité suffisante de gasoil pour effectuer le voyage complet.

Derek s’est tout de même dit heureux d’avoir pu sortir des ornières où il s’est retrouvé depuis maintenant plus de 80 heures. Le bateau filait ce matin entre 18 et 20 nœuds.

Le reste de la flotte dans le Pot-au-noir.

Loin, très loin de là, en tête de flotte, Jean Lecam menait ce matin par à peine deux minuscules milles nautiques sur Loïck Peyron. Sébastien Josse suivait à près de trente milles plus loin. Beau retour cependant du groupe des 7 suivant qui avaient été relégué à plus de 100 milles nautiques. Étant beaucoup plus décalé dans l’ouest, ces derniers n’ont eu qu’à attendre les trois larrons qui devaient impérativement se recaler dans l’ouest où la zone de convergence intertropicale est traditionnellement beaucoup plus mince.

Comme on le sait, cette zone appelé communément Pot-au-noir constitue un véritable casse-tête pour les marins. Caractérisée par de nombreuses bulles sans vent ainsi que des zones météo instables générant des orages et de fort coup de vent aussi spontanés que dangereux, la flotte du Vendée Globe devra traverser cette zone à l’allé comme au retour avec les inconvénients que cela implique. Les poursuivants observeront de très près ce qui se passe dans le secteur, sachant que l’information reçue pourrait être précieuse pour contourner la bulle qui stoppe les leaders. Cette situation peut donc favoriser les retardataires. À défaut d’un regroupement de la flotte, (si les premiers arrivés dans le pot peinent à en sortir,) les chasseurs pourraient même se retrouver dans la peau des proies en passant à côté de la chausse-trappe, comme ce fût le cas lors de la dernière transat Jacques-Vabre…

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Dernère mise à jour du site le 2012-02-05 @ 21:24